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Atelier d’écriture du 21 décembre 2020

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Exercice 1 :  le Père Noël fait son coming-out !

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Le Noël de Nicolas et d’Emmanuel.

 

Hiver 2020. Exceptionnel. Pas particulièrement rigoureux mais plus rude que les autres, Le réchauffement climatique dont on nous rebattait les oreilles n’y était pour rien. En tous cas, il en avait ras le bonnet de cet accoutrement qu’on lui faisait porter depuis le XIXème siècle sous le patronyme d’un saint avec lequel il est désormais confondu. L’aimait pas l’hiver.
Lui, ce qu’il préférait, c’était les tropiques… Au chaud, toute l’année, les orteils en éventail sous les palmiers. Personne ne lui avait demandé son avis. En même temps, les personnages ne sont jamais consultés. C’est fâcheux. De toute manière, il serait bientôt jeté aux oubliettes. On raconterait plus tard aux enfants de moins en moins crédules comment ceux des générations précédentes avaient été longtemps pris pour des demeurés. A moins qu’on le recycle, une fois encore.
Plus rien ne l’étonnait. Mazette.  Il a connu moult péripéties.
D’un homme devenu évêque, ils ont a fabriqué un saint.  La métamorphose s’est poursuivie et le voilà à faire le pitre pour amuser la galerie, vieillard jovial, fumeur de pipe, bedonnant à souhait, sa mitre troquée contre un bonnet de nuit. L’imagination des humains n’a décidément aucune limite.
Eh oui ! C’est en 270, en Turquie, à Patare, l’ex Lycie,  qu’il voit le jour, Nicolas. Famille chrétienne d’Orient. Il meurt à Myre, en 345, richissime évêque.
Du coup, le voilà promu super star parmi les saints à partir du VIème siècle chez les Orthodoxes.  Sa renommée est telle qu’elle traverse les frontières et arrive en Occident au XIème siècle.
A partir de cette époque, chaque année, le 6 décembre, on le fait distribuer des cadeaux,  « aux enfants sages » uniquement, sans doute parce que ses hagiographes avaient rapporté qu’il aurait offert tous ses biens avant sa mort.  Quant aux garnements, c’est le père Fouettard qui s’en chargeait.
Des Finlandais qui avaient immigré légalement au XIXème siècle pour s’implanter dans le Nouveau Monde, l’avaient emmené dans leurs bagages sous l’identité de Santaklaas.
Et là, hop, nouvelle aventure. Le mythe naît en 1823 dans un poème La nuit d’avant Noël,  qui paraît dans un journal américain. Un lutin dodu et barbu descend du ciel dans un traîneau tiré par huit rennes pour filer des cadeaux aux mômes dans la nuit du 24 au 25 décembre, cette fois !
Le tour était joué !
Voilà la confusion entre Père Noël et la célébration religieuse chez les non Orthodoxes mise en place. Elle sera pas délogée de sitôt. Sa tenue officielle, il la doit à une firme américaine qui voulait booster la vente d’une boisson revigorante en hiver.  C’est dans ce costume que son image a été diffusée en 1931!
Support publicitaire ! L’icône avait quitté la solennité des églises pour tomber  dans une société de consommation qui ne se fie plus à aucun saint, sauf ceux qui lui permettent d’accéder au 7ème  ciel. Le haut du pavé pour le bas du fossé…
Il reconnaissait que n’étant sollicité qu’une fois l’an, il coulait 364 jours heureux à l’abri du regard des enfants avec de séduisants jeunes hommes à qui il offrait des cadeaux. Sa réputation, s’ils l’avaient su, aurait été faite. Tout ça, c’était la faute de Haddon, Sundblom qui l’avait représenté avec ces gosses sur les genoux. A force, ça lui avait donné des idées, pensez donc, lui qui vivait seul depuis des siècles. Les rennes, ça va un moment…
