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Atelier d’écriture du 25 janvier 2021

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Devoir : Écrire un texte avec ces 10 mots dans l’ordre que vous voulez
joie – papier – pousser – aurore – cheveu – Eiffel – bikini – caleçon – petit matin – bousculer.

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LA COMPAGNE D’EIFFEL


Au petit matin, je me lève en silence pour ne pas bousculer Eiffel qui dort.
Je le regarde avec tendresse.
Il semble enfin apaisé.
Ses traits sont fins, ses cils longs comme ceux d’une fille. Sa bouche est entrouverte, et je sens son souffle régulier près de moi.
Je le frôle, juste comme ça : fff…..
Dans la chambre, pas un bruit.
Je devine dans la pénombre tout un décor qui m’est étranger : deux lampes de chevet en cuivre ancien, un gros édredon jeté sur le lit, un vase de fleurs séchées sur le bureau.
Sur le fauteuil, un bikini et un caleçon, jetés précipitamment.
J’aimerais que cette première journée à nous deux s’étire à l’infini.
Je ne veux surtout pas réveiller cet homme qui me retrouvera la nuit  prochaine.
Il me l’a promis hier soir avant de s’endormir, sa main sur moi.
Je suis unique, il le sait, et c’est pour cela qu’il me protège.
Comme j’ai aimé sa caresse du bout des doigts pour ôter avec délicatesse le cheveu qui m’agaçait.
J’ai senti pendant toutes ces heures passées ensemble son regard me scruter, me juger. Aucun son ne sortait de sa bouche. Je ne connais encore pas sa voix : est-elle aussi douce que ses lèvres ?
J’ai respiré son parfum quand il était penché sur moi. Des effluves de cuir, du thé vert, un curieux mélange…..
J’ai rêvé qu’on dansait tous les deux, bercés par la voix de Billie Holiday, sur « My Man »….
Ce matin, nous ne faisons plus qu’un, nous sommes enchaînés l’un à l’autre.
J’attends avec joie le moment où il va pousser la porte pour venir me retrouver.
Il ira s’asseoir à son bureau, il me cherchera des yeux.
Il va m’attraper délicatement, me toucher, me regarder.
Aujourd’hui, je suis toujours en vie, mais demain, à l’aurore, je serai à sa merci.
Que fera-t-il de moi ?
Moi, qui ne suis qu’une feuille de papier sur laquelle il écrit les mots de son nouveau roman.
Soit il me jette à la corbeille, avec mépris, sans espoir de retour.
Soit il me garde, il me retient : alors, je serai la plus fière, la plus heureuse.
Il me cachera des regards curieux, et il me reviendra, jour après jour, pour me caresser de la pointe de son stylo.
Oui, j’espère rester l’unique, l’élue, parmi toutes mes compagnes de route qui attendent sagement leur tour, vierges d’inspiration, si pâles, sur le coin de son bureau.
Ses mots seront à jamais tatoués sur mon corps.
Marie-Pierre

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Laura se réveilla à l’aurore. Il ne devait être pas plus de cinq heures.
Germain était paisiblement allongé à ses côtés. Il avait remis son caleçon en garçon pudique qu’il était.
Elle aimait écrire au petit matin, surtout en cette saison chaude où l’air s’embrasait à Paris, dès dix heures du matin et vous étouffait littéralement .
Elle se souvint de la joie qu’ils avaient partagée cette nuit-là. Elle essaya de ne pas le bousculer en se dégageant des draps. Il s’en fallut d’un cheveu qu’il ne s’éveillât. Germain émit un grognement puis se rendormit.
Elle se leva et enfila son bikini. Elle rassembla papier et stylo. Il fallut pousser les persiennes sans bruit, un rayon lumineux éclaira le corps de Germain.
Elle sortit sur la charmante terrasse qui surplombait les toits de Paris. Au loin, elle aperçut la Tour Eiffel dans un halo brumeux et le champ de Mars en perspective. C’était comme si cette « vieille dame »  saluait sa présence.
Claude

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Échappées belles

Au petit matin, c’est décidé
Ils partaient pour la capitale
Quatre jours dans l’année,
L’endroit idéal.

