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Atelier d’écriture du 10 août 2020

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DEVOIR : écrire un fait divers.
Attention, tous les verbes devront être conjugués avec des temps et des formes qui n’existent pas (faire volontairement des fautes)

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Un homme piégé dix heures dans un ascenseur !

Comme chaque soir, Monsieur  X , cadre de la Sté Machin-Chose, quittut son bureau  à 6 heures tappantes. La plupart des membres du personnel fut déjà parti rejoindre son domicile, seules restirent quelques femmes de ménage.
Quand monsieur X Appuyut sur le bouton, l’ascenseur démarrit sans problème mais quelques secondes plus tard il se coinçut entre deux étages.
Après quelques secondes de sidération, reprenant ses esprits, le cadre tentit de déclancher l’alarme mais seul le silence lui répondat. Sans s’affoler il saisissat son téléphone pour appeler les secours mais sa batterie, déchargée, ne répondat plus. Les heures défilurent lentement et toujours personne…
Soudain, prenu de panique  il commencit à frapper sur les murs et la porte mais rien n’y fait. Le pauvre homme devit attendre plus de 10 heures jusqu’à ce que les premiers salariés entrèrent dans la boite pour être secouri.
Epuisé il pouvu enfin rentrer chez lui pour se reposer. Jamais de toute sa vie il ne pouvu oublier cette folle nuit !
Patricia

 

Adieu le Verbe

Quand le standard m’a eu fait bipper, je la voue, je dormis. Les rêves, ça me veau bien des satisfactions. J’étais pas encore fini de celui-ci. Je vous racontasse pas ce délire érotique. Vous en eusseriez la rate dilaté. Chez pas où elle ait, cette organe. Mais bon, boulot boulot ! Jappe elle ma secrétaire, enfin celle du service  F.D. T’ait le seul à pouvoir te déplassé, qu’elle me cri. James pas été crié. Mais y me payassent à la pige… vous pigier.
Faux yaller que j’me dix. Je noté l’adresse, si mineur (vous avé con prit l’humour musicale, note : vin sur vain). J’a prix le vélo éclectique. Mais il été dégonflait, déchargait, déchainait. Enlisant bien l’adresse je m’apercit que c’étaient au boue de ma rue. Alors, je prit mes jambes à mon cul. C’ais moins casse-gueule que le coup. Arrivée sur les lieues, je constatât que le chien fut toujours vivant. Manifestement il fie pas le stop. Le véhicule de choc avé fui. Seul témoin : un plombier en retraite. Celui-ci me décriva bien l’effet, surtout la fuite. L’animal été animait de mouvements plastiques. Cela m’empêchasse de photografié de chien… de chasse.
J’avâsse tous les zélé-ment. C’ait alors que le cabot ce levat, frai comme un garçon. Je lusse crue à l’article de la mort. Pas bon pour mon papier. Mais si, mais c’es biensûr. J’é cas dit (ou caddie, comme vous vouliais) que le plombier sa pelle Jésus.
Bertrand

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En Allemagne, la peau lisse n’a pas rigolu

-       Chef ! Chef, excusez-moi de vous déranger mais c’est moi qui l’a vu en premier
-       Raconte-moi, Brigadier, ce que vous avait vu !
-       D’abord, il a monté haut, très haut, puis il a descendu et c’est là que je l’a flashé : 45 km/h au lieu de 30 !
-       Comment ça, il a monté ? Avec sa voiture ? C’est incompréhensif ce que vous disez, Brigadier
-       Mais non, Chef ! il volassait.
-       Assis-toi et racontez-moi. Non ! Faisez attention, pas sur cette chaise, ya mon képi.
-       Un pigeon ! Ce fut un pigeon ! Mais faut pas plaisantir, la loi, c’est la loi ! Pour tout le monde.
-       Et alors ?
-       Alors, j’ai pu l’arrêter in extrémiste et je l’ai agoniser d’insultes, faut pas déconnir, en pleine ville ! Puis, je lui ai mise un PV, sur le bec, pour pas qu’il parle.
-       Et vous croivez qu’il va payer ?
-       Chai pas, Chef, mais quand je l’ai regardi, il a partu. Si j’aurais su, je lui avais mis les menottes…
-       Pourquoi ?
-       Ben, il s’a barré en rigolant !
Fabienne

