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Atelier d’écriture du 30 novembre 2020

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DEVOIR : un sandwich

Un coup de lumière éblouissant entra par toutes les fenêtres, palpita et s’éteignit, laissant derrière lui dans la salle un jour éteint comme une nuit…
… Il referma les yeux, mais les images étaient en lui et il savait qu’elles n’étaient pas les débris d’un cauchemar.
Commencez par l’une ou l’autre phrase.

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Un coup de lumière éblouissant entra par toutes les fenêtres, palpita et s’éteignit, laissant derrière lui dans la salle un jour éteint comme une nuit.
Soudain, l’orage se déchaina. Depuis le début d’après-midi, il faisait de plus en plus lourd. Le ciel était bas, oppressant et ressemblait à un crépuscule. Ce premier tonnerre l’avait surpris, mais maintenant que la pluie commençait à tomber, il se sentait mieux.
Il était allongé parterre. Il se demanda depuis combien de temps il était là ? Il ne savait plus, il avait somnolé pas mal et son crâne lui faisait encore mal du coup qu’il avait reçu à l’arrière de la tête.
Pourquoi le retenait-on prisonnier dans cette maison ? Il pensa qu’elle était abandonnée car, si on lui avait lié les pieds et les mains, on n’avait pas jugé bon de le bâillonner et donc que ses cris ne pouvaient être entendus. Pourquoi lui ? Il n’était ni riche ni célèbre et n’avait pas un métier classé « sensible » ou secret. Alors ? Que fallait-il penser de tout ça ? Et surtout QUI avait bien pu le kidnapper ?
Maintenant qu’il était réveillé, toutes ces questions tournaient et retournaient dans sa tête. Apparemment, on ne voulait pas le tuer tout de suite, car, près de la porte, il y avait un plateau avec de l’eau. Il s’y précipita, engloutit le sandwich et but toute la bouteille pendant que l’orage s’éloignait.
Il faisait nuit quand quelqu’un ouvrit la porte. Il se mit à crier pendant que l’autre attendait, imperturbable, qu’il se calme.
A bout de forces, il demanda :
- Pourquoi ?
Il fut surpris de la voix qui lui répondit. C’était une femme…
- POURQUOI ???? Le 21 juin 2015, lui asséna-t-elle d’une voix tranchante.
C’est tout ce qu’elle répondit, avant de refermer la porte et de s’en aller.
Alors, il chercha. Qu’avait-il bien pu faire, il y avait plus de cinq ans.
Soudain, il comprit… Il comprit qu’il allait souffrir. Il referma les yeux, mais les images étaient en lui et il savait qu’elles n’étaient pas les débris d’un cauchemar.
Fabienne