Avec joie ils avaient programmé
Les visites dans les musées,
Les pauses café dans les troquets,
Les grands magasins dans la foulée

Une chambre dans un petit hôtel coquet
Et charmant, ils avaient réservé
Aux pieds de la Tour Eiffel
La grande dame, la demoiselle

Réveillée à l’aurore
Alors qu’il dormait encore
Du coude, elle l’avait poussé
Gentiment bousculé
Pressée de visiter

Les beaux jours étaient là
Bikini et caleçon dans le cabas
Lorsque l’envie se fit soudaine
De lézarder sur les bords de la Seine.

Et comme Paris l’inspirait
Tels des cheveux déliés
Elle couchait des mots sur le papier,
Ses ressentis qu’elle immortalisait.
Fabienne C.

 

Un bruit un peu insolite chez ses voisins l’avait fait sursauter. Avec des copains, la veille, ils avaient fêté jusque très tard son trentième anniversaire.
Un pote lui avait offert ce caleçon Superman qu’il arborait pour tout vêtement en ouvrant ses volets sur un petit matin trop gris. De son sixième étage sans ascenseur, il apercevait un petit bout de tour Eiffel et encore un peu sous les effluves des Moritos ingurgités, il salua dignement la vieille dame.
Peu à peu, les nuages se dissipèrent et l’aurore pointant son nez, un premier rayon timide de soleil automnal vint éclairer un mur de sa chambre. Revigoré par la promesse d‘un jour sans pluie, il s’étira longuement et, sans trop se bousculer, entreprit la préparation de son petit déjeuner : café noir sans sucre et tartines grillées largement beurrées, suivis d’un jus d’orange, certifié bio selon l’étiquette.
A présent tout à fait éveillé, il prit connaissance de son courrier, récupéré hier à la hâte, alors qu’il avait encore beaucoup à faire en vue de la soirée. Un papier beige-rosé qui tranchait avec le reste attira son attention ; c’était une lettre de Constance !
Enfin !
Il l’avait tant espéré cette lettre ! Déjà huit jours qu’elle avait quitté Paris pour un séjour à Nice dans sa famille. Soulagement, craintes, joie, impatience, se noyaient en lui en un maelström d’émotions. C’est vrai qu’il l’avait un peu poussée à bout ces derniers temps : trop de boulot, de fatigue, d’énervement, d’incompréhension aussi…
Elle avait donc décidé de faire un break d’une quinzaine de jours en se ressourçant chez ses parents. Ils habitaient une coquette villa assez proche de la plage et elle s’était imaginée, cocoonée par sa mère et surtout loin de la tension malsaine de ces derniers jours.
Dès qu’il parcourut les premières lignes, ce fut comme si un petit air marin lui fouettait lui aussi le visage. Il eut la vision d’une Constance, cheveux au vent, courant vers les vagues dans son petit bikini orange et en fut tout émoustillé avant de réaliser qu’en ce début d’octobre, cette baignade était improbable.
Néanmoins et jusqu’au soir, il conserva en lui cette image d’une Constance joyeuse, barbotant dans le bleu de la Méditerranée et toute sa journée en fut illuminée. Encore une semaine et elle lui reviendrait…
C’est sûr, tout serait à nouveau comme avant, tout…
En attendant, il allait un peu ranger l’appartement et trouver à s’occuper. La semaine à venir risquait d’être bien longue !
Patricia

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Les cheveux encore tout emmêlés de la nuit, Aurore pianotait sur son clavier. Elle s’arrêta quelques minutes pour fixer le papier peint imprimé Tour Eiffel du salon. Elle songea qu’il fallait vraiment le changer, et rapidement !
Il avait été installé pour les touristes. Maintenant qu’elle occupait de nouveau son appartement, il l’horripilait.
Elle poussa son ordinateur pour attraper son café, réchauffant ses deux mains contre la porcelaine de la tasse.
Elle le sirotait, le regard vague, toujours fixé sur le papier peint.
C’est finalement la voix de son frère qui la fit sortir de sa torpeur :
- Ben dis donc, c’est pas la joie ! lui lança-t-il en se dirigeant vers la cafetière.
- Bonjouuuuur Thomaaaas ! Sourit Aurore d’un ton insistant. J’y crois pas que tu restes en caleçon avec ce froid de canard !
- Ben, où sont les pains au chocolat? demanda-t-il en ouvrant le bocal des capsules à café. C’est bien la peine que tu sois si matinale…
- T’as vu des souris en bikini ou quoi? Elle haussa le ton pour couvrir le bruit de la machine à café. C’est à ton tour de payer tes petits pains !
- Nan mais comment tu me bouscules dès le petit matin ! plaisanta Thomas.
- Petit matin? Il est déjà 9h, donc file à la boulangerie ! J’espère pour toi qu’il reste des chocolatines !
Thomas s’avachit dans la canapé, son café dans une main, le téléphone dans l’autre.
- Laisse moi avaler mon café et j’y vais.
Aurore leva les yeux tout en papillonnant des paupières. Elle savourait le bonheur de partager des moments de complicités avec son frère.
Louise