Parmi ceux dont les parents prenaient leur pied à faire avaler n’importe quoi pour se rendre intéressants, la plupart avaient grande foi en son existence.
Quelle idée saugrenue de perpétuer cette bluette à dormir debout, se disait-il, lui qui avait horreur de voyager avec ces bêtes cornues qu’on lui avait attribuées d’office. Un attelage supersonique respectueux de l’environnement avant l’heure, d’accord, mais c’était hyper dangereux, sans ceinture de sécurité ni pare-brise !
Ça le rendait fou,  cette unique nuit de boulot. Pensez ! Farnienter toute l’année et du jour au lendemain se taper les 3 huit. S’élancer sur les routes du ciel chargé comme un mulet. Pas de limitation de vitesse, heureusement, là-haut et comme les poulets, contrairement aux hirondelles volent bas, il ne se faisait jamais arrêter par un préposé en excès de zèle. Valait mieux pour son grade. Il avait jamais passé son permis. Sûr que ça lui aurait fait de sacrées étrennes à celui qui aurait grimpé jusqu’aux stratus. L’atterrissage, c’était coton sur les toits pentus, quasiment impossible, d’ailleurs. A chaque fois, il pensait que sa dernière heure était arrivée et qu’en même temps, c’était idiot.
Il avait été inventé de toutes pièces.  Dans un monde imaginaire, relayé par les parents, les médias et les commerçants de presque tous les pays de la planète, tant qu’on croirait en lui, il existerait ! Et puis 8 rennes, pensez donc, c’est pas anodin.  8 c’est l’infini qui s’est redressé comme un « i » mais n’importe comment, debout ou couché dans l’univers multidimensionnel, c’est infini quand même. J’suis éternel !  Réjouissant et désespérant à la fois, se disait-il in petto.
Cette histoire fumeuse, les drôles, ils l’avaient corsée: ils le faisaient glisser par l’ouverture d’une cheminée ! Lui qui à oualpé, déjà, avoisinait les 100 kg,  c’était mission impossible de s’introduire par là avec son déguisement. Heureusement, il avait trouvé la technique. Les jouets, il les balançait dans le trou et ça tombait où ça tombait pas et pas forcément dans les godasses des mômes d’ailleurs. C’est qu’il avait pas de temps à perdre et pas envie de se retrouver en fâcheuse posture.
Quand le XXIème siècle de l’ère chrétienne toujours aussi peu orthodoxe a eu 20 ans, les humains durent vivre reclus à cause d’une pandémie planétaire. Lui qui s’était réfugié sur la seul île au monde qui avait été épargnée par miracle, ne pouvait rendre visite à celui qui le tourmentait corps et âme depuis qu’il avait suivi ses péripéties à la télévision. Ce jeune homme souriant, sportif, si déduisant, si fringant, qui faisait la pluie et le beau temps dans un pays minuscule où il aimait se rendre avant tant la liberté faisait partie de son ADN. Il le surveillait depuis longtemps d’un œil intéressé. Il était différent des autres. Il avait très vite compris que la vie était un théâtre et dès qu’il a pu, il a choqué ses compatriotes englués dans les stéréotypes d’une tradition héritée d’un mythe encore plus ancien que le Père Noël mais qui était tout autant improbable, l’inceste originel. Un homme accouche d’une femme et l’engrosse ! L’imagination au pouvoir, depuis toujours.
Bref, le jeune homme en question avait prouvé qu’il ne s’encombrait pas de coutumes, d’aucune sorte en épousant une femme dont il était fou amoureux depuis son adolescence au grand dam du peuple.  Oui, c’était lui, ce prince charmant, le sujet de tous ses fantasmes.

