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ATELIER DE CONFINEMENT DES 20 ET 23 AVRIL 2020

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Devoir pour le lundi 20 avril 2020

 

Devoir : Écrire un texte avec de fausses expressions (soit que vous inventerez, soit que vous mélangerez)

Exemple : ils étaient sur le quai de la gare. Il la serrait dans ses bras, mais à la fin, qui trop embrasse manque le train…

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Jean-Hubert se croyait sorti de la caisse d’un Rockfeller ! Mais il n’avait qu’une deux pattes… Alors, pour draguer, pas facile !
Comme il ne cassait pas trois couilles à un maquereau, il avait du mal à tremper son chamallow…
il avait beau rouler des yeux de cerf en rut et se mettre en 69, la donzelle bronchait comme un vieux cheval de manège ! Il était bien obligé de faire sa lessive à la main…
Huguette

On l’app’lait « La Tzarine » ; elle n’avait d’cœur que pour La Marine. Depuis toujours elle menait une vie de souillon. Ah ! elle en avait chié des ronds de tonneaux ! c’est vrai qu’elle n’était pas sortie d’la berge ; elle était du ruisseau, comme ils disent ! Après avoir chatouillé le diable par la queue, constaté que l’enfer était pavé de bonnes fellations et que finalement, ça ne cassait pas trois pattes à un connard de lui prendre un peu de flouze (les paroles s’en vont, les billets restent, pas vrai !), elle jeta son dévolu sur mon pau’ve papa.
Tu parles qu’elle en avait sa claque de conserver la peur et l’argent d’la peur ! Alors comme sa devise était ne lâche pas à deux mains ce que tu peux tenir le jour même…
Pauv’papa ! Lui si sensible ! Une main de mère dans un corps d’balourd…  Elle était bien rôdée la Tzarine ! Vite ! Vite ! Elle roula papa dans l’adrénaline. Charmé, il quitta La Marine, son cœur battit la charade et il épousa La tzarine : elle avait su lui faire prendre ses mercis pour des je t’aime…
Patricia

Ma femme me trompe ! Et goutte d’eau sur le gâteau, avec mon meilleur ami !!! C’est d’une banalité… Remarquez, comme je le dis toujours : « chacun voit midi à quatorze heures ! ».
Comment je m’en suis aperçu ? A la façon dont ils se regardent, avec leurs yeux d’éperlans cuits.
Qu’ils ont l’air ridicules ! Mais apparemment, ils croient qu’ils donnent la devise.
Ce n’est pas que ça m’a fait mal quand je l’ai découvert, il y a longtemps que je n’aimais plus Germaine, non, ce n’est pas ça, je crois que la cerise qui a fait déborder le vase c’est que désormais, Henri, mon soi-disant ami, sache de quoi je me contentais. Sans compter que ne n’est jamais agréable d’être cocu.
Au début, ils ont bien essayer de me faire prendre des bougies pour des réverbères, mais à moi, on ne me la fait pas ! Non, je ne mange pas de cette brioche
Sans compter que tromper, c’est un peu ma spécialité.  La pauvre Germaine, elle en a eu des cornes, à tire la rigole !!!
Mais j’ai décidé de ne pas laisser passer. Non ! Un accroc à l’horreur ne se laisse pas filer.
Je vais les prendre à leur propre siège. Comment ? Je ne sais pas encore, mais je vais bien y réfléchir. La pitance est un plat qui se mange avec les doigts !
Fabienne

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Yvette était bête, mais bête ! Et paresseuse, en plus : rien ne l’intéressait, et ce que la maîtresse tentait de lui apprendre en classe encore moins que tout le reste.
Elle se mit à faire de plus en plus souvent l’école buissonnière !
Tant va la cruche à l’école qu’à la fin elle se lasse
Huguette
C’est quand même dingue, j’adore le sujet mais j’ai un mal fou à trouver l’inspiration ! Et pourtant ma petite sœur et moi sommes championnes pour faire tournebouler les expressions.
A  la moindre occasion, on se retrouve à énoncer qu’il ne faut pas vendre mémé, surtout quand elle n’a pas de culotte.
Quant à l’ours, bien malgré lui, il a pris l’habitude de trainer près de la fontaine… fatalement on n’entend plus qu’elle (la petite voix) qui énonce :  « il ne faut pas dire Fontaine ! je ne pousserai pas l’ours ».
Très souvent, mémé et ses orties surgissent d’on ne sait où. De toute façon ça nous fait toujours plaisir car plus on est de fous, plus il faut de riz, c’est bien connu.
Ces petites plaisanteries ne durent jamais bien longtemps, car, si on n’a pas inventé le fil à couper l‘heure, on sait s’en servir !
Au final, rira bien qui mettra ses œufs dans le même panier de crabe !!!! L’important c’est de s’amuser et si les autres nous prennent pour des fadas : ils ont raison, c’est bien ce que nous sommes !
Dominique

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Moi, j’ai arrêté de me prendre la laitue pour des figues. J’ai pas une très belle pomme, et dès que je dois parler à quelqu’un je suis rouge comme un fruit du dragon. Je ramène pas ma nectarine, j’ai peur de me prendre une mandarine, surtout que je ne suis qu’un grand poireau tout en longueur.

