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Atelier d’écriture du 9 novembre 2020

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DEVOIR
 : faire une parodie d’une fable de La Fontaine avec ces 2 contraintes :
-       L’action doit se passer de nos jours
-      Les animaux doivent être remplacés par des humains

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Le surfeur et sa voisine

Toute la saison chaude, il avait surfé.
Quand la saison fraiche est arrivée,
Ahou ! Il était fin fauché !
Pas moyen payer les clopes, le loyer et le kaï kaï.

Son père lui dit : Awa mon fils, c’est bon si tu travailles !
Fin colère après papa, il demanda à sa copine.
Ahou mon dawa ! Des pièces j’en ai pas !
Ayaoué ! toi aussi t’es fauchée ?
Ben ça !
Chut !  gad ! Voilà elle !  Va feinter la voisine.

Ahou ma sœur, il est bon ou quoi ?
Quoi ça ?
Ben tu connais qu’je rame…
T’as pas dix mille ? J’suis trop en panne.
Je t’les rends promis-juré avant l’été.

Casse pas la tête mamie
En plus j’te f’rais du bami,
D’la salade tahitienne et du riz
Et même un gâteau-coco, si t’as envie.

Ben, y’en a pour toi ! tu vois les rats !
T’es bon à peau, tu m’auras pas !
Quand moi, chez Mageco, j’me r’muais les miches,
Toi, tu f’sais quoi ? Tu jouais les riches ?
Ben… tu connais qu’avec les alizées…
Tous les jours, j’allais surfer…

Tu baignais la mer et tu surfais mon frère…
Ben là tu wois, j’suis fin colère.
Reprends ta bécane et vas te faire bounane.
Parce que c’est pas moi qui la remplirait
Ta grosse boite à ignames.
Patricia

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Maitre Kanak, sur sa mine subventionnée,
Poussait des cris pour l’indépendance :
« Oyez ! Oyez, sales blancs d’enculés,
Retournez dans votre douce France ».

Maitre Loyaliste arriva en catimini :
«  Que nenni, je suis chez moi ici ! »
Il lui tint aussi ce langage provocateur :
« Vous n’êtes pas le peuple premier !
C’était les Lapitas, que vous avez tous bouffés. »

Alors, Maitre Kanak devint fin colère
Et lâcha le piquet de grève de la mine
En criant : « Awa ! T’es plus mon frère,
T’es rien qu’une tête de pine ! ».

Maitre Loyaliste lui rétorqua :
« On ne s’en réfère qu’à la loi,
Le troisième référendum, on l’aura,
Et vous l’aurez tous dans le baba ! ».
Arnaud

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Sœur Emmanuelle et Frère Jean

Sœur Emmanuelle, dans un fourré caché,
Se délectait d’une sorte de petit four
Frère Jean, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce discours :

« Bien le bonjour ma chère sœur,
Que vous êtes élégante,
Vous émoustillez mon cœur
Tellement vous êtes appétissante !

Et votre voix, mon Dieu
Vous ouvrez toutes les voies des cieux ».
Sœur Emmanuelle rougit tant et tant
Qu’elle en perdit la douceur entre ses dents

Frère Jean se saisit de l’offrande de sa consœur
Mais ne trouva pas le goût flatteur
Sœur Emmanuelle rit de bon cœur
Ce n’était pas un fromage Poivre d’Âne
Frère Jean n’était pas, de surcroit, végan

Frère Jean tourna les talons en maugréant
Jurant qu’on ne l’y reprendrait plus
Sœur Emmanuelle le regarda en fredonnant
Se moquant de sa silhouette dodue.

Morale de cette histoire
Avant de crier victoire
Renseigne-toi sur ta victime
Et jamais ne la sous-estime !
Fabienne C.

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L’élu et son électeur

L’élu sur son estrade perché tenait par la main un électeur
Son challenger par la mairie alléché, lui tint à peu près ce langage
Hey wesh M’sieur l’Maire,
Sans mentir, si votre sape se rapporte à votre tchatche
Vous êtes le phénix des hôtes de la téci

À ces mots le maire ne se tint plus de joie
Et pour montrer qu’il est pas un bolos
Il s’ambiance et laisse tomber son électeur
Le challenger s’en saisi et dit

Mon bon monsieur
Apprenez que tout flatteur
Vis aux dépends de celui qui l’écoute
Cette leçon vaut bien un électeur sans doute
L’élu honteux et confus
Jura, mais un peu tard qu’on ne l’y prendrai plus … what the f*ck !
Dominique

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Une influenceuse ayant critiqué
Tout et tous, plus que de raison
Se trouva soudain lâchée
Par ceux qui lui filaient du pognon

Pas le moindre like ou follower
Pour lui assurer sa pitance, son quatre heures
Elle menaça ce réseau social
De faire un esclandre, un scandale

Et si je surfe ailleurs
Et retrouve d’autres followers ?
Dit-elle tout net
A ce géant d’internet

Plus question de vous payer
Répondirent les modérateurs
Sur la corde vous avez trop tiré
Allez ouste ! Allez voir ailleurs.
Fabienne

