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Atelier d’écriture du 17 février 2020

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Quand l’inspiration arrive, où qu’on soit, quoi que l’on fasse, il faut en profiter !!!!

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DEVOIR : ce fut la pire des saint-Valentin

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Ne me quitte pas…

 

La date implacable approche. Mes sens sont troublés.
Courage, Jean !
Je m’encourage, mais j’ai la trouille. Comment ne pas me remémorer l’accident de l’an dernier.
Nous n’avons pas d’enfant. Nous ne fêtions pas Noël ni le jour de l’An. Notre année commençait le quatorze février. Je sais que ce n’est plus au calendrier liturgique catholique. Paul VI l’a rayée, cette fête païenne. Et pour ce faire, le pape à la triste figure a bien choisi son année. 69, année érotique !
Nous n’étions pas très catho, il faut le dire. Nous étions libres. Et je le suis toujours. Même si elle est partie. Si vous saviez combien je pense à elle. Chaque heure, chaque minute.
L’an dernier, nous avions notre table réservée. La même, d’une année sur l’autre. Le chef nous connaissait bien. Il nous donnait la meilleure. La terrasse est superbe avec vue sur un magnifique coucher de soleil. Combien de rayons verts…
Le chef imposait un menu. Ce soir-là, l‘an dernier, un des desserts au choix était un far aux pruneaux avec une crème anglaise à l’orange. Obéline, c’est son prénom. Obéline n’a pas eu le choix. Son père est Breton et sa mère est Anglaise. Ma chérie, tu as piqué un fard. Oui, j’ai osé cette mauvaise plaisanterie en choisissant pour moi un vacherin aux fruits rouges. Obéline, si pâle, si belle. Obséline, maintenant.
Il a suffi que le chef oublie un noyau de prune d’ente et voilà. Nous avons tout essayé. Elle ne parlait plus, ne criait pas. La bouche béante, elle ne respirait plus. Elle est tombée sur le sol, sans connaissance. Je l’ai relevée, prise à bras le corps, si lourde et si légère. La manœuvre de Heimlich n’a pas marché, répétée plusieurs fois. J’ai comprimé le haut de ton ventre. J’ai entendu craquer tes côtes flottantes. Quand le Samu est arrivé tu ne bougeais plus.
Ils l’ont emmenée au Médipôle. Je ne pouvais presque pas la voir en réanimation.
Au bout d’une semaine, à peu près, le médecin m’a convoqué. Je n’ai pas tout compris. Obéline est partie m’a-t-il dit doucement.
En rentrant dans notre maison j’ai su qu’elle m’avait quitté. Qui avait bien pu la séduire ? Mes beaux-parents se sont occupés de tout. Le gentil médecin m’avait donné des médicaments. Je suis resté cloitré chez nous pendant un mois. Pourquoi était-elle partie ? Qu’avais-je fait ? Pourquoi une telle punition ? Dieu m’avait abandonné…
Depuis je pense à elle, simplement. Elle m’a quitté au moment où elle était la plus belle.
J’ai pris conscience que nous étions en février. La mémoire de l’accident est revenue. Je l’ai revue sur le brancard, une ombre. Paradoxalement, elle s’est faite encore plus présente pour moi. Pas mentalement : Obséline, je vivrai toujours avec elle. Non, physiquement, matériellement. Il y a cinq jours elle m’a téléphoné. Trois sonneries comme nous faisions toujours. Pas de voix, l’émotion probablement. Mais j’entendais nettement sa respiration. Un rythme envoûtant.
Alors je lui ai parlé. Ma chérie, je t’aime. Reviens, reviens-moi !
Le rythme s’est accéléré. Que veux-tu mon amour ? J’ai une idée, là tout de suite. Qui ne pourra que te plaire, une idée de génie.
Je vais réserver notre table au restaurant. Je sais que tu viendras. Je t’attends le 14.
Le chef a finalement été convaincu : je viendrai avec quelqu’un, un an après. Il a pris ma réservation.
Je t’ai attendue devant l’auberge.
Quand nous sommes entrés, j’ai bien vu que le personnel était gêné. Ils étaient tous muets… d’admiration. Tout de rouge vêtue, tu étais superbe. Et tes Louboutin si hauts, vermillon. J’ai entendu leur pas sur le carrelage au rythme de mes battements de cœur. Ma douce Obséline, quand tu t’es assise j’ai tenu et repoussé ta chaise. Comme tu étais légère.
La jolie serveuse n’a amené qu’un menu, je ne sais pourquoi. De toutes manières il est imposé et nous préférons les surprises. Qu’il était bon ce champagne rosé. Curieusement, les deux coupes vides se sont retrouvées devant moi. Le chef est venu. Je lui ai demandé de nous servir rapidement. Deux belles portions, j’avais faim. Il est reparti en haussant les épaules. Des problèmes en cuisine, certainement. Tu n’avais pas faim du tout, toi. Mais que tu étais belle, si mince, si fragile. Si pâle, presque transparente.
Que c’était bon de te parler, de te faire rire. Tu sais mon humour, mon amour. Les personnes des tables à côté en étaient béates.
Le repas a été formidable et j’ai félicité tout le monde. Nous n’avions pas pris de dessert. Et pour cause !
Quand nous sommes rentrés à la maison, tu as décidé d’aller chez toi. Le temps que je revienne te chercher dans la voiture, tu n’étais plus là. Où es-tu encore allée, mon amour, mon Obséline ?
Cette nuit, vers trois heures, j’ai reçu sur Instagram une photo de toi et je t’en remercie. Que tu es belle avec tes talons hauts. Tu es merveilleuse !
Je serai l’ombre de ton ombre.
Bertrand

