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Atelier d’écriture du 23 novembre 2020

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Devoir : chacun donne un adjectif. Faire un texte avec tous ces adjectifs

Textuel – éphémère – blet – sexuel – particulier – attendrissant – diabolique – orgueilleux

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La Mère Lapipe

C’était le nom que lui avaient donné tous ses clients.
Oh ! Ne voyez là rien de sexuel… Non, pas du tout ! Car la Mère Lapipe, Germaine Brunet de son vrai nom, âgée de 78 ans, tenait un bistrot, « Le café du coin », dans un quartier populaire de Paris. Son surnom, elle ne le devait qu’à la pipe qu’elle avait constamment à la bouche.
Ce café était vraiment calé entre deux maisons dans un coin de rue. Il était, pour Germaine, tout son univers qu’elle ne quittait jamais. A côté de la salle du bistrot, une petite cuisine où elle préparait rapidement quelques encas, sandwiches et omelettes, pour elle-même et ses clients ; et juste à côté, une toute petite pièce avec un lit.
Le bar n’ouvrait qu’à partir de 16 heures 30 et fermait quand la tenancière « en avait marre », textuellement. Ce pouvait être 20 heures comme 1 heure du matin, heure fatidique à laquelle tous les débits de boissons devaient fermer. Cependant, au Café du coin, quelquefois, la fête continuait jusqu’au petit jour, derrière le rideau tiré.
C’était selon sa forme, l’ambiance, les clients.
Évidemment, vu l’heure d’ouverture, on ne servait jamais de café dans ce bistrot, ni de grenadine, bien sûr… Si toutefois vous insistiez pour en avoir, la Mère Lapipe vous indiquait un troquet un peu plus loin.
C’était un lieu particulier où se retrouvaient, pour un moment éphémère, tous les abandonnés, les cabossés et les laissés pour compte de la vie.
Mais attention, n’y entrait pas qui voulait ! C’était la Mère Lapipe qui jugeait si vous en étiez digne ou pas.
Il ne fallait pas se fier à son allure fragile et comme elle le disait elle-même, « un peu blette », ni à son regard attendrissant de petite vieille, qui pouvait, quelquefois devenir diabolique car elle dirigeait son établissement d’une main de fer et elle n’hésitait pas à sortir « manu militari » certains clients qui pouvaient mal se tenir. Dehors les orgueilleux comme des paons, les bagarreurs comme des poux, les pleurnicheurs comme des madeleines ! Ceux-là n’avaient plus le droit de franchir le seuil du bistrot.
Ceux qui restaient étaient là comme sa famille, proche, respectueuse, aimante et chaleureuse dont la Mère Lapipe en était la maman.
Ils étaient bien conscients que ce type d’établissement était le seul désormais qui restait. Mais comme la Mère Lapipe ne voulait casser la sienne qu’à 112 ans, ils estimaient qu’ils avaient encore de la marge !
Fabienne

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Charles était tout content
Il avait envoyé à son amie Marie
Un message textuel
Un SMS, rien de bien particulier
Pour lui dire qu’il pensait à elle
Il lui avait dit Momo de balancer un sexto
Genre un SMS à connotation sexuelle
Vas-y elle est blette ta meuf
Charles se voulait attendrissant
Il avait son côté orgueilleux
Il se refusait à écouter le diabolique Momo
Il voulait faire à Marie
Des déclarations passionnelles
Et pas éphémères
Et Momo qui lui dit
Faut lui parler comme ça à ta nana
Et qui lui pond un slam :

Marie
Tu sais pas comme j’te kiffe
C’est un truc de ouf
Ça frissonne jusque dans mes tifs
Je te raconte pas le barouf
Je suis à l’ouest mdr
Besoin de prendre l’air
Plus rien je gère
Faut que je digère
Faut que je te dise meuf
Je t’aime grave
Même plus la tête à faire la teuf
Même plus la niaque de la chourave
Faut que je te dise sis
Je suis vénèr contre moi
Faut que je te chérisse
Comme Rocky Balboa
Fabienne C.