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Il falle que je vous racontisse, chers lecteurs, ce fait que je vivas. Ne vous inquiétîmes pas, ce n’asse pas votre grand reporter qui le subut. Hier, j’ai été regardi un match de foot où jouurent mes deux jumeaux de neveux. Sur la fin de la première mi-temps, l’équipe adverse obtena un corner. Un des arrières allit le tirer. Le ballon s’envolut en l’air pour arriver sur la tête d’un coéquipier qui atterrut sur rapidement et fortement sur la gueule d »un défenseur. Il débouchut sur le pied d’un attaquant adverse qui fut une reprise magistrale. le ballon repartat de plus belle sur le ventre du gardien de but qui rebondut quelques mètres plus loin. En même temps, la balle eure comme une explosion. Un autre défenseur dégagit le ballon crevé qui attérut d’un adversaire et il y restit collu.
Ouf ! Ce n’état pas un de mes neveux. Allons savoir comment ce ballon éclaté arrivit par son trou et englobut un testicule, bouchant celui-ci, comme un appel d’air. Ce dernier restit coincé. Plus de peur que de mal, si on put dire. Le joueur fit emmené d’urgence à l’hôpital, l’équipe soignante mut plus d’une heure pour retirer le ballon sans endommagir le testicule qui toutefois, doublit de volume !
Arnaud

 Exercice 1 : écrire une histoire à partir d’une photo

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Demain, c’était le grand jour : Jacot avait enfin eu un rendez-vous avec la Louise, après les cours…
Quand il avait annoncé cette nouvelle à ses potes, tous avaient fait une tête d’enterrement.
-       Mais enfin, Jacot, t’es pas prêt, dit Marcel, le plus grand de tous, sans doute un peu vexé de ne pas avoir été choisi…
-       Comment ça, pas prêt, s’exclama l’intéressé.
-       Ben à sortir avec une fille…
-       Mais si, ça fait un moment qu’on se regarde et même que l’autre jour, elle m’a souri, puis elle m’a attendu à la fin des cours et m’a demandé si je voulais bien la raccompagner demain soir.
-       Il va falloir que tu te laves ce soir, constata Pierre en se bouchant le nez. Si ça se trouve, va même falloir que tu changes de chaussettes !
-       Ah bon ! tu crois ? Mais ce soir, c’est pas dimanche.
-       N’empêche, les filles elles aiment bien ce qui sent bon.
-       Si tu veux, je te prêterai mon eau de Cologne, proposa petit Paul, le plus petit, subjugué par ce qui arrivait.
Alors qu’ils rentraient chez eux, ils passèrent devant la Grande Librairie.
-       J’ai une idée, proposa Henri, tu sais ce qu’on va faire ? On va regarder s’il y a un livre sur la cikologie des filles… Parait que ça existe… Je sais pas trop pour quoi c’est faire, mais soi-disant que les filles ne pensent pas comme nous.
Ils se groupèrent devant la Grande Librairie pour essayer de trouver un ouvrage susceptible de les aider. Mais hélas ! Rien dans la vitrine.
-       On devrait rentrer pour demander, suggéra Édouard.
-       Si ça se trouve, c’est super cher, un livre pareil.
-       Ben, faut c’qui faut, on va se cotiser, proposa Auguste, toujours le cœur sur la main.
-       Mais qui c’est qui va entrer ? Demanda Jacot, finalement plus très sûr de vouloir ce rendez-vous.
-       Allez ! On y va tous !
La libraire fut surprise de voir tous ces jeunes garçons entrer dans sa boutique. Ils étaient plutôt du genre à se faire la guerre, pas à lire.
Quand Jacot, d’une voix hésitante formula sa demande, La libraire sourit et leur dit :
-       Un tel livre n’existe malheureusement pas à l’heure actuelle, mais revenez dans vingt ans, et je pourrai vous proposer quelque chose…
Voyant leur mines déconfites, elle ajouta :
-       En attendant, je peux peut-être vous aider….
Fabienne

