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Atelier d’écriture du 21 juin 2021

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Devoir : 5 mots extraordinaires
Bigorexie – climactérique – ringuette – monstration – apion

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Gabriel et Raphaël, bien que portant des noms d’archanges, n’en étaient pas vraiment. Ils étaient deux garnements de 6 ans qui détestaient l’école. Non seulement ils trouvaient qu’elle était ringuette, mais ils en faisaient carrément une allergie – une bigorexie – avait dit le médecin que leur maman respective, inquiète, était allé consulter. C’était donc une maladie, se disaient-ils, puisqu’il y avait un nom.
Ils avaient, à la rigueur, supporté la maternelle parce qu’on s’y amusait bien, mais dès qu’ils étaient arrivés au primaire, ce n’était plus possible. Il fallait travailler, travailler sans cesse après les monstrations de la maitresse pour que les adultes soient à peu près contents (et encore, c’était un bien grand mot). De l’esclavage, carrément !
Ils n’étaient pas du tout sensibles à la grande chance qu’ils avaient de pouvoir étudier, et non pas travailler vraiment, comme  certains enfants de la planète à leur âge.
C’est pourquoi, ce lundi matin, Gabriel s’écria d’une voix péremptoire et climactérique devant la grille de l’école :
-       Ça suffit maintenant !
Raphaël le regarda d’un air à la fois approbateur et interrogateur.
-       J’ai bien réfléchi tout le week-end. A la récré, rejoins-moi au fond de la cour et fais bien attention que l’apion ne te voit pas.
-        Mais on va faire quoi ? Demanda Raphaël, inquiet.
-       Tu verras bien…
Ils avaient attendu la moitié de la matinée, trépignants, impatients avant que la sonnerie de la récréation les libère.
Ils se rejoignirent discrètement au lieu convenu et attendirent la fin de la pause, cachés là, derrière les bosquets. On ne les chercheraient pas tout de suite, ça leur laisserait un peu de temps avait pensé Gabriel et, devant Raphaël éberlué, il sortit deux pelles, deux pioches, des seaux et de quoi tenir décemment pour un gros effort : des chips, des biscuits au chocolat (leurs préférés !) et de l’eau.
-       On va sortir d’ici ! On va creuser un tunnel.
Et donc, ils creusèrent.
La maitresse s’était rapidement aperçu de l’absence de ses deux élèves. Elle prévint le directeur qui prévint les parents qui appelèrent les gendarmes. Personne, bien sûr, n’eut l’idée de les chercher si près.
Ce n’est que deux jours plus tard, qu’on les retrouva… dans le jardin de la maitresse qui jouxtait la cour de récréation. Gabriel s’était légèrement trompé dans ses plans ! Cette erreur lui permit de devenir plus tard architecte…
Fabienne

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Un jour c’est blanc, un jour c’est noir !
On ne sait plus sur quel pied danser avec Suzie
C’est très perturbant et pour elle, et pour son entourage.
Suzie souffre de bigorexie.
Qu’est-ce que la bigorexie me direz-vous ?
Une maladie, une addiction à dire des gros mots, mais pas de simples mots grossiers que nous utilisons vous et moi dans notre quotidien.
Non, non pas du tout !
Ça part dans des tirades qui mêlent la langue à la gestuelle.
C’est détonant et ça se déclenche le plus souvent sous forme de crises assez soudaines qui peuvent être déstabilisantes et qui la fatiguent considérablement elle et son voisinage.
Qui plus est, elle est climactérique. Elle marche avec la lune, avec les éléments de la nature.
Ce qui n’arrange rien à l’affaire.
C’est toujours la même ringuette.
Rien à faire pour calmer le jeu.
On a beau lui avoir diagnostiqué ce trouble doublé de bipolarité, il n’en demeure pas moins qu’elle est incontrôlable  et son entourage doit composer avec son état confus et imprévisible.
Je ne vous raconte même pas quand elle est en période de monstration, elle nous casse les apions, même si on n’en a pas !
On pardonne tout de même à Suzie car elle est attachante quand elle n’a pas ses déchaînements de violence.
Le plus dur pour nous, sa famille et ses amis est de les vivre au quotidien et de passer au travers.
L’avantage pour elle : on a détecté chez elle, en parallèle à ses divers traumatismes, des troubles de la mémoire.
Ce qui signifie qu’elle ne se rappelle pas avoir ses crises et qu’elle s’interroge sur le fait que nous soyons vidés et épuisés continuellement quand elles surviennent .
Sacrée Suzie, on t’aime bien malgré tout !
Fabye

