Accueil Non classé Atelier d’écriture du 19 avril 2021

Atelier d’écriture du 19 avril 2021

0
0
70

Bonne ambiance à l’atelier ce soir : de très bons textes, de bonnes choses à manger et à boire et surtout des gens intéressants et motivés !

Devoir : figures de style (suite)

 -       Figures de répétition : la gradation (succession de mots assemblés de façon croissante ou décroissante : « c’est un pic, c’est un cap, c’est une péninsule »)
-       Figures d’exagération : l’hyperbole (exagère une expression pour mettre en relief une idée ex : un nain pour dire un homme petit)
-       Figures d’atténuation : l’antiphrase (on exprime le contraire de ce que l’on pense. C’est ironique ! hier, on aurait pu dire « quel beau temps !).

Comment avez-vous vécu le cyclone Niran : avec une gradation, 2 antiphrases et 3 hyperboles

 image

Avis de vents forts et de fortes pluies en Nouvelle-Calédonie !
Vigilance jaune et orange un peu partout sur la grande terre et les iles Loyauté nous annonce-t-on à la radio pour cette fin de semaine !
Moi qui avais prévu un barbecue et une soirée blanche sur la terrasse …. Je crois qu’il fallait que je revoie mes plans !
L’avis de tempête s’est très vite transformé en dépression tropicale modérée.
Les vents et les pluies ont gagné en intensité.
La dépression modérée est devenue en quelques heures le cyclone fort Niran de son petit nom. Tyran lui aurait mieux convenu !
Un superbe week-end ensoleillé et radieux en perspective.
Je pensais nettoyer la terrasse au karcher et laver mon carrosse qui en avait bien besoin.
Que nenni, rien de tout cela je ne pourrai faire !
Me cloisonner à la maison à visionner du Netflix et du Prime Amazon pour fêter mon anniversaire. Un super programme en perspective !
Tu parles d’un anniversaire, je vais m’en souvenir de celui-là tout comme le premier, fêté en confinement !
Il me fait marrer le service météorologique, avis de vents forts et de fortes pluies !
Un vent à décorner les bœufs oui !
Tout volait autour de nous par rafales ; des bruits à réveiller un mort, te dis-je !
L’eau qui n’en finissait pas de s’accumuler et d’essayer de rentrer…
Et ma terrasse, j’avais dit cent fois aux jeunes de ranger leurs affaires !!!
Pas le temps de mourir d’ennui à s’affairer à ramasser tout ce qui était susceptible de s’envoler.
Les pots de fleurs qui pèsent une tonne… et je t’en passe !
Bref, Niran a perturbé mes deux jours de repos hebdomadaire.
Je n’ai même pas pu visionner une série sereinement et ma nuit a été entrechoquée de sons menaçants, voire alarmistes.
Et le lendemain de cyclone, cette journée dominicale où il fait bon faire la grasse matinée, se transforma fatidiquement en journée de grande lessive…
Mais le meilleur restait à venir.
Le dimanche soir, après le passage du cyclone, on nous annonça le début du second confinement….
Fabye

image

Le cyclone Niran était annoncé. J’avais rassemblé et mis à l’abri pots de plantes et caisses de jouets. Une partie des meubles de jardin était empilée dans un coin de terrasse, l’autre encombrant le salon. Seul, flottait encore, solitaire, sur la piscine qu’un ciel noir obscurcissait, une voiture de course gonflable que le vent malmenait déjà. Après avoir récupéré l’engin et l’avoir, sans égard, fourré dans l’abri de jardin surchargé, je m’attelais à la maison, fermant portes et volets tout en ménageant la circulation de l’air comme on me l’avait appris. J’avais rempli quelques bouteilles d’eau. Bougies, allumettes et lampes de poche trônaient sur la table en prévision d’une éventuelle panne d’électricité
Cette sauvegarde mise en place, assise sur le canapé, perdue dans ce capharnaüm inhabituel, j’attendais anxieuse la pluie, craignant un débordement de la piscine. Le déluge attendu ne survint pas mais un souffle puissant s’éleva peu à peu. De zéphyr, il devint bourrasques puis tornade, malmenant les buissons, faisant ployer de jeunes palmiers, abattant même dès le début, mon massif préféré. Cette funeste brise anéantissait, indifférente, tous mes méritoires efforts de jardinière. Un géant impitoyable torturait sans relâche mon petit coin de paradis, cette oasis citadine où j’aime tant me réfugier.
Pour tenter de me réconforter, j’attaquais vaillamment un ou deux paquets de biscuits chocolatés. Ces agapes et un programme TV des plus édifiants finirent par engourdir mon angoisse. Il me suffisait juste de patienter encore quelques petites heures et tout ce tintamarre finirait bien par cesser…
Patricia