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 Un beau voyage

Ce matin, Léa s’était levée très tôt, à l’aurore pour faire sa valise.
Comment Raphaël, son petit ami, avait-il fait ?
Il était arrivé hier soir et avait exhibé, de loin, afin qu’elle ne pût lire la destination, deux billets d’avion. Alors que les frontières étaient fermées depuis plus d’un an, ils allaient enfin pouvoir sortir de Calédonie.
Ils partiraient demain matin ! Tout en joie, excitée, les idées se bousculaient dans sa tête. Malgré tout, elle était affolée : demain ! c’était si court pour préparer une valise, elle qui, habituellement, commençait à la faire un mois avant de partir pour être sûre de ne rien oublier.
Elle se mit à rêver. Allaient-ils pouvoir aller à Paris ? Elle imaginait déjà les balades sur les grands boulevards, l’Arc de Triomphe, la Tour Eiffel qu’ils escaladeraient et les musées… Et bien sûr, sa grand-mère qu’elle n’avait pas vue depuis si longtemps et qui lui manquait tant.
Elle mit pêle-mêle des caleçons, des sous-vêtements pour elle, des habits chauds – il faisait froid en France – et puis, elle rajouta un maillot pour lui et un bikini pour elle. Peut-être, après tout, allaient-ils aller dans un pays chaud ?
Ils partirent au petit matin en direction de Tontouta, avec leur voiture qu’ils gareraient sur le parking de l’aéroport. Combien de temps allaient-ils rester absents ? Elle n’en savait rien, parce que, ça non plus, il n’avait pas voulu lui dire.
Au lieu de s’arracher les cheveux et de se poser tout un tas de questions, elle avait décidé de profiter de ces moments.
Raphaël poussa le bagage, exagérément lourd – mais pour une fois, il ne fit aucune remarque – en direction du comptoir. Il y avait foule déjà. Il demanda à remplir les papiers d’embarquement, afin que Léa ne pût rien voir. Et quand l’agent d’Air Calédonie leur souhaita « bon vol !» avec un sourire,  elle ne sut pourquoi, elle se mit à pleurer. Son amoureux la prit alors dans ses bras, sans rien dire.
Ils passèrent sans encombre la douane et arrivèrent dans le hall d’embarquement. Elle fit quelques courses au duty free, du parfum, une bouteille…
Vite, c’était déjà l’heure d’embarquer.
L’hôtesse leur indiqua leurs places. En première !!! Raphaël avait bien fait les choses. C’était sans doute une folie, mais elle apprécia quand on lui tendit une coupe de Champagne.
Quand tout le monde fut entré et placé, les moteurs se mirent à vrombir. Elle ferma les yeux, prête à s’endormir. Elle n’écouta pas les conseils et indications qui précèdent chaque vol…
L’avion bougea enfin sa lourde carcasse, prit de la vitesse et décolla. Ça y est !!! Ils étaient partis. Elle sourit à Raphaël et l’embrassa tendrement quand une voix annonça :
-       Mesdames et Messieurs, le duty free de l’avion est ouvert.
Elle décida d’acheter un petit cadeau pour sa Mamy.
Ils volaient depuis une heure environ quand elle sentit que l’avion perdait de l’altitude. Elle s’affola un peu, mais tout le monde autour d’elle avait l’air content et serein.
Que se passait-il ?
A ce moment-là, le pilote annonça dans le micro :
-       Nous vous remercions chaleureusement pour ce vol Tontouta-Tontouta. Grâce à vous, notre compagnie pourra survivre !
Fabienne

 