Il attendait avec impatience ce Noël 2020. C’était décidé. Il ferait son coming-out. Il ne ferait pas sa tournée. Les enfants seront déçus ? Ben tant pis ! Il avait envie de vivre cette expérience avec son petit préféré. Comment faire pour s’introduire subrepticement dans les appartements de l’Elysée fort bien gardés de sa majesté, pénétrer dans les appartements de celui qui hantait ses nuits ? La cheminée de la chambre du Président était suffisamment vaste. Et puis étant donné qu’il avait attrapé le Covid, il était seul.

C’est à lui que je me présenterai dans ma tenue d’Adam, tout bronzé, après une année de sport et de régime, juste mon bonnet à pompon sur la tête. Çà le fera marrer. Je connais ses goûts, au petit.
Demain, il se laisse couler dans la cheminée. Demain, la nuit du 24 décembre.  Une véritable révolution allait secouer le pays. La pandémie serait oubliée. Bas les masques ! La Fille aînée de l’Église tiquerait, en apparence, le Tiers-État rirait du bon tour qui aura été joué par le Père Noël, oubliant que l’état d’urgence serait reconduit, quel cadeau, et les enfants bientôt vaccinés n’avaleraient plus ce genre de couleuvres… Quoi que…
© Aline

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11 heures du soir, il ne va pas tarder !
La nuit bat son plein et dehors la neige menace de tomber. Les petits fours sont prêts et n’attendent que d’être dévorés tandis que le sapin est sur son 31.
Je dévore la pendule de mon attente insatiable, mes os se crispent d’impatience. Mes parents dorment depuis longtemps mais je ne pouvais pas calmer l’ardeur qui envahissait mon corps.
Le Père Noël va bientôt passer et mon espoir s’accroche à cette vérité. J’ai besoin d’un miracle, que la magie de Noël me prouve sa bonne volonté. Qu’as-tu pour moi Père Noël, comment me rendras-tu heureux cette année ? Comment me ramèneras-tu l’espoir dans ma vie ?
Les minutes passent et je perds patience. Où es-tu Père Noël ? Tu m’avais promis un cadeau.
Je regarde par la fenêtre les flocons qui tombent sur le sol glacé. Le décor est morne, triste et froid. Et pendant que ces pensées fusent dans ma tête, j’entends une voix :
- Bonsoir Anatole, comment tu vas ?
- Oh… M… Monsieur Père Noël ?
- Je ne t’ai pas oublié, je t’avais promis un cadeau qui te rendrait heureux. Alors le voici.
Naïvement je zieute dans tous les sens à la recherche d’une nouveauté dans la pièce, mais le calme imperturbable me ramène à la réalité.
- Je ne vois rien !
- Ah oui… Mais tu sais, tous les cadeaux ne sont pas visibles. Parfois même, les plus beaux cadeaux sont les plus discrets. Bon Anatole, si je te confie un secret promettras-tu de ne rien en dire ?
- Oh oui bien-sûr !
-  Bon, tu es la première personne à qui je me livre. Le premier individu pour lequel je franchis la frontière de mon intimité. Anatole, je ne supporte plus que l’on m’appelle « Père » ou « Papa », l’image que ces noms suscitent ne correspondent plus à mon identité. Je ne veux plus appartenir à ce genre qui ne définit pas sincèrement l’être que je suis. C’est pourquoi aujourd’hui je me lance dans un projet de réappropriation de mon genre. Aujourd’hui je souhaite être une femme, aujourd’hui je désire m’émanciper, m’affirmer, m’assumer. Aujourd’hui je prends ma vie en main et j’accepte d’être qui je veux. Aujourd’hui je m’aime, je choisis de me voir comme une entité plutôt qu’un genre. Aujourd’hui, je m’engage dans la cause des droits de l’humain et je soutiens par mon influence la communauté LGBT !!!
Mais par-dessus tout, aujourd’hui je suis là pour accomplir mon rôle. Aujourd’hui j’accepte avec le plus grand des plaisirs de t’appeler Anna.
- Merci Maman Noëlle.
Valentine