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Un coup de lumière éblouissant entra par toutes les fenêtres, palpita et s’éteignit, laissant derrière lui dans la salle un jour éteint comme une nuit.
Dehors, plus aucune lumière. Pas plus dans les rues que dans les maisons. Plus aucun horizon… Un noir d’encre et, comme ce jour-là le ciel était très nuageux, on avait l’impression que même les étoiles s’étaient brusquement éteintes.
Ce qui le frappa surtout, quand il ouvrit sa porte, c’était ce silence d’une qualité inhabituelle. On aurait dit qu’une chape de plomb s’était abattue sur la ville, étouffant le moindre son. Il se sentit immédiatement désorienté par cette atmosphère étrange et d’instinct, comprit la gravité de la situation. Il retourna dans sa cuisine prendre une lampe torche et la dirigea vers les maisons alentour : aucune lumière et surtout aucun bruit… que faisaient donc ses voisins ?
Tout comme lui, ils auraient logiquement dû sortir pour essayer de savoir ce qui se passait et là, personne… Il frappa à la porte des Martin… pas de réponse. Idem pour les habitations environnantes.
Paniqué, Il revint alors sur ses pas, refrappa chez les Martin et, n’obtenant toujours pas de réponse, essaya d’ouvrir la porte ; elle n’était pas fermée à clef, il entra… La salle à manger était vide et seules quelques tasses à café trainaient sur la table. Tout juste neuf heures du soir, un peu tôt quand même pour se coucher mais bon, en cette fin de week-end ils étaient sans doute fatigués.
Comme il avait en vain  tapé à chacune des portes, il se décida à ouvrir la chambre parentale. Toujours aucun bruit. Il braqua sa lampe en direction du lit : Lucie était étendue en travers du matelas dans une position étrange. Comme il avançait vers elle, son pied heurta un obstacle inattendu. Abaissant sa lampe, il vit Sam, allongé sur le sol, inerte.  Épouvanté, Il le secoua vivement mais rien, aucune réaction !
Vite ! Il chercha son pouls. Ouf ! Le   cœur battait régulièrement !
Mais alors, que se passait-il ? Sam et Lucie étaient comme enlisés dans un profond sommeil. Impossible de les réveiller !  Il partit chercher de l’aide mais passant d’une maison à l’autre, il constata, effaré, que tous les habitants étaient dans ce même état léthargique.
La panne d’électricité persistait. De retour chez lui, il alla chercher son vieux transistor, par chance les piles fonctionnaient encore ; il allait enfin pouvoir recueillir quelques informations.
Surprise !  Aucun flash info, rien que de la musique comme pendant certaines grèves. Il s’interrogea : cette situation inattendue concernait-elle sa ville ou tout le pays ?  Et s’il s’agissait d’un évènement planétaire ?
Non bien sûr, là, il était en train de se faire des films mais au fond, qui sait ? Et lui ? Pourquoi diable était-il le seul à être resté éveillé ?  Quel était le sens de cet extraordinaire phénomène dont il était exclu ?
Sur le chemin du retour, il les avait aperçus, ces corps étendus sur les trottoirs et même, carrément sur la chaussée ! Tous semblaient profondément endormis. Mon dieu ! Et si tout cela persistait ! Il réalisa qu’il risquait d’être le seul homme actif dans un monde d’endormis.
Soudain l’angoisse lui serra la gorge : sans manger, ils allaient tous finir par mourir… Non ! Tout cela n’avait aucun sens ! II referma les yeux mais les images étaient en lui et il savait qu’elles n’étaient pas les débris d’un cauchemar.
Patricia

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Il referma les yeux, mais les images étaient en lui et il savait qu’elles n’étaient pas les débris d’un cauchemar.
Non il ne rêvait pas. Il s’était bien embarqué dans cette affaire sans en mesurer les conséquences. Il avait pourtant refusé au départ de faire partie de l’expédition.
Il se doutait que ça allait foirer avec sa bande de potes, tous plus délurés et immatures les uns que les autres.
Pourtant, il était bien là, pénétrant tant bien que mal dans cette somptueuse et vaste demeure. Un véritable château, immense et minutieusement sécurisé qui rendait la tâche bien évidemment plus complexe.
Il avait tenté de ruser, inventé toutes sortes d’excuses bidon, stratagèmes à la noix mais il savait qu’il était le seul à pouvoir déjouer le système d’alarme hyper moderne et sophistiqué. Ses complices aussi le savaient et ne l’avaient pas lâché une seconde. Et puis, il y avait la belle Mia qui lui plaisait tant et pour qui il se serait surpassé.
Le voilà donc embrigadé et en charge de neutraliser l’alarme de la demeure reliée bien entendu au poste de police le plus proche.
Il fallait être concentré au maximum. Il s’appliqua avec la plus grande minutie et parvint à désarmer le dispositif.
Ils entrèrent progressivement jusqu’à la salle des tableaux les plus côtés qui décelait le fameux coffre-fort. Dans leur progression, l’un d’entre eux déclencha une sirène tonitruante et de ce fait, un appel direct à la police.
En un battement de cils, une sirène de police se fit entendre et se rapprocha de la bâtisse.
Un énorme projecteur les aveugla…. Ils savaient qu’ils étaient faits comme des rats !
Un coup de lumière éblouissant entra par toutes les fenêtres, palpita et s’éteignit, laissant derrière lui dans la salle un jour éteint comme une nuit …
Fabienne C.

