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Atelier d’écriture du 24 février 2020

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DEVOIR : Le conte du pourquoi
Pourquoi les cauchemars existent-ils


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Conte pour enfants

A tout juste cinq ans, Lila était une jolie petite fille qui grandissait sans souci ni problème.
Tous les soirs, avant de s’endormir, sa maman lui inventait une belle histoire. Et toutes les nuits, elle faisait des rêves merveilleux qui l’emportaient dans des pays fabuleux.
Un soir, cependant, sa maman dut travailler tard. La nounou qui gardait Lila n’avait pas beaucoup d’imagination et ne lui inventa aucune histoire.
Cette nuit-là, la petite fille dormit très mal. Elle fit même un horrible rêve qui lui fit très peur : un monstre lui enlevait sa maman et elle restait toute seule en larmes.
Cet affreux cauchemar la hanta longtemps. Aussi, quand sa maman se plaignit d’une douleur à la poitrine, la petite fille ne lui laissa aucun répit avant qu’elle prenne un rendez-vous chez son médecin. Bien sûr, Maman pensait que ce n’était rien qu’un peu de fatigue et de surmenage ; mais quand le médecin lui diagnostiqua un vilain crabe qui était en train de la manger de l’intérieur, elle remercia sa fille de s’être inquiétée.
Heureusement, le mal avait été pris dès le début et un traitement efficace en vint à bout.
Quand tout fut enfin terminé, la petite fille réfléchit et se dit que, finalement, les cauchemars étaient bien utiles :
-       Ils rendaient les rêves plus beaux, comme la pluie permet d’apprécier le soleil et comme le malheur nous rend plus heureux lorsqu’il cesse
-       Ils lui avaient permis d’être bien plus attentive et de sauver sa maman.
Et que c’est pour ça qu’ils existaient.
A partir de ce jour, Lila demanda à sa maman de ne pas lui raconter d’histoire un ou deux soirs par semaine.
Fabienne

Il était une fois, très loin au bord du monde, un petit royaume nommé « le Pays des Trois Cités ».
Sa majesté Jean le Juste et son épouse la reine Constance avaient à cœur le bonheur de leurs sujets qui, tous, les louaient avec sincérité. Le roi et la reine s’entendaient à merveille mais il y eut longtemps une ombre à ce tableau idyllique : la reine Constance n’arrivait pas à concevoir…
Aussi, quand vint enfin au monde la princesse Aurore, tout le royaume fut en liesse. Un mois plus tard, l’enfant fut baptisée. Vous vous souvenez du baptême de la Belle au bois dormant ? Et bien, en ce temps-là c’était la coutume et toutes les fées du royaume furent donc conviées. Et cette fois on se garda bien d’oublier Carabosse mais… on prit soin d’éviter qu’elle soit la dernière à se pencher sur le berceau.
Les premiers souhaits furent assez classiques : Aurore aurait la beauté d’une fleur, ses cheveux blonds, à l’âge adulte, descendraient en cascade jusqu’à sa taille fine, sa peau délicate serait aussi soyeuse que la plus fine étoffe, ses yeux bleus auraient la couleur limpide des torrents de montagne…
Vinrent ensuite les souhaits de fées plus avisées :
Aurore aurait autant d’attrait pour l’activité physique que pour les études, d’enfant aimable elle deviendrait une femme accomplie, elle serait intelligente et son esprit serait si affuté qu’elle pourrait, sans difficulté, percevoir les intentions de son entourage et déjouer tout piège.
Le défilé des fées semblait interminable quand soudain, se pensant la dernière, Carabosse, un petit sourire aux lèvres, s’avança et sentencieusement déclara : la princesse Aurore aura une imagination si fertile qu’elle appréhendera grandement certaines situations et se trouvera fort souvent dans l’incapacité de prendre une décision ». Le roi Jean le Juste et la reine Constance furent atterrés par la prophétie car toute souveraine se devait de savoir, dans un temps raisonnable, prendre des décisions importantes, la sécurité du royaume pouvait en dépendre ! C’est alors que la minuscule fée Clochette jusqu’à cet instant cachée dans le savant agencement d’une gerbe de fleurs, fit son apparition. Légère, elle voleta jusqu’au berceau et prononça ces mots surprenants : « certaines nuits la princesse Aurore fera d’épouvantables cauchemars ». La stupéfaction fut totale. Comment Clochette, une fée si gentille, pouvait-elle imposer à Aurore ce pénible fardeau ? Clochette virevolta une ou deux fois encore puis, s’expliqua. Ces rêves seraient si terrifiants qu’en en sortant vainqueur au petit matin, Aurore se sentirait libérée de toutes ses peurs et serait prête à prendre la plus difficile décision. Ses pensées seraient limpides et son jugement éclairé. Carabosse était verte de rage mais, comme chaque autre fée, elle ne pouvait formuler qu’un seul vœu, alors…
Le règne d’Aurore fut un règne exemplaire et depuis, si les cauchemars sont toujours considérés avec crainte, on en reconnait l’utilité et, pour leurs vertus, ils sont désormais appréciés à leur juste valeur.
Patricia

