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Atelier d’écriture du 31 mai 2021

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Devoir : 5 mots extraordinaires

Maritorne – évidure – stipe – compendieux – extrados

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Il s’est passé de drôles de choses ce mardi 20 février 2019 dans un petit appartement de Madrid. Des choses horribles…
Alberto Sanchez Gomez est un jeune homme de 26 ans, timide et mal dans sa peau, qui vit encore avec sa maman, une harpie au sourire compendieux et à la voix criarde.
On ne sait ce qu’elle lui a dit ce jour-là, toujours est-il qu’une dispute a éclaté et qu’Alberto, certainement sous l’emprise de stipes, s’est jeté sur elle et, pour la faire taire, s’est mis à l’étrangler. Il n’a arrêté de serrer que longtemps après qu’elle a cessé de respirer.
Le pauvre jeune homme, ne s’est rendu compte de son geste qu’une fois les vapeurs d’alcool et de drogues évaporées. Il s’est donc retrouvé avec un cadavre sur les bras. Il a réfléchi un moment puis s’est dit que, comme il aimait quand même beaucoup sa maman, il allait… la manger. Il a donc trainé le corps dans la salle de bain, s’est muni d’une scie et de deux couteaux très affûtés pour la débiter.
Il a choisi de manger les meilleurs morceaux crus, en carpaccio ou tartare : les filets, les extrados, le gigot et les seins.
Les morceaux un peu plus durs, il les a cuisiné à diverses sauces : marengo, basquaise, forestière… qu’il a soigneusement mis au frigo dans des Tupperware. De quoi tenir quinze jours.
Il en a également congelé, on ne sait jamais.
Quant aux abats et aux évidures, il les a donnés à sa chienne Maritorne.
A la fin, il s’est dit que sa maman n’était pas si mauvaise que ça, au contraire…
Fafa

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Elle l’avait en tête !
En tête et pas ailleurs !
Ce soir, elle lui servirait ce plat en espérant que la convive ne l’apprécie pas.
Elle en avait plein le dos de devoir la recevoir tous les sempiternels dimanches et de passer son seul jour de repos à devoir s’affairer dans la cuisine.
Elle rêvait de passer sa journée à buller, à chiller au fond de son canapé ou dans un grand bain mousseux.
Une journée rien que pour elle, dédiée à son bien-être corporel et mental.
Ras le bol !
Elle était bien décidée à ne plus passer ses dimanches à cuisiner pour sa belle-mère qui d’ailleurs trouvait toujours à redire sur ses talents de cuisinière.
Elle se dirigea dans la cuisine, prit la dinde.
Elle la plaqua sur le plan de travail avec rage et commença l’évidure.
Elle la fourra de plein d’épices fortes, de sauces dont on aurait jamais soupçonné l’existence …
Un petit rictus de contentement se lisait au coin de ses lèvres.
Elle se faisait le film dans sa tête, la belle-doche croquant avec faim et empressement dans la dinde farcie !
Quel régal,  quel délice, quelle jouissance et quel supplice !
Elle mit le volatile dans le maritorne puis le saucissonna de stipes pour que la fameuse farce imbibe bien la bestiole.
Elle mit le four en marche, recouvrit le maritorne de son couvercle et minuta une heure de cuisson.
La marâtre arriva à l’heure comme à son habitude.
Son cher fils lui servit un verre de vin, un des meilleurs de la cave bien évidemment.
Le meilleur pour sa chère mère !
Elle servit copieusement la convive en n’omettant pas de remplir son assiette de farce.
Elle trouva que c’était trop cuit, bien évidemment et fort en goût.
C’est qu’elle semblait apprécier la bougresse !
En définitive, c’était plutôt bon et la vieille se délectait les papilles.
Elle en redemanda même !
Pas possible de foirer un plat, elle n’y croyait pas …
Même ça, elle n’était pas capable de concocter un met immangeable et infect.
Elle lui demanda même la recette de ce plat compendieux, délicieux à souhait !
« Note moi bien tous les extrados de cette préparation ».
Voilà, un dimanche de plus gâché…
Elle aurait sa belle-mère à vie tous les dimanches.
A moins de se séparer de son cher fils !
Après tout, pourquoi n’y avait -elle pas pensé avant !!!!
Elle le supportait autant que sa mère depuis plusieurs années et elle passait toujours au second plan.
« Dès lundi se dit-elle, je m’attèle à ce nouveau projet !
Elle ou moi, il devra choisir !!!
Fabye

