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Atelier d’écriture du 10 février 2020

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DEVOIR : Drôle de métier = laveuse de linge sale en famille

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Selon une triste habitude, Martha était seule ce dimanche dans la maison étrangement, vide et grande depuis que ses enfants avaient quitté le nid. Soudain, elle entendit sonner et prit peur, alors que Mina, sa vieille chienne jappait… de joie.
Kathia, sa fille ainée était là, le visage renfrogné à son habitude, un gros sac de toile à la main.
-       Ma machine à laver est tombée en panne. Je pourrais te laisser mon linge sale ?
-       Tu sais ce qu’on va faire, on va tout de suite le mettre à tourner, comme ça, tu pourras le ramener juste après.
-       Je n’ai pas que ça à faire !
-       Je vais te faire un bon café avec un part de tarte aux pommes, ta préférée, non ?
A contrecœur, Kathia s’assit dans la petite cuisine. Martha avait toujours eu des difficultés à communiquer avec elle ; elle ne savait pourquoi.
Elles passèrent ainsi plus d’une heure, à papoter de tout et de rien. Le temps passa vite. Peu à peu, Kathia s’était détendue. Toutes deux furent surprises quand la machine sonna pour annoncer la fin du cycle. La jeune femme se leva et partit rapidement, comme si elle regrettait de s’être laissée aller.
Martha était songeuse. Elle avait la clé de l’appartement que partageaient Lucas et Léa, les jumeaux, mais jusqu’à maintenant, elle n’y était jamais allée seule. Soudain, elle eut une idée. Si elle voulait voir ses enfants un peu plus souvent, il fallait agir.
Le lendemain matin, elle partit avec sa petite voiture. Elle pensa que seulement vingt kilomètres les séparaient, mais ils avaient leur vie et peu de temps. Sa chienne l’accompagnait, comme toujours : debout sur le siège passager, la tête à la fenêtre.
Elle se glissa subrepticement dans l’appartement du deuxième étage et alla directement dans le cellier.
Martha fit ce qu’elle avait à faire, puis repartit bien vite.
Le dimanche suivant, ses trois enfants tapèrent à la porte, chacun portant un sac.
-       C’est fou, nos machines à laver sont tombées en panne au même moment ! Remarque, tu nous les avais achetées en même temps.
-       Vraiment, l’électroménager ne vaut plus grand-chose maintenant ! fit Martha, d’un air très étonné parfaitement imité.
Elle commença par trier le linge et mit une machine à tourner. Il en faudrait au moins trois pour arriver à bout.
Comme il était déjà un peu tard, elle leur proposa un petit apéritif. Les jumeaux, à leur habitude, acceptèrent avec enthousiasme. Kathia réfléchit puis accepta.
Tous ensemble, ils passèrent un très bon moment. La maison, à nouveau, retentissait de cris et de rires. Martha avait préparé un délicieux repas que tous apprécièrent, même Kathia !
Le dimanche suivant, ils revinrent, assez embêtés :
-       Désolée maman, fit Léa, nous avons téléphoné à des réparateurs, mais ils ne pourront pas venir avant quinze jours.
Ils partagèrent à nouveau le déjeuner. Lucas était exaspéré par la tête que faisait Kathia.
-       Pourquoi est-tu toujours en colère, sur la défensive ?
La discussion dérapa un peu et Kathia partit en claquant la porte. Martha essaya d’expliquer à ses jumeaux que de l’affronter n’était peut-être pas la bonne solution.
La semaine suivante, Kathia arriva plus tôt que les autres et s’excusa timidement de son comportement. Martha la prit dans ses bras.
Le repas fut très agréable, jusqu’à ce que Léa demande à Kathia :
Ça t’arrive de rire ? De te laisser aller ? Martha eut peur que le scénario de la semaine passée se reproduise et alla vers sa fille ainée. Alors Kathia se mit à parler :
-       Jusqu’à ce que vous arriviez, j’avais maman pour moi toute seule. Elle passait du temps avec moi, me racontait des histoires, jouait. Mais quand vous avez été là, il a fallu que je me débrouille seule. J’avais seulement quatre ans !
Puis, elle éclata en sanglots. Martha n’en revenait pas ! Sa fille était jalouse ! Elle alla l’embrasser et tenta de lui expliquer. Comme avant, elle se laissa bercer. Les jumeaux les rejoignirent et tous s’étreignirent, entre rires et larmes.