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Un coup de lumière éblouissant entra par toutes les fenêtres, palpita et s’éteignit, laissant derrière lui dans la salle un jour éteint comme une nuit.
La lueur brusque, pareille à celle d’une grenade qu’on vous lance, donna à Belcalis des flashbacks de 39-45, bien qu’elle n’ait que 28 ans. La jeune femme lâcha un juron, et en chutant sur le carrelage, se fit d’ailleurs un bleu à la fesse. Elle avait l’habitude de se réveiller à une heure du matin, en pleine semaine, pour manger des mangues dans sa cuisine ; elle adorait par-dessus tout les saupoudrer au préalable d’un mélange d’épices pour tajine.
Les menus de ses bains de minuit dans les placards et autres nocturnes du frigo restaient cependant variés : au rendez-vous, mélanges hasardeux (le cornichon-moutarde et le céleri-crème épaisse ont fait leurs preuves), doggy bags à peine périmés et restes regardés en chiens de faïence. La visite de ce dimanche soir (enfin, lundi matin) avait été perturbée par cette lueur soudaine.
Belcalis se remit sur pied, courut dans sa salle de bain, et chopa son vieux tube d’arnica en gel. Sa sœur Maria sortit de sa chambre en face, l’air tout aussi terrorisé. Elle questionna :
- Madre de Dios, c’était quoi ça ? Me dis pas que tu as fait des bêtises avec le gaz !
- Mais non ! Y’a eu une grande lumière, j’en ai largué ma mangue ! Viens voir, elle y est toujours !
Elles retournèrent prudemment dans la cuisine par le salon, l’une se servant du câble de son chargeur comme d’un terrible fouet, l’autre juste derrière se massant le fessier avec le médicament.
La lumière était faiblement visible, au dehors. Elles continuèrent vers le balcon et en effet, la lumière brillait intensément, tout en haut de l’immeuble. Prise dans un immédiat excès d’engagement, Belcalis leva la jambe avec la grâce d’un phoque, et la passa de l’autre côté de la rambarde.
- Je vais l’avoir, ce hijo de puta, dit-elle d’un air déterminé avant de hurler : tu vas payer pour ma mangue, cabrón !
- Bon, ça va aller sinon ? demanda d’un air enthousiaste Maria. Tu t’es crue dans Mission Impossible ? Prends l’escalier, moi je retourne au lit.
S’ensuivit une ascension assez improbable. Entre autres, Belcalis manqua de se jeter par-dessus bord par réflexe, pour rattraper sa claquette emportée par le vent.
Une fois en haut, elle retrouva la lumière, boule ronde statique. Là encore sans réfléchir, elle l’attrapa à mains nues. Malheureusement, la lumière, ce n’est pas solide. Belcalis se vautra donc royalement, trébucha sur le rebord du toit, et fit une véritable envolée lyrique : perchée sur un pied, l’autre posté derrière de manière très feng shui, les bras en avant dans un geste embrassant le monde, l’air inspiré de celle qui a à l’esprit un souvenir ému de sa chère mangue… La chute fut rude, mortelle même, mais ce n’est pas ce que le monde retint.
Un voyeur posté dans l’immeuble juste en face, espionnant la donzelle, prit avec son appareil une photo d’elle au moment crucial. Cette photo, relayée sur Internet partout à travers la planète, devint le symbole de toute une génération ; plusieurs statues furent reproduites à l’effigie de Belcalis, et en cette heureuse journée du 21 mars 2025, anniversaire de la mort de l’intéressée, son image rentre enfin au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Soudain, Louis se réveilla. Tout avait semblé si réel… Il chercha sur internet, mais Belcalis n’avait jamais existé sauf dans ses rêves. C’était, en comptant ce soir, la troisième fois qu’il rêvait d’elle. Il était impossible qu’elle soit purement imaginaire. Il referma les yeux, mais les images étaient en lui et il savait qu’elles n’étaient pas les débris d’un cauchemar.
Loup

Exercice 1 : écrire une histoire à partir de de tableau « American Gothic » (Grant Wood)

american-gothic-grant-wood

Helen and Peter Peacock.