                                            image1 image

Depuis la veille, tant à la radio qu’à la télé, les bulletins météo se succédaient, devenant de plus en plus inquiétants.
La dépression était devenue cyclone, puis un monstre, puis une catastrophe à venir.
J’avais rangé tout ce que je pouvais, étalé une bâche sur ma terrasse et mis tous les pots de fleurs que je pouvais ainsi que les meubles de jardin. Mais je n’avais ni l’envie ni le courage de démonter la pergola et le panneau qui me permettait d’occulter mon charmant voisin.
Seule à la maison, je n’étais pas tranquille. Je ne comptais pas trop sur Zaza pour me rassurer.
Deux points positifs, toutefois : le cyclone devait passer pendant la journée, ce qui est moins stressant que la nuit et il était rapide.
Pourtant, ce matin-là du 6 mars, il faisait soleil. Normalement, j’aurais dû passer la journée avec mon petit-fils Raphaël. Mais rien n’était normal en ce samedi.
Ce n’est que vers quinze heures que le ciel a commencé à s’assombrir. Rapidement, un vent violent s’est mis à souffler. Je m’étais bien installée dans mon lit pour regarder un film sur mon ordi. Le vent soufflant du nord-ouest à travers les louves, ressemblait aux cris de créatures démoniaques. Zaza n’en menait pas large et se serrait de plus en plus contre moi. Soudain, tout devint noir : plus d’électricité. Et donc, plus internet, ni de film, ni même un livre car je ne voyais pas grand-chose à la lueur d’une maigre bougie. Dehors, les éléments se déchainaient. Des choses (je ne savais quoi) volaient, tapaient, se fracassaient. J’étais un fétu de paille dans la tempête.
Le vent changea de direction, sud-ouest maintenant, mais ne faiblit pas. Zaza tremblait et je tremblais en la caressant. Au bout de deux heures, le vent s’arrêta subitement. J’entendis quelqu’un crier dans les couloirs : une voisine. Elle souffrait d’insuffisance respiratoire et sa machine à oxygène s’était arrêtée avec la panne d’électricité. Du coup, elle était en pleine panique. Elle avait appelé les pompiers et s’inquiétait de savoir comment ils allaient entrer dans la résidence avec notre portail électrique. Je me disais qu’elle avait quand même du souffle. Heureusement, le portail était resté ouvert. Les pompiers ont su rassurer la voisine et tout rentra dans l’ordre.
L’électricité revint, comme par magie. Les pompiers étaient bien mignons !
Je rentrai chez moi, décidai de terminer mon film et de ne pas aller sur la terrasse pour voir les dégâts. Demain serait un autre jour ! Quelle belle journée nous avions eue !
Fafa

