Accueil Non classé E-atelier d’écriture pour le 1er avril 2021

E-atelier d’écriture pour le 1er avril 2021

0
0
83

Exercice : écrire un texte avec les mots suivants :
Cuisine – voyager – triomphal – espoir – suggestion – influence – hésiter – occuper – lessive.

Ce texte doit avoir le mot « cuisine » dans la première phrase (c’est le premier qui a été envoyé) et « lessive » dans la dernière phrase.

piments

Vous me connaissez, je suis très (trop) gourmande et j’adore faire la cuisine, presque autant que voyager. Alors, en cette période où quitter le territoire n’est pas possible, je me rabats sur quelques petites escapades culinaires dont l’exotisme, le temps d’un repas, m’éloigne un peu de la routine.
En prévision d’une petite soirée entre amis (nous n’étions pas encore confinés), j’avais consacré toute une après-midi à l’étude exhaustive de mes recueils de recettes.
Ma moitié désirant une fois de plus s’immiscer dans mes choix, tenta quelques suggestions, mais pas question cette fois de subir son influence. En artiste, je désirai œuvrer seule et me lançai sans hésiter, inconsciente du danger, dans les affres d’un menu thaïlandais complet.
Sur les recettes, amoureusement découpées dans des magazines spécialisés, tout était si raffiné et harmonieusement présenté… j’en avais l’eau à la bouche et ne doutais pas un instant de l’accueil triomphal que mes convives réserveraient à ce diner appétissant aussi original que savoureux. Tous les espoirs m’étaient permis…
Le résultat était vraiment esthétique et j’étais très fière de moi. Quand les invités passèrent à table, je sus recevoir avec modestie la salve de compliments qu’avec largesse, ils me dispensèrent.
Hélas ! Dès la première bouchée, je dus déchanter. Ma meilleure amie, le nez dans sa serviette s’étouffait tandis que son époux, les larmes aux yeux tentait encore de faire bonne figure. L’autre couple toussait à qui mieux mieux, se disputant avec insistance la carafe d’eau.
Et oui, j’avais eu la main trop lourde sur le piment ! En fait, ce n’était pas vraiment de ma faute ; le vendeur m’avait assuré qu’il n’était pas très fort. Question d’habitude sans doute ! Celui-là, il n’était pas prêt de me revoir… Le retour de manivelle ne se fit pas attendre très longtemps…
Ah ! tu n’as pas voulu m’écouter… apprécie le résultat ! Si tu m’avais laissé le choix, tout ça ne serait pas arrivé mais tu ne veux jamais m’écouter… je lui ai tout de suite cloué le bec et j’ai bien fait car j’ai évité de justesse un fielleux « tu aurais mieux fait de t’occuper de ta lessive ! ».
Patricia

frigo

« C’est arrivé à Los Angeles, c’est arrivé dans la cuisine du café Yokohama, c’est arrivé à l’heure du déjeuner… »
Réveillée au milieu de la nuit, j’ai pris machinalement un bouquin parmi la vingtaine posée sur ma table de chevet (car oui, j’ai la manie du tsundoku…), je l’ai ouvert au hasard et j’ai picoré cette phrase.
Fallait-il y voir une suggestion ? J’ai hésité encore un moment sur le choix à faire : me lever et aller boire un café dans ma cuisine ? Continuer ma lecture et voyager vers Los Angeles et son fameux café Yokohama ? Éteindre et tenter de me rendormir ?
J’ai refermé le livre, j’avais besoin de réfléchir. Mes yeux se sont posés sur son titre : « Grosse faim », de John Fante…
C’était incitatif, j’ai eu faim tout à coup… Je ne sais pas résister au pouvoir des mots, à leur influence.
A ma grande honte, j’allais me diriger vers ma cuisine, ouvrir mon frigo et me jeter sur n’importe quelle nourriture, du saucisson, du chocolat, des rillettes d’oie bien grasses… Juste pour occuper mes mains et ma bouche, juste pour emplir mon estomac. Mon médecin appelle ça « manger ses émotions », ça me fait une belle jambe ! (belle, non, mais grosse oui !)
J’avais pourtant décidé de perdre quelques kilos, mais plus je luttais contre les tentations diverses, plus je dévorais, et maintenant au milieu de la nuit ? La bataille était-elle perdue, déjà ? Aucun espoir possible ? Ce serait dramatique ! Je ne savais plus que faire.
Je ne pouvais pas me rendormir, je ne voulais pas me shooter aux somnifères pour sombrer enfin, mais je pouvais trouver un palliatif, une honorable porte de sortie, une activité saine comme issue de secours,  pour oublier la compulsion qui me précipitait à toute heure vers les mets les plus gras (mais les plus excitants pour mon palais).
Euréka ! Un cri triomphal dans la nuit.
J’allais trier mon linge sale et faire ma lessive, à la machine, le coton à 90, les vêtements ordinaires à 60, à la main pour le délicat, deux heures au moins pour me distraire de la mangeaille, deux heures de gagnées.
Huguette