A partir de là, plus personne ne songea à faire réparer les machines, ils préférait venir chez Martha, la meilleure laveuse de linge sale en famille !
Fabienne

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Ma famille maternelle est originaire du Lavandou, petite station balnéaire du Var, très prisée des touristes.
L’origine du nom « Lavandou » viendrait pour certains du mot «  lavande » mais d’autres assurent que le nom vient de « Lavadou », lavoir en provençal. J’aime à penser que c’est la deuxième version qui est véridique car ma petite enfance a été bercée par les récits épiques bien que familiaux de « l’époque des lavoirs ».
Ma grand tante dite « Marraine Marthe » était blanchisseuse. Chez elle, deux respectables lavoirs couvraient plus de la moitié du petit jardinet prolongeant la maison qu’elle avait héritée de sa mère, blanchisseuse elle aussi.
Cette maisonnette, que plus tard j’ai connue, m’impressionnait à cause d’une cave dont la gueule béante à la simple ouverture d’une porte de placard était pour moi l’antre du démon. D’autant que j’y rattachait l’histoire de Barbe Bleue, racontée avec beaucoup de pittoresque et d’ajouts personnels par ma grand-tante.
Mais revenons aux bassins, principaux centres d’intérêt du lieu. En ciment brut, larges et profonds, bordés d’une vaste margelle, ils accueillaient aussi bien les effets familiaux que le linge des clients, fidèles de mères en filles. Ils connurent également mais avec moins de bonheur, quatre tortues terrestres que mon cousin Jeannot comptait éduquer à la natation synchronisée ce qui fut réalisé certes avec une synchronicité parfaite mais définitive… et au fond des lavoirs !
Marraine Marthe était une grande bavarde et ses enfants, tout aussi bavards, Jeannot dont vous avez déjà fait la connaissance et sa sœur aînée Aline, aimaient retrouver leur mère à l’ouvrage pour des discussions aussi gaies que décousues. Ma grand-mère Alice, sœur cadette de Marraine Marthe, se joignait souvent à ces conversations, n’hésitant pas à amener avec elle ses propres enfants Jacques et Jacqueline (ma mère), dits Kiki et Coco.
S’en suivaient éclaboussures et fous rires qui, pendant les grandes vacances se soldaient le plus souvent par un robuste goûter.
On peut donc, sans exagération aucune, affirmer que ma grand-tante était une authentique « laveuse de linge sale en famille ». J’ai tant entendu parler de la joie simple du temps des lavoirs que même si je ne les ai personnellement connus qu’inoccupés, ils font partie intégrante de mes souvenirs d’enfance.
Patricia

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Laver est un verbe, comme aimer

Je suis née il y a vingt-huit ans dans ce village de Trembles. Notre maison familiale est à l’ouest de ce site de deux cent cinquante habitants. L’église est à l’est, la première éclairée. Elle surmonte un tumulus normand. La hogue comme on dit encore en Norvège. Le vent dominant nous empêche souvent d’entendre les cloches. Nous ne fréquentons guère les offices. Notre famille est hors de ce temps, de tous les temps.
Nous sommes anachroniques par le nombre. Une famille nombreuse qui, au début du siècle dernier, aurait mérité les félicitations des édiles. Plus de prix Cognac. De toutes façons, nous aurions préféré un prix Calvados. Par l’énergie aussi. Tout le monde travaille, emploi ou fonction. Un employé malade est tout de suite remplacé. Les patrons du coin aiment bien. Et nous partageons tout.
Archaïque surtout par la maison. Les paysans l’appellent « le Châtieau ». Elle n’en a ni la défense ni le caractère altier. Encore moins le luxe. La taille seulement, avec sa douzaine de chambres à l’étage. Mais les commodités sont au fond du couloir. Dans l’immense cuisine, la grande cheminée médiévale nourrit et chauffe son monde, comme une mère.
Autour du village, devant ma fenêtre, nous avons depuis quelques années un « périphérique ». Avant, les camions faisaient trembler les façades et les mamans. Personne ne traversait Trembles les jours de marché. Au delà de cette route de dérivation, vers l’ouest, il y a la plaine. Visible au fond, la rivière qui sort souvent de ses gonds au printemps. Plus loin encore, au fin fond, la ville, invisible et pernicieuse. Elle se fait connaître par ses exhalations citadines. Ses senteurs d’échappements, d’usines, de tabac, de bruit. Pour nous faire savoir qu’un jour nous serons en son sein. Phagocytés.
Je dors peu. La nuit est mon amie. Je l’aime douce et claire, à l’automne. Je songe à ma fenêtre. La plaine n’a maintenant presque plus d’arbres. Ils ont été razziés.
Sur cette étendue, la pleine lune dépose un glacis. Sur la terre noire, à la manière de Van Eyck. Y dérivent une vingtaine de maisons délabrées, souvent sans toit. Un feu vacillant s’en échappe quelquefois, comme un appel timide. La nuit tombée, avec discrétion, de ces maisons s’échappent quelques patineurs lents comme les rêveurs de Folon. Des patineurs silencieux qui cherchent fortune. Cette fortune n’est pas richesse. Parfois chance. Ils prospectent les derniers bois morts à flamber, les quelques herbes ou feuilles à cuire. Ils savent qu’il ne faut plus couper les derniers arbres. Sur leurs branches, leurs feuillages, se déposent les cochenilles amenées par le vent. Ils en donneront le miellat à leurs tout-petits, comme la manne des Hébreux. Ils trouvent souvent des scarabées que l’on croquera à la veillée. Plus rarement des sauterelles à griller, des grillons ou des pélopées courbées. Ces ombres sont maigres et élancées. Elles ont tôt fait d’être noyées dans la brume qui monte de la rivière. Pour nous les cacher. Le jour ce petit peuple nous envoie des enfants et leurs rires déguenillés. La plupart vont à l’école, croit-on.
Quand je les croise, ces petits gueux, je ris avec eux, dans leur langue multiple. Les moments qu’ils me donnent m’ouvrent les poumons. Ils savent qu’ils habitent un lieu-dit dont le nom n’est pas à répéter : Trouanal le puits. Le puits est encore là, au milieu des taudis. L’été il fournit encore, malgré la baisse de la nappe phréatique.
Un soir, à l’invite des mômes, j’ai été chez eux. Ils sont plus nombreux que les adultes. Peu d’hommes qui sont dans les ports, à quai. Contrairement à ce que je pensais, la moitié des enfants reste cloitrée ici. Ils se savent sales, intérieur-extérieur. Se nourrir de lombrics vous souille la bouche et l’estomac. J’ai pleuré quand ils ont ri de leur crasse isolante et insolente.
Le lendemain soir, après mon travail, je suis venue avec des seaux, et des savons, et des linges, et des peignes… Ma sœur ainée m’accompagnait. Nous avons rempli les récipients et organisé une tournée de nettoyage. Les plus petites filles d’abord, qui n’eurent pas peur de nous. Avez-vous des enfants ? Laver un enfant est un câlin de la vie. Même quand ça pique aux yeux ! Dans ce hameau perdu, l’odeur du savon de Marius s’est répandue comme une fumigation d’oliban. Les adultes ont caché leurs sourires.
Le surlendemain nous sommes revenus à quatre. Avec mon frère préféré. Si grand, si beau, si fier. Il avait amené carnet et crayons. Des années plus tard, ces esquisses me feront chaud au cœur.
C’est maintenant devenu un rituel. Les mardis et vendredis, entre chien et loup, nous lavons les enfants et il en arrive d’autres. Ces jeunes n’ont rien à nous offrir en récompense. Simplement nous les aimons, ces étrangers qui nous sont propres. Affectueusement, je les ai appelés : « le linge sale ».
Ainsi, deux fois par semaine, nous lavons notre linge sale en famille. C’est mon deuxième métier.
Bertrand