Des  fermiers anglicans endimanchés posent, raides comme la justice, devant leur maison en bois. Entre eux, rien. Pas un sourire, pas un regard de tendresse. D’ailleurs, ils ne se regardent pas.
Un portrait, gratuit, de surcroît ? Ma foi, pourquoi pas. C’est sur son insistance à elle qu’il avait accepté, en renâclant comme à son habitude. Le peintre officiel du Gouvernement passant dans la plaine aride, s’était arrêté chez eux lors de son périple. Il avait été chargé de portraiturer des échantillons typiques de couples américains, implantés dans chacun des états du Nouveau Monde. Hébergé partout où il s’arrêtait, il donnait également un coup de main quand on le lui demandait. Peter observait ses manières détestables car trop raffinées envers celle qu’il avait prise pour femme par obligation : il lui en fallait une dans cette grande ferme bien tenue. Il voulait des garçons, enfin, des bras.  Il devait en passer par là.  Ses parents ne voyaient pas d’un bon œil son célibat qui se prolongeait trop à leur goût.
Se sentant vieillir ils n’envisageaient pas que leur ferme, le fruit d’une vie de labeur, finisse par tomber en ruines, abandonnée, faute d’entretien. Il lui faudrait une femme, enfin, une aide et un ventre.
Il la rencontra lors d’un bal organisé dans le village. Elle n’était pas particulièrement laide, jeune fille, pourtant. Lui n’avait jamais été un bel homme et sa mine renfrognée n’améliorait pas son aspect.  Les filles du village, évitaient ce garçon taiseux et avare.  Un soir, ses parents l’incitèrent à se rendre au bal du village. L’occasion se présenta.  Il la vit,  l’invita, bien maladroitement, n’ayant jamais été intéressé par la gente féminine. Il n’avait visiblement pas de prédispositions pour la danse ni pour le reste, d’ailleurs, ce dont elle s’aperçut par la suite mais elle n’allait pas coiffer Sainte-Catherine et devenir la risée de sa famille. Alors, elle accepta. Elle rêvait d’un prince charmant, un bouseux du coin qui ne sentait pas la rose, lui mit la bague au doigt.
Helen, pour le portrait, s’était apprêtée. Elle s’était vêtue de sa robe de velours noir rehaussée d’un col Peter Pan blanc qu’elle avait agrémenté d’un camée hérité de la grand-mère maternelle. Descendante des premiers immigrés qui cherchaient à échapper à la misère de l’ancien monde c’était le seul bijou qui lui restait d’une aïeule lointaine. Par-dessus la robe, un tablier ordinaire en coton à motifs discrets orné d’un galon blanc bon marché.
Elle avait trimé durement depuis son mariage, s’attelant au ménage, à la cuisine et aux travaux des champs. Et ils avaient quelques bêtes dont elle avait la charge. Les journées n’étaient pas assez longues pour accomplir ces tâches multiples et ingrates.