Un père Noël inverti en vaut deux

Franchement je m’ennuyait à cent sous l’heure.  Une vie de retraité dépressif, ce n’est pas une vie.
Et moi, il m’est interdit de mourir.
Les lutins et moi sommes éternels. Depuis toujours j’ai réfléchi. Oui, on peut être éternel et réfléchir, même quand on est barbu. De la réflexion au blasphème…
Vous savez, les humains, je suis comme vous, un terrien. Et aussi populaire que le plus populaire d’entre vous. Jésus ne compte pas, il est métis. Une preuve : tous les ans, des dizaines de milliers d’entre vous essaient de m’imiter dès le début de décembre et parfois après. Certains ont des cadeaux à revendre, les salauds.
Et ce monde qu’est-ce qui le fait tourner ? L’argent et son fils légitime, le pouvoir ?
Je m’en contre-balance. Répliquer mon ADN ? Quand on est éternel, nul besoin. Sauver tout ou partie de la Terre ? Vous parlez d’un cadeau. Quelques millions d’êtres humains font tout ce qui est en leur prépotence pour exterminer les 8 milliards restants. La planète bleue, elle s’en contre-flanque. Moi itou. Pour le coup, je serai vraiment à la retraite.
Alors que me reste-t-il ? L’Amour ? Je sais que ça finit mal, en général. Il y a mieux : le désir ! Je précise, la pulsion sexuelle. Quoi, vous allez me dénoncer aux enfants ? Pour ce qui est du sexe, ils perdent très tôt leur benoîtitude. Quand vous sortez du paquet cadeau vos sextoys, ils savent bien que ce n’est pas pour la cuisine ou le détartrage. Méfiez-vous. Ils savent très bien se servir des télécommandes.
Oui, je suis une personne sexuée, du genre vachement masculin, et même très à cheval sur la chose. Il est vrai que depuis que la mère Noël m’a quitté (bien avant que vous ne me connaissiez), je me cherche. Elle a filé en douce il y a un demi millénaire. Avec un pasteur qui lui a expliqué que je n’existais pas. Un certain Luvin ou Calther, je ne sais plus trop.
Depuis que vous les avez inventés, j‘ai essayé tous les jouets pour adultes suce nommés. Même les plus tordus. Maintenant ça me pompe l’air.
Ah, ça non ! Jamais avec les enfants !!! Avec les adultes non plus, d’ailleurs. Je tiens à préserver mon image de papa gâteux auprès de ma clientèle dite humaine.
Je me suis tourné vers ceux de mon monde, un peu comme le PDG qui pagnote tous ses employés.
Les lutins, je l’ai envisagé. D’autant que vous connaissez le féminin de lutin !  Mais les miens ne sont pas comme ceux de la forêt. Les sept mains de Blanche, pardon, les sept nains. Trop occupés toute l’année, surtout maintenant qu’il n’y a pas moins de vingt paquets par enfant, chez les classes supérieures et moyennes. Ils seraient capables de me dénoncer pour harcèlement.
J’ai aussi reluqué les rennes. Joli galbe arrière, les bestioles. Avec un tabouret… Non, après ça, ils pourraient se croire des droits sur moi. La nuit de Noël, il faut les tenir, les rênes.
Je dois vous faire un aveu. J’ai tenté le Père Fouettard. Problème, je cicatrise très mal. En plus il vise toujours les mêmes endroits. Tout ce qui dépasse, je ne détaille pas. Avec l’entraînement qu’il a, c’est le roi du stockwhip cet abruti. Et pour moi, SM ça veut encore dire : Sa Majesté, mon SurMoi.
Il n’en restait plus qu’un. Bingo ! Façon de dire !
Tout mitreux qu’il est, il n’a pas été trop difficile à convaincre. Un évêque, ça en vu défiler des péni… tants. Pas autant qu’un pape, il est vrai. Enfin certains, à charge héréditaire. Les voies du Vatican étaient très pénétrables. L’habitude de la chaise percée, sans doute et des deux « bene pendentes ».
Il est vrai que nous nous ressemblons fort avec Nicolas. Quand nous emmêlons nos houppelandes, nos barbes, nos vodka-citrons, c’est du copié-collé.  Et pour coller, ça colle ! Un exemple : à certains instants de nos « conciliabules », il prie pour moi. C’est confesse si j’ose. Je crois que j’ai enfin trouvé mon genre. Je vous l’avais dit. Un Saint Nicolas inverti en vaut deux !
Bertrand