Aujourd’hui je me suis inscrit à un club. Un club pas comme les autres.
Je rentrais déboussolé d’une journée morne et terne de l’usine, quand, à deux rues de chez moi je vis un attroupement d’enfants devant la librairie du quartier. Leur enthousiasme m’interpella et je les écoutais à quelques pas. Seulement deux ou trois d’entre eux plus ou moins jeunes m’ont remarqué au bout de quelques instants, sans un mot, ils semblaient soutenir et canaliser l’euphorie du groupe.
Le plus jeune, Berlioz, s’exclama :
- Vous voyez les copains !? Comme je l’ai dit ! Une édition traduite en français des Bhagavad gita vient d’arriver !
Un des membres fondateurs ne cacha pas sa joie  :
- Bien vu Berlioz ! ça fait deux ans qu’on attendait une traduction pour l’ajouter à la bibliothèque du club ! Il paraît qu’il y a des annotations de plusieurs individus pour moderniser et faciliter la compréhension pour les Occidentaux !
- Tout juste Auguste ! Je l’ai vu pareil que toi dans le magazine que l’on feuilletait chez le père d’Adrien, tu t’en souviens ?
Se tournant vers Adrien dont la tête dépassait derrière lui :
- Oui, je me souviens de la contribution d’Osho, Alan Watts, Omram Isaac Ivanov, et même les deux Krishnamurti ont collaboré pour annoter ces œuvre gigantesque !
- Tu penses que je vais tout comprendre dit ? Demanda le petit Berlioz à son frère René, inquiet de ne pas bien connaître la moitié des personnalités qu’Adrien, leur cousin, venait de citer.
- T’en fais pas Berlioz, je suis sûr que Serge va nous faciliter l’assimilation de l’essentiel. Tu te souviens comme c’était agréable et clair de voir les parutions d’Einstein avec son soutien ?
- C’est vrai ! J’ai bien aimé la vision psychologique et ésotérique sur l’étude de la Bible en début d’année aussi ! Dit Serge, t’as combien sur toi ?
- Ni plus ni moins que toi, Berlioz, on va se cotiser à hauteur de ce qu’on a, peut-être même qu’un nouveau membre va nous rejoindre et nous aider pour l’acquisition de cet ouvrage, dit-il  en posant son regard malicieux sur moi, qui les écoutait d’une oreille curieuse et ébahie.
Bref, cette année, je signais mon entrée au seul club d’ésotérisme avec des enfants que je ne connaissais pas.
Marceau