Le bonheur, elle avait jamais connu. Un concept qui lui était étranger. Son mari lui en voulait de ne pas lui avoir donné d’enfant. C’était elle la fautive, société patriarcale oblige. Par chance, ou par malheur, elle avait découvert que ce n’était pas le cas. Elle avait eu recours à une faiseuse d’anges une trentaine d’années avant le portrait. Un garçon de ferme venu faire la saison, charmant, lui et bien tourné. Un bel homme, toujours le sourire aux lèvres. Il la complimentait dès qu’il l’apercevait et lui racontait sa vie d’itinérance qu’il aimait tant, entre deux fourchetées de paille.
Dès le premier jour, il avait bien vu qu’elle était malheureuse avec cet homme austère et taciturne. Il s’était promis qu’il lui donnerait un peu de joie lors de son séjour dans sa vie monotone presque monacale. La nuit, quand son époux ronflait, il lui avait fait promettre de le rejoindre dans la grange. Elle n’offrit aucune résistance à ce cadeau que Dieu avait mis sur son chemin de croix. Elle l’avait retrouvé le cœur battant, tous les soirs, tout l’été. Elle découvrit que faire son devoir conjugal c’était pas de l’amour. Le corps de John l’aimantait. Elle était impatiente d’être touchée, caressée. Ses baisers avaient un goût de miel ; sa peau satinée glissait sur la sienne.  Sa bouche savourait ses parties les plus intimes, ce qu’elle n’avait jamais connu. Elle découvrit l’orgasme qui emporte et le corps et l’âme. Elle dût se rendre à l’évidence.  Elle était passée à côté de la vie, la vraie, celle qui fait palpiter les sens, étoiler sa prunelle.  Il la trouvait belle et le lui disait. Elle aurait voulu que ça ne finisse jamais.
Mais bientôt, bien trop tôt, elle retomberait dans l’univers carcéral qu’elle avait accepté depuis ce satané mariage de raison.
Au début de l’automne, son ventre s’était légèrement arrondi, ce que n’avait pas remarqué Peter, qui ne la regardait guère. Il faisait son devoir en missionnaire, puis se retournait lourdement sur le côté sans un bonsoir et se mettait à ronfler bruyamment.
Malheureusement celle à laquelle elle songeait pour se défaire du résultat de ses ébats estivaux n’officiait plus : elle avait été arrêtée par le shérif du comté. Alors elle prétexta une grande fatigue, le soir, pendant des mois pour se refuser à lui… Il ne comprenait pas mais ça l’arrangeait, d’une certaine manière. Cette femme sèche ne l’inspirait guère. Il préférait les girondes. Elle accoucha en cachette chez la l’épouse du pasteur d’un bel enfant, qu’elle lui offrit, elle ne pouvait en avoir, contre la promesse de garder son secret jusqu’à la mort.
Jane venait d’ouvrir le testament qui lui était destiné. Le portrait ancien avait été précautionneusement recouvert d’un papier de soie.  Une petite lettre portant son prénom avait été insérée au verso, qu’elle avait décachetée fébrilement… C’était donc eux ses parents, ces deux-là, enfin, sa vraie mère…
©Aline Mori