image

Voilà déjà longtemps que Nouméa l’attend
Niran le titan, Niran le tout puissant,
le cyclone menaçant ;
La ville s’est vidée, seuls quelques passants
se hâtent de rentrer.
Pas un souffle, la mer s’est figée,
Le temps s’est arrêté.
Seul le ciel est plombé.
Enfin, dans la chaleur lourde de cette fin d’été,
An loin, les palmes des cocotiers se mettent à danser.
Une petite averse annonce le ballet.
Un léger vent du Nord commence à souffler,
Une jolie brise nous prend sur le côté,
Et la végétation ne sait plus où donner de la tête, affolée.
C’est une farandole bien mal orchestrée,
Qui soudain se déchaîne, au cœur de la mêlée,
Et les pins colonnaires balancent à toute volée.
Le vent siffle, mugit, rugit, claironne
Et les carreaux tremblent sous sa poussée.
Quelques cris d’enfants apeurés, résonnent.
Mer et ciel se confondent, bouillonnants de rage, écumants,
C’est une armée de chevaux blancs qui s’avancent
Crinières au vent.
C’en est fini de la verdure de l’été
Et des fleurs de frangipanier,
Niran, le sorcier, a tout brûlé d’un souffle meurtrier.
Alors les arbres se sont couchés,
Leurs feuilles, se sont desséchées.
Puis Niran, grand seigneur, s’est retiré,
Jugeant qu’il en avait fait assez.
Il est reparti sur la pointe des pieds.
Claude

 image

Des vents légers
Subtils puis modérés
Forts puis intenses
Un ciel dense
Le cyclone Niran
Puissant tel un tyran
Fait son entrée
Vient nous chatouiller
Ou plutôt devrais-je dire
Nous déboussoler
Avec sa fureur de vivre
Et nous, notre peur de périr
Des vents à décorner les bœufs
Qui nous emmêlent les cheveux
Des bruits à réveiller un mort
Plus puissants que le fluor
On était dans de beaux draps !
Et tout très vite s’accéléra
Le vent, la pluie, le temps
Ne firent plus qu’une bouchée
De nous pauvres humains impuissants
Attendant avec nervosité
Que le cyclone veuille bien
Ne pas nous transformer en amphibiens.
Fabye

 

Exercice 1 :  petits papiers – Piocher un substantif et un adjectif puis écrire un texte avec ces deux mots qui doivent s’accorder.

Violon                                    grincheux
Flûte                                       menteur
Piano                                      râleur
Trompette                             infidèle
Batterie                                  silencieux
Contrebasse                          poussif
Tambour                               charmeur

image

Louis prenait soin de sa trompette comme de la prunelle de ses yeux.
Il jouait dans le grand orchestre philharmonique de Tréfouillis-les-Oies et en était très fier.
Ce samedi, l’orchestre devait se produire dans l’auditorium tout neuf, orgueil du village.
Louis était d’autant plus fier car c’est lui qui avait été choisi pour interpréter le grand solo à la trompette. Il avait répété et répété et répété, jusqu’à la nausée, et connaissait son morceau sur le bout de ses doigts.
Le jour J, les mélomanes se pressaient. Puis un grand silence se fit, et le chef d’orchestre lança le premier morceau. Tous les musiciens étaient concentrés, c’était leur première fois. Les notes d’abord légères, se firent de plus en plus puissantes.
C’était le moment… Louis s’avança doucement sur le devant de la scène et les autres instruments se turent. Le solo de trompette pouvait commencer.
Louis souffla dans son instrument, mais aucun son n’en sortit. Il souffla plus fort, de plus en plus fort, jusqu’à en devenir tout rouge…
Mais rien ! Sa trompette demeurait silencieuse. Tous se regardaient, perplexes pour les spectateurs, inquiets pour les musiciens. Que se passait-il ? Son instrument adoré était-il cassé ? Ou bien avait-il décidé de faire grève au pire moment ?
Le concert reprit. Louis, effondré se retira… Il arriva en larmes dans les coulisses et de rage, jeta la perfide trompette par terre. Elle se mit alors à vibrer et à faire un drôle de bruit… C’était le réveil qui sonnait ! Louis avait fait le pire cauchemar de sa vie !
Fafa