-       Hé ! vous avez vu le livre dans la vitrine ? Là, juste à droite ? C’est le livre dont se sert Monsieur Duval pour nous faire faire les dictées ! Ah !  Si on avait assez de sous pour l’acheter, notre carnet de notes ne nous poserait plus autant de problèmes !
-       Tu parles ! Peut-être qu’il y aurait moins de fautes d’orthographe mais de là à faire tout juste…
-       N’empêche qu’on d’la chance cette année. Cet instituteur est moins sévère que Monsieur Gontrand. Tu te rappelles l’année dernière, les coups de règle sur les doigts et les demi-heures de piquet au fond de la classe ?
-       Chut ! Les petits t’entendent et ils vont avoir peur à la prochaine rentrée des classes, dit Jacques avec une voix dont le déraillement signait déjà la préadolescence.
Hélas ! les petits, culottes courtes et chaussettes tirebouchonnantes, avaient tout entendu ! Le plus jeune, tout pâle, demanda d’une voix tremblotante :
-       Il est si méchant que ça, Monsieur Gontrand ?
-       Mais non ! Répliqua un blondinet que déjà deux longues années d’expérience séparaient des plus petits.
Ne t’en fait pas ! Ton grand frère est déjà passé par là et il pourra t’aider.
Tout de même… ce livre… c’était bien tentant…
Après réflexions, ils constatèrent, dépités, que même en réunissant leur argent de poche, le livre tant convoité n’était pas à leur portée. Alors, laissant loin derrière eux l’éducation stricte de leurs parents, ils mirent au point une tactique ingénieuse pour effectuer leur larcin. Je ne vous livrerai pas le détail de cette manœuvre mais, le mois suivant, les notes de certains élèves s’envolèrent, mérite que s’attribua, sans fausse modestie, leur cher instituteur.
Patricia

Aujourd’hui, Bernard a envoyé des pierres à ma fenêtre pour me réveiller. Un samedi, pensez-vous !
Il a hurlé « Jules, Jules ! » et j’ai fini par sortir péniblement de mon lit.
- Viens voir, y’a du nouveau ! qu’il m’a dit.
- Du nouveau ? Où ?
- On va voir, c’est Claude qui nous a prévenu, il est toujours là-bas ! Ramène-toi !
Du coup, je le suis en courant à travers les rues de la ville. Nous bousculons quelques hommes d’affaires, passons outre une ou deux bonnes femmes en quête des items de leurs listes de courses, et rameutons ceux d’entre nous que nous trouvons en chemin.
Bientôt nous sommes une petite horde : moi, Bernard, Henri, Emmanuel et sa petite sœur Louise, nous nous retrouvons au point de chute. Claude est penché sur la vitrine du libraire, il couvre ce qu’il y a derrière. Nous nous bousculons pour voir ce qui s’y cache, et nous trouvons une grosse boîte noire, protégée par le verre.
- C’est quoi vous pensez ? questionne Bernard.
- Un truc ultra secret ! affirme Henri. Tellement secret qu’il faut le cacher dans une boîte !
- Mais pourquoi c’est en vitrine alors ? répliqué-je.
Seule réponse : les balbutiements de la petite Louise, qui commence à lécher la paroi. Emmanuel, lui, met une tape sur la langue avant de s’essuyer sur ses habits à elle.
- Ça doit être un livre, dit Claude, puisqu’il est dans une librairie.
- Un livre pas comme les autres alors, continue Emmanuel. Et si c’était un livre pour… pour les grands ?
- Non, réplique Henri, c’est un piège ! C’est pour nous faire croire que c’est un livre, mais en vrai c’est un truc hyper-archi-méga dangereux ! C’est au moins du plutonium mortel !
- Pwupopom ? tente de répéter Louise.
- Et ils mettraient du plutonium ici, pour le cacher de la police ? suggéré-je. Alors le vendeur est un traître ! À mort !
- À mort !
- Abov ?
Nous nous précipitons à l’intérieur, poings brandis et gueules grandes ouvertes. Le commerçant, pris au dépourvu, n’a pas le temps de dire ouf que la moitié d’entre nous l’assaille en braillant, tandis que l’autre s’empare de la boîte. Notre mission accomplie, nous nous cachons au coin de la rue, et essayons d’ouvrir le contenant : quelques pierres y viennent à bout. Verdict : la boîte est emplie de savoureux cookies, douze, pile poil ! Nous nous regardons, et sans qu’un mot ait à être prononcé, nous dessinons de grands sourires sur nos visages candides.
Loup