 

Exercice 1 : Acrostiches OUTRE-MER

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Exercice 2 : Je suis né(e) le jour de la saint-Parfait

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Ce n’est vraiment pas ma faute, je suis née le jour de la saint-Parfait. N’y voyez aucune vantardise ou fierté. C’est comme ça et c’est tout, je n’y peux rien.
Toute petite déjà, j’étais parfaite, mais en miniature. Évidemment, toutes ces qualités n’ont fait que grandir avec l’âge. On le répétait sans cesse :
-       Comme elle est parfaite !
Le temps a passé mais rien n’a changé : aujourd’hui, je suis parfaitement ridée et fripée, parfaitement vieille !
Fabienne

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Dans la bulle de flotte,
Au chaud sans ses tripes,
Amarrée angéliquement sur son gros intestin
Le rideau de sa peau laissa entrevoir le jour J.

J’avalais des litres d’amniotique
aromatisé au caoua.

Je filais des coups de pieds dans cette geôle aqueuse
A la recherche d’un plan.
Je m’évade aujourd’hui, c’est certain.

La matrone des lieux n’y  verra que du bleu
J’ouvrirai la tirade :
« Naitre ou ne pas naitre,
Telle est la mission ! »

Je suis née le jour de la Saint-Parfait,
J’ai été appréhendée par la polissonnerie,
Exilée plasmatique.
Vro

St PARFAIT

 Mesdames, Messieurs,

Je me dois de vous faire une annonce importante. Malgré mon grand âge, je suis de mon temps.
C’est pas ça, l’annonce !
Oui, je suis de mon temps. J’entends bien quelques ricanements dans les travées. Néanmoins, je connais l’évolution récente de notre société et de nos mœurs. Notre monde bouge et moi, ça me remue. Je me sens un peu plus con…temporain.
Alors, ça vient cette annonce ? Connecte tes neurones, le vieux !
Bon, ça va, j’y vais. Z’êtes prêts pour une annonce transcendantale. Quelque chose de supra !
Dis-y, l’ancêtre.

« On en a fini avec l’hétérosexualité ».

Ah ! Voyez, ça vous en bouche un coin !
Le symbole multimillénaire de l’hétérosexualité, c’est quoi ? C’est le couple. Et le couple c’est l’aliénation de la femme. Le mec, le dominant, par contrat, socialement, il en fait sa chose de la nana. Le pire c’est qu’elle prend souvent le pli. Et parfois fait semblant d’être heureuse.
Mais c’est fini, tout ça ! Hétéro c’est zéro !
Alors mesdames, pour les nostalgiques d’une époque révolue, j’organise des rencontres thérapeutiques. Le soir, