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ATELIER D’ECRITURE DU 6 JUILLET 2020

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DEVOIR : 9 mots
Théière – autruche – émonder – crotte – historique – entrailles – sous-bois – théâtre – personne.

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Personne n’avait encore prouvé l’existence de l’Elasmotherium sibiricum, plus communément nommée « licorne de Sibérie », animal mythique qui semblait effrayant mais qui se nourrissait principalement de fruits émondés. En revanche, ses griffes étaient très acérées… Et pouvaient découper un homme en un rien de temps s’il se sentait en danger.
C’est pour cette raison qu’un lundi matin John Austin, archéologue, reposa la théière de son petit déjeuner et décida de mener des fouilles en Sibérie. Il était passionné par les animaux préhistoriques. L’année dernière, il avait découvert, dans la caverne de Taurida en Crimée, le phorusrhacos, espèce d’autruche géante de 200 kg et 3,50 m de haut.
Il décida donc, cette fois-ci, de se rendre dans la grotte de Derisova, en Sibérie. Cette grotte, située dans un vaste sous-bois avait déjà été le théâtre de découvertes majeures.
Arrivé devant l’entrée de la grotte, John s’arrêta, ému. Il décida de passer la nuit là. Demain matin, il lèverait le camp et s’enfoncerait dans les entrailles de la terre.
La grotte le protégeait du froid mordant de l’extérieur, pour autant il n’y faisait pas chaud. Il fit un feu et partit à la recherche de branchages et bouts de bois divers. Une sorte de couloir s’éloignait de l’entrée, les murs en étaient recouverts de glace. Soudain, John se figea, examina attentivement la glace : à l’intérieur, deux crottes carrées. Son cœur se mit à battre la chamade : parmi toutes les recherches qu’il avait effectuées, il avait appris que la licorne de Sibérie faisait des crottes carrées. Il avait hâte de commencer les fouilles car il était sûr que c’est là qu’il allait trouver une momie de la licorne de Sibérie.
En revenant au camp, l’esprit en ébullition, il ne vit pas, sur un énorme rocher de nouvelles crottes carrées… fraiches !
Fabienne

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C’était l’heure sacrée du thé, celle où les rombières se retrouvent pour dégoiser sec, la bouche en cul de poule et le regard faussement compatissant. Des entrailles de la précieuse théière ornée d’autruches (un lointain souvenir de vacances en Australie) se répandait la délicieuse odeur d’un Earl Grey de qualité. Hortense, la maîtresse de maison, vêtue avec chic et discrétion, avait posé sur des coupelles de cristal quelques amandes émondées mêlées à des cranberries.  Sur des napperons de dentelle reposaient des petits pots de confitures fines : marmelade d’oranges amères, gelée de pétales de rose et, pour rester tout de même dans les traditions locales, une gelée de tamarins. Un imposant plat de scones beurrés complétait l’appétissant tableau. Hortense avait allumé sa Lampe Berger qui diffusait une délicieuse senteur de sous-bois. Comme on a coutume de le dire en Nouvelle-Calédonie, pour le thé-time de ces dames « tout était fin prêt » !
Cependant, coup de théâtre ! L’heure des agapes avait depuis longtemps sonné mais personne ne vint ! Effondrée, Hortense se réfugia dans son fauteuil de cuir bois de rose et, à toute vitesse, essaya de se remémorer l’historique des dernières conversations. Avait-elle négligé un épisode d’importance susceptible de troubler le rituel immuable de ses mardis ? Crotte ! Crotte et crotte ! Jura Hortense, les lèvres pincées de mécontentement ; cette journée semblait irrémédiablement fichue.  Accablée, elle s’empara du téléphone, prête à accueillir, juste avant de les divulguer, les pires secrets et confidences. Finalement, cet après-midi pourrait bien être plus intéressant que prévu !
Patricia