image

Brutalement, la porte du saloon s’ouvrit, laissant apparaitre la face congestionnée de Will Farmer.
Titubant, il se dirigea vers le comptoir et d’une voix forte réclama un double whisky. Il était déjà bien imprégné, mais comme on lui connaissait la gâchette facile, il fut servi sans délai.
Avec l’arrivée imprévu de Will, l’ambiance chaleureuse de l’établissement s’était quelque peu rafraichie. Pour éviter la casse et apaiser le truand, deux accortes jeunes-femmes vinrent lui tenir compagnie. C’est alors que les notes bancales d’un piano poussif s’élevèrent, tentant de restaurer l’atmosphère joyeuse qui régnait jusqu’alors. Hélas ! Ce crincrin n’était pas du tout au goût de Will. Comme sa main se rapprochait dangereusement de l’arme qu’il arborait à son ceinturon, le silence devint assourdissant…
Les habitués du lieu retenaient leur souffle ; certains essayaient subrepticement de glisser sous les tables. Will, apparemment sans état d’âme, visa la tête du pauvre pianiste terrorisé mais à la place du coup de feu redouté ce fut un rire tonitruant qui fit trembler les murs.
Satisfait de son petit effet, Will se rapprocha de l’instrument litigieux et entonna un vieil air que tous, soulagés, reprirent en cœur.  Le crincrin désaccordé reprit du service avec entrain, sinon justesse. Le vieux piano poussif accompagnerait cette fois encore les voix enrouées par trop de tabac et d’alcool frelaté…
Patricia

image

Violon infidèle

Quel plaisir quand ses doigts longilignes me prenaient délicatement pour venir me déposer dans son cou.
Son cou parfumé et doux à souhait.
Elle appuyait délicieusement son menton sur moi et là je commençais à vibrer.
Doucement puis fébrilement lorsque de son autre main, elle venait me caresser avec son archer.
J’atteignais très vite le septième ciel.
Mon dieu, qu’elle était câline ! Mon dieu qu’elle était belle et son parfum était divin !
Je l’imprimais en moi jusqu’au prochain rendez-vous !
Mia était la femme de ma vie. Je ne vivais que pour elle.
Je résonnais sous ses doigts, je m’appliquais à chanter le plus beau son pour elle.
Mia, Mia…
Et puis un jour, elle me confia à un horrible barbu.
Sa barbe de trois jours, drue me piquait et me lacérait la peau.
C’était horrible. Il était disgracieux dans ses mouvements. Il sentait fort….
Puis après Diego, je passais encore entre des mains, des douces, des maladroites…
Petit à petit, j’oubliais Mia et sa candeur.
J’étais devenue la pute de service, je passais de mains en mains.
On me touchait, me tripotait. On me nettoyait et rebelote.
J’étais devenu le violon infidèle.
Et je dois avouer que je n’étais pas fait pour ça.
J’étais fait pour Mia, pour sa douceur, j’avais l’empreinte de ses mains ancrée en moi.
Alors, un jour qu’un autre me prit dans ses bras pour jouer un air, je me tus et aucun son ne sortit de ma carcasse.
On s’inquiéta, on dit que je faisais une dépression et Mia me reprit sous son aile, et depuis ce jour-là, je ne fus qu’à elle.
Mes idées suicidaires s’étaient dissipées et mon amour pour elle grandissait.
Mia était la femme de ma vie et elle le savait.
De violon infidèle, je devins un violon fidèle et mon passé de gigolo s’éteignit à jamais.
Fabye

image

Lia était en seconde. C’était une jeune fille discrète que ses camarades avaient surnommée « Flûte » tant elle était mince.
Jusque-là, rien de bien méchant mais voilà que sur les réseaux était venu s’ajouter le qualificatif de « grincheuse ». Car Lia était complexée par sa minceur. Son profil, plutôt plat et son ressentiment se laissaient entendre dans ses réparties, souvent aigres. Elle aimait lire quand les autres passaient leur temps sur les jeux vidéo, ce qui l’isolait encore davantage.
Alors pour échapper au surnom, elle devint boulimique mais on la surnomma « trombone ». Et comme elle se défendait encore un peu plus, ce fut                                  «trombone tonitruant ». Cela ne lui plaisait guère mais elle décida d’adopter un comportement indifférent.
Elle aimait le violoncelle, ses parents lui proposèrent de suivre des cours. Ce fut un coup de cœur pour « la flûte ». Elle se passionnait pour son nouvel instrument. On ne parlait plus que de Lia, la violoncelliste de talent.
Elle fut plus entourée et se fit rapidement des amis, musiciens comme elle. « Tiens, voilà le violoncelle Rostropovitch » disaient-ils en riant. Elle avait troqué un sobriquet moqueur pour un surnom louangeur.
Claude