Si je prends une pomme, je tombe dans les marrons ! Alors, vous comprenez bien pourquoi je sucre les cerises pour rien, les choux sont cuits pour moi si j’énerve ceux qui sont bâtis comme une armoire turque. Mais maintenant, tout ça c’est fini ! J’ai l’avocat avant que les champignons soient cuits pour moi, et j’ai fui toute cette société parce que j’avais la tête comme un melon, et honnêtement ces gens qui racontent des carottes toute la journée, ça me courait sur le poivron.
Résultat : je suis loin de manger les fraises par le stolon ! Certes, en amour je fais oignon blanc, je suis un vrai cœur d’épinard, mais ça compte pour des peaux d’oranges, j’ai de l’orge à ne plus savoir qu’en faire. Le temps d’appuyer sur la banane et je fausse compagnie à ces navets ! Hou là, je vois le panier à artichauts qui arrive au loin. C’est que, à force de mentir que j’ai pas une cacahouète, ils veulent me mettre un oignon ! Un radis en pleine tomate, très peu pour moi ! Allez, je vous dis au revoir, je file à la crème anglaise !
Loup

 

PETITES HISTOIRES OU MARXISMES À COUCHER DEDANS.

1)    – Jeu de pain , jeu de vilain ! s’est écriée Grand-Mère tandis que nous étions en train de grignoter chacun un croûton du pain croustillant de la baguette que nous venions de saborder.
- À Dieu ne déplaise” répondit grand-Père, je vais vous raconter une histoire en contrefaçon :
Dans les contes de l’amère Loi
Il y eut un four, il y eut un patin.
Sans foi ni toit, au nez et à la tarte de leur Berbère, les prisonniers s’emparèrent du Cheval de Bois .
Il n’eut pas le temps de  poursuivre.
- Pet de nonette, ça sent pas la fraise, fit ma sœur qui pouffait d’un rire empire, tout en faisant semblant de se boucher le dé.
Et moi de chanter à fond le tuyau en sautant sur une caisse :
- Allons enfants de la fratrie, le jour de foire est arrivé !
Contre nous de la piraterie formez vos paillassons.
- Tes histoires à coucher dedans, tu vois où ça nous mène, reprocha aussitôt Grand-Mère à Grand-Père.
- Allons, allons ! plaida Grand-Père, On dirait que tu as oublié les jeux de mômes.
Laisse leur donc leurs transes. Du reste ils  connaissent bien leurs plastiques !
- Jeux de drôles ou pas, faudrait quand même pas prendre les canards du Bon Dieu pour des enfants sauvages ! riposta Grand-Mère.
Nous tournant vers nos doux  aïeux  avec un sourire de tempérance, ma sœur et moi, nous leur fîmes une référence digne du FOCADOR :
- Toutes nos félicitations distinguées à vous, humbles immortels. Le spectacle inversé du RADEAU de MÉLUSINE s’achève dans les drilles et les charmes. Laissez- nous prendre nos barques. Vous avez été un public , à la fois accro et rétrobranché !
- Quelle fin conspirée ! soupirèrent d’aise les deux aïeux.

2 ) Le pire est le propre de l’homme
Qui s’y frotte s’y grippe.

3 ) LES FOUS DU BOIS
Le premier était une vraie chiffe folle.
Le deuxième était fou à bouffer du foin.
Comme on a toujours besoin de petits bois chez soi, le jour Y , il alluma un grand feu et montrant du pouce, à bâtons perdus, un cadavre délicieux, il le pressa comme une citrouille.
- Coquin de mort, tu nous a fichu l’embrouille, maugréa-t-il. Jamais  vu de ver de mer gigoter comme toi.
C’est bien vrai qu’il n’y a jamais de fumée sans jeu.
Car le cadavre ouvrit les cieux !

4 ) C’était un ours mal branché.
Les doigts dans le pif, il se regardait le bout du nez.
À force de crier au pou, c’est le loup qui arriva.

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5 ) AD VITAM MATERNAM
Au profit du brute, les hors la mer débarquèrent à mouche que veux-tu pour chasser les marchands du ventre.
Quand ils furent repus, à bras le port, ils arrivèrent à poings paumés jusqu’au mur de sainte.
Il n’y avait plus âme qui piaille.
Tous étaient occis.
Ad vitam maternam.
Ils les jetèrent alors ni  crus  ni  bouillis dans la grand’mare des bâtards.
Ne le prenez surtout pas au pied de la tête.
C’est une histoire sans queue ni maître.
Même une poule n’y retrouverait pas ses coussins.

6) Il lui avait posé un patin.
Elle n’avait pas attendu le jour de farce pour lui faire un pied de fesse.
Il resta donc sur sa main

7) CHANTONS TOUS A TUE -CRÂNE :
Quand trois aubergines vont aux champs
La première va derrière,
La deuxième suit la dernière.
Et que fit donc la troisième?
Il était une commère
Et Ron et Ron petit patachon
Il était une commère
Qui gardait ses dindons !

C’est la mère Sanssel
Qui a perdu son rat
Qui crie par la fenêtre
À qui le lui vendra…
C’est le père Eusses -tu -Cru
Qui lui a répandu
Allez la mère Sanssel
Votre rat n’est pas perdu
Sur l’air du rat , brad’ras rat
Sur l’air du rat , brad’ras rat
Sur l’air du rat des ris des rats
Et gratt’ moi là !

Jacques Frères
Jacques Frères
Pioncez- vous ?
Pioncez- vous ?
Donnez les tartines
Donnez les tartines
Bing Bingue Bong
Bing bingue Bong !

8) HISTOIRE À GORILLE DE RIRE
Enfin le jour du gorille est arrivé.
Gare à lui !
Chiennes et chattes, la bouche en corolle, étaient en train de se lécher l’bidou.
Il les a avalées toutes nues, pauvres chochottes en vapeur.
Laquelle de nous sera la plus accorte, eurent-elles à peine le temps de dire, avant de pousser le dernier sourire.
Vivra bien qui vivra la dernière !

9) Mince comme un ver, j’ai voulu me faire passer pour un fil à deux pattes.
En passant par un trou de cafard, j’ai failli perdre ma souris.

10) J’me suis fait tout p’tit devant une mémé qui fait pépé dès qu’on la touche.