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Le vieux Joe et le grand blond contestaient de leur prix.
Ô Saturne ! dit le premier,
Faut-il que l’amour propre aveugle les esprits
D’une si terrible manière,
Qu’un vil et si blond animal
À mon expérience ose se dire égal ?
Je hante les Palais ; je m’assieds à la table :
Si j’ai l’air d’un veuf, j’ai les sens en émois :
Pendant que celui-ci, large et misérable,
Vit quatre ans chez mes amis comme chez soi.
Mais mon bonhomme, dites-moi,
Vous ne baissez jamais la tête devant un Roi,
un Empereur, ou une Damoiselle ?
Je le fais ; et je baise un jeune sein quand je veux :
Je me joue entre des cheveux :
Je fais pâlir d’un teint la blancheur naturelle :
Et la douce main que met à son décolleté
Une jeune fille démunie et frêle,
C’est un ajustement pour mes yeux pervers et diminués.
Illégitime mon travail de votre expérience inégalée. Avez-vous dit ?
Lui répliqua Donald blondie.
Vous hantez les Palais : mais on vous y maudit.
Et quant à goûter le premier
De ce qu’on sert devant les Dieux,
Croyez-vous qu’il en vaille mieux ?
Si vous entrez partout : aussi font les profanes.
Dans la tête des Rois et dans celles des Ânes
Vous allez vous planter ; je n’en disconviens pas ;
Et je sais que d’un prompt trépas
Cette importunité bien souvent est punie.
Certains ajustements, dites-vous, rendent jolie.
J’en conviens : l’idée serait sombre ainsi de vous et de moi.
Je veux qu’il ait nom Biden; est-ce un sujet pourquoi
Vous fassiez sonner vos mérites ?
Nomme-t-on pas aussi politiciens les parasites ?
Cessez donc de tenir un langage si vain :
N’ayez plus ces hautes pensées :
Les encrassés de Cour sont chassés :
Les cumulards sont pendus : et vous mourrez de faim,
De froid, de langueur, de misère,
Quand Phœbus régnera sur un autre hémisphère.
Alors je jouirai du fruit de mes travaux.
Je n’irai par monts ni par vaux
M’exposer au vent, à la pluie.
Je vivrai sans mélancolie.
Le soin que j’aurai pris, de soin m’exemptera.
Je vous enseignerai par là
Ce que c’est qu’une fausse ou véritable gloire.
Adieu : je perds le temps : laissez-moi travailler.
Ni mon grenier ni mon armoire
Ne se remplit à babiller.
Marceau (Adapté de La mouche et la fourmi. – Fable n° 3 – Livre IV)



Exercice 1
 :  un air de famille

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Un air de famille

Il a de grands yeux qui dégueulent
Comme son père
Il a les cheveux roux bien plaqués
Comme sa mère
Des canines à couper le souffle
Une langue hyper longue
Et ses oreilles, mon dieu !
Elles sont énormes
On ne sait même pas
Si elles seront opérables un jour
Tellement elles sont démesurées

Il a la voix rauque de fumeur
Le cri strident comme une mégère
Il est toujours en train de se pourlécher
Le contour des lèvres
Comme on se lèche les babines

Il adore sortir
Ah pour ça
Il ne se fait pas prier
Se balader alentour
Épater la galerie
Humer le parfum de ces dames
Faire le tour du pâté de maison
Ou se balader en bord de mer

Il adore les petites attentions
Qu’on lui prépare de bons petits plats
Il aime qu’on le complimente
Il adore qu’on le caresse
Qu’on le chouchoute
Qu’on le gâte de friandises

On le verrait bien
Dans des séries comme Colombo
Entre cigare et apéro
On le verrait bien

Il a vraiment un air de famille
Notre Whisky
Tout de son papa
Notre bébé basset
Fabienne C.

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Je ne m’étais jamais très bien entendu avec mon paternel. Aussi, dès ma majorité, j’ai préféré prendre la tangente pour vivre à ma façon.
Ça n’a pas été toujours très facile. La vie m’a filé quelques claques mais j’en suis sorti grandi.
Avec ma mère j’ai toujours gardé le contact : je lui téléphone de temps en temps, je lui envoie des photos de mes gosses.  J’en ai trois, deux garçons et une fille. La mère, ça fait longtemps qu’elle me demande de lui présenter ma femme et mes enfants, alors j’ai fini par me décider.
Nous avons profité de l’absence de mon père, parti à l’autre bout de la France pour l’enterrement d’un cousin. Ma mère était aux anges de pouvoir, enfin, faire la connaissance de Marie, ma femme, et surtout de pouvoir serrer dans ses bras ses petits-enfants. Ses petits loups, comme elle disait. Tout se passait super bien quand, soudain, quelqu’un sonna à la porte. C’était un voisin qui venait déposer une lettre arrivée par erreur dans sa boite.
Ma mère a subitement pâli, s’est mise à bredouiller. Bizarrement, le vieil homme, paraissait lui aussi très embarrassé. Intrigué, j’observais plus attentivement ce voisin que je n’avais jamais vu et dont les traits, pourtant inconnus, me parlaient. Je finis par y déceler comme un air de famille…
Patricia