image

Elle adorait la musique. C’était sa matière préférée au collège, après un mois elle avait même réussi à se faire inscrire au conservatoire pour jouer du piano et des percussions.
Ses parents étaient réticents au début, car leur petite Annouk était sourde depuis qu’elle avait eu un accident à quatre ans. C’est après avoir discuté avec sa professeure de musique qu’ils comprirent la singularité de leur fille.
La professeure savait que son élève avait l’ouïe pauvre, mais elle fut surprise de son aisance musicale. Elle l’avait découvert lors des premiers essais de l’année, la petite avait la flûte poussive, toutefois c’était inespéré pour elle !
Elle pensait que la petite aurait des difficultés. Très vite, Annouk s’exprima au de-là de sa timidité, de sa retenue plutôt. Elle n’entendait pas les sons, certes… Elle les voyait ! La gamme musicale n’était pas sonore, mais visuelle…
Un orchestre de couleurs et une symphonie de vibrations sous ses yeux uniques remplissaient la pièce où résonnaient des instruments et des rythmes. Étrangement ce phénomène ne lui apparaissait pour aucun autre son, si ce n’était porté par le chant d’une voix, la corde ou le souffle, et les percussions d’un instrument.
Marceau
Des cris retentirent dans la pampa.
- Mama ! Mama ! appela Tia.

Les lamas dressèrent leur tête et tendirent leurs oreilles, tout en continuant à mâcher l’herbe.
- Qu’y a t il ma chérie ? demanda Grand-Mère.
- Pio n’arrête pas de m’embêter ! Il dit que je ne serai jamais une grande chanteuse et que je serai la honte de notre clan puisque notre grand-mère est la meilleure de toute la contrée.
Mama arrangea sa tunique brodée de mille couleurs avant de prendre Tia sur ses genoux.
- Mais pourquoi te raconte-t-il tout ça notre Pio ?
- Parce qu’avec les enfants du village on s’entrainait pour la cérémonie du Condor et Pio m’a poussée au milieu de la ronde. Et j’étais trop intimidée pour chanter. Du coup Pio m’a dit que j’étais trop nulle, rapporta Tia.
- Au-delà de la réflexion de Pio, pourquoi t’es-tu sentie intimidée ?
- Ils chantent tous tellement bien ! Moi, avec ma petite voix aigüe, je ne me sens pas à ma place, confessa Tia en se tordant les mains.
- Mais non, petit Machu Pitchou de mon coeur, tu chantes tellement juste ! Mama embrassa Tia. Écoute, si tu n’es pas à l’aise avec le chant, tu peux accompagner les enfants avec un instrument, proposa Mama.
- Ah oui ? mais je n’en ai pas ! déplora Tia.
- Alors, figure-toi que si, j’en ai un pour toi.
Le visage de Tia s’illumina.
- Savais-tu qu’avant de me consacrer au chant, j’étais reconnue pour ma parfaite maîtrise de la flûte de pan ?
Tia poussa un cri d’admiration.
- Oui, et je n’en suis pas peu fière.
Mama rejeta en arrière ses longs cheveux.
- Mais pourquoi n’en joue-tu jamais Mama ? Je ne savais pas !
- Et bien, un jour, moi aussi je fus intimidée. En fait, c’était lors de la cérémonie du soleil. Nous étions tous prêts et avions répété tout l’hiver pour épater l’ensemble des clans réunis pour fêter le retour de l’été.
- Mais tu n’as pas rencontré Papa lors de la cérémonie du soleil ? interrompit Tia.
- Si justement ! Figure-toi qu’au moment de jouer, je vis Papa s’approcher des musiciens. Il était si beau dans beau poncho bleu paon. J’en avais le souffle coupé et fut incapable de jouer de la flûte. Je ne t’en ai pas parlé car j’ai eu honte longtemps de cet événement ! On m’avait appelée la flûte silencieuse, moi qui était si douée ! Maintenant je suis passée à autre chose. Mais tu vois, je n’ai plus jamais touché à cette flûte.
Mama regarda par la fenêtre et s’écria
- Papa ! Papa !
- Mama, je crois que Papa s’occupe des lamas aujourd’hui.
- Ah oui c’est vrai, je lui ai demandé de me rapporter de quoi faire de l’alpaga. Va voir sous le lit, la flûte y est rangée dans sa boîte. Elle est pour toi. Tia ne se fit pas prier et courut chercher son cadeau.
- Mama la voila ! la brandit Tia.
- Allez viens, je vais t’apprendre comment t’en servir.
C’est à ce moment que Pio rentra dans la hutte.
- Pio ! gronda Mama.
- Mais quoi Mama? questionna Pio.
- Tu vas me recopier 100 fois les accords toltèques ! ordonna Mama, les poings sur les hanches.
- Mais Mama ! pleurnicha Pio.
Tia, quant à elle, n’attendit pas Mama pour démarrer son entraînement.
Cette flûte n’était décidément plus silencieuse.
Louise