 

 

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La vengeance est un plat…

J’avais connu Patrick sur un site de rencontre. Nous avions discuté une semaine, puis avions pris rendez-vous. Nous nous entendions plutôt bien ; disons que les choses évoluaient lentement mais sûrement. Il m’avait invitée chez lui et je l’avais invité chez moi.
Et vendredi dernier, c’était la saint-Valentin… A cette occasion, il m’avait annoncé qu’il avait réservé une table dans un grand restaurant de la place.
Tout émoustillée, je me préparai ce soir-là avec un soin particulier, pourtant, le résultat n’eut pas l’heur de lui plaire. Il était grognon et semblait soucieux.
Notre table était juste à côté des toilettes, je me dis que le restaurant était bondé et qu’il ne fallait pas être trop exigeant. Mais lui ne l’entendait pas de cette oreille et fit un scandale au pauvre serveur qui n’y pouvait rien, et qui, à partir de ce moment, nous prit en grippe.
Après une coupe de Champagne « offerte » par la maison – il n’y avait qu’un petit fond, alors que les autres couples avaient leurs verres pleins – Patrick se détendit un peu et me proposa de choisir ce que je voulais. Huuuum ! Du foie gras en entrée et une langouste flambée ensuite… A ce moment-là, une vendeuse de fleurs passa. Patrick la héla. J’étais aux anges, il allait m’offrir une rose…
-       C’est combien vos roses ?
-       1.500 F pièce.
-       Non, mais vous vous foutez vraiment du monde !!! S’ensuivit une scène. j’aurais tellement aimé devenir une petite souris pour me cacher…
A partir de là, il ne parla plus du tout. Moi, j’essayai tout de même de déguster le repas, tant qu’à faire, mais les croûtons étaient cramés, la langouste flambée faillit m’incinérer et une partie du moka glacé se retrouva sur ma robe neuve. Quand, enfin, l’heure de l’addition arriva, je me sentis soulagée. Patrick jeta un œil sur la somme, puis tâta une à une toutes ses poches devant le serveur au sourire vengeur.
-       J’ai oublié mon portefeuille, me dit-il.
L’addition était salée, mais je payai tant j’avais hâte de partir.
Alors que nous nous dirigions vers la voiture, un magasin de chaussures faisait nocturne. Mon cher compagnon sembla intéressé par une paire de mocassins, en cuir, très chers. Il entra… et les acheta. Subitement, il avait retrouvé sa carte de crédit. Quand je lui demandai pourquoi il avait fait ça au restaurant, il me regarda sans ciller et me répliqua :
-       J’ai des priorités dans la vie !
J’étais soufflée ! La moutarde commençait à me monter au nez. Croyant m’amadouer, il proposa :
-       Tu m’offres un dernier verre ?
Je fis un petit sourire en coin qu’il prit pour un acquiescement. Quand nous arrivâmes devant chez moi, je le regardai bien en face et pris mon téléphone :
-       Allo Jean ? Tu m’avais bien dit que tu étais libre ce soir ? Tu viens boire un coup à la maison… Et plus si affinité ?
Fabienne