lessive

Dans la cuisine, les mains plongées dans l’eau savonneuse, je me perdis dans mes pensées.
Deux bras m’enlaçaient la taille puis une main me fit voyager. Ma tête pivota et des lèvres vinrent se poser délicatement dans mon cou.
Alors mon corps triomphal et plein d’espoir se mit à entrevoir la suggestion de préliminaires et d’ébats plus soutenus.
La tête était sous influence de ce que ressentait le charnel et oscillait entre passion et raison.
Quand les mains se firent plus entreprenantes et plus douces et qu’elles s’affairaient à troubler d’autres parties plus intimes et plus hospitalières, j’hésitais à me retourner pour voir le visage de celui qui m’émoustillait tant.
J’avais peur que ses mains expertes détonent avec son minois. Je n’eus pas le temps d’hésiter longtemps, une voix grave cassa la romance mélodieuse et me rappela que j’avais fort à m’occuper au lieu de rêvasser :
- La lessive attend d’être étendue, me dit l’homme de ma vie dans toute sa splendeur de mâle dominateur.
Fabye

sport

Confinée

C’était mon 83ème tour de cuisine. Plus qu’un tiers de tour et j’aurai fait un kilomètre. Je devais faire ça huit fois par jour pour avoir l’espoir de ne pas prendre trop de kilos. Parce qu’avec les gâteaux que je faisais, il fallait que je fasse attention : gâteau à la banane (et sa chantilly légère), crêpes flambées au rhum, tarte au citron meringuée, poé citrouille… Je commençais à devenir quasiment une pro de la pâtisserie. Fallait bien que je m’occupe !
Donc, la cuisine pour le footing, le salon pour la natation : trente fois la largeur en crawl. De quoi participer aux Jeux Olympiques cet été, sans voyager !
Dans la salle de bain, je prévoyais une escalade de la douche par la face nord… la plus difficile, mais je n’aime pas la facilité ! Et je me voyais déjà faire une arrivée triomphale, sous les applaudissements de Zaza.
Ne croyez pas que je suis sous influence de produits illicites. Oh non ! Je ne touche pas à ces saletés, moi. Par contre, un (voire deux !) petits verres « d’inspiration » pour me maintenir en forme et de bonne humeur, ne me font pas peur.
Mais oui, je vais bien ! Pourquoi me demandez-vous ça ?
A la fin de la journée, je suis épuisée, alors, sans hésiter, je me fais à moi-même une suggestion : et si je faisais une pause ? Je pourrais voir un film…
Je mets alors mon fauteuil le plus confortable dans le cellier, devant la machine à laver pour regarder tourner la lessive.
Parfois, le bonheur n’est fait que de petites choses…
Fafa

allergie

L’invitation

C’était la première fois qu’elle le recevait et Lia avait décidé de mettre les petits plats dans les grands dans sa cuisine. En la côtoyant au travail, Pierre avait su la mettre en confiance et ne manquait pas de la complimenter sur son rôle prépondérant dans l’agence. Il avait une bonne influence sur elle qui prenait de plus en plus d’assurance à manager l’équipe. Elle nourrissait quelque espoir de le séduire donc.
Il aimait voyager et avait un faible pour l’Asie. Carole, sa chef d’équipe mais aussi son amie de longue date, lui fit une suggestion : pourquoi ne pas l’inviter à déguster un repas asiatique chez elle, dans l’intimité de son appartement ?

Lia trouva l’idée bonne et choisit son menu. Pierre aurait un accueil triomphal, sur fond de musique zen. Elle opta pour une soupe thaï et des crevettes à la malaisienne, accompagnées d’un riz sauvage.
Pierre accepta l’invitation. Arriva le soir convenu. Lia dressa la table avec soin, disposant les bols japonais sur les sets en bambou, sans oublier les baguettes brunes, finement ciselées, qu’elle avait rapportées de Chine.
Mais tout ne se passa pas comme prévu et la soirée inaugura un éloignement irrémédiable.

Le soupirant arriva en retard et la soupe thaï n’attendait pas. Ils la mangèrent donc tiède. Vint le tour du plat principal. Le plat de crevettes était appétissant, les crustacés locaux étaient réputés délicieux ; ils étaient entourés de choux chinois élégamment disposés. Pierre hésita un instant, se sachant allergique aux crevettes mais la dernière fois qu’il y avait goûté, cela s’était bien passé, juste la sensation de bouche pâteuse.
Mais, tandis que Lia était occupée à servir le vin de Bordeaux dans les verres en cristal, son invité devint écarlate. Son visage gonfla soudain comme un ballon de baudruche et ses yeux effarés, s’enfonçaient dans leurs cavités. Pierre sentit venir la catastrophe, il cracha sa seconde bouchée dans le décolleté soyeux de la jeune femme qui fit un bond en arrière.
Il fallut appeler en urgence le Samu pour une piqure salvatrice. Elle ne put que dégrafer le col de sa chemise pour lui éviter l’étouffement dans l’attente des secours. Elle se vit déjà lui pratiquer une trachéotomie pour tenter de le sauver…

Lorsque Pierre reprit ses esprits, il prit congé en s’excusant platement. Désormais, ils s’éviteraient dans les couloirs. Il ne resta plus à Lia qu’à faire tourner une lessive pour sa robe sacrifiée en programme délicat…
Claude

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par joie55
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Atelier d’écriture du 3 mai 2021

Devoir : figures de style (3) Périphrase : la périphrase est une figure de style qui consi…