Ah, quelle joie, après une journée de dur labeur, de se rappeler que ce soir, salle Eiffel, notre clique ésotérique se réunit ! Bon, allez, il faut savoir se faire violence, écrivons le devoir malgré la fatigue. Mais horreur ! Chez soi, l’inspiration se fait rare. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau ! Dire que d’habitude, les idées sont tant présentes qu’elles en viennent à se bousculer – surtout aux aurores alors qu’on est censé dormir.
En plus, c’est un sujet incroyablement libre, trop libre, et le secteur brainstorming n’a jamais été aussi dépeuplé. Pas même les fois où le réveil sonne, au petit matin ! Quelle plaie ce devoir, quand même. Quand on ne sait pas quoi coucher sur le papier, il y a de quoi faire dans son caleçon. Heureusement, il en faut peu pour faire couler l’encre. La formule du récit intéressant est élémentaire et millénaire : mettez une personne en petite tenue, par exemple en bikini, et vous verrez que soudain, tous se voient pousser une âme de polémiste et des doigts de dactylographe aguerri. Entre les prudes qui hurleront à l’indécence et les frustrés qui en redemanderont, vous l’aurez, votre encre créatrice.
Et paf, l’inspiration revient de congé ! Parce que mine de rien, je viens de faire un tour de plume hasardeux et abscons, mais me voilà doté d’un parfait devoir ! C’était serré, ma réputation au sein de l’atelier s’est jouée à un cheveu ! Bon allez, suivant, et le premier qui pose une question, je lui dis « licence poétique » !
Loup


Exercice 1
 :  Histoires croisées
Partager une feuille en 2 dans le sens de la longueur.
Sur la première partie, chacun écrit une fiche personnage. Il doit obligatoirement s’agir d’un personnage de Walt Disney
La feuille est pliée et chacun en pioche une.
Sur la 2ème partie, écrire la fiche d’un personnage créé à partir des personnes présentes.

Happy-Peter-Pan

Peter Pan et Zaya

Milo Sun, alias Peter Pan, choisit de venir par les airs pour éviter les embouteillages.
Nous étions samedi soir et tout le monde était de sortie.
Il choisit une fenêtre éclairée dans cette jolie garçonnière et pénétra à l’intérieur.
A son grand désarroi, il n’y avait aucun enfant qui sommeillait, emmitouflé sous sa couette, la veilleuse allumée à ses côtés.
Une créature, comment dirais-je, plutôt un croisement entre le chien mais très, vraiment très éloigné de l’être humain, était là en train de se lécher.
Le spécimen, vingt-cinq centimètres au garrot à vue d’œil, était recouvert de poils.
La créature lui aboya dessus, drôle façon de communiquer qu’elle avait !
Peter Pan s’approcha, elle portait un collier rose orné d’étoiles argentées et une plaque sur laquelle était inscrit Zaya, probablement son nom.
Elle lui plaisait avec sa crête toute rose entre les deux oreilles.
Peter Pan lui dit qu’il avait quarante ans mais qu’il faisait tout pour  rester jeune et lutter contre les affres du temps. Zaya avait dix ans et demi.
Il lui demanda si elle aimait la magie et si elle voulait faire un tour avec lui.
Zaya semblait danser sur ses quatre pattes ; ça devait vouloir dire oui.
Alors, il envoya de la poudre magique sur elle et elle s’envola.
Zaya était la plus heureuse, elle qui ne pouvait contempler la ville que du sol.
Ses crottes se transformèrent en constellations et ses pipis en étoiles filantes.
Zaya volait et était aux anges, elle faisait le bonheur de Peter Pan .
Ensemble , ils vieilliraient… ou pas…
Fabienne C.

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Personnage 1 :
Meiko, un raton laveur de 3 ou 4 ans
Pelage gris, avec des rayures noires, oreilles pointues
Aime manger manger, les cookies, voler de la nourriture, faire de la pirogue, regarder son reflet dans la rivière, se mettre sur la tête des gens comme le chapeau de Davy Crocket
S’essuie les moustaches après les repas
Sait faire des tresses
Taquin, surtout avec Flit un colibri et Percy un bouledogue
Joueur, protecteur, moqueur
Il est impressionné par grand-mère Feuillage
—> en ce moment, il joue près de la rivière avec des cailloux…

Personnage 2:
Nom : GATEAU
Prénom : Muriel
Age : 40 ans
Célibataire, sans enfants (rêverai d’en avoir un… ou 2)
Métier : prof
Qualités : douce, affable, intelligente
Défaut: commence 100 choses mais ne finit jamais rien
Hobby : aimerait bien écrire un roman ! LE SUPER ROMAN qui raflera tous les prix littéraires
S’embête un peu dans vie, mais ne fait rien pour en changer. 