Devoir
2 : trouvez des insultes drôles (mais jamais vulgaires = pas de gros mots) et originales – pour mon voisin !

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Figue insipide – Gros artichaut – Autruche d’Andalousie – Maraud – Scélérat – Dauphin d’eau douce – fils de femme au mœurs légères, ta mère a connu plus de saucisses que mon barbecue – Dors en chiant – Saugrenu personnage – Va te faire saumoniser.
Marceau

Bas du front – crétin – Consanguin – Tu es un être limité -  Le QI chez toi c’est plus une marque de bagnole – Plutôt que d’enfiler des perles va faire prendre ta température – Grosse voiture pour compenser
Break bits                  =               casse noisettes
Quand je vois ta tête ça me donne envie de me confiner
Rassure-moi t’as pas d’enfants ?
C’est plus un casse-noix que t’as c’est un piège à loup    =    personne avec une vilaine mâchoire et dents écartées
T’aurais pas dû dépenser ton argent t’aurais dû enfiler un sac poubelle ça aurait fait double emploi pour le même prix
Esti                                                     =            putain
Calice ou canlisse ou canline        =            merde voyons
Tabarnak                                          =            putain merde
Criss d’là   (Ou criss moi d’là)      =            dégage
Fabienne C.

Blaps scrofuleux – Tes oreilles, on dirait des pantoufles – T’es con à te gratter les couilles contre un crépi – T’es pas cousu main, toi. T’es cousu pieds ! – T’es moche, même de dos ! – T’en a pas marre d’être aussi con ? – Je vais t’ignorer tellement fort que tu vas douter de ton existence – Quand tu es né, ta mère a jeté le gosse et a élevé le placenta – Tu as une gueule d’illusion d’optique – De loin, tu parais con, mais de près, c’est une certitude – On t’as réveillé à coups de pelle ce matin ? – Quand j’ai vu ta gueule, j’ai compris que Dieu avait le sens de l’humour ! – Misérable loque humaine – pauvre débris – Ton cul doit être drôlement jaloux de ta bouche – Tronche de fausse couche –
orchidoclaste – nodocéphale – Coprolithe
Fabienne


Exercice 1
 :  Je suis le (la) plus grand(e) mytho du monde !

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Ce que je vais vous dire ne doit absolument pas sortir de cette salle : je n’ai pas envie que tous les journaleux et fouille-merde du pays me harcèlent.
J’ai inventé un système de téléportation qui me permet de me déplacer n’importe où dans le monde et l’espace, en un clignement de paupières. Mais bon, comme je vous l’ai dit, personne n’est au courant… Et puis, voyager en ce moment, c’est pas terrible, vous voyez, avec ce virus, je préfère encore rester tranquillement chez moi…

Un autre don : avec ma Zaza, j’ai appris à parler chien et c’est super intéressant. Du coup, je sais ce qu’elle aime, à quoi elle pense et nous avons toutes deux de longues conversations philosophiques sur l’utilité ou non de cacher un nonos dans le jardin.

Hier soir, Lady Gaga m’a appelée pour me demander ce que je pensais de son nouvel album. Je lui ai dit que je préférais celui de Shakira. Du coup,  elle était fin colère et a raccroché sans même me dire au revoir. Susceptible, comme gonzesse !

Ce matin, j’ai pu enfin avoir Brad en visio. Vous ne connaissez pas Brad ? Enfin, Pitt quoi ! Ce n’est pas toujours facile de se parler avec les 19 heures de décalage… Mais bon, ce matin, c’était cool. Il m’a dit qu’il pensait toujours à moi, aux vacances fabuleuses que nous avions passées à Paris, il y a deux ans… Sûr que c’était pas mal, mais se faire arrêter toutes les deux minutes par des minettes excitées, très peu pour moi. Je lui ai dit que si jamais il voulait repasser des vacances avec moi, on irait dans le désert australien… Il m’a répondu :
-       Ok, du moment que je suis avec toi !
Je me tâte de savoir si j’ai envie de continuer avec lui… Il vieillit et franchement, je trouve qu’il ramollit !…

L’autre soir, Ryan Gosling m’a appelée pour savoir si j’aimerais bien qu’il m’invite au resto, vu que chez eux, il n’y a pas de confinement… Mais bon, les restos américains, je me méfie… Et là, je ne sais pas trop. Je vais le faire attendre un peu.