Exercice 2 : Il avait toujours été exploité de son vivant. Aussi, à sa mort…

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Il avait toujours été exploité de son vivant, aussi, à sa mort, il décida de faire son égoïste. Il avait gardé secrètes ses dernières volontés, et il avait décidé de partir en laissant forte impression : tous ses biens n’iraient ni à ses enfants, ni à sa veuve, ni à des associations caritatives, mais à l’État, ce qui le faisait encore rire dans l’autre monde puisque sa fille aînée était une fervente complotiste anti-gouvernement.
Pour sa sépulture ? Il exigea d’être enterré dans l’enclave musulmane, rien que pour emmerder sa femme si catholique et ses enfants « de bonne famille ». Il se marrait toujours rien qu’en se rappelant de leurs tronches coincées face à la litanie et aux références coraniques de l’imam.
Y’a pas à dire, ça a du bon de mourir !
Loup

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Il avait toujours été exploité de son vivant. Aussi, à sa mort, la famille, qui jusqu’alors avait passablement négligé Gaétan, espérait, en toute bonne conscience, hériter d’un patrimoine juteux.
Quelle ne fut pas la surprise des cousins, oncles et tantes en découvrant devant notaire que le cher défunt, n’ayant pas d’enfant, avait rédigé un testament désignant comme légataire de la totalité de sa fortune une association de défense des animaux. En contrepartie, ladite association, devait s’engager à prendre en charge Mistigri, un vieux chat persan hargneux et versatile qui n’acceptait qu’un type de croquettes de luxe achetées exclusivement chez les vétérinaires au fait des dernières tendances en matière de nutrition féline.
- Le pauvre cher a l’estomac délicat ! C’est ce qui gâte un peu son humeur, se plaisait à dire feu Gaétan quand l’affreux matou attaquait férocement représentants de commerce ou facteurs qui avaient l’audace de frapper à leur porte.
Et c’était à cause de cet animal tyrannique que l’héritage leur échappait ! La famille, folle de rage, quitta la vénérable étude en claquant la porte. Certains en firent même une jaunisse !
Tout là-haut dans les cieux, installé confortablement sur un gros nuage, Gaétan contemplait la scène avec satisfaction. Quelle délicieuse vengeance !
Patricia

Il avait toujours été exploité de son vivant. Aussi, à sa mort, avait-il prévu un plan diabolique.
Quand toute sa famille et ses amis se retrouvèrent chez le notaire quelques jours après, ils furent bien surpris.
Le notable les invita à entrer et surtout, à s’asseoir, leur dit-il. Eux qui étaient arrivés confiants, vous comprenez, Hubert était si gentil, on pouvait lui demander ce qu’on voulait, il ne refusait jamais, et puis, il était si riche, se mirent soudain sur leurs gardes.
Le notaire ouvrit le testament, lentement, si lentement, que tous avaient envie d’arracher l’enveloppe.
Il commença la lecture :
-       A ma mère, qui a toujours détesté les animaux, à tel point qu’elle a tué mon pauvre chat, je lègue l’appartement qu’elle occupe et qui m’appartient si elle devient membre actif de la SPA…
La mère d’Hubert, une vieille acariâtre castratrice, se demanda comment Hubert avait su, elle qui avait fait passer la mort de cette horreur de chat pour un accident, ouvrit la bouche pour contester, mais Me Horgelus continua sans s’arrêter :
-       A mon cousin Alfred, qui m’a toujours emprunté de l’argent sans me le rendre, je lui lègue la totalité de la dette, soit 101.250 euros.
Alfred se leva, outré, il pensait hériter d’une belle somme qui lui aurait permis d’effacer ses dettes de jeu. Il se leva et se mit à crier qu’Hubert ne lui avait jamais prêté cet argent, mais qu’il lui avait donné. Il omis de dire qu’avant de mourir, Hubert lui avait encore donné 10.000 euros. Le notaire fit signe à son clerc de sortir l’individu qui commençait à devenir incontrôlable.
-       A ma gouvernante Jeanne, qui a empoisonné ma vie, au sens propre comme au figuré, puisqu’elle m’a versé de l’arsenic dans mon café pendant de nombreuses semaines, et qui a tout fait pour que je ne me marie jamais, rendant la vie impossible aux deux fiancées que j’ai eues à dix ans d’intervalle, je lui propose gentiment une place comme aide-soignante en EPHAD pour changer les couches des résidents et surtout à la condition expresse qu’elle ne leur serve aucun repas ni aucune boisson.
-       Enfin, je lègue la totalité de ma fortune à la SPA, car toute ma vie, les animaux ont été mes fidèles compagnons, sans rien demander de moi que de l’amour.
Les héritiers se levèrent d’un coup, criant qu’ils allaient contester un héritage aussi inique qu’injuste. Me Horgelus leur fit toutefois remarquer qu’ils devraient fournir des preuves attestant de leur bonne foi.
Fabienne