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Madeleine, toute ringuette, arriva en chantonnant chez sa belle-mère. N’allez pas imaginer une harpie, jalouse de celle qui lui aurait volé l’amour de son fils.
Non, belle-maman était une femme charmante et affectueuse qui, bien au contraire, bénissait chaque jour la jeune-fille courageuse (ou inconsciente) qui l’avait débarrassé d’un rejeton climactérique qui lui gâchait la vie avec ses incessantes sautes d’humeur.
Seule Madeleine avec sa douceur, sa patience et son amour à toute épreuve, avait su apaiser son époux. D’instinct, elle avait compris que ces monstrations excessives n’étaient pas le reflet d’un cœur sec mais les malheureuses conséquences de cette bigorexie qu’il avait contracté enfant.
À présent, les médecins le déclaraient guéri, mais les souffrances tant physiques que morales qu’il avait endurées l’avait profondément marqué et lui était restée cette humeur chaotique qu’il avait bien des difficultés à maîtriser.
Mais, aujourd’hui, pas de lamentations ! Au village c’était jour de fête et Madeleine comptait bien se divertir avec toute sa petite famille. Son fils Jérôme s’imaginait déjà suivant la fanfare dont trombones et apions mèneraient la danse.
-       Tu sais, mamie, il va y avoir plein de manèges, de la barbe à papa et aussi des pommes rouges.
-       Et des balançoires et des beignets au sucre, rajouta Marion.
Que d’enthousiasme ! La joyeuse petite troupe prit gaiement le chemin pour rejoindre la grand- place.
Une belle journée s’annonçait !
Patricia

 

Le vrai sens des mots :
Bigorexie : addiction à l’activité physique
Climactérique : fruit qui peut poursuivre sa maturation après la cueillette
Ringuette : sorte de hockey féminin
Monstration : exposer à la vue du public
Apion :
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Exercice 1 :  logorallye

-       une lune froide jetait un œil insensible sur
-       il marchait sous le ciel…
-       il avait passé ses commandes sur internet sans problème.
-       il ne fallait rien omettre, tout explorer.
-       cette fois, c’était lui qui souriait à…
Maxime Chattam – l’appel du néant

Donner la première phrase. Les participants débutent une histoire, puis, toutes les 3 minutes, donner une nouvelle phrase qui doit s’intégrer dans l’histoire de chacun.

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Une lune froide jetait un œil insensible sur la plaine gelée.
Les animaux s’étaient regroupés pour mieux se réchauffer. Non loin d’eux, un homme avançait comme une ombre. Il portait un sac à doc chargé et un bâton semblait le guider.
Il marchait sous le ciel étoilé et frais de cette nuit d’automne.
Il avançait doucement sous la lune froide et si étincelante. Il regardait où ses pieds se posaient. Le chemin semblait escarpé et sinueux par endroit.
Les animaux restaient blottis les uns contre les autres pour conserver la chaleur.
L’homme essayait tant bien que mal d’allumer sa frontale qui ne montrait aucun signe de vie. Il avait pourtant équipée de piles neuves et rechargeables. Il se questionna sur le produit et sa marque pourtant réputée. Il avait passé ses commandes sur internet sans problème. Et voilà qu’il se retrouvait avec un équipement neuf et hors d’usage.
Il vociférait intérieurement. « La prochaine fois se dit-il, j’irai dans un magasin et je testerai ! ».
Il ne fallait rien omettre, tout explorer.
Ce chemin de Compostelle, il avait mis des années à le fignoler ! Et rien se dit-il, rien ne viendrait gâcher son périple…. Pas même le temps froid et des équipements défectueux.
Il retrouva l’ardeur et avança plus sereinement.
Ses pas redoublèrent et sa cadence s’accéléra.
Il était heureux d’être là enfin, seul au monde, au beau milieu de son rêve le plus fou.
Cette fois, c’est lui qui souriait à la vie.
Fabye

 