11) YA d’la ZOUMBA DANS L’AIR !
La bande à zozos avait fait son apparition sans violon ni trompette.

12) LA VIE EN MAUVE
À force de mettre les toiles, sans queue ni têtons, je me suis emmêlé les rideaux.
Alors j’ai peint la grenouille plus crasse  que le bœuf.
J’ai bien cru que j’allais être le dindon de la tarte.
Je n’ai pipé pot, suis allée droit aux roses et j’ai vu la vie en mauve.

13) Arrête donc de faire l’eunuque.
Va te faire cuire un homme, tu n’es qu’un œuf de paille.

14) J’étais comme un lion en malle quand l’ascenseur se fit la cage.

15) Il fut tout heureux et tout aise de ramasser son caleçon.

16) Muet comme une limande, il était plat comme une tombe. Alors il retomba dans un profond soleil.
Lucile

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De la décadence de l’art contemporain (et peut-être de la société…)

La vaste salle d’exposition baigne dans une lumière crue. Elle est vide et d’un blanc immaculé, jusqu’au carrelage, à grands carreaux. Un cube, blanc, d’environ un mètre de côté, trône en son centre et constitue l’unique mobilier.
John referme la porte avec soin et pousse un grand soupir d’aise. Tout est parfait ; maintenant, ne manque plus que l’inspiration. Le grand artiste New-Yorkais dont tous les nouveaux riches s’arrachent les œuvres à prix d’or, se fend d’un léger sourire. Il va leur en mettre plein la vue, à ces bobos qui ne savent plus que faire de leurs dollars et qui affichent leur manque de goût et leur vulgarité, avec arrogance.
Il a beaucoup réfléchi à cette œuvre ultime, car l’artiste italien Maurizio Cattelan a placé la barre très haut, avec sa banane scotchée sur un mur, vendue pour la modique somme de 120 000 dollars.
John se concentre et monte sur le cube qui arbore sur l’une de ses faces, la simple inscription en lettres d’or « voici vos vies ».
Il défait son pantalon et coule un bronze. Un bel étron rougeâtre (il s’impose une cure de betteraves depuis huit jours ; que de sacrifices au nom de l’art !), moulé avec amour, fruit de ses entrailles, au fumet… riche.
Ce soir, le tout New-York s’extasiera sur l’audace extraordinaire de ce chef-d’œuvre unique, à la symbolique si puissante, blabla, blabla…
Mireille 

Apophtegmes sans tension

 

Rire de soi c’est faciliter la vie des autres.
A la ferme je ne l’ouvre pas. Sinon les vaches font du beurre, secouées de rire.
La beauté ne s’explique pas. Il faut la toucher, la sentir, la goûter pour comprendre.
Vivre ses rêves peut faire tomber du lit… conjugal.
Sept fois tombé, huit fois debout, disent les Japonais. Pour ma part, j’attendrai ma remise à neuf.
Quand un ami t’appelle, n’hésite pas, fonce. Quand une amie t’appelle, fronce.
C’est facile d’être humble quand on est nul. C’est plus difficile quand on est bipopulaire.
Chaque artiste fait ce qu’il est. Il sculpte, il peint, il écrit, il photographie, il raconte… et toi… c’est moi !
Je lui ai offert des gueules de loup. Elle s’y est jetée.
Ce n’est pas la mer à boire, mais là, la note est salée.
La fleuriste m’a envoyé sur les roses sans que j’en voie la couleur.
C’est la dernière fois que je me noie dans un verre d’eau. Ce vœu est sans doute vain.
J’ai eu un seul coup de barre. Depuis je fais des ronds dans l’eau.
Poireauter n’est pas facile quand on a les cheveux blancs mais le corps encore vert.
Mon cœur d’artichaut est encore entier. Personne n’a épluché la question.
N’en fais pas tout un fromage. A la fin ça pue.
Je suis soupe au lait, cela ne me grandit pas.
J’aurais bien voulu tremper mon biscuit mais ce n’était pas sa tasse de thé.
J’ai voulu payer en monnaie de singe. Le gorille du magasin m’a mené au poste.
Je suis patraque mais presque. Je me cherche.
Ah ! Casser sa pipe à peine taillée. Et monter au pinacle.
Petite pluie abat grand van. Heureusement, j’ai un cheval à bascule.
In extremis, les médecins durs à cuire font revenir même les légumes.
J’ai un problème avec les femmes qui sont chou. Avec les choux verts je fais chou blanc.
Je ne peux pas prendre mon pied. J’me casse la gueule avant.
On m’avait vanté la lune de miel. J’ai même pas vu l’essaim. Du coup, j’ai les abeilles.
Mentir comme un sous-tif. Elle, je l’ai crue : elle n’en mettait jamais.
J‘ai tiré des plans sur la comète. Même elle s’est crashée.
Je m’ennuie comme un rat mort. Personne pour m’asticoter.
Déjà au foot, j’étais sur la touche. A la mi-temps, j’apportais les citrons. Maintenant je suis toujours sur la touche. On m’apporte des oranges.
Si ces maximes font un four, c’est que vous n’en brûlez pas pour moi. Et je garde mon sang froid.
Bertrand