Je vais vous conter une rencontre historique qu’il m’a été donnée de vivre.
Je me rendais au théâtre afin d’y voir la très célèbre pièce « Et puis crotte alors ! », et c’est là que j’ai fait la connaissance de Dame Plume, autruche de son état.
Très élégante et un peu excentrique, elle portait une théière en guise de sac à main (ou devrais-je dire « en guise de sac à aile »), elle y avait glissé un rouge à bec et un blush pour pouvoir se refaire une beauté à l’entracte. Mais surtout, comme elle se savait souvent affamée et qu’elle ne voulait pas que ces entrailles fassent grand bruit en plein milieu d’un instant dramatique de la pièce, elle avait empli son sac d’une provision débordante d’amandes émondées pour pouvoir grignoter discrètement pendant la représentation.
Malheur ! La discrétion ne fut pas au rendez-vous car le craquement de son bec sur les amandes fit un bruit épouvantable !!!! Le vacarme était tel que personne n’entendit plus rien à la pièce.
D’ailleurs ce vacarme me réveilla en sursaut et c’est alors que je réalisai que je m’étais assoupie dans l’herbe fraîche du sous-bois et que toute cette histoire n’était qu’un rêve.
Dominique


Rose Lynn Fisher, une photographe, a eu une période où elle a beaucoup pleuré et elle s’est demandé ce qu’il y avait dans une larme et si toutes étaient pareilles. Alors, elle a photographié ses larmes et des larmes d’autres personnes et les a observées au microscope. Elle a trouvé que ces larmes sont très différentes selon qu’il s’agisse des larmes de tristesse, de joie, de douleur… ou d’irritation.
http://rose-lynnfisher.com/tears.html
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Exercice 1 : écrire une histoire à partir de cette photo des années 50 réalisée pour une publicité de papiers peints

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Cinq élégantes , tailleurs et souliers vernis, attendent, impatientes, leur tour devant un guichet :
-       Vite ! le temps presse ! nous allons rater l’ouverture… s’il vous plait, cher Monsieur du guichet, se pourrait-il que vous accélériez les formalités ? Nous sommes toutes, en ce jour, fort pressées…
-       Que dites-vous ? Que nous sommes trop impatientes ! Presque impertinentes ! comment ça, vous n’avez pas que nous comme clientes ! Mais c’est vous, monsieur, qui vous plaisez à lambiner alors que nous nous apprêtons à livrer bataille, que nous sommes parfaitement conscientes des pires rivalités qu’il nous faudra bientôt affronter. Nous savons d’expérience que la lutte sera terrible et qu’il y aura malheureusement des laissées pour compte. Allons, Monsieur, par pitié, pressons un peu ! D’ailleurs, derrière nous la file ne fait que s’allonger et toutes ces dames ne pourront être servies avant la fermeture. Vite ! Accélérez ces retraits indispensables ! Voyez ! Déjà nos mains sont moites et le sang commence à pulser à nos tempes. Nous avons toutes grande hâte de nous plonger dans la bataille ; ne savez-vous donc pas quel jour nous sommes ? Jeudi 22 août, cela ne vous dit rien ? Mais… Monsieur… c’est aujourd’hui que débutent les soldes, enfin !
Patricia

Nous avions eu l’information par sa mère dès le matin et avions immédiatement convenu de nous retrouver toutes les cinq à 16h45.
Il nous fallait être parfaitement assorties : apprêtées, maquillées, coiffées d’un bibi, talons discrets et bas de rigueur.  Le dress code était établit : noir et blanc, motif, à carreaux, une veste sage ou un manteau pour ajouter de l’élégance à la tenue.
Nous l’emmènerions dans la vieille ville pour l’ambiance « années 50 »
Là nous attendrait Philippe, notre ami photographe; s’en suivrait une séance photo dont il serait l’acteur principal : classes et intemporels, de beaux clichés que seuls les photographes professionnels savent produire.
À l’heure de la sortie du lycée nous étions au rendez-vous. Quelle ne fut pas notre déception de constater que l’élégant pantalon à carreaux blancs et noirs de Loup avait été remplacé par un jogging informe : la sauce bolognaise des spaghettis de la cantine avait eu raison de son pantalon et de notre projet de book.
Dominique

Il est mort!