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Dans cette famille, ils ont tous l’air con, il est vrai
Le père, en premier, en est le roi, ainsi s’est-il nommé.
Tout ce qu’il dit est un ramassis de conneries, de billevesées.
Avec ses cheveux oranges, il fait croire qu’il est par Dieu nommé.
Si c’est lui le meilleur, le pire, je vous laisse imaginer
Sa femme, qui n’est pas la mère des mouflets,
Est là seulement pour parader, s’exhiber
Et dès qu’il redeviendra anonyme, le laissera tomber
Elle a des cheveux blonds qui tirent sur le soleil couché.
Enfin, les cinq enfants, tous du orange clair au orange foncé
Ne sont là que pour mettre en valeur sa majesté
Et ne l’ouvrent que pour approuver
Les propos de leur papa adoré
Ils sont bizarres, et complètement frappés
Un air de famille, à n’en pas douter !
Fabienne

 

Exercice 2 : En France, on ne se serre plus la main, on se serre le coude, covid oblige !
Trouvez toutes les expressions que vous pouvez avec le mot « main » et remplacez-le par « coude ».

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Mohamed s’était auto-proclamé chef de la cité. Sûr qu’il avait un poil dans le coude et même on pouvait dire qu’il avait deux coudes gauches. Heureusement qu’il avait des potes, pas tant que ça en fait, ils se comptaient sur les doigts du coude, mais ils lui filaient des coups de coudes.
Les jeunes du quartier avaient beau faire des pieds et des coudes, lui, il leur serrait juste le coude. Et les gens de la cité, pas question de leur filer un coup de coude… Même la vieille d’en bas, celle qui avait le coude vert.
L’autre jour, il avait voulu lui faire peur et avait crié : « hauts les coudes ! ».
Tous ses copains avaient applaudi des deux coudes ! une bonne rigolade. Mais la vieille avait le coude leste et lui avait filé une mandale. Elle aurait pu gagner haut le coude, s’il n’avait pris son courage à deux coudes et s’était enfui.
Heureusement qu’il y avait Lili, sa petite amie. Avec elle, on peut dire qu’il avait eu le coude heureux. C’est pour ça qu’il n’hésitait jamais à mettre le coude à la poche et à l’inviter souvent au resto. Lili était douce, mais quand même, fallait s’en méfier, c’était un coude de fer dans un gant de velours.
Elle voulait qu’il change, qu’il file droit. Plus question d’être pris le coude dans le sac par les flics. Sinon, elle s’en laverait les coudes et le laisserait tomber.
Mais attention, elle l’avait prévenu : « avec moi, pas question de jeux de coudes, de coude sur les fesses, ou de parler avec les coudes, tant que tu ne m’auras pas demander le coude ! ».
Alors, il s’était fait une raison parce que, quand même, se balader le coude dans le coude avec la plus belle fille de la cité, c’était vraiment super !
Fabienne

J’avais fait des pieds et des coudes pour m’immiscer dans cette petite communauté. Pour y parvenir j’avais dû subir l’humiliation d’un vote à coudes levés. Toute l’assemblée était guindée et solennelle. On aurait dit que le coude de Dieu leur avait conféré leur rang.
Finalement j’ai été adopté haut les coudes. Ensuite, plus détendus, nous nous sommes tous serrer le coude. Le règlement, écrit en lettres d’or sur un parchemin, passa de coudes en coudes. Il était extrêmement strict : pas question par exemple d’avoir le coude leste avec ses propres enfants, même si on les a pris le coude dans le sac, faisant de graves bêtises.
Après cette intronisation un peu formelle, toute l’assemblée se donna le coude et entonna avec vigueur une étrange mélopée. La cérémonie achevée, chacun donna un coup de coude pour ranger tables et bancs. Tout le monde ici se devait d’être parfaitement irréprochable. Personne n’aurait admis qu’un des membres ayant les coudes sales vienne entacher la réputation du groupe et c’était bien ainsi. Je pris donc la décision ferme et définitive de respecter à la lettre tous mes engagements.
Patricia

Hé tu te réveilles ?
Tu sens mon coup de coude là ?
T’as encore dormi là ?
T’as pas le cœur sur le coude toi
T’as un poil dans le coude plutôt
J’aimerai bien que tu prennes ton courage à deux coudes
Autrement on va finir par en venir aux coudes
Et au lieu de t’en laver les coudes
Il va falloir que tu mettes le coude à la patte
Tu sais bien que je vais faire des pieds et des coudes
T’as de la chance t’es tombé entre de bons coudes
Je t’aiderai haut le coude comme je peux
Et je serai là pour te prêter coude fort malgré tout
Tu sais que je t’aime follement
Que je veux quelque chose à avoir sous le coude
Je suis prête à te tendre le coude
Je veux te demander ton coude
Alors réagis qu’on soit comme les deux doigts du coude
Inséparables et enfin coude dans le coude
Aujourd’hui et demain !
Fabienne C.

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