Décidée à trouver l’inspiration, Muriel entreprit une promenade dans la forêt. Son roman ne s’écrirait pas tout seul ! Il lui fallait un peu plus de discipline. En même temps, tout concilier n’était pas évident. Elle s’imagina avec des enfants… elle pourrait encore moins s’occuper d’elle ! et pourtant, avoir des bambins dans les pattes, ce serait tellement merveilleux…
Elle marcha vingt bonnes minutes, en essayant de ne pas penser à la fac. Ou plutôt d’oublier ses adorables collègues. Elle pourrait changer de voie, mais renoncer à son confort lui faisait peur.
Muriel s’arrêta près de la rivière. L’eau était claire et lumineuse. Elle s’assit sur un rocher pour y tremper ses pieds et grignoter un sandwich. Tout en mangeant et admirant la rivière, elle voulut trouver, de la main, son sac pour prendre sa bouteille d’eau. N’y parvenant pas, elle le chercha et s’aperçut qu’il s’était déplacé de plusieurs mètres derrière elle. Quelque chose à l’intérieur bougeait.
- AAAAAAaaaaaaah !!!!!
Surprise par ces cris, la chose s’immobilisa, puis sortit sa tête du sac. C’était un raton-laveur ! Il épousseta les miettes coincées dans ses moustaches.
- Mes biscuits! s’exclama Muriel.
Le raton la scruta, puis voyant qu’elle restait immobile, repris comme si de rien n’était la fouille de son sac.
Muriel s’approcha doucement pour tenter de chasser le petit voleur et récupérer ses affaires. Mais c’est que l’animal était rusé ! Plus elle approchait, et plus il reculait. Avec le sac bien entendu.
Comprenant que le raton était attiré par de la nourriture, Muriel lui tendit son sandwich.
La dynamique s’inversa.
Ils se fixèrent du regard, immobiles. Puis, sans la quitter des yeux, le raton saisit un caillou et d’un geste vif, le lança dans la rivière. Muriel suivit sa trajectoire. Son attention détournée, elle sentit le sandwich lui échapper de la main. Le temps qu’elle réagisse, le raton s’enfuyait avec son repas dans les fourrés.
Louise

la-vallee-des-fees
Perso 1 : fée clochette
Père et mère inconnus.
Naissance spontanée à partir d’une fleur et d’un papillon (sorte d‘ OGM avant l’heure).

Perso 2 : Loup AMEN
- 17 ans
-  Italien
-  Curé
- Mère fille de joie – père X
- a des bagues plein les doigts
- rêve de devenir cardinal à défaut d’être pape
- adore la soutane
- porte des sandales de cuir de pèlerin.

Dès son plus jeune âge, Loup AMEN s’était distingué en affichant des goûts et des aspirations différentes de celles des autres enfants, affirmant qu’il serait prêtre ou bien plus encore…
De fait, il fut le plus jeune prêtre ordonné en ce siècle. Si la soutane qu’il portait avec plaisir était une première étape, il ne cachait pas son intention de grimper rapidement dans la hiérarchie et, anticipant les signes extérieurs d’une position plus enviable, il arborait avec ostentation bagues et médailles dont l’éclat tranchait sur la sombre soutane.
Alors que, cheminant dans la campagne environnante, il réfléchissait aux moyens de parvenir à ses fins, il lui sembla apercevoir comme une lueur insolite qui, tel un feu-follet, se déplaçait de buisson en buisson. Intrigué, il s’arrêta, essayant de comprendre ce phénomène étrange.
Zoom …Zoom…. Telle une abeille zigzagante, la petite lumière passa et repassa juste sous son nez. Surpris, il recula brusquement et s’empêtrant dans sa soutane se retrouva sur son séant sans bien comprendre ce qui lui était advenu.
Zoom …Zoom… La chose voletait autour de lui… Une sorte de lumière dont il n’arrivait pas à déterminer la nature…
Vite ! Il chaussa ses lunettes (et oui, il était certes bien jeune mais tant d’heures passées enfermé dans une bibliothèque obscure n’était pas sans conséquence). Totalement éberlué, il constata qu’il s’agissait d’une minuscule jeune fille dont émanait une sorte de halo d’un bleu lumineux.
Enfin, une jeune-fille… pas tout à fait !
Car cette curieuse petite personne avait des ailes, deux fines ailes transparentes qui frémissaient au moindre souffle de vent.
Lui, toujours si cartésien, n’en croyait pas ses yeux !
- Coucou ! Qui es-tu beau jeune-homme ? Moi, je suis Clochette. La fée Clochette pour tout te dire.
Se redressant vivement, il salua dignement cette éblouissante apparition. Son cerveau aiguisé travaillait à toute allure. « Une fée », hum ! voilà qui est intéressant… cette jeune personne pourrait bien servir mes intérêts…
Le regard de Loup se fit un peu enjôleur et dévoilant ses jeunes dents, dans un sourire des plus charmants, il entreprit la conquête, platonique, bien évidemment, de ce délicieux petit lutin…
Patricia