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Le petit Nicolas était l’apprenti du Père Noël et le suivait partout pour apprendre et, plus tard, lui succéder. Ce soir-là, tout de même, l’Ancêtre, arrivé devant sa chambre lui dit :
-       Bon, tu m’as suivi toute la journée, maintenant, tu peux aller te reposer !
Le Petit Nicolas était curieux, il resta caché derrière un pilier. Il ne sut dire pourquoi, mais il se doutait que quelque chose n’allait pas.
Il vit le Père Noël enlever sa hotte, si lourde, puis ses bottes, puis sa veste.
Stupeur, son gros ventre était un faux. En fait, il était très athlétique… Tellement même, qu’il avait des pectoraux vraiment… proéminents.
Ensuite, il enleva sa barbe blanche et sa perruque.
A ce moment-là, Petit Nicolas sentit que sa bouche s’ouvrait toute seule : non seulement le vieil homme était complètement glabre, mais en plus, il avait une longue chevelure brune et brillante.
Quand ce qu’il ne croyait déjà plus le Père Noël enleva son pantalon rouge, dessous, il y avait des porte-jarretelles et des bas à résille. Là, l’apprenti ne put plus se retenir et poussa un cri d’effroi. C’était vraiment une femme qu’il voyait.
Cette belle jeune femme se retourna et le vit.
-       Hé oui, maintenant, tu sais mon secret…
-       Mais enfin Père… enfin, Mère… enfin… Vous devez arrêter de mentir et faire votre coming-out !!!
-       Certes, je mens depuis très longtemps, mais je ne vois pas pourquoi je devrais faire mon « coming-out », comme tu dis, parce que, tu vois, je suis une femme, une vraie !
-       Mais il faut faire quelque chose, je ne sais pas, moi… Dire la vérité…
-       Ah bon, la vérité ? Et tu crois que les hommes sont prêts à entendre que le vieux Père Noël, qui fait le tour de la terre en une seule nuit, qui donne des cadeaux à tous, qui sait conduire un traineau qui vole et qui passe par les cheminée est une femme ? Non, mon Petit, les hommes ne sont pas encore prêts, mais bientôt, peut-être… qui sait ?
Fabienne

 

Devoir : Une nouvelle agence de voyage vient d’ouvrir à Nouméa. Une agence d’un genre assez particulier car elle ne vend pas des destinations, mais… des époques. Vous pouvez donc maintenant voyager dans le temps. Alors, vous allez partir pour « quand » ?

Cette agence fait fureur car avec elle, plus de souci de virus – à moins de voyager à notre époque, mais qui voudrait de ça ?
Avec ma femme, je m’y suis rendu pour voir l’offre proposée.
J’étais assez curieux du Moyen-Âge, mais quand j’en ai parlé à ma douce moitié, celle-ci a répondu :
-       Ah non, alors ! Une époque où on vous traitait de sorcière et où on pouvait vous brûler pour un oui ou un non, où tous les gens avaient les dents toutes pourries, non, merci pas pour moi !
-       Alors, nous pourrions peut-être aller dans la préhistoire. Imagine, voir courir les dinosaures dans des immenses prairies, la liberté totales, pas de lois, pas de police…
-       Pour qu’on se fasse piétiner par des mammouths, manger par des tigres géants, ou que tu me tires par les cheveux pour rentrer dans la grotte, ah non, alors !
-       Et le futur ? Qu’est-ce que tu dirais du futur ? Je sais pas moi, dans un siècle, par exemple. Nous pourrions voir toutes les nouvelles technologies, les facilités de déplacement, l’avènement des robots, presque humains…
-       Des robots qui se soulèveraient contre les humains ? Non, mais tu te rends compte, une terre à bout de souffle, sans plus de ressources, plus d’eau peut-être, et des hordes de sauvages prêtes à tout pour nous détrousser, non, mais tu rêves !
-       Ah, vraiment, tu n’es jamais contente ! Bon alors, qu’est-ce que tu proposes ?
-       Ben, par exemple, on pourrait aller chez ma mère, l’année dernière… répondit-elle d’une toute petite voix.
J’ai toujours pensé que l’intelligence, c’était de la curiosité, plus que de la connaissance.
Je capitulais donc devant tant de bêtises, mais me promis de demander le divorce dès le retour des vacances !
Fabienne