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Si ça tenait qu’à moi, j’enverrais rôtir en enfer le crétin des Alpes qui a inventé avec désinvolture l’expression « faire ça, ou peigner la girafe… ». Car moi qui suis soigneur au Jardin des Plantes, je vous le dis, c’est tout sauf simple, de peigner ma poutounette. En plus, c’est rudement dangereux !
D’abord, faut savoir que la tête culmine tout de même à six mètres de haut. Personnes sensibles au vertige, passez votre chemin, vous en tomberiez dans les pommes ! Et comme on peut pas appeler les pompiers à chaque fois, il faut se montrer inventif, mais bon, nous en France on n’a pas de masques mais on a des idées. Bref, au début, ils trouvaient ça marrant mais ils se sont lassés, et puis il leur arrive d’avoir besoin de leur grande échelle pour sauver des gens coincés dans des immeubles en flammes.
Alors on a essayé avec un peigne fixé au bout d’un long tube. Mais, je vous le demande, comment passer entre les deux petites cornes, pour la raie au milieu ? Hein !
Franchement, quand j’la r’garde, c’te bête, j’me dis que l’Bon Dieu il avait un peu trop lambiné dans la rubrique « vins et spiritueux » de Sa création, avant d’inventer ce machin. Mais bon, faut faire avec !
On a construit une échelle spéciale, qui pèse un âne mort, qu’on appuie en équilibre précaire sur le cou de l’animal. C’est étroit, le cou d’une girafe. En plus, elle bouge sans arrêt. A chaque instant, vous risquez de tomber des nues, et malgré les bottes de paille étalées au sol pour amortir la chute, vous pouvez vous blesser méchamment. L’autre jour, mon collègue s’est retrouvé avec le cul bordé de paille, je vous dis pas comme c’est douloureux ; un mal de chien qu’il a eu, pire qu’une rage de dents ! Et pas moyen de s’asseoir pendant 15 jours !
Mais faut voir comme elle est belle notre petite reine, toute pomponnée, les sabots rutilants de cirage noir, après qu’on lui a ciré les pompes. Belle comme un cœur ! A croquer !
Certaines mauvaises langues vont nous demander pourquoi on se crève le cul pour une girafe. C’est que, pauvre bête, si loin de ses immenses savanes, enfermée à vie dans cette cage sordide pour le plaisir égoïste de quelques moutards, ça nous crève le cœur. Alors on fait notre possible pour lui mettre du baume au cœur et l’entourer d’amour.
Bref, je me répète, un peu de respect pour les honnêtes et héroïques travailleurs ; arrêtez de dire n’importe quoi et d’employer des expressions qui ne veulent rien dire !
Mireille

 

-       Rien ne sert de courir : il faut marcher en coin : dicton des crabes
-       Les masques et les tests  : au lieu de « l’Arlésienne »
-       Se croire sorti de la cuisse d’Emmanuel  : pour « se croire sorti de la cuisse de Jupiter »
-       Être fleur de cactus » : se dit de quelqu’un qui n’est pas romantique
-       Tomber de H1N1 en COVID » : se dit d’une  succession de mauvaise circonstances
Marie Pierre

 

Exercice pour le jeudi 23 avril 2020

 

Exercice : Envoyez un mail dans le futur (dans 1, 10 ou 20 ans), à vous-mêmes ou à quelqu’un de très proche.

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Lettre à moi-même, dans quelques années

Ma chérie,

Ta mémoire est aujourd’hui un tableau noir qui s’efface dès que quelques lignes sont écrites… Aussi ai-je peu de temps pour insuffler en toi un peu de bonheur, souvenir de cette vie que tu as tant aimée : une courte lettre que je viendrai te lire chaque jour.
Aujourd’hui je te parlerai des hommes de ta vie : je te dirai l’amour de ton père Antoine, la passion partagée avec quelques hommes, la tendresse de quelques autres, la gratitude de ton plus jeune fils pour l’enfance que tu as su lui faire. Je te parlerai de ton mari, aimé pendant tant d’années et de tes amis, éparpillés par le monde…
Je te rappellerai que, comme Colette, écrivaine que tu aimais, tu aurais pu dire : « moi c’est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau. Il ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a une âme »
Je vois que tu souris… C’est bien !
Demain tu auras tout oublié, mais je te ferai de nouveau sourire en te rappelant combien tu as aimé l’amour et comme tu as été heureuse.
Huguette

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A toi, mon petit Raphaël, dans vingt ans,

Je te dis « mon petit », mais tu dois être bien grand maintenant, surtout si tu ressembles à ton papa.
J’espère que tu ne m’as pas oubliée, même si je sucre les pissenlits et que je mange les fraises par la racine…
Tu es si joli avec ton unique fossette (seule et vraie ressemblance avec moi).
T’en souviens-tu de nos fous-rires, les yeux dans les yeux, à en pleurer… souvent pour rien ou pas grand-chose ? Des gâteaux qu’on faisait ensemble ? Des dessins que tu m’offrais ? Et même des blagues que tu me faisais ?
Tu étais un petit garçon gentil, doux et espiègle tout à la fois. Tu aimais beaucoup les animaux, comme moi. Tu dois en avoir autour de toi… A moins que tu passes ton temps à voyager, à découvrir le monde parce que ta curiosité était insatiable.
Dans tous les cas, j’espère que tu es heureux et que ton papa aussi a su, enfin, trouver lui aussi le chemin du bonheur.
Sache que de là où je suis, je veillerai éternellement sur toi.
Je t’aime.
Ta mamie « Zaza ».
Fabienne