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Le Prince Philippe était un beau jeune homme de 20 ans qui vivait dans un immense palais vide. Grand – 1,90 – musclé, aux yeux bleus et aux cheveux noirs bien gominés. Ce qui ne gâchait rien : il était riche. Tout le monde penserait qu’il était né avec une petite cuillère en argent dans la bouche et était très heureux… Mais hélas ! Ce n’était pas le cas. Sa famille était une vraie catastrophe :
-       Son père était un vieux grabataire alcoolique, aigri et toujours en colère et qui le rabaissait constamment
-       Sa mère, une mégère, mais fort heureusement, souvent absente. Et personne ne savait où elle était
-       Quant à ses onze frères et sœurs, ils étaient tous drogués, mentalement dérangés pour les 6 garçons, et nymphomanes pour les 5 filles !
Comment voulez-vous vous construire avec une famille pareille ?
Alors, il collectionnait les aventures. Pour se prouver qu’il valait quelque chose ? Pour avoir un peu de tendresse qu’il n’avait jamais eue ? Il ne savait pas… mais pour lui, c’était vital.
Ce soir-là, il était dans sa chambre et attendaient ses neuf maitresses.
Pour tromper cette attente, il décida de faire un tour sur ses comptes secrets. Tinder, tout d’abord. Un site de rencontres « éphémères » où toutes les filles rêvaient de le rencontrer et qui lui servait de vivier quand il était fatigué de ses amantes. Rien de nouveau ! Toujours les mêmes filles, intéressées et perverses…
Alors, il décida d’aller sur l’autre site, un peu… particulier. C’était un site de rencontre homo. Loin de lui l’idée qu’un homme pût lui plaire… Mais bon, il voulait voir, se comparer, goûter sans danger le goût de l’interdit. Car bien sûr, pas de ça chez lui. Son père ne le supporterait pas. Sa mère cirerait haut et fort au scandale et ses frères et sœurs se moqueraient ouvertement de lui.
Une photo attira son regard : Loup des Bosquets !! Tiens, tiens… Ce jeune homme avait l’air, lui aussi… différent. Grand, mince, de longs cheveux châtains bouclés qu’il attachait en catogan, des yeux noisettes plein de douceur et des vêtements de bonne coupe, qui ne ressemblaient à personne.
Philippe se mit à rêver… Et puis, il se reprit vite. Mais enfin, qu’est-ce qui lui arrivait ? Lui, le tombeur de ses dames, le Don Juan des sites de rencontres, l’amoureux insatiables des femmes ?
De l’autre côté, Loup était connecté et il avait tout de suite flashé sur ce beau gosse. Pourtant, lui aussi, habituellement n’aimait que les filles qu’il charmait par son élégance, sa culture et son air détaché de tout.
Loup se disait que ce prince avait l’air si triste dans son palais.
Philippe était sûr que Loup était un être libre, aimé de tous et heureux.
Alors, ce dernier, demanda à son valet de chambre de dire qu’il n’était pas là ce soir et de renvoyer toutes ces dames.
Il passa la nuit à discuter avec Loup et ils trouvèrent qu’ils avaient beaucoup de points communs : l’envie d’être différents, l’élégance, l’intelligence, et un besoin d’amour immense.
Personne ne sut jamais si, entre eux, ce fut une histoire d’amour ou d’amitié, mais à partir de ce jour, ils ne se quittèrent plus car ce soir-là, deux âmes s’étaient rencontrées.
Fabienne