 

Scie Adam

Beaucoup de scientifiques et encore plus de gilets jaunes s’en doutaient : le modèle originel de notre espèce humaine n’est pas celui que vous croyez.
Ce qui est décrit dans un certain nombre de fascicules datant de plus de 2500 ans n’est pas vrai, bien que vous y ajoutiez foi. Le modèle humain primitif, et qui l’est resté, n’est pas le type à dents. Le parangon d’immoralité premier est le « sans dents ». Bien décrit par le philo-pathe François H. ce modèle existe toujours. Il est dans l’impossibilité physique, dramatique voire tragique, de mâcher le caviar.
Ce modèle canon (pléonasme) existe sous deux formes :
Le Type A, dont le poids augmente sans cesse, les A sans dents. Du fait d’une alimentation aberrante, il finira diabétique ou libidineux, ou les deux. Il se gave de frites dans le grand nord.
Le type D, dont le poids diminue lentement mais sûrement. Le D sans dents. Il ne mange que très peu. Il a mis sa foi dans le jeûne sensé guérir de tout, sauf de la connerie. Mais il faut le dire franchement, c’est économique.
Les types B, C et G servent uniquement à élaborer vaccins et sérums.
Merci aux créateurs de cette gamme humaine, leur dernier modèle est de la meilleure qualité. Il habite le 16ème et mange de tout. L’usine conceptuelle n’est pas très loin, dans le ciel. Où il n’y a pas que des barbus irresponsables.
Cette manufacture a produit aussi les anges et les démones mais ceci est une autre histoire. Elle est située sur Orion, plus précisément Orion Dufermieu. Leur dernier avatar est pourvu de dents, donc amélioré. L’idée était d’ouvrir tous les appétits. On a donc bien travaillé le cerveau reptilien de cet être sublime, dont je représente un des fleurons. Les besoins naturels sont la préoccupation permanente de ce sujet charnel. Il ne pense donc qu’à… boire (très peu d’eau), manger (à s’en faire péter la sous-ventrière) et baiser (à queue rabattue).
On reconnaît là le portrait fidèle des mâles adultes de l’atelier d’écriture. Le lundi, en fin d’après-midi, les dames tentent de limiter les dégâts en les nourrissant à grands coups de quiches, tartes, nems et autres dérivatifs bourratifs qui devraient les assommer, au moins les plus vieux. L’ultime recours pour bourrer le mou est la grande crêpe sèche, utilisée encore récemment comme parchemin.
Vous me direz : où veut-il en venir ? Je vous rappelle que ceci est un conte et que la nuit n’est pas finie, chère maîtresse !
Or donc, que nous dit ce vieil à dents ? Vingt et une au dernier recensement quenottier. Si, il a une idée dans le paléo. Non pas le BMC (boire, manger, coucher), autre chose.
Dans le laboratoire d’Orion, l’enthousiasme créatif avait d’abord poussé vers l’avant. On met un accélérateur adrénergique sur l’ « à dents » et après on voit. Eh bien, Adam, il se les cassait souvent, les dents. A chaque porte, chaque mur, chaque contact : une vraie recherche d’emploi. Pour limiter les frais dentaires d’entretien, il fallait y mettre un frein.
C’est ici qu’est intervenu un grand ingénieur, Sigmund, 2 m 10. Il eut une idée analytique qui sert toujours.
Un frein objectif, à bandes, à sabot, à tambour, à plaquettes, à disque ou même un frein moteur n’aurait pu que nuire à l’ego d’Adam.
Un frein subjectif serait plus à même d’agir en sourdine. Un procédé qui agirait sur la peur, la nuit. Vous y êtes ? Et ça limiterait un peu ce brave type dans ses bas instincts destructeurs. Mieux, puisqu’agissant la nuit, ce ne serait pas directement la peur, mais le souvenir de la peur qui serait le frein.
Pour matérialiser (incarner, comme un ongle…) ce délire nocturne il a fallu créer un sujet adéquat, travailleur nocturne. Il a été appelé femme. Un nom qui dérive (ô combien) de foetare, engendrer. Pour Adam et pour toujours, cette création moderne engendrerait le cauchemar et les emmerdes.
Pour la lui faire accepter, l’objet de ses pensées les plus noires a été muni d’enjolivures agréables et de morceaux compatibles avec son anatomie. Cette pétasse tente de les cacher le plus souvent possible ou de les dénaturer.
Après maints essais nous sommes arrivés au modèle troisième millénaire, la néo-féministe. C’est la référence H.
EVE H.
Note du rédacteur : n’y voyez rien de personnel.
Bertrand