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Quand la Maritorne vida suffisamment son sac, elle se sentit allégée du poids extraordinaire qui lui venait d’un compendieux avec son mari. L’homme qui l’écoutait, avait les oreilles grandes ouvertes et lui posait des questions pertinentes, à ce qu’elle croyait.
Maritorne portait un prénom peu commun, c’était le cas de le dire. Ses parents voulaient l’appeler Marie, tout court. Mais lors de sa naissance, au moment précis où elle s’éjecta de la matrice et avant d’être détachée du cordon ombilical, elle se mit à tournoyer, s’entortillant et s’emmêlant dans le cordon. L’une des commères qui assistait à l’accouchement s’écria :
- C’est marrant comme elle « torne » la Marie !
Et une autre rétorqua : «
- C’est vrai que Marie « torne » fort joliment.
Et avant que quelqu’un arrive à corriger la prononciation défectueuse du mot « tourner », l’heureuse maman décréta d’appeler sa fille Maritorne, prénom qui lui alla à merveille avec les circonstances de sa naissance.
Bref, Maritorne avait entamé une conversation avec ce type qui venait d’entrer dans sa taverne. Stipe-là était bien bâti, grand et svelte, bien sapé, et de ses yeux noirs se dégageait un calme qui inspirait confiance. Maritorne cherchait depuis quelques jours une personne de confiance à qui raconter ses soucis.
Ce gars se pointa juste au bon moment. C’est ainsi que, quand Stipe-là lui commanda un tournedos de bœuf elle se montra sur son meilleur jour, redoublant d’amabilité, et lui proposa mieux : un extrados de cerf récemment chassé. La viande avait reposée quelques jours en bas du réfrigérateur, entourée d’un chiffon propre. Ainsi attendrie, elle était prête à la consommation. Un vrai régal !
Elle lui servit avec son meilleur vin et s’attabla en face de lui après lui avoir demandé la permission. Causant de choses et d’autres, de fil en aiguille, elle se débrouilla pour commencer l’évidure de ses préoccupations : il lui fallait faire la vidange de cette vie dure qu’elle subissait depuis quelque temps.
En effet, avec son mari, elle avait hérité de cette mythique taverne entourée de mystère concernant un trésor légendaire. Son arrière grand-père aurait parcouru les océans sur une vieille et indestructible caravelle à la recherche d’épaves échouées, chargées de lingots d’or. Avec son loyal équipage, il aurait eu une petite fortune qu’il aurait caché dans la taverne.
Obsédé par la légende, son mari cherchait intensément le magot depuis un an, creusant dans le jardin, dans la cave et creusant, sur les murs, des trous qu’il ne refermait pas. Il détruisait la belle demeure, fouillant our et nuit, au point de ne plus s’occuper de la taverne ni de rien d’autre.
Elle était désespérée et demandait de l’aide au bel inconnu pour ramener son mari à la raison.
Le type l’écouta sans ciller jusqu’au bout, puis lui posa un tas des questions que Maritorne trouva rassurantes. Elle pensait avoir peut-être bien une solution à ses problèmes.
Mais dans le cœur de son interlocuteur d’autres intentions prenaient naissance. Ses yeux brillaient intensément et le calme de ses pupilles se transformait en cupidité au fur et à mesure qu’il découvrait qu’il avait, enfin, trouvé la maison.
Juana Maria

La signification des mots :
Maritorne : femme laide et malpropre
Évidure
 : trou d’un objet évidé
Stipe
 : faux tronc (ex pour les palmiers ou les papayers)
Compendieux
 : concis, laconique
Extrados
 : surface supérieure de l’aile d’un avion

 

Exercice 1 :  écrire un texte sur cette photo d’Édouard Boubat

boubat

Elle l’avait posé sur un pouf à l’entrée de l’hôtel.
Pauvre gosse, elle l’avait sorti du lit à 22h alors qu’il dormait à poings fermés.
Elle était rentrée tard de tapiner et le petitou s’était endormi devant la télévision seul sur le sofa.
Ce soir-là, elle avait un rendez-vous important avec un client fortuné, bien sous tous rapport, qui avait choisi le meilleur hôtel pour concrétiser leurs ébats.
Aucune de ses copines n’avait pu le garder, elles tapinaient elles aussi dans le quartier !
C’était l’été et les clients ne manquaient pas.
Les touristes aussi prenaient du plaisir à vaquer sur le remblai et à s’égarer dans les petites ruelles. Paris et son quartier de Pigalle restait Paris.
Beaucoup de clients étaient allés se rincer l’œil aux Folies Bergères et s’extasier devant ces femmes magnifiques qui dévoilaient tout au long du spectacle des jambes élancées et des poitrines généreuses et dénudées.
Quoi de mieux que de finir la soirée dans les rues de Pigalle.
Certes la marchandise était peut-être moins élégante mais les filles avaient du savoir-faire !
Léon vivait au rythme de sa mère. Et la nuit, il était souvent balloté…
Ce soir, il était content !
Il avait droit à un biberon de lait et un pouf confortable après le trajet à pied sous la pluie orageuse qui venait de s’abattre sur Paris.
Sa mère, pressée de rejoindre son amant, l’avait posé là comme on pose un objet, lui avait fourré le bibi dans la bouche… si bien que le gamin tenait toujours le parapluie. Son regard égaré d’enfant à peine réveillé se perdait dans la nuit solitaire de cet hôtel luxueux.
C’était un soir de plus, semblable aux autres soirs pour Léon, l’enfant de la nuit.
Fabye