Ma pire saint Valentin

Un jour oublié
Un jour nié
Un jour sans fête
Un jour de tempête
Un jour de cassure
Un jour de rupture
Et un foutu saint
Qu’on fiche aux ordures.
Patricia

Exercice 1 : Les raboteurs de parquet (Gustave Caillebotte)
Écrire une histoire à partir de ce tableau

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-       Pst ! pst ! Eh ! T’as vu l’autre ? Ce fayot va plus vite que nous pour impressionner le Boss.
-       T’inquiète ! sur la distance on va le rattraper.
-       Oh ! fait une de ces chaleurs ! Passe-moi un coup de piquette.
-       Heu… c’est la cinquième fois que tu en bois ! Fais gaffe, le patron t’a à l’œil depuis un moment déjà ! J’srais pas étonné qu’il pense à te virer.
-       T’inquiète j’te dis ! Le patron c’est un cousin de ma mère et la vieille, il l’a à la bonne.
-       Oui mais l’autre, là, c’est l’cousin d’sa femme et c’est elle qui l’a fait embaucher. Tu vois, ça craint un peu quand même !
-       T’inquiète ! ma mère et sa femme vont chez le même coiffeur et se tapent la discute.
-       Bon ! Alors tout baigne. Passe-moi la bibine… j’ai chaud !
Patricia

Raboteurs de Parquet

 Je me présente. Je m’appelle Monsieur Gustave et je suis propriétaire de l’épicerie Prix Unique de la rue de Vaugirard. J’y vends de la viande, des conserves, des produits d’entretien, de l’alcool, et des fruits et légumes. Souvent, les raboteurs de parquet de Madame de Condrieux me rendent visite lors de leur courte pause du midi, et ils achètent un sac de pommes de terre et une bouteille de vin, une seule par jour. Souvent, ils restent discuter quelques temps, et ils m’expliquent la nature de leurs taches.
- Il y a bien longtemps, Madame de Condrieux cacha une boîte à bijoux sous les lattes de son parquet, histoire d’avoir un peu de pierres de côté si jamais elle avait besoin de liquidités en urgence. Bref, aujourd’hui, une bonne vingtaine d’années plus tard, elle ne sait plus où se trouve cette boîte. C’est pourquoi elle nous a demandé de faire mine de raboter son parquet. Ça fait deux mois qu’on travaille dans son appartement, et on n’a toujours pas trouvé la fichue boîte. Quand la couche de vernis est enlevée, on soulève les lattes une à une, mais jamais on ne trouve la boîte.
Récemment, les raboteurs de parquet ne viennent plus à mon épicerie. J’ai entendu dire qu’ils ont quitté la ville pour rejoindre la campagne, la Corse peut-être. En manque de nouvelles, je me suis rendu pour la première fois chez Madame de Condrieux la semaine dernière. Quand j’ai toqué, personne n’a ouvert la porte. Je l’ai donc ouverte donc moi-même avant de découvrir un appartement dont le parquet avait été complètement dévêtu de son vernis. J’ai fait un tour avant de trouver une porte fermée à clé. Intrigué, j’ai cassé la porte et ai découvert les trois hommes, les raboteurs de parquet. Ils étaient morts, des cadavres. L’un d’eux avait trouvé la fameuse boîte à bijoux, et il avait volé une bague pour la gager. Madame de Condrieux s’en était aperçue et avait ordonné à son époux de tuer ses raboteurs de parquet.
Chloé