- Ms Scott? Yes, it is me.
- Who?
- Jean-Charles de la réception. Yes, euh… Mr Jones, your companion has, euh… passed away.
- He died, finally!
- Je parle pas anglais moi… Comment je fais pour lui expliquer ?

Mr Jones, un homme d’affaires new-yorkais qui enchainait les conquêtes venait de mourir. Ms Scott, Ms Preston, Ms Brown, Ms Jones, et Ms Edmond étaient ses plus récentes. Dans son testament, il avait laissé à chacune une partie de sa fortune. Dès l’ouverture de la poste, les demoiselles s’empressèrent de récupérer une copie du testament chacune vêtue de la tenue à carreaux que Mr Jones préférait sur elle. Une façon de le commémorer en toute classe.
- Vous pensez qu’on aura toutes une part égale ?
- Ou alors au prorata ?
- I don’t know, girls.
- Jack pot?
- On verra bien si Ms Scott se dépêche d’ouvrir l’enveloppe.
- Allez ! J’ai mon jet qui m’attend pour Monaco. Je dois savoir si je pars pauvre.
- Une minute… Girls, il nous laisse…
- Combien ?
- Rien !
- Comment ça rien ?
- Il a tout claqué avec la dernière, une certaine Ms Green.
- J’annule mon voyage à Monaco. Il faut que l’on trouve cette Ms Green. Elle doit payer cher.
- Girls, on y va !
Chloé

Elles étaient accros !!! Accros aux carreaux !
Les cinq élégantes parées de pied en cap, attendaient de bon matin devant le distributeur de carreaux. Voilà deux mois qu’elles avaient découvert cette petite boutique et déjà, elles ne pouvaient plus s’en passer. Chaque semaine, elles venaient voir s’il y avait de nouveaux motifs. Deux d’entre elles étaient entièrement équipées, chapeaux compris… Les autres attendaient impatiemment.
Ce vendredi-là, Hermione demanda au vendeur s’il n’avait pas des pieds de poules ou de coqs… Ce qui changerait radicalement son look.
Isabella voulait s’essayer aux losanges, alors que Raphaëlle ne pensait qu’à des trapèzes qui, selon elle, seraient le summum de l’élégance.
Lisa, quant à elle, rêvait de s’habiller en Prince de Galles !
Elles furent surprises quand Marie-Chantal demanda « des carreaux à emporter ». Quelle bonne idée, elles n’y avaient jamais pensé. Ainsi, elles pourraient refaire entièrement la garde-robe de leurs chers et tendres maris.
Marcel, le vendeur de carreaux, se frottaient les mains derrière son comptoir. Quelle bonne idée il avait eu de racheter tous les carreaux de la ville. Une bien meilleure idée que son copain Fredo qui lui, n’avait acheté que des petits pois, complètement démodés.
Marcel en était sûr, ce nouveau business ferait sa fortune !
Fabienne

Elles sont cinq.
Cinq à attendre sur le pas de cette porte, devant demander au gardien de l’aide. La sixième n’est pas là, puisque la réunion est sensée se tenir chez elle dans quelques minutes. La plus éloquente, Madame de Tours, argumente auprès du logeur pour qu’il les laisse entrer.
Derrière attendent, d’un air aussi snob qu’indigné, ses quatre amies, dans l’ordre : Mademoiselle de Trézans, la plus jeune, Madame de La Haye, Madame de Saint-Émilien et Madame de Chérisse.
La cause de ce conciliabule doit absolument être tue : une assemblée de poupées aussi bien mises ne passe pas inaperçue dans la rue. Si une quelconque étrangère à leur entreprise, ou pire, leur mari, les trouve ici sans excuse aucune, c’en est fini d’elles. Elles acceptent, en principe du moins, de mettre de côté leurs différents pour leurs assemblées protégées par le secret.
En vérité, dans le monde de la haute, rien ne s’arrête jamais : toujours épiés, toujours jugés, toujours sujets à des rumeurs… Il n’y a ni fair-play ni justice, juste des gagnants et des perdants, des bonnes gens et des plébéiens.
Finalement, le logeur accepte de laisser entrer les dames, qui se bousculent sans empressement vers l’intérieur. Ouf ! la porte est fermée. Ce qui se passera là-bas restera là-bas. À moins que… L’amour côtoie toujours la vengeance, et l’orgueil la cruauté…
La vengeance est le remède de l’amour blessé, et la cruauté de l’orgueil…
Loup