Je vais pas trop m’attarder parce que je dois répéter : on m’a proposé de jouer la prochaine Juliette avec… Zut, je me rappelle plus qui, mais c’est pas grave, vu qu’on ne verra que moi !
Bon, je vais vous laisser, je n’ai pas que ça à faire, il faut que j’aille faire pipi.
Fabienne

Dans la voiture, la grande sœur de mon ami me questionne à propos de la blessure sur le dos de ma main. Sentant son air un peu crédule et aussi naïf que le mien je lui dis la vérité, toute la vérité.
Son frère et moi étions sur le quai du RER pour Paris quand il vit un billet de 50€ plus loin sur les rails. Il descendit pour aller le récupérer mais un train en bout de course s’approchait menaçant. Alors, tout naturellement je sautais derrière son frère pour l’écarter, et à peine j’eus le temps de lever la main pour stopper le train que celui-ci me freinait dessus.
D’où mon bobo.
Sa mine ahurie me ravie. Je n’allais tout de même pas lui dire qu’en faisant la course avec son frère dans les rues de la capitale, j’ai préféré tomber rouler bouler plutôt que de m’encastrer sur un petit poteau à hauteur d’ablation testiculaire !
Nous étions majeurs j’avais donc un certain standing à conserver, encore plus auprès d’une femme !

Première rencontre avec la copine d’un bon ami. Je remarque son tatouage de clef de Sol sur la clavicule.
- Tu fais de la musique ? Lui demandai-je.
Elle me répond :
- Du piano.
Au moins dix minutes à me conter son cursus, ses prestations et son talent. Elle est si jolie, elle a bien le droit d’être –finement prétentieuse- mais en plus douée musicalement non ?
Ce n’est qu’à la prochaine rencontre que je lui demande :
- Eh bien ? Ton tatouage a disparu ?
Son rire était aussi charmeur que révélateur de sa culpabilité, elle m’a pris pour une tanche de la baltique pré-pubère toute la soirée dernière ! J’apprécie, j’aurais fait pareil si j’avais flairé le gros naïf à 600 mètres !
Marceau

- Je suis la plus grande mytho du monde !
J’ai parcouru le monde entier, j’ai pris l’avion, le bateau, le jet… je suis même montée dans une soucoupe volante, j’ai approché la voute céleste et entraperçu Mars, t’imagines !
C’est dingue, je suis montée sur quasi tous les animaux qu’on peut trouver sur la planèt … girafes, éléphants, lion,s cochons … et j’en passe…
J’y serai encore toute la nuit si je devais les énumérer…
Oh et puis je veux pas faire « Madame a tout vu » mais je crois que j’ai tout vu !
Même le camion de pompier, la voiture de police avec le gyrophare et la sirène, le supersonique… je suis montée dans tous les engins inimaginables !
Et puis j’ai rencontré plein de gens, des tas d’enfants….
J’ai écouté toutes les musiques du monde aussi…
Je me suis éclatée ….
- Bon ça suffit maintenant Janine ! Tu arrêtes de crier et de gesticuler, tu descends du manège et tu laisses la place aux enfants.
C’est vrai quoi ! C’est fou !
Fabienne C.