Tel est pris qui croyait prendre…

-       Dépêchez-vous, les mecs, on n’a pas beaucoup de temps !
-       Moi, j’en peux plus ! Fais une de ces chaleurs… ça me donne soif !Tiens, passe-moi le jaja
-       Fais gaffe quand même, on en a déjà bu 3 litres !!!
-       Et alors ? Tu veux un coup de marteau sur la tête ?
-       Eh ! Calmez-vous les mecs :
1/ on arrête de boire du pinard, on ne boit plus que de l’eau.
2/ Il nous reste encore la cuisine, les chambres et la salle de bain à faire…
3/ Les propriétaires rentrent lundi matin, alors magnez-vous !!!!
-       Quand tu as eu les infos pour ce coup, c’était pas possible d’être plus précis ? Tu te rends compte le temps que ça va nous prendre ? On a déjà mis une demi-journée et on a à peine fait la moitié du salon !
-       Non, j’ai pas pu avoir plus précis. Je sais que les vieux bourges cachent un trésor sous leur parquet, mais je sais pas où… Alors, si vous voulez le trouvez, faut se dépêcher…
Deux heures plus tard :
-       Pfft ! Trop dur ! Je suis en nage….
-       Attendez, les mecs, je crois que j’ai trouvé quelque chose…
-       Ah ouais ? Fais voir, vite !
-       Là, dans la rainure, une boite….
-       Vite, vite ! Ouvre-là…
Les doigts tremblants, Auguste ouvrit délicatement la boite qui n’était même pas fermée à clé. Dedans, seulement une feuille.
« Messieurs les voleurs, cette histoire de butin était cousue de toute pièce. En vérité, nous sommes ruinés. Vous avez bien vu que l’appartement était complétement vide, les huissiers ont déjà tout pris. Néanmoins, nous vous remercions de nous avoir raboté le parquet gratuitement ».
Fabienne

Tableau de Maître

Si j’en crois notre Maître, après ce sera mieux.
Je parle de l’état de la pièce que vous voyez.
Quand il nous a amenés là, on n’a pas très bien compris le pourquoi de cette salle vide. Une grande salle parquetée avec des murs lambrissés à moulures dorées, bourgeoise assurément.
Qu’est-ce qu’il allait nous faire faire cette fois-ci ?
Quand nous sommes arrivés de Syrie, le Maître nous a pris nos passeports et notre argent. Mis en sécurité, selon lui. On a déjà fait un chantier de démolition, le ponçage d’une piscine, la sienne.
Dans ces quartiers de Marseille, les immeubles rupins ont été abandonnés. Le maire avait dit qu’il allait les faire rénover. Mais il fallait indemniser les propriétaires. Alors tout le monde squatte.
Ce grand appartement convenait très bien au Maître. Il avait recensé une grande salle, celle où nous étions. Une très grande salle de bain, pratique, très pratique pour les ablutions. Un bureau pour lui, avec un divan pour recevoir les nouvelles converties. Notre Maître est célèbre. Vous le connaissez sans doute…
Quand il nous a dit de creuser les rainures du parquet, il avait une bonne raison. Ensuite on les laissera comme ça, avait-il dit. Les lames indiquent la direction de La Mecque, pile poil si j’ose dire sans blasphémer.
Si vous avez un doute, c’est de l’eau dans la bouteille. Dieu nous préserve.
Bachir et moi, sommes déjà en position de prière mahométane. Recruté à tort, David est à 90 °, ça vous étonne ?Il  est vraiment convaincant notre Maître. De son bureau voisin s’échappent des cris féminins stridents. Il est un peu violent, Taricq.
Bertrand

-       Arrête !!! Tu vas trop vite !!!!
-       Excuse-moi, j’ai pas l’habitude, avec les autres patrons, fallait toujours aller plus vite, plus vite !!!
-       Oui, mais là, on a six mois pour raboter le parquet du salon qui fait 25 m2 !
-       Six mois !!! Mais comment tu as fait pour remporter le marché ?
-       Ben, on était les seuls, les autres sont en train de manifester depuis un bon moment déjà, alors les Bourges, y z’avaient pas le choix !
-       Tiens, passe-moi le canon ! C’est que ça donne soif…
-       Heu… C’est quand même la troisième bouteille de pif qu’on boit depuis ce matin…
-       Ah, ben, faut ce qu’y faut !
-       Bon, les gars, il est 15h30, allez, on arrête, on remballe tout… Et surtout, vous ne balayez pas… Avec un peu de chance, on arrivera à rattraper la manif ! Et demain matin, pas avant 10 heures… Si ça s’trouve, on va finir tard ce soir…
Fabienne