Exercice 2
 : mon Noël le plus beau…. Ou le plus merdique

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Tous mes Noëls d’enfance étaient magiques ! Mais je me souviens d’un, particulièrement, qui m’avait marquée. Je devais avoir six ans.
Le jour du 24 décembre, toute la famille préparait le réveillon. Il y avait la dinde à farcir, puis à faire cuire, pendant que papa ouvrait les huitres. Ensuite, c’était la confection des desserts. Je suis née en Camargue et la tradition veut qu’il y en ait treize. Les fruits secs accompagnaient la fougasse de Noël à la fleur d’oranger. Toute la cuisine sentait bon Noël. Ensuite, nous devions faire une sieste car nous assistions à la messe de Noël.
Auparavant, nous défilions dans les rues enneigées de la petite ville, bien emmitouflés dans nos manteaux et cache-nez. Devant, étaient les gardians et les Arlésiennes, sur leurs chevaux, ensuite, les tambourins, puis venaient les bergers, avec, dans une petite carriole, l’agneau né du jour, si petit, tremblant dans son lit de paille. Suivait le curé et les enfants de chœur, grelottant dans leur aube immaculée.
On se dirigeait vers l’église en chantant des cantiques. Tout le monde, même les chevaux, entrait dans l’abbatiale. Et l’agneau était déposé dans la crèche vivante.
J’avais déjà les yeux qui se fermaient malgré moi et ne comprenais pas grand-chose du sermon et les cantiques me berçaient.
Ensuite, nous rentrions vite à la maison, chaude et parfumée où nous attendait ma grand-mère qui avait dressé la table.
Le trajet dans le froid nous avait réveillés. Affamés, nous commencions alors par nous embrasser avant de déguster ce repas de fête. Je sentais tout cet amour autour de moi, qui me tenait chaud.
Le repas était gai et animé. Il était rare que les enfants touchent au dessert car ils étaient déjà endormis. Papa et maman les portaient alors doucement dans leur lit.
Le lendemain matin, nous nous précipitions autour du sapin qui croulait sous les cadeaux. Dans un joyeux brouhaha, tous déballaient leurs cadeaux et s’exclamaient de joie…
Ah quels beaux Noëls !!!!

Évidemment, rien de vrai dans tout ça ! Sauf peut-être la marche harassante dans le froid et la neige, qui nous faisaient grelotter car nous étions peu habillés.
Ma mère ne savait pas cuisiner et faisait tout pour gâcher ce moment magique… Ma grand-mère était portée sur la bouteille, elle buvait beaucoup et était déjà saoule… A la fin, c’est moi qui rangeais et faisais la vaisselle.
Tous mes Noëls d’enfance étaient merdiques mais avec mes propres enfants, je me suis bien rattrapée. J’ai mis de la magie chaque année et tout continue avec mon petit-fils.
Alors, pour ne pas déprimer, je me suis inventée des Noëls enchantés pour leur raconter et maintenant, j’y crois !
Fabienne