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Une lune froide jetait un œil insensible sur le village endormi.
Il marchait sous le ciel étoilé de novembre, les mains dans les poches pour se réchauffer. Il avait rendez-vous avec Hamed. Un rendez-vous secret dans ce bled perdu où personne ne les chercherait. Hamed lui avait fait une liste de choses à se procurer avant de le rencontrer. Alors, il avait passé ses commandes sur internet sans problème. Comme quoi, à notre époque, on peut tout trouver, il suffit de connaitre quelques sites du darknet et avoir des fonds conséquents pour acheter des armes ou des explosifs. Il était financé par Daesch autant dire qu’il ne regardait pas à la dépense.
Avec Hamed, ce soir, ils devaient trouver une cible, et plutôt une bien visible, qui fasse réfléchir ces chiens d’infidèles. Il ne fallait rien omettre, tout explorer.
Quand il voyait toutes ces foules danser, boire et rigoler, il pensait que ça ferait un fabuleux titre de JT. Plein de morts, de cadavres démembrés, de femmes, d’enfants, quelque chose qui choquerait les Français moyens dans leur chaumière bien douillette.
Et cette fois, c’était lui qui souriait à l’avance.
Fabienne

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Une lune froide jetait un œil insensible sur la plaine esseulée, à l’orée des bois.
Le dernier fort à prendre était bordé par un fleuve qui séparait le royaume de Tudor et celui du Midland.
Sur le chemin de ronde, il marchait sous le ciel étoilé. Ces remparts n’étaient pas les plus hauts qu’il avait foulé, mais c’était suffisant pour lui donner le vertige alors, comme à son habitude, il se perdait soit dans les étoiles qui le regardait loin, soit sur la toile depuis son téléphone.
Il avait passé ses commandes sur internet sans problèmes pour ses prochains livres sur les armures du XI siècle. Aujourd’hui on capte la 7G partout grâce aux puces ultra puissantes implantées dans le bras, même durant les reconstitutions de batailles médiévales au fin fond de la campagne autrichienne.
Il prenait son temps, entre deux étoiles filantes il se gorgeait de lumière artificielle. Les assaillants factices devaient probablement être à mi-chemin de leur plan. Le gros de la troupe de mercenaires doit attirer leur attention d’une lointaine colline, en la faisant trembler et rugir bruyamment de leurs cris guerriers. Pour simuler un plus grand nombre de soldats, la colline allait se drapée de nombreux étendards.
Pendant ce temps, tandis que certains soldats agitaient ardemment deux hampes à la fois, une autre troupe traversait le fleuve à deux kilomètres de là afin de prendre le fort à revers. En attendant, le soldat de Tudor, du haut de ses remparts, surfait sur le web à la recherche des meilleures affaires. Il ne fallait rien omettre, tout explorer, la toile regorge de denrées et on peut, avec un peu de patience et de doigté, trouver quelques pièces supplémentaires et bénéficier de la livraison gratuite.
Juste avant de valider son panier virtuel il entendit des cris, et le son d’une flèche factice qui sifflait en coupant le vent. Levant son nez de l’écran il fut surpris de la recevoir soudainement dans le flanc. Il fut le premier à tomber sur le champ de bataille.
Il paierait sa bouteille lors du gueuleton du lendemain. Un peu déçu, évidemment, de n’avoir été suffisamment présent et attentif , il allait tout de même profiter du spectacle de ses compagnons. Deux mois auparavant il avait tenu debout jusqu’au son du cor annonçant la fin de la précédente mise en scène. Cette fois c’était lui qui souriait à la lune insensible, à la vigueur et à l’authenticité des combats dont il était témoin.
Marceau