 

Les trois hommes grattent comme des demeurés. Torse nu, en sueur, ils sont accablés par la chaleur ambiante autant que par le Commodore Henri-Hervé De Faussetruchouillle.
- Alors, messieurs ?
- C’est que… L’plancher y’est solide, mon bon m’sieur !
- Eh bien rabotez plus, incapables !
- Tout de suite, Monsieur l’Commodore, tout d’suite..
Et ils rabotent de plus belle. Le plancher est solide, il ne veut pas céder. Le dignitaire finit par devenir impatient, et il ordonne à ce qu’on défonce le sol.
- Mais, mon bon M’sieur, c’est presq’ une œuv’ d’art, c’te plancher. Y vaut bien son p’sant de cacahuètes !
- Je sais. Et c’est pourquoi je le fais après avoir essayé de juste le raboter. Et ne discutez pas mes ordres ! Du nerf !
À contrecœur, les trois prennent chacun un marteau et cognent autant qu’ils peuvent. Au bout d’un moment, une planche casse ; ils se servent de la faille pour créer une voie. Le pied du Commodore martèle lui aussi le bois, par impatience cependant. Après quelques interminables instants, un ouvrier crie :
- M’sieur l’Commodore !
- Enfin ! C’est pas trop tôt !
- C’t’à dire que… Y’a ptet comme un pépin…
- Un pépin ? Parle, imbécile !
- Oui, Commodore… C’est que… Tout c’qu’y a là-d’sous, c’t’un bout de papier !
- QUOI ??? S’étrangle l’homme. Impossible ! Regardez partout, bande de bras cassés !
- Pensez bien qu’on l’a fait ! Mais y’a vraiment rien d’aut’ que l’papier…
- Vous êtes vraiment sûrs ?!
- Ben, y’a un rat crevé ou deux, mais j’suis pas sorcier, M’sieur, j’lis pas dans la tripaille…
- RAAAAH ! Lisez le papier, alors.
- C’t’à dire que, j’suis pas prêtre non plus…
- Bon, remontez, espèces de zouaves ! Tous les trois.
Dès qu’il le peut, Henri-Hervé de Faussetrouchouille arrache la feuille des doigts sales. Il se remémore les leçons lointaines de son précepteur; et commence un déchiffrage difficile.
- Ah ! Quel con… Euh, quiconque, lira cette botte… Euh, note : bravo pour votre travail… Euh, trouvaille. Mais j’ai été plus flute… Euh, futé que vous. Je l’ai craché… Non, caché, autre part. Alors baisez bien… AAH ! lisez bien, mon cher, car vous n’aurez pas d’autre pisse. Euh, piste. « Dans le trou ne tombent que les femmes… Non, les infâmes, et ne peuvent s’élever que les vicieux… Euh, les valeureux.
Le commodore jette avec rage la page, et comme elle lui revient dans la face, il la déchiquète, avant de s’écrier :
- Tu ne perds rien pour attendre ! Je le trouverai, ton butin, tu m’entends depuis ta tombe ? Je serai riche !
Loup


Exercice 2
 : Il suffirait de presque rien…

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Il suffirait de presque rien
Un peu plus d’épinards dans le beurre
Pour que je vive bien
Et que ce soit le bonheur

Il suffirait de presque rien
Quelques voyages lointains
Pour que je me sente revivre
Et enfin libre

Il suffirait de presque rien
De temps en temps un p’tit câlin
Pour que je me sente bien
Et que je crois encore en l’amour