(à moi !), l’an prochain

Eh ! Vieux schnock ! T’écoutes ? Ou plutôt, tu me lis ?
Oui, je t’écris.
Surpris ?
Tu sais que je n’ai pas d’autre moyen de communication. Pour une fois ça me permet de faire l’unanimité. Contre moi ! Et en particulier chez les êtres les  plus aimés. Beaucoup de gens m’aiment. Je te le confesse. Et j’ai l’orgueil de penser que ce sera la même chose pour toi.
Si tu survis !
Si tu m’écris, j’aurais cette assurance. Une assurance vie en quelque sorte. Parce que pour l’assurance mort, j’ai souscrit. En ce moment pour beaucoup de terriens la prime est élevée.
Notre société SGDLS (sans garantie de la suite) passait son temps à craindre les virus informatiques. La course folle aux virus et anti-virus. Comme à la bourse on gagne du fric des deux côtés ! Nous voulions oublier que le virtuel est informel. Surtout l’information. As-tu une démocratie augmentée ? Pour nous, le savoir pour tous est vérolé. Le savoir !!! Il faut être encyclopédiste attardé pour imaginer cette belle, magnifique, grandiose imposture. Heureusement Voltaire !
Dis-moi ? Lis-tu ? As-tu repris « l’éloge de la folie » ? Tu devrais aller jusqu’à « l’utopie ». Quelqu’un qui est mis à l’index par les papes jusqu’en 1900 et méprisé par Luther est fait pour nous. Encore et toujours rire de soi, et des autres. Et les aimer librement.  Je sais que tu maintiens la cadence : 50 livres au moins par an. Tu pourrais accélérer. Sois moins flemmard. C’est mon problème, enfin un des…
Et la musique ? Comprendras-tu qu’il n’y a pas de moments faibles dans la deuxième symphonie de Brahms ? Et Dvorjak ? Écoutes-tu son concerto pour violoncelle sans pleurer ? Je parie que non. Es-tu toujours allergique au rap ? Et Piazzola. Et la danse ? T’es-tu enfin inscrit au cours de danses de salon ? Ah, les genoux, toujours cailloux, font pas joujoux !
Et l’humour, tu fais des progrès ? Si pas grand-monde ne comprend, insiste. C’est ce que j’ai souvent fait. On n’est pas plus populaire mais c’est notre caractère corrézien. Stoïque dans la douleur !
Pour la peinture, je sais que tu es bien entouré. A. n’est pas le prince du clair-obscur mais le roi de la couleur. Tu lui répèteras que pour l’abstrait, il n’a pas encore atteint son âge Picasso. Mais qu’il essaie. Tu sais, les Charentais…
Et Anne, tu la vois de temps en temps ? La divine et ses dames. Mais, je te le dis, n’insiste pas. Même pas en rêve !
Il faut néanmoins que je te le dise… comme dans la chanson. Il le faut vraiment. Ton cœur voudrait bien battre encore. Pour quelqu’une ! Alors, continue tes béta-bloqueurs, gros béta. Calme-toi, vieux shnoque. Je vois bien ta tête.  Tu la secoues comme un éléphant qui s’emmerde dans un zoo sans éléphante. Ne balance pas. Soupèse les avantages et les inconvénients. Sauf si tu as réussi l’impossible : survivre à ton passé. Cela fait encore un an de plus que tu es mort. Alors, sois gentil, seulement gentil. Souris aux autres, même quand tu ne souris pas à la vie.
A ce jour tu devrais t’être inscrit à l’atelier de sculpture. Depuis le temps que j’en avais envie. Ah, t’es comme moi. Ton compte en banque est ric-rac. Et il n’y a toujours pas de gens riches dans ta famille. Donc rien de nouveau à l’ouest de Sainte Marie !
Bon je te quitte, je viens de recevoir un mail.
Si tu as le temps, et je sais que tu l’as, vieux chnoque, écris-moi.
Je saurai que tu n’es pas mort.
Bertrand

 
À toi Patricia, dans dix ans

Est-il possible de croire que l’on n’a plus rien à apprendre d’une personne ? Qu’en quelque sorte, on en a fait le tour alors que tout est mouvement, évolution, que l’effet papillon peut impacter toute chose ?
C’est ce qu’il avait pensé de toi, non ? La vie lui a démontré combien il se trompait. Et toi ?  Espèce de folle ! Comment as-tu pu envisager un seul instant que, en ton for intérieur, tu pourrais être toujours la même qu’il y a dix ans ?
Te voilà bien coincée aux entournures par ton enveloppe charnelle ; est-ce que tu vois toujours le monde avec le même appétit ?  Et à présent, à cet âge qu’on dit respectable, as-tu seulement réussi à vaincre tes peurs ?
Allez, soit réaliste ! Prends tes gouttes, tes cachets, souviens-toi que le lundi tu vas à l’atelier d’écriture retrouver tes vieux copains et mets un mot sur ton agenda : surtout ne pas oublier d’amener des biscuits pour Zaza II.
Patricia

 

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A moi, dans pas longtemps,

Je t’écris pour dans pas longtemps parce que je suis incapable de dire si tu seras encore là la semaine prochaine ou le mois prochain.
Ta vie n’a pas été un long fleuve tranquille, mais disons quand même que je suis plutôt fière de toi, de ce que tu es devenue, de ta sérénité.
De la façon aussi dont tu sais apprécier chaque miette de bonheur.
Il a bien fallu que tu t’en contentes de ces miettes, toi qui n’as jamais eu de festin !
Tu t’es toujours battue pour la moindre petite chose.
Toi à qui rien n’a été donné.
Sans parler de cette souffrance, quelques fois insoutenable, d’autres supportable, mais toujours là, présente, comme une compagne exigeante.
Bon ! Arrête, tu vas encore me faire chialer, et j’ai pas envie ; oh non ! J’ai simplement envie de sourire et de dire merci à la vie.
Merci pour tes amis, surtout ceux de l’atelier, qui prennent toujours soin de toi et qui enrichissent tellement ta vie.
Merci pour tes deux fils ! Deux solides gaillards, si gentils et attentionnés avec toi.
Merci pour cet adorable petit-fils, vrai cadeau du ciel !
Peut-être même es-tu plus heureuse que les autres finalement… ENFIN !
Fabienne

 