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Une lune froide jetait un œil insensible sur les eaux du lac.
Il marchait sous le ciel étoilé, foulant l’herbe humide du sentier longeant la vaste étendue d‘eau. Autour de lui l’air bruissait du coassement des grenouilles et le choc de ses baskets rutilantes sur la terre gelée rythmait sa balade nocturne.
Ces baskets, il les avait tant désirées ! Son pire rival arborait fièrement la même paire de chaussures et il n’avait donc eu de cesse de se les procurer. Pas question que ce nase fasse le beau devant sa petite amie !
Il avait passé ses commandes sur internet sans problème, puis, avait attendu avec impatience la livraison ; mais ça valait le coup ! Dans la nuit les réflecteurs de ses précieuses baskets faisaient comme de petits éclairs et il comptait sur ces lueurs pour retrouver la paire de lunettes de vue qu’Élodie avait égarée lors de leur dernière promenade en amoureux.
Il ne fallait rien omettre, tout explorer mais voilà… ils s’étaient, il faut le dire, éloignés un certain temps avant de reprendre le chemin balisé… au retour, toute joyeuse, souvent, elle s’arrêtait pour poser sur ses lèvres un tendre baiser… Il se sentit troublé, ému même et cette fois c’était lui qui souriait à ce souvenir, oubliant un instant cette fichue paire de lunettes que, compte-tenu de leur détour, il aurait, c(est sûr, bien du mal à dénicher.
Patricia

Exercice 2 : « Si maman, si… »

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Si maman si, tu m’avais aimé un tant soit peu
Je ne serai pas en prison à l’heure qu’il est
Je serai sous le soleil, et à l’horizon, la mer bleue
J’aurais étudié, j’aurais un bon métier
Je n’aurai pas volé et tué
Pour me prouver que j’existais
Je serai un bon fils attentionné
Oui, mais voilà, tu as préféré fréquenter
Des hommes et tu m’as oublié
Si maman si, tu m’avais aimé
Comme un enfant désiré…
Fabienne

 

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Si maman si
Si maman si
Maman si tu savais
Ce que j’endurais
Je vis le pire
Sans le maudire
Je vis, je crève
Plus de rêve
Si maman si
Si maman si
Maman si tu savais
Si tu savais ma vie
Je ne vis plus
Je survis
Je ne dors plus
Je m’oublie
Si maman si
Si maman si
Maman si tu savais
Ce que c’est de vivre
Seul dans la rue
De survivre
Tel un rebut
Si maman si
Si maman si
Maman si tu savais
Combien tu me manques
Combien ton amour
Éclaire les jours
Où je deviens branque
Et allume les nuits
Dans mes yeux éblouis
Si maman si
Non maman non
Il ne faut plus penser à moi
Je te le dis
Oublie mon nom
Je n’existe pas
Fabye

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Si maman si tu m’avais donné la vie, maman si tu m’avais appris, à marcher et à manger seul dans un creux de ta vie,
J’aurais dansé dessous, j’aurais touché la pluie, maman si j’avais seulement grandi,
J’aurais chanté, puis j’aurais écrit des poèmes pour toi et mes amis.
Si maman si j’avais pu voir le jour ! Jouer dans la cour, me balancer sous les arbres et me pendre à ton cou…
Si maman si ç’avait été mon heure ! maman j’aurais connu les fleurs…
Je me serais écorché les genoux ! j’aurais tenu debout, si maman si j’avais été moins doux…
J’aurais plié mon cœur ! et crié mes caprices ! Maman si j’avais connu tes caresses…
Si maman si j’avais senti ton souffle, je me serais incliné à la vie.
Puis devant ton bonheur! qu’est-ce que j’aurais ri ! Maman si j’avais connu ta vie !
Pardon maman si je t’ai fait souffrir, je ne sais respirer mais je connais ton soupir.
Marceau

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Si maman si… tu étais encore là !
Je poserais mes paumes sur tes joues à peine ridées, puis je fixerais avec ferveur tes yeux de chat, toujours si vifs et je te dirais « je t’aime » et encore « je t’aime ».
Je m’assiérais ensuite sur le bord de ce lit que tu ne quittais plus et me poserais pour une fois, le temps de t’écouter. Je prendrais connaissance de toutes ces histoires, de tous ces souvenirs que, toujours pressée, j’éludais, m’attelant à des activités plus concrètes en oubliant que pour toi, l’important était là dans le dialogue et le partage et non dans une liste de courses ou de tâches ménagères exécutées à la hâte.
Je découvrirais alors les anecdotes de ton enfance, les coups de cœurs de ton adolescence, tes attentes et tes regrets et apprendrais, c’est sûr à mieux comprendre et accepter le cours fluctuant de ta vie. Mais les « si » ne peuvent rien changer au passé et ne font qu’alimenter les remords. Je préfère garder de toi ton sourire dès que je passais la porte et la chaleur réconfortante de tes bras, toujours prêts à m’accueillir… avant que je ne m’échappe.
Patricia

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