Je me retrouve coincé dans un petit village américain du Middle West.
Mon avion s’est posé en catastrophe.  L’orage et les vents forts rendaient la navigation dangereuse.
Je devais faire un reportage pour la tribune sportive du Chronicle à quelques milles kilomètres de là et voilà que je me retrouvais seul dans ce bled paumé.
J’essayais de trouver un pub alentour, il y avait bien un petit troquet bien crasseux qui servait des bières qui dégueulaient des chopes !
Pas vraiment le choix de l’endroit !
Je m’attablai au bar, commandai un fish & ships bien gras et une bière locale, une blonde ! Autour de moi, des petits groupes tapaient le carton, d’autres jouaient aux fléchettes ou s’égosillaient sur le baby-foot en tapant comme des brutes !
Je ne me sentais pas du tout à ma place dans ce brouhaha d’arsouilles qui buvaient, hurlaient, se tapaient sur l’épaule à se la fracasser !
J’étais entourée de brutes épaisses !
La petite serveuse sortait un peu du lot…. Elle était beaucoup maquillée, trop à mon goût et arborait une poitrine généreuse sous une chemise à carreaux de cow girl.
Elle me sourit et me servit rapidement.
Je lui demandai de quoi lire, elle fit glisser sur le bar le journal du bled.
La gazette du petit village américain du Middle West publiait la photo d’un couple de paysans… des Hamish à première vue ou des gens qui vivraient encore à une autre époque !
Ils faisaient la une de la gazette !
Je ne m’attardais pas sur l’article qui leur était consacré… je feuilletais le papelard et je m’arrêtais sur les pages de sport… je passais tout en revue… base ball, basket ball…
Alors que je refermais le journal, je revins sur cette photo qui me dérangeait.
Ce couple semblait démoniaque avec cette fourche pointue dressée vers le ciel et leur posture droite, leur regard fixe.
Ils avaient des regards de fous….
Ce n’était pas des paysans mais des gens qui vivaient encore à l’époque de leurs aïeuls et qui ne souhaitaient en rien évoluer et changer leur façon de vivre.
Je me décidai à lire l’article.
Au fil de ma lecture, je me sentais de plus en plus mal à l’aise, j’avais des envies de vomir… Je ne m’étais pas complètement trompé.
La police venait de les interpeller car ils étaient les commanditaires d’une énorme purge.
Une nuit par an, leur communauté proposait à leurs disciples de purger la société, de guérir la société de tous ses maux, en éliminant les nuisibles, toxicomanes, les sans domicile fixe, homosexuels, transgenre, les fous…
Ils avaient le droit de s’armer et de purifier la ville de tous ces détritus humains.
Des cars sillonnaient les rues et raflaient tous les gosses, les ados qui trainaient…
Les disciples de leur secte surnommée LA PURGE leur infligeaient toutes sortes de supplices qui conduisaient inévitablement à la mort.
Le couple venait d’être appréhender par la police ! Aucun des deux n’expliqua son geste… ils étaient comme possédés par le démon. Leur mission était toute tracée ….
Le couple était sous les verrous mais le mal vivrait encore dans cette communauté comme le jour se lèverait chaque jour sur la terre.
Fabienne C.