Mais ce presque rien,
C’est déjà beaucoup trop…
Fabienne

il suffirait de presque rien pour que ma vie me plaise enfin.
Un sourire, un mot gentil, un regard de tes beaux yeux gris…
Mon imagination ferait le reste…
Mais tu ne tournes jamais la tête et joue les belles indifférentes. Ta douce poitrine nichée dans l’échancrure d’un corsage de dentelles m’enivre comme un vin fort. Je devine tes courbes sous ta jupe trop sage et mon cœur bat plus vite. Mon esprit s’égare quand, libertin, j’ose fixer ta cheville menue. Tu es si belle ma distante, ma froide fiancée couchée sur le papier glacé de ce livre trop lu.
Patricia

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Il suffirait de…

Quand je vous dis que ce n’est rien, ce n’est pas rien.
C’est sans doute important de vous le dire.
Mais on doit le taire.
Justement parce que c’est important.
A la place, je vous dirai des petits riens. Des choses insignifiantes. Mais méfiez-vous. Avec un peu de talent et de stratégie, à force de petits riens on peut faire un tout. Un tout de valeur. Une globalité signifiante pour parler simple, rien de plus. Il n’y a pas de petit tout. Une petite toux, à la limite. Trois fois rien, une maladie de rien du tout.
Parfois le rien peut dépasser la mesure : pour ma maîtresse Armande par exemple, qui n’a jamais rien à se mettre, habillée comme un oiseau de paradis.
Un rien peut être acerbe, cassant, voire méchant. Tu n’auras rien, pas un centime de mon héritage.
Je pourrais passer beaucoup de temps ainsi à vous parler de rien.
Mais il en est un que j’aime, mon préféré, plus enjôleur, plus charmeur, plus poétique : le presque rien. Celui que tu as.
Bertrand

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Elle ne s’est douté de rien, la duchesse. Elle est allée se coucher, dans la grande chambre de sa demeure. Son arrogance de dame riche lui a laissé croire que les gardes en bas la protégeaient, tout comme son pouvoir monétaire et politique. Mais dans ces sphères, on est loin de s’attirer uniquement des amis.
Les hommes de main ont juste un sabre, pas d’armure. Il suffit de presque rien pour prendre une vie. Je me contente de planter mon arme dans leur gorge pour les faire taire. Ils sont les premiers surpris, ils s’attendent d’abord à pouvoir riposter, mais sur la lame du Croc insidieux, il y a les restes des précédentes victimes. Un cocktail douteux, qui brouille leurs sens et leur corps : ils s’éteignent avec à peine un gargouillis, et j’accompagne leurs corps dans leur chute pour rester inaperçu(e). Je monte à pas de loup vers les étages ; les sentinelles subissent le même sort que feu leurs collègues.
Toujours pas un bruit.
La lune est haute dans le ciel, la seule chose qui trouble le silence est la respiration paresseuse du vent, accompagnée du croassement occasionnel des corbeaux. Ils ont senti ce qui allait se passer, ces oiseaux-là. Pas la duchesse.
J’ouvre la porte sans ajouter un décibel. Elle est là, sur le flanc. Son corps, bichonné par les soins quotidiens, mais malmené par la nourriture opulente qu’on lui offre, se soulève en rythme avec son souffle. Je m’approche jusqu’à la surplomber. Elle est moins belle sans maquillage. De toute façon, elle est horrible à l’intérieur. Je lève la lame souillée du Croc insidieux. Je sais déjà où viser. Sait-on pourquoi, elle ouvre un œil ensommeillé, qui est aussitôt crevé. Elle hurle, mais je lui fourre le coussin entre les dents à ce moment. Il a suffi de presque rien pour les avoir, elle comme ses employés.
J’attends le spasme final, puis je retire de la plaie ma dague. En respectant comme à chaque fois un silence au goût sacré. Je passe par le hall pour ressortir. En chemin, je croise à nouveau les corbeaux, m’observant derrière le vitrail d’une fenêtre. Je ne saurais expliquer mon action, mais j’ouvre avec une infinie discrétion la voie aux volatiles. Ceux-ci, en un battement d’ailes, s’introduisent à ma manière. Ils savent où ils vont, et moi aussi. Je sais où je vais. J’enjambe la balustrade, et alors que je sens la quiétude et les ombres de la nuit m’envelopper, sans une autre pensée, je me jette dans l’abîme noir qui jamais ne m’a trahi.
Loup

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