Il avait prévu un testament comme jamais le notaire n’en avait vu. Ce dernier l’avait lu et relu de nombreuses fois avant de convoquer la famille et quelques proches du défunt. Défunt qui était aussi son oncle, le frère de son père, qui gérait le cabinet depuis la mort de son grand père. D’où le choc de la convocation dont il faisait aussi partie. Il avait dû convoquer son père de la part de son oncle également. Il avait reçu le testament il y avait dix ans déjà, juste avant de commencer ses études de notariat sous la pression de son père. Le choc était plus grand encore.
- Bien, merci à vous d’être venu pour le testament de tonton Gontran, hum hum…de M. Babirdo. Je vais lire son contenu, exceptionnellement avant l’enterrement et selon ses dernières volontés.
Il regarda son texte, il regarda l’audience, un coup de chaud, il commença.
- Salut, bande de cons ! Ma première volonté à respecter en tant que défunt est de laisser mon cher neveu, maître Babirdo Rémi, terminer la lecture de mon testament jusqu’au dernier mot, sans le couper, et de prêter attention aux moindres de mes vœux concernant mon enterrement.
Dans un premier temps, devaient être présents à cette réunion les pignoufs suivants : mon fils Gilles, mon frère Hector, et ma belle-sœur Béatrice, pintade de mon dindon de frère. Ça fait bien longtemps que l’on ne s’est pas vu, et je vous invite tous les trois à ne pas venir lors de mon enterrement, qui aura lieu sous le chêne tricentenaire sur les hauteurs de Frangy, où est enterrée Vicky ma tendre chienne, et où sera enterré Colline, sa fille, que je lègue à Jeanne et Lætitia, respectivement ma fille et mon épouse préférée, si elles souhaitent s’en occuper
Ces dernières devraient être présentes à cette réunion, avec mes chers amis et collègues, Didier, Jean-Christian et Magali. Ça compensera avec les autres artichauts.
Très succinctement, je voulais dire aux pignoufs cités précédemment, que vous m’avez bien fait chier ces cinquante dernières années. Un peu moins pour toi mon fils mais tu as bien rattrapé ton retard, l’enculé ! Tu vas finalement l’avoir ton héritage. Et moi je vais me marrer d’ici. Je vois vos tronches de connards, je vois le sourire de mes amis à côté de vous qui savent très bien les quelques considérations que je vous réservais depuis tout ce temps, et je me fends la poire en quatre ! C’est pour eux que je fais ça, c’est pour leur faire plaisir pour mon départ, qui n’en est pas un.
J’ai toujours bien assumé l’idée d’être un libraire moins que rien à vos yeux, allez-vous assumer de recevoir quelque chose de moi, moi qui vous considère comme des parasites inutiles, à peine nécessaires à l’économie de la vie. Vous m’avez bien cassé les couilles. Je vais continuer le spectacle avec vue du balcon. Ma fille, ma femme, mon neveu, mes chers amis, je vous aime. Amusez-vous bien.
Rémi tourna la première page pour passer à la répartition des biens, il pouffa un rire retenu, puis repris la lecture.
Marceau

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