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Ah ! Noël et son ambiance merveilleuse, l’innocence de l’amour qui se permet le temps d’une soirée d’enchanter les esprits.
Coralie est prête, rayonnante dans son déshabillé en dentelle. Ce soir nous dînerons chez mon frère qui accueille avec convivialité la famille au grand complet pour festoyer le réveillon. Tout le monde sera là dans une atmosphère chaleureuse et légère et nous avons donc naturellement choisi ce soir pour le passage à l’acte. Enfin, annoncer nos fiançailles. Je songe subtilement au plan que j’ai en tête et l’idée me met l’eau à la bouche, je suis tout excité de l’exécuter. Alors j’ai hâte oui, je frétille d’avance du bonheur que j’éprouverai dans quelques instants. Comme un enfant qui attend l’autorisation de déballer les cadeaux sous le sapin, je tremblote d’impatience à concrétiser ce rêve en réalité.
La nuit est froide et le trajet en voiture me semble terriblement long, Coralie se regarde dans le miroir et d’un geste excessivement répugnant elle cure son nez d’une crotte molle et gluante. La scène me dégoute. Nous arrivons une bouteille à la main et mon frère nous reçoit comme à son habitude, avec une simplicité réconfortante. La bonne humeur de ma tante anime la soirée et nous nous ruons dans l’ambiance festive que des convives joyeux, un bon repas et du bon vin attirent facilement. Je m’enfume du bonheur qui se dégage de la soirée et m’enfile de nombreux verres pour accompagner mon humeur féérique. Je suis sur un petit nuage. Nous rigolons, nous débattons, nous dansons. Toute la famille est ivre de vie, du papa au petit cousin en passant par la grand-mère et la belle-sœur. La musique est à fond et déverse sur nous son enveloppe entraînante tandis que le vin, lui, nous monte délicatement à la tête. Je regarde Coralie du coin de l’œil qui virevolte à tout va. « Profite de la vie ma belle ». C’est vrai qu’elle est belle quand même, elle tourne aussi vite que l’alcool dans sa tête et ses pommettes sont teintées des pigments de son breuvage.

Il fait vite chaud dans le salon, l’effervescence de notre énergie réchauffe de quelques degrés la pièce. J’entreprends d’ouvrir la grande baie vitrée qui donne sur le balcon, au loin quelques lumières scintillent dans la nuit. La vue de jour est quasi imprenable, la hauteur de l’édifice surplombe le vieux port de Marseille et dans le fond on aperçoit la mer. Ce soir, le calme règne dans le quartier et seuls des piétons aussi grands que des têtes d’épingles perturbent de leur bruits de chaussures sur le sol la tranquillité qui sévit dans la rue de l’immeuble. L’air frais pénètre avec vivacité dans la pièce et je sens mes muscles se contracter.
C’est le moment !
Je regarde les gens que j’aime autour de moi et je sais que c’est l’heure d’accomplir mon rêve. Je la vois dans sa robe volante enivrée de vie, elle rigole et s’amuse aux bras de ma belle-sœur. C’est le moment Coralie, je me hâtais depuis si longtemps je ne peux plus attendre de partager mon bonheur, il faut que tu viennes.
Alors épris de cette pulsion frénétique je m’avance fermement vers elle, mes mains agissent pour moi et tirent Coralie de sa danse. Ma conscience est ailleurs, elle jouit déjà du plaisir que la scène me procure. Je fixe Coralie de mes yeux et voit dans son regard une stupeur effrayée, ça m’excite. La peur qui monte dans son sang je l’ai déjà vue, c’est cette crainte, cette angoisse indescriptible sur son visage qui me tord de plaisir. Une joie malsaine s’empare de mes membres et tandis que je m’en rends compte, je pousse violemment Coralie par-dessus le balcon. Son corps tombe comme une lourde pierre sous le poids de la gravité et s’écrase avec un bruit sourd et digne. Mon sourire est si grand qu’il me donne une crampe à la mâchoire. Quel merveilleux Noël !
Valentine

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