- Dick, tu crois pas qu’on devrait y repenser ?
- C’est un voleur, Judy. Il aurait pu détruire tout notre avenir.
- C’est quand même un gamin. De l’avenir, il en a plus que nous. Il s’est déjà excusé, qu’est-ce qu’il peut faire de plus ?
- Tu préférerais le voir en prison, matraqué par ces fous de policiers ? C’est mieux ici.
- Bon… Si tu le dis.
- Tout ira bien pour nous, chérie. Ne t’inquiète pas. Tu peux rentrer dans la maison.

Dick resta planté pendant un bon moment, ignorant sa femme préoccupée, juste à sa droite. Il regardait la grange, encore fermée, et laissait son esprit deviner l’intérieur qu’il connaissait si bien. Ici, dans sa ferme du Kansas, c’était l’Amérique profonde. Ça faisait cinq ans qu’un quelconque envoyé du gouvernement aurait dû venir. Policier, contrôleur des impôts, n’importe qui ; lui et sa femme étaient oubliés du monde civilisé. La compagnie était rare. Aussi la surprise fut-elle déplaisante quand il s’avéra que leur premier visiteur depuis longtemps était un chapardeur. Un gosse en fuite, qui espérait trouver de quoi manger et de quoi échapper aux forces de l’ordre. Dick lui en voulait, à ce jeune ; il avait généreusement pioché dans leur garde-manger annuel, malmené la pauvre Rose (la vache de la ferme) « pour rire »… et surtout, il avait endommagé le moteur de la voiture de collection en essayant de prendre la fuite avec, sans succès. Une voiture vintage qui valait désormais plus que toute une vie de travail d’un fermier. Le trésor de cette antre solitaire. Dick avait surpris le délinquant la main dans le sac, et l’avait menacé avec son fusil à canon scié. L’autre n’avait pas fait le fanfaron longtemps. Il était solidement attaché dans la grange maintenant. Judy lui avait donné du pain et de l’eau pour qu’il survive. Et maintenant, trois jours après, la fin était imminente.
Judy retourna dans le cottage, mais ne put se résoudre à rester tranquille et tenta de regarder depuis la fenêtre de sa cuisine. Dick, fourche en main, était rentré dans sa grange. Connaissant bien son épouse, il ferma la porte, la verrouilla même. Le voleur s’appelait Brandon, c’était la seule chose que Judy avait réussi à obtenir après avoir doucement demandé. Assis au fond, attaché par une corde de chanvre, il leva les yeux à l’entrée de l’homme. Les deux restèrent silencieux. Dick, au visage de marbre, approcha d’une démarche lente bien que droite et directe. Son bébé, sa ô combien précieuse voiture était juste derrière lui. Il finit finalement par dire :
- Tu as fait une chose très grave, Brandon.
- Je suis pas un gamin, rétorqua le jeune sur un ton défiant mais stressé.
- Si. N’importe quel homme aurait vu que cette voiture n’est pas banale. Qu’elle est plus précieuse que sa vie.
- Je pouvais pas savoir ! J’en ai jamais vu. Et elle est pas totalement cassée en plus.
- Judy te l’a dit, n’est-ce pas ? Qu’importe. Elle est endommagée. C’est très dur et très coûteux de faire réparer un tel bijou. Et surtout, à cause de toi, mon secret n’en sera plus un. Les gens de la ville sauront. Ils viendront pour voir « la merveille du fermier », le butin inattendu. Le butin que je gardais pour mes yeux. Les miens, et ceux de ma femme. Même elle n’a jamais eu droit d’y toucher. Je le répète, tu as fait quelque chose de très grave, Brandon.
L’intéressé baissa la tête. L’atmosphère était suffocante, Dick impassible. Le poids de son jugement faisait mal aux épaules du petit. Finalement, celui-ci releva la tête et demanda :
- Vous allez me faire quoi ?
Dick ne répondit rien. Leur regard à tous dévia dangereusement sur le côté… et se posa sur le canon scié.
Loup

-       Bon, allez, mettez-vous devant votre maison… Et souriez !!!
Le père et la fille m’avait demandé de les prendre en photo… En fait, la fille voulait passer une petite annonce sur un site bien connu pour se marier. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle avait mis sa robe du dimanche et son camée. Mais pourquoi poser avec son père ? Elle m’avait répondu que c’était pour montrer qu’elle était une jeune fille très bien, qui accordait beaucoup d’importance aux valeurs familiales, aux respects des parents, blabla… bref, le truc super chiant. Et puis, quel type un tant soit peu sensé se serait intéressé à une tronche pareille ?
Le père aussi n’avait pas l’air super sympa, bien qu’il eût, lui aussi, fait des efforts de toilette. Et puis, sa fourche, on pouvait la voir comme une arme. Pourquoi la tenait-il dans ce sens, d’ailleurs, si ce n’est pour vous la planter dans le dos ?
La seule chose que je trouvais positive dans tout ça, c’était la baraque derrière, peut-être ensuite, pourrait-on se débarrasser de ces deux épouvantails.
La maison avait l’air assez grande et confortable. Un peu lugubre quand même quand on voyait que tous les rideaux étaient fermés. Que cachaient-ils ? Et la mère, dans tout ça, elle était où ?
Soudain, je ne me sentis pas bien… Était-ce réellement pour mettre sur un site ? Que cherchaient-ils ? Que voulaient-ils vraiment ? Ils me faisait peur ces deux-là…
Je me posais toutes ces questions quand soudain, le père, se doutant de quelque chose, se mit à me charger avec sa fourche…. Non, mais ils sont tous barges, dans ce bled, me dis-je en courant vers ma voiture !
J’appris bien plus tard qu’en fait, ils allaient mettre cette photo sur leur profil pour que personne n’ait l’idée d’aller fouiner dans leur vie. C’est sûr qu’avec des tronches pareilles, il ne me viendrait pas à l’idée de les demander en amis !
Fabienne

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