Ma chère Anne, ma fille , toi qui ne sais rien de mon passé, je te laisse cette missive invisible que tu pourras auto décrypter.
Plus besoin de mails. Ils sont dépassés.
Celui que j’avais préparé en 2020 pour le cas où je ne survivrais pas a été effacé…
Je sais que tu es capable de lire dans mes pensées si je t’y donne accès.
Sache que j’ai failli disparaître.
En avril 2020, ils ont voulu me capturer.
C’était un complot.
Je le savais.
Je n’ai rien  pu faire, il aurait fallu réagir plus tôt.
J’aurais pu fuir par la mer, prendre la navette de l’ilot Testard  pendant qu’il était encore temps, et de là gagner Kikiland  à la nage.
Trop tard.
Tous contre moi.
Le petit barbu, aux oreilles en feuilles de chou, je suis sûre que c’est lui qui m’a  dénoncé…
La tête dans les étoiles. : « Stella mania de type 3 »
Voici ce qu’il avait diagnostiqué, comme si c’était un crime.
Oui, j’ai le droit de rêver.
J’ai revendiqué ce droit, comme faisant partie des libertés fondamentales.
Mais lui, le barbu, il m’a affirmé que ce n’était plus autorisé en vertu du décret sclérotique du 20 avril 2020.
Ceux qui enfreindraient la règle devraient être placés en hibernation congénitale pour une période minimale de 20 ans ou bien subir un traitement  de  suroxygénation  AZ 0007.
Le Sky translaser Focus 36XxLPP2 n’étant pas complètement au point, le risque était de développer un paroxysme subliminal tangentoïde définitif de la zone limbique du cerveau, susceptible d’entraîner notamment un strabisme disconvergent de type B  et une hypertrophie aphrocondriaque de l’orteil droit, sans compter une logorrhée permanente arythmique à tendance stratiforme.
Que choisir dans de telles conditions?
Il me restait trois jours pour prendre une décision.
Je savais que le quatrième jour on viendrait me chercher.
Le premier  je le passais bien sûr à rêver, vu que ce serait peut- être la dernière fois de ma vie.
Le deuxième, j‘eus l’idée de mettre des cailloux blancs et noirs dans un petit sac à malices. Cela pourrait toujours servir.
Le troisième jour j’ai appelé mon coiffeur qui ne comprenait pas pourquoi je voulais un rendez-vous sur le champ.
Je lui demandai de me raser la tête, ce qui devait me permettre d’avoir les idées plus claires.
Vu mon âge, il a d’abord tenté de me persuader de garder quelques cheveux, au moins sur le devant.
Je refusai tout net.
Une fois dans la rue, je vis les gens détourner leur regard.
J’étais sur la bonne voie.
On n’allait pas me reconnaître.
Je n’avais plus qu’à filer, le plus vite possible, le temps de me rendre à la gare incognito, de prendre le premier train, de préférence  un train de marchandises, avec de nombreux wagons.
Personne n’aurait l’idée de me chercher dans un endroit aussi banal.
Une fois en rase campagne je trouverais sûrement un abri pour la nuit.
Le plan fonctionnait.
J’ai passé trois jours et trois nuits dans une étable auprès d’une vache avec son petit veau.
J’ai bu  dans son auge.
Dans une grange, à côté il y avait des fruits.
Le seul être que j’aie jamais rencontré, celui qui m’a sauvé la vie, c’est celui que l’on appelle le simplet, l’idiot du village .
En fait il ne l’était pas.
Il est devenu mon seul ami.
Croyant que j’étais sourd et muet, comme lui, me voyant totalement démuni, il  m’a caché et  pris sous son aile.
Je lui ressemblais.
Ensemble nous  contemplions les étoiles.
Il m’a tout appris.
Un jour il tomba malade et mourut. Je fus très triste. Je l’enterrai au pied d’un arbre.
Je l’avais suffisamment observé pour savoir quelles étaient ses fréquentations  et comment il se nourrissait.
C’est ainsi que j’ai pu prendre son identité et que j’ai pu survivre durant  toutes ces années.
En l’an 2030, il y eut ce séisme d’amplitude 3570 dont on parle encore aujourd’hui en 2040.
En découvrant  que seuls subsistaient les habitants du  petit village, je prétextai avoir retrouvé la voix sous le choc.
Comme j’étais joli garçon je fis la cour à Marinette, ta maman.
Elle  devint mon épouse.
J’avais échappé à un affreux traquenard.
Mes cailloux blancs et noirs je les ai conservés, pour toi Anne, ma fille.
Garde-les précieusement pour tes enfants et leurs petits-enfants.
Ce sont des météogites. Il viennent d’une autre planète.
Bientôt nous serons en contact avec ses habitants, nous pourrons communiquer avec eux, maintenant que notre monde est devenu un havre de paix.
Lucile

 

A toi, mon moi du futur,
Qui navigue dans les limbes inaccessibles de l’inconnu,
A toi mon moi du futur,
En ces temps particulièrement incertains,
J’aimerais tant savoir,
Impénétrable énigme,
Éternelle question sans réponse,
A toi mon futur,
Aussi insaisissable qu’une poignée d’eau,
Sable qui s’enfuit entre les doigts,
Je t’envoie tous mes vœux de bonheur et tous mes espoirs.
Mireille

 