Exercice 1 : déclencheur d’histoires

Distribuer 3 morceaux de papier à chacun qui doit écrire :
- un prénom et nom propre (homme ou femme)
- une action
- un lieu
Les papiers sont mis sur la table, chacun en pioche 3 et écrit une histoire avec ces déclencheurs.

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Hugues Champlain fait de la magie au cinéma.

Hugues Champlain de son nom, le riche homme d’affaires s’assit parmi les sièges du milieu, dans le vaste et chic cinéma.
C’était là qu’il devait être, il le savait. L’écran vira au noir rapidement et aucune pub ne vint parasiter le début de la séance. Le film hollywoodien avait un bon casting, même si l’idée était somme toute déjà vue.
Des gamins jouaient avec les produits nucléaires de leur père, qui travaillait dans la centrale de la ville. Alors qu’ils s’amusaient près de l’arrivée d’eau,  l’un d’eux renversa par mégarde les substances dans les canalisations, condamnant tous les habitants à une irradiation extrême. Cela cause une vague de mutations au sein des victimes, qui furent bientôt changées en aberrations informes et avides de chair.
Un film style zombie classique, tel qu’il en fallait bien de temps à autre. Sauf qu’une chose mystérieuse se passa vers le milieu du film : une dame commença à hurler et à se tordre de douleur. Un vieillard fit de même, et avant qu’on puisse les secourir, tout le monde fut affecté par le mal… sauf Hugues.
Il réalisa avec horreur que les invités se transformaient eux aussi en mutants informes. Alors que les affreux commençaient à converger vers lui, il utilisa sa botte secrète ; car il pratiquait la magie dans le plus grand des secrets. À contrecœur, il tendit les mains et utilisa un sortilège particulièrement dévastateur. Le temps passa en accéléré pour les créatures : leur chair se putréfia en quelques secondes, et elles furent réduites à la forme de poudre.
Hugues sortit en toute hâte de cet enfer. Il constata avec le plus grand des soulagements que la chose mystérieuse n’avait frappé personne hors de la salle. Il prévint la direction de toute l’histoire, et les managers incrédules se dépêchèrent d’aller voir par eux-mêmes. Alors qu’il se détendait, content que son secret en soit toujours un, M.Champlain sentit dans son cou une morsure froide et douloureuse. Il s’effondra et quitta rapidement ce monde, en ayant comme dernière pensée :
« Quels connards ces régisseurs… !».
Loup