Picsou

Avançant timidement dans le grand hall, Fafa avait le crâne en ébullition. En effet, il faisait 32° et aucune clim à l’horizon, ça consomme beaucoup trop. Plus que la température, c’étaient ses pensées qui causaient son agitation mentale : elle, ancienne petite entrepreneuse, allait passer devant le grand, le ô combiné richissime Picsou. Elle pensa à ce que lui avait dit sa mère : « Accroche-toi bien à tes rêves, car c’est toujours ce qui sera mis à l’épreuve plus que tout autre chose ».
Elle serrait fermement contre sa poitrine ses feuilles désordonnées et compilations chaotiques d’écrits osés. Elle espérait bien un financement de la part du vieux grigou. Il avait mauvaise réputation, mais qui sait, peut-être que ses récits coquin pourraient redresser sa vieille brindille ?
Elle attendit une bonne demi-heure avant que la secrétaire, plus amicale qu’elle ne s’y attendait la fit venir. Quand Fafa entra, Picsou avait l’oreille collé contre son fixe, et il retint l’invitée d’un geste de la main :
- Asseyez-vous, juste une seconde, je conclus un gros coup !
Il remit le combiné sur son clapet.
- 70 !… 60 !… 57, dernière offre !… Bon, 55 et un sandwich thon-mayo, ok ? Vendu ! Allez, à plus !
Il raccrocha, de bonne humeur, et tendit vivement la main à Fafa.
- Excusez-moi, je versais un pot-de-vin au principal de mes neveux. Un homme doué pour les affaires ! Il faudra que je l’embauche, ou que je l’assassine. Alors, parlez, mademoiselle, que voulez-vous ?
Elle resta bouche bée un instant, il était totalement différent de ce que les médisances affirmaient. Il n’était pas si vieux, 50 ans tout au plus, quoi. Il avait certes quelques cheveux blancs, et ses dents étaient un peu jaunes (économies sur le dentifrice sans doute), mais les témoignages ne lui rendaient pas justice. Il transpirait la puissance, l’initiative, une aura irrésistiblement attrayante l’entourait. L’air agacé, il la brusqua un peu :
- Dites, le temps c’est de l’argent ; perdre l’un c’est perdre l’autre. Si vous voulez vous plonger dans une contemplation vaguement lyrique, ma compagnie a des billets pour Auschwitz.
- Euh, alors, je viens pour un projet de financement, monsieur. Je suis écrivain de littérature érotique… J’ai amené quelques œuvres.
Elle éparpilla son barda sur la table, ce qui irrita l’autre un peu plus. Elle lui lut cependant une des ses créations favorites : « Les amants de l’aurore ».

Mon corps allongé sur la longe bleu nuit
T’attends, toi le seul qui jamais ne me nuit
Mais m’entraîne dans un tango souvent fatal
Dont la danse, pour nous deux, sera sûrement létale.

À toi, ô ma fierté, qui ne fais que me combler,
Je brûle, je meurs, je tue, en attendant tes baisers
Et si un jour tu pars, j’irai avec toi
Comme une pharaonne s’en va avec son roi.

Avant que le soleil ne dévoile sa robe,
Et que les manants jettent sur nous toute leur opprobre,
Je te dis, tu as le monopole de ma foi.

Avant que ne viennent faucheuse et camarde
Il faut, oui, toujours, que l’on se regarde,
Près de toi je dors pour la dernière fois.

L’homme d’affaires resta interdit devant une telle sensualité. D’un coup, dans son cœur qui abritait tant de billets, un brasier indomptable vit le jour. Crépitant d’une passion ardente, il se redressa, retrouvant subitement ses vingt ans. Il saisit la belle Fafa grâce à sa vigueur nouvelle, la renversa, et lui arracha un baiser torride. Fafa, dont le cerveau fonctionnait toujours à plein régime, comprit que ce genre d’activités ne pourraient être que bénéfiques au financements de ses autres productions ; sans compter l’inspiration ! L’inspiration que Picsou lui insufflerait en devenant sa muse !
Décidée à faire la une de Voici, elle renversa son homme et se donna à lui toute entière à même le bureau.
Loup

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