Marie-Pierre,

Je t’adresse ce mail avec une police de caractères suffisamment grande pour que tu puisses me lire sans difficultés.
Tu viens d’atteindre l’âge vénérable de 90 ans. Ce n’est pas si mal au vu de toutes les péripéties que tu as infligées au fil des ans à ton corps et à ton esprit, en raison de ton incorrigible distraction.
Il y en a eu des marches manquées, des escaliers dévalés en tourbillon….
Des morsures de chiens errants, des piqûres d’oursins, des brûlures, des boucles d’oreilles enfoncées dans les lobes, impossibles à retirer sans instrument chirurgical….
Des chevilles foulées, des poignets cassés, des arcades sourcilière fendues… et même des intestins maltraités jusqu’à l’occlusion…
Tu as dû baragouiner en espagnol, l’anglais, dans des services d’urgences français, grec, espagnol, portugais..
Tu y as traîné plus d’une fois ton mari et ton fils, pendant les vacances, de préférence : c’est tellement plus amusant !
Ce mail est avant tout un « pense-Marie », comme les millions que tu as l’habitude de rédiger depuis que tu es en âge de lire et d’écrire.
Quand on est étourdie, c’est la contrainte qu’il faut s’imposer…. « Pour ne pas oublier un jour ta tête quelque part » comme le soupirait ta maman quand tu étais toute petite.
Je te rappelle donc quelques recommandations à appliquer à la lettre :
- N’oublie pas de fermer la porte de la maison le soir avant d’aller te coucher.
Sinon, au pire, un voleur se sert tranquillement chez toi si tu n’as pas programmé l’alarme, pendant ton sommeil que tu as lourd.
Au mieux, le chat va rentrer se coucher à son tour et déclencher l’alarme si tu as pensé pour une fois à la brancher.
Ce qui t’obligerait, dans cette hypothèse, à descendre à tâtons pour désactiver la sirène hurlante, répondre à l’ange gardien de la télé assistance qui va exiger ton mot de passe et ton identifiant, sous peine d’envoyer la police, le tout dans un délai record d’une minute !
A condition toutefois de ne pas t’être rompue le cou dans l’escalier avant d’atteindre la centrale, car tu es myope et somnolente, .
N’oublie pas qu’une chute à 80 ans, dans un escalier carrelé en colimaçon, c’est plus risqué qu’à 60 ans !
- Pense à récupérer ta carte bancaire et tes billets dans le distributeur. Tu as déjà oublié ta carte bancaire en France, en Turquie, et même  tes billets à deux reprises
- N’oublie pas ton porte-monnaie à la caisse dans les magasins. Tu n’auras pas toujours la chance d’avoir affaire à des gens bien intentionnés qui courent après toi pour te le rapporter.
- Ne laisse pas ton sac à main orphelin sur une banquette de train.
- N’abandonne pas ton appareil-photo neuf (Pentax 1)  sur un coin de table au bord d’un lac italien, ton nouvel appareil-photo neuf (Pentax 2) dans un sac à dos dans un autocar.
- Ne dépose pas de vêtement sur le toit d’une voiture avant de démarrer en le laissant s’envoler à tout jamais : tu ne le retrouveras sans doute pas !
- Si tu dois utiliser les services d’un Lavomatic, ne remplis pas deux machines à laver, car tu risques fort d’oublier d’en vider une en fin de programme. Si tu t’en rends compte à ton arrivée chez toi, il y a de fortes probabilités que tu ne retrouves jamais son contenu !
- Si tu décides de déneiger ta voiture, un petit matin blême d’hiver, ne la confond pas avec elle du voisin, qui te laissera faire tout le travail sans t’interrompre… et sans te remercier !
- Si tu recules en voiture dans la descente de garage pour faire une course urgente, ne confond pas marche arrière et marche avant. La porte de garage qui était fermée ne va pas aimer du tout les embrassades avec la carrosserie
- Sur autoroute, surveille bien les sorties, pour ne pas te retrouver en Espagne au lieu de rester en France
- Quand tu voyages en train, vérifie bien le quai avant de monter à bord, pour ne pas partir dans la direction opposée
- Si tu as la chance d’acheter un véhicule neuf, ne le casse pas au bout de trois mois, comme tu l’as fait en le précipitant après un malheureux aquaplanning  sur la barrière du pont de Tancarville. Ce jour-là, en découvrant avant la collision le magnifique coucher de soleil flamboyer devant tes yeux, tu t’étais dit : « c’est fini, je vais mourir. »
- Ne papote pas trop longtemps en accompagnant un passager dans son compartiment au moment des adieux, au risque de te retrouver contre ton gré à l’accompagner jusqu’à Paris (train direct, pas d’arrêt intermédiaire)… et de devoir coucher à l’hôtel sans papier ni sac à main..
- Toi qui aimes tant te balader à vélo, le nez en l’air et les yeux dans les nuages, n’oublie pas ton téléphone portable et son GPS. Il ne faudrait pas que tu te perdes dans la forêt comme cela t’était arrivé à l’âge de 50 ans. Tu n’as dû ton salut qu’à la bienveillance d’un collègue de travail qui est venu à ta rescousse, inquiet de ne pas te voir revenir au bureau après la pause déjeuner…. Ou bien sème des petits cailloux blancs derrière toi pour retrouver ton chemin.
Ta chance, Marie-Pierre, c’est que tu as toujours eu un ange gardien qui veille sur toi et te sorte des pires situations sauf en cas de burn out de sa part (voir exemple ci-dessus). Donc, un conseil : ne le surmène pas trop, car lui aussi se fait vieux. Ménage-le, fais lui des vacances, il le mérite !!
Marie-Pierre

 