Il m’arrive de sursauter sous tes spasmes, suffoquer dans les boucles emmêlées de ton intestin grêle.
Oui je digère avec toi, même si je n’ai pas tes mots pour comprendre. Parce que les tiens n’existent pas encore dans ma mémoire toute neuve. Bibi, caca, popo, c’est maigre pour transcender, c’est mince, aussi ténu que le fil de la vie.
Pourquoi dis-je cela ? Ce n’est guère de mon âge.
Et pourtant. Si.
Bibi, caca, popo, la vie peut se résumer à cela. Je t’aime mon enfant intérieur.
Christiane

Petit Pierre en avait vraiment assez ! Dans cette famille, personne ne s’occupait de lui, et d’ailleurs, il ne les voyait jamais.
Son père était toujours au travail, sa mère était bénévole dans une multitude d’associations, sa sœur Hélène, 15 ans, passait ses journées sur son téléphone avec des amis virtuels… Et lui, au milieu de tout ça grandissait dans l’indifférence générale.
Il se disait quelquefois que s’il n’avait pas été là, personne ne s’en serait aperçu.
Aussi, un matin où il en avait plus marre que d’habitude de cette situation, il décida de faire sa valise et de s’en aller.
Il s’habilla sans bruit, remplit le sac que papa prenait souvent pour ses déplacements et y mit dedans tous ses trésors : un petit dauphin en cristal, une bille aux multiples reflets, une photo de sa mamie qu’il avait beaucoup aimée et qui était maintenant au ciel. Il prit également quelques habits et trois paquets des biscuits – ceux au chocolat qu’il affectionnait particulièrement.
Ensuite, il prit le grand parapluie de maman, celui qui était très grand et qui pourrait l’abriter tout entier, presque comme une tente.
Enfin, il se prépara un « titi chocolat », sans oublier de mettre son doudou dans sa poche, sans voir qu’une patte dépassait. Il ferma doucement la porte de la maison. Il était encore très tôt et personne n’était levé.
N’importe comment, se dit-il attristé, ils ne s’apercevront même pas que je suis parti…
Il monta la petite côte qui rejoignait la grand-route, trainant derrière lui, comme il le pouvait, cet énorme sac et ce grand parapluie. Ensuite, il s’assit sur le bas-côté, ouvrit le parapluie car un petit crachin commençait de tomber et attendit qu’une voiture passe, en sirotant tristement son biberon.
Fafa


Exercice 2
 : ah ! si j’étais riche…

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Ah si j’étais riche… je ne serais plus pauvre !
Fabye

 

Ah si j’étais riche… mais diantre, je le suis… Et pas qu’une fois…. Riche de mes émotions, riche de mes mots, riche de mes pensées, riche de mes actes….
Je nage dans l’abondance, le bien-être, l’amitié, la vie pleine de sens, les pièces trébuchantes.
Je suis riche de moi, je peux maintenant aller vers toi.
Christiane

 

-       Ah si j’étais riche… se lamentait sans cesse ma voisine.
-       Mais tu es riche, lui répondais-je à chaque fois.
-       Comment ça ? Rétorquait-elle d’un air étonné.
-       Oui, tu es riche : tu as un toit où dormir en sécurité, un frigo plein quand tu as faim, une voiture si tu as envie d’évasion, et pour le moment, tu habites dans un pays en paix…
-       Mais enfin, ça ne compte pas tout ça !
-       Ah bon ? Sais-tu qu’il y a un peu moins de 20% de la population mondiale qui peut se vanter d’en avoir autant ?
-       Peut-être, enfin, je ne sais pas… mais moi, je voudrais voyager constamment…
-       En ce moment, impossible… Et on ne voyage vraiment que dans sa tête…
-       Je voudrais aller au restaurant tous les jours…
-       Un plat préparé avec amour vaut tous les restaurants !
-       Je voudrais aussi aller au théâtre, au cinéma, au spectacle…
-       Ah là, là, les gens voient toujours ce qu’ils n’ont pas et rarement ce qu’ils ont. Mais souviens-toi : « on est riche que de ses amis ! » comme le dit si justement Calogero.
Fafa

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Ah si j’étais riche, j’allumerais le monde.
J’éclairerais tous les pôles de la planète, je donnerais à manger à ceux qui n’ont rien, je rendrais le sourire à tous.
Je sauverais la planète, j’en ferais profiter tout le monde.
Je ne saurais garder cet argent pour moi seul, je n’ai jamais su faire.
Bien évidemment, j’en ferais profiter ma famille d’abord, ma famille de sang, ma famille de cœur, ma famille d’âme.
Si j’étais riche, je réaliserais tous mes rêves jusqu’alors irréalisables.
Si j’étais riche, j’entourerais mon monde d’abondance, d’excès pour que le manque, tant soit peu fugace, s’efface quelques temps.
Si j’étais riche, alors rien qu’un instant, je changerais la couleur du monde.
Je mettrais des paillettes dans le regard de l’autre, même si ces paillettes ne sont pas éternelles.
Je changerais la couleur du monde.
Je sais ça semble utopique, mais c’est ce que je ferais si j’étais riche !
Fabye

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Christiane (qui prend la photo), Claude, Arnaud, Maitresse (moi !), Fabye et Aline

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