Exercice 2 : La presse est unanime…

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Pour une fois, la presse est unanime : plus les hommes ont de grosses voitures, plus ils ont un petit sexe !
D’ailleurs, à la suite de cet article que certains, ont qualifié de mensonge éhonté, un étude massive a été réalisée.
Et il a bien fallu se rendre à l’évidence : c’est vrai !
Ainsi, plus de mille conducteurs de 4X4 et SUV de luxe se sont portés volontaires pour réaliser cette étude. Les pauvres, mal leur en a pris !
Le jury était composé de vingt femmes qui devaient mesurer la partie intime de ces messieurs. Elles avaient préparé un « standard », d’après des critères très pointus, pour les sujets au repos et en « action ». Ils manquaient à tous les participants, au minimum deux centimètres.
Certes, vous me direz, deux centimètres, ce n’est pas la mer à boire, mais c’est justement ce qui a fait la différence.
Alors, maintenant, Messieurs, avant de choisir un voiture neuve, faites attention, vous pourriez peut-être être jugé trop rapidement !
Fabienne

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Dans notre beau DROM de Kerkabrenon-sur-Yon, magnifique et minuscule île près du Morbihan, il n’y a presque personne. Chacun connaît ses voisins, et donc toute la population du coin. Il y a les Van Kurzgesagt, une famille magouilleuse et maintenant pauvre d’anciens nobles, le père Fougace, qui est un fort talentueux boulanger, ou encore Madame Mireille, qui toute la journée, face à la mer, attend la mort sans impatience…
Cependant, même si les nouvelles vont vite par ici, les habitants sont entièrement satisfaits du journal de Kerkabrenon-sur-Yon. Il est géré par le jeune Titouan, parfois colérique mais très sympa, qui semble être, si on excepte la faune locale, la seule chose vraiment vivante de ce caillou perdu. Son secret, terrible secret, c’est qu’il a tué sa femme, lors d’un accès de fureur destructrice. Pouf ! poussée de la falaise. Et comme le seul policier du coin est un soûlard qui se dore toujours la pilule sur le port, il n’y a aucune vraie preuve. Au moins, Titouan a son premier titre : « cadavre dans les eaux ! ».
Il dira que la pauvre a fait une mauvaise chute lors d’une randonnée, et tout le monde croira l’autorité du journal. Ainsi, ce lundi 6 juillet 2020, au sujet d’une malheureuse mort, la presse est unanime...
Loup

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La presse est unanime. C’est bien le seul artiste capable de recueillir autant de suffrages tout en demeurant aussi singulier. Il ne revendique aucune appartenance, ne cède à aucun diktat ! Son originalité frappe mais fait néanmoins écho sans que l’on puisse savoir exactement pourquoi. Il est imposant, mais sans arrogance, brillant, mais sans fausse modestie ni ego démesuré.
Il sait révéler le meilleur en chacun de nous et c’est sans doute la raison de cet engouement si troublant. Gourou discret mais involontaire, il joue de nos émotions les plus secrètes. Il faut s’interroger : mais qui est réellement cet homme ? Une sombre rumeur, vite oubliée, prétendait qu’il venait d’une autre planète… personnellement, je pense que ce n’est pas faux…
Patricia

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