Je t’envoie un mail depuis mon smartphone mais je ne sais même pas si ce mode de correspondance aura survécu en 2040.
Vois-tu je fais partie de la dernière génération qui a connu le combiné téléphonique en bakélite à cadran ; quand on a remplacé ce téléphone par le même, mais à touches, ce fut un grand pas vers la modernité !
Après il y a eu le téléphone sans fil ! Puis le téléphone portable qui ne fonctionnait qu’auprès d’une borne bee-bop : combien de bogosses ont fait les fiers avec !!!!
Mais je m’égares et tu dois te dire « elle radote à me faire l’historique du téléphone, elle veut pas me parler de l’invention de l’imprimerie aussi !!!! ».
Peut-être qu’on nous aura implanté des puces dans le cerveau et qu’il suffira de penser à quelqu’un pour être « raccordé » automatiquement à lui et entrer en communication. J’imagine déjà quelques scènes cocasses : tu vois ton voisin s’emmêler avec le tuyau d’arrosage, tu penses « mais quel benêt celui-là » et, connexion oblige, il est immédiatement au fait de tes pensées à son égard. Ou alors tu vois un beau gars dans la rue, tu t’imagines en faire volontiers ton quatre heures et … censuré !
Je m’égare, je m’égare… mais pas tant que ça, car qui peut dire quels seront les moyens de communication ? faut-il miser sur les outils existants en 2020, revenir aux anciens ?
Le monde avance à une vitesse intersidérale, ou recule, tout est relatif.
Alors vois-tu, ce mail n’est que l’un des moyens parmi tous ceux que je laisse à ta disposition. J’ai également écrit ce message sur papier et l’ai mis dans une bouteille à la mer. J’ai dressé un pigeon voyageur il lui ai confié une capsule. Je l’ai traduit en morse, gravé sur une plaque de platine, sur l’écorce de notre arbre, sur la paroi de la grotte où nous aimons tant nous cacher. J’ai enregistré une bande son, en plusieurs langues. Et aussi une vidéo en langue des signes
Sur tous ces supports la même phrase «te dire combien tu es cher à mon cœur, ici et maintenant, lorsque j’écris ces lignes et alors que tu es en train de les lire »
Dominique

 

Bonjour à toi qui fus moi,

En ce difficile mois d’avril 2020, il t’a été proposé de rédiger ce mail et tu as refusé. A juste titre, et je t’envoie cette réponse depuis le futur, afin de t’en remercier, car ainsi tu as préservé notre liberté.
En effet, comment savoir si tes vœux de ce jour correspondaient à ceux de mon aujourd’hui ? En te projetant dans une image de toi, tu aurais fermé la porte infinie des possibles, tu aurais emprisonné nos vies, notre vie.
Il est vrai qu’à certaines étapes du parcours, chacun doit se fixer des objectifs. Mais il ne faut pas non plus s’enfermer dans des rêves car on peut y perdre en souplesse, et s’isoler d’un monde en perpétuels changements.
L’art difficile du renoncement s’appelle aussi la liberté !
Et puis le futur que le visage d’aujourd’hui nous permet d’espérer ou de craindre, peut changer du tout au tout le lendemain, d’où l’importance de ne rien figer et de garder l’esprit ouvert. Et vigilant.
La pensée est créatrice, ce qui nous confère une responsabilité considérable quant à l’évolution du monde ; il convient d’en user avec prudence et à bon escient.
Je t’écris donc sans te dire qui je suis devenue, ni où ni comment, afin de te remercier de nous avoir laissées libres de construire notre futur au fur à mesure ; pour te remercier d’avoir conservé notre créativité.
Mireille

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Bonjour Monsieur,

Je vous écris parce que je viens de voir un devin à votre sujet. Il m’a dit que normalement, vous allez bien. Vous avez peu de problèmes de santé, vous craquez toujours votre cou, vos doigts, vos orteils et votre dos en vous levant.
Vous êtes censé être toujours aussi bizarre, mais d’un bizarre de bon goût, ce qui m’a légèrement surpris, vous connaissant. Vous devez avoir un bon goût vestimentaire, des goûts musicaux acceptables, mais des papilles gustatives tellement merdiques que vous ne bouffez presque rien, mais quand vous aimez quelque chose vous en avalez trois tonnes ; sur ça, vous n’avez pas changé.
Le devin m’a dit que vous étiez sans doute devenu professeur, il n’a cependant pas pu voir dans quel domaine (sans doute parce que vous non plus vous ne savez pas). Vous habitez prétendument dans une maison assez petite mais bien décorée. C’est que, vous vivez seul ; personne ne vous fait chier à parasiter votre parfaite déco d’intérieur. Et puis, ça coûte cher la vie à deux !
A ce qu’il parait, vous avez peu de visites, et vous trouvez ça fort bien. La solitude de l’ermite, pas vrai ? Pourtant, vous êtes en ville, sur ça le voyant a été formel. Vous n’avez jamais aimé l’herbe et la paille de la campagne, vous êtes trop fier pour marcher dans la boue rustique comme un plébéien. Je crains que les années ne vous aient pas tant changé, pour le pire comme pour le meilleur.
Il est possible que vous ayez un animal domestique inhabituel. Je me souviens qu’à mon époque déjà, vous aviez envie d’un serpent de compagnie, et j’espère que vous avez fini par en dégoter un.
La dernière prédiction affirme que là où vous êtes, on se caille. Je n’aurais pas la prétention de savoir où vous êtes exactement, mais je pense que vous êtes soit parti pour la Suisse, soit pour le Québec. Quoi qu’il en soit, heureusement que le ski vous pousse à sortir de votre antre de temps en temps !
Je ne vous embêterai pas plus, Monsieur, je sais que vous avez tendance à vous intéresser à trop de choses en même temps. Il est probable que vous lisiez ceci entre deux tisanes fruits rouges, sans sucre, tandis que vous commandez en ligne un sabre laser personnalisé, tout en continuant à écrire votre prochain roman… Ça ne me dérange pas du tout, au contraire, je vous en supplie, gardez votre grain de folie !
En fait, non, je sais que vous n’aimez pas le sable, cependant à votre stade ce n’est plus un grain mais une plage entière qu’il y a dans votre tête. Alors gardez cette plage, entretenez-la comme un jardin zen, même si zen vous ne l’êtes pas trop, et vous verrez que vous pourrez peut-être arriver au bout du voyage.
Merci de votre attention,
Toi
Loup

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