 

 

image

- Aïe ! S’exclama Roger. Mais t’as du plomb dans les doigts ou bien ? Un piano ça se traite avec respect ! Un instrument noble pour des doigts nobles ! Ah, je plains ces pauvres sottes qui acceptent de venir dans ton lit. Ces idiotes repartent en titubant à chaque fois ! Tu feras l’homme aux ongles de fer une prochaine fois, maintenant délicatesse s’il-te-plaît.
OUCH ! Misère, je suis encore tombé sur un crétin… Délicatesse, 4 syllabes, c’est trop pour tes neurones ? Écoute, ce que tu fais de tes doigts hors séance ne regarde que toi, mais on est là pour répéter, pas pour que tu me brises les noires. Hein ? Non non non non AAAAHH ! Oh, mes noires, mes sensibles petites noires ! Maraud, faquin, butor de pied-plat ridicule !
Ce béotien n’écoute même pas, à coup sûr c’est encore un sourd qui veut devenir célèbre. Je vais porter plainte et aller voir mon syndicat moi, comment travailler dans de telles conditions ! Ce n’est même pas une travail, c’est une exploitation. Si c’est comme ça je fais grève. Haha, tu peux taper mon gros, si je retiens mes marteaux ça fait pas de bruit. Il y va fort quand même le gars, c’est dur la résistance civile… Hé, c’est les touches qu’il faut taper ! Aïe, aïe, à l’aide, quelqu’un, j’agonise ! Non !

10 jours plus tard…
Aujourd’hui, nous pleurons Roger, tombé sous les coups de son infâme maître. Son attitude éternellement renfrognée nous aura prouvé qu’il resta à jamais fidèle à lui-même. Nous lui envoyons d’ici nos meilleures prières, en espérant que quand viendra pour nous aussi le temps de faire le grand saut, nous retrouverons tel qu’il fut le meilleur des pianos grincheux.
Loup

 

Exercice 2 :  une histoire d’amour impossible entre un « oui » et un « non ».

image

Ma tête me dit non et mon cœur me dit oui
Quel dilemme !
Et si mon cœur disait non et ma tête oui
Décidément, notre amour est impossible
Comment s’accorder quand on est si différents ?
Comment être positif quand l’autre est négatif ?
Passionnément, à la folie…. Non ça ne marche pas !
Beaucoup et pas du tout… trop extrémistes !
Je sais : un jour je t’aime, et l’autre je ne t’aime plus
Voilà je t’aime peut-être !
Fabye


Entre eux deux, c’était « Je t’aime, moi non plus ». Oui, oui disait-il mais il ratait souvent les rendez-vous. Quand il lui offrait un repas à la maison, c’était toujours « Non, non, je ne mange pas de ce pain-là » Pour un oui, pour un non, ils se chamaillaient. C’était un béni-oui-oui, elle était toujours en rébellion. C’était une poupée qui disait non, non, non, surtout pour monter dans sa bagnole de Oui-oui. Il aimait jouer à la Wi, elle aimait jouer à  « Ni oui, ni non. » Et toujours il gagnai, sacré nom !
Claude