Exercice 2 : écrire un texte avec ces mots
un – balcon – brume – tonitruant – prairie – horizon – mystère – mer –

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Elle était sur le balcon, scrutant l’horizon que la brume venait doucement voiler.
Elle attendait son homme, parti à l’assaut des vagues, comme il le faisait à l’accoutumée dans son bonnet, son ciré jaune et ses grandes bottes bleu marine.
Il partait sur son chalutier avec ses hommes pêcher pour la journée.
Elle s’était habituée à cette vie, toujours dans l’attente de son brave.
Elle passait ses journées à patienter, à espérer son retour.
Elle le voyait rentrer à la tombée de la nuit… il la quittait le matin sans un bruit.
Elle redoutait l’aube et le soleil couchant, elle n’était bien que lorsqu’elle était près de lui.
La journée, elle s’occupait comme elle pouvait mais tout la ramenait à lui et à la mer.
Un soir, elle ne le vit pas revenir… La nuit déchirait, le ciel tonitruant recouvrait les prairies, le mystère s’invita.
Ce soir-là, il ne rentra pas… la mer en avait décidé autrement.
Fabienne C.

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La vigie était sur le pont supérieur – le dernier balcon, comme nous l’appelions, entre marins – et surveillait l’horizon. Ce n’était vraiment pas facile car ce matin-là, la brume nous enveloppait de son manteau aérien. Il n’y avait pas de vent et la mer ressemblait à une vaste prairie.
Le bateau naviguait à bonne allure. Nous espérions atteindre la prochaine escale dans la nuit.
Ceux du quart de nuit partaient se coucher, fatigués tandis que l’équipage de jour s’affairait déjà. Soudain, un bruit tonitruant nous figea sur place quelques secondes : la sirène !
Un danger à l’horizon ! Pourtant tout semblait si calme. Tout d’un coup, le bateau ressemblait à une fourmilière. Chacun savait ce qu’il avait à faire en attendant les explications que le commandant ne tarderait pas à nous donner.
Un grand choc ! Comme si le paquebot n’avait été qu’un jouet.
C’était grave, certainement, mais pourquoi le commandant ne nous parlait pas ? Mystère ! C’était comme si nous étions livrés à nous-mêmes.
Certains d’entre nous se mirent à prier…
Fabienne

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Des centaines, si ce n’est des milliers d’années terrestres se sont écoulées dans l’après-vie. Ce couple amoureux – et éternel – profite de sa dernière soirée. Il lui fait part de son envie de passer la dernière porte, celle du grand mystère, qui mène au-delà du Paradis,dans un silence tonitruant, sans doute. Personne ne sait ce qu’il advient ensuite, et chacun est libre de franchir son seuil quand bon lui semble. Elle, il lui est diaboliquement difficile et douloureux d’accepter le départ définitif de sa moitié masculine. Son ami, son amant, son dernier, son toujours.
Dernière soirée sur le balcon des cieux, collés serrés au fond du canapé. La vue sur l’horizon révèle un tableau divin composé de prairies, d’un lac immense entre des montages plus immenses encore. Derrière elles, la brume masquait le soleil et certainement des millions d’univers !
Ses derniers mots, à son amour,  il lui brise le cœur et la remplit de joie, et de Foi. Il lui explique :
- Lorsque ma mère t’a embrassée, puis ta mère a essuyé le rouge à lèvres sur ta joue, je l’ai senti. J’ai compris aussi. J’étais comblé. Réalisé. L’air de mes poumons était semblable à l’air extérieur. J’ai senti, j’ai compris, rien de cet endroit qui avait encore à m’offrir pour l’éternité, pouvait m’épanouir davantage. Je n’avais rien de plus à ajouter à ce que j’avais déjà reçu. C’est cette sensation de l’Être, cet état d’esprit qui me donne envie de passer la dernière porte sereinement. Visualise une vague de l’Océan, son élan de haute mer, qui l’envoie s’effondrer sur le rivage. Ma vague a disparu, elle est retournée à la mer, et nous ne sommes plus qu’un.
Il n’avait pas de dernière volonté. Sa partenaire, compréhensive, lui demanda toutefois sa dernière volonté à elle, devant cette scène sublime, qui pouvait durer aussi longtemps qu’ils le désiraient :
- Dis-moi adieu maintenant, pars avant mon réveil. Je déteste te voir partir, mais j’adore te savoir en aller.
Marceau

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