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 Pirlouis Glandufranc – divaguer - la grotte des réminiscences où l’au souterraine donne aux souvenirs, une forme tangible

Pirlouis Glandufranc était ce qu’on peut appeler « un poivrot ». Il buvait du matin au soir pour oublier que sa femme l’avait quitté… parce qu’il buvait.
Il y avait un an environ, il avait également perdu son travail pour une faute professionnelle grave qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques : il était conducteur de trains et s’était endormi aux commandes. Heureusement, cette nuit-là, il était sur un train de marchandises et en pleine campagne. Le train avait déraillé. Par miracle, il s’en était sorti indemne, mais sa hiérarchie l’avait jeté comme un malpropre.
Depuis, il était SDF, ce qui n’arrangeait en rien son problème avec l’alcool, bien au contraire.
Toutes les nuits donc, il buvait en compagnie de comparses peu recommandables et il divaguait toute la journée.
Un soir, dans l’impasse où il avait élu domicile, une femme fut assassinée. Un crime horrible, la pauvre femme avait été étranglée. Son mari était ravagé. D’autant qu’il ne voyait aucun mobile.

La police retrouva Pirlouis le lendemain, complètement hébété, ne se souvenant de rien. Il fut bien sûr mis en garde à vue ; mais le médecin légiste prouva qu’avec la dose d’alcool qu’il avait dans le sang, il n’aurait pas été capable de bouger un seul petit doigt.
De suspect, il devint donc témoin numéro un…
Hélas, Pirlouis avait beau se creuser ce qu’il lui restait de méninges, rien ne lui revenait. Toutefois, son abstinence forcée lui permit de se souvenir  d’un cri glaçant…
L’enquête de voisinage ne donna rien… Personne n’habitait là. L’appel à témoins se révéla tout aussi décevant. L’enquête piétinait.
Un matin, une vieille dame se présenta au commissariat. Elle avait eu vent de cette histoire et expliqua à l’inspecteur en charge du dossier, Dick James, qu’elle connaissait un lieu nommé « la grotte des réminiscences ». Dick leva un sourcil incrédule.
-   Dans cette grotte, l’eau souterraine permet de se rappeler de tous les évènements avec précision et donne aux souvenirs, une forme tangible.
Il remercia la vieille commère, ne donnant évidemment aucun crédit à ses affirmations.
Quand il en parla à son second, ce dernier baissa les yeux, gêné.
-       Toi, tu sais quelque chose…. Questionna Dick
-       C’est que… cette vieille qui est venue est ma grand-mère. C’est moi qui lui ai dit de venir vous voir parce que, dans le passé, elle nous a déjà bien rendu service.
Dick n’en croyait pas ses oreilles. On marchait sur la tête !

Les jours passaient et aucun indice ne permettait d’avoir seulement un suspect… Le procureur menaçait même de prononcer un non-lieu.
Alors, de guerre lasse, l’inspecteur permit qu’on amenât Pirlouis à la grotte.
C’est une petite foule qui se retrouva devant la grotte. Il y avait le mari éploré, trois inspecteurs, la vieille dame, le procureur et quelques journalistes.
Ce fut tout un cinéma pour faire boire l’eau souterraine à Pirlouis. Il criait que vivant, il n’avait jamais bu d’eau.
Finalement, la vieille dame réussit à le persuader, lui expliquant qu’ainsi, il pourrait aider à résoudre ce mystère. Pirlouis but donc, avec forces grimaces cette eau magique. Et là, devant toute l’assistance médusée, on put voir, dans le fond de la grotte, comme un film en noir et blanc, le mari étrangler sa femme.
Ce dernier tenta de s’échapper, avouant ainsi son meurtre, mais il fut vite rattrapé. La grotte aux réminiscences avait, une fois de plus, permit de résoudre une enquête.
Fabienne

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