-       Est-ce que tu m’aimes, disait le oui ?
-       Non !
-       Mais tu dis toujours « non »… C’est lassant à la fin. Sais-tu pourquoi ?
-       Non !
-       Est-ce qu’une seule fois, tu pourrais me dire « oui » ?
-       Non !
-       C’est bien ma chance, ça… la dernière fois, j’étais tombée amoureuse d’une peut-être, et croyez-moi, c’était pas mieux !
Fafa


Elle était un oui timide.
Il était un non ambigu.
Il la savait lucide
Mais la voulait perdue.
Finalement, leur histoire fut torride
Mais les laissa déçus.
Patricia

image
-
Je ne céderai pas.
- Et pourquoi pas ? Tu tiens absolument à sortir ce soir ?
- …Tout à fait. Et j’aime jouer avec toi, Papy tu me fais rire.
- Tu veux me rendre chèvre et m’épuiser c’est ça ?
- .. Pas du tout, mais peut-être qu’on va revoir les marcassins de lundi soir. Et j’adore guetter les lièvres et les chevreuils sauter dans les champs, pas toi ?
-  Certainement ma chérie. Moi aussi, et c’est encore plus agréable à deux. Encore une minute et je démarre la deux chevaux.
- Génial ! Elle fait mal aux fesses sur les chemins mais c’est tellement rigolo dans cette voiture !
- Ha ha ha ! Elle est très confortable ma Deudeuch ! C’est peut-être tes fesses qui sont trop dures !
- Non c’est pas vrai ! Oh.. ! Non… J’ai perdu… On y va quand même, Papy, dis, s’il te plait ?
- Oui ma puce, il me plaît. Prends une laine et tes jumelles, le soleil vient de se coucher.
Marceau
-       Dis-moi oui !
-       Non !
-       S’il te plait, juste une fois…
-       Non !!!
-       Est-ce que je t’embête ?
-       Ah OUI, alors !!!
-       Ben ça y est, tu vois, c’était pas si dur…
Fafa

 

Il dit oui, elle aussi.
Leurs parents ? Que nenni !
Il n’y aurait pas pire scandale
Que d’épouser un tel vandale

Faire entrer dans le monde de la soie
Un jeune voyou sans foi ni loi
Qui croit que l’on peut épouser
Noble dame en étant va-nu-pieds.

Isabelle est déjà réservée
À un duc, certes mal léché,
Mais dont le poids de l’alliance
Fait blêmir tous les partis de France

Guillaume est né dans le caniveau
Quel dommage qu’il soit si beau
Et que sa jeunesse soit gâchée
Par son statut de roturier

Lui accorder si grande dot
Serait une action fort idiote
Les temps sont rudes pour les jeunes cœurs
Les parents veulent que l’amour meure

C’est la plus grande tragédie
Dans les livres ou dans la vie
Personne ne clamera leur chanson
Ils ont le oui mais pas le nom…
Loup

Depuis la nuit des temps, ils n’arrivaient pas à s’accorder. Ils en étaient même venus à se détester. Pourtant, un jour, le oui, toujours optimiste essaya de discuter avec le non, pessimiste convaincu. Le non était revêche, pas sympathique et le oui avait beaucoup de mérite à essayer de l’apprivoiser.
Cependant, au fil du temps, le oui s’aperçut que le non n’était pas si noir que ça. Il lui trouva même des qualités certaines : la force de dire non quand il le faut, le pouvoir de dire non à ce qui semble une vie prédestinée, l’envie de dire non à la routine… Bref, ce non-là était beau et plein d’énergie. Et comme le oui était prêt à tout, il se mit à l’aimer. A ce moment, le non s’aperçut qu’ils n’étaient pas ennemis, mais bien complémentaires et qu’il n’y aurait plus rien d’impossible quand ils seraient réunis.
Fafa

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par joie55
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Atelier d’écriture du 16 décembre 2019

DEVOIR : un sandwich Elle n’était pas trop grande, mais dans l’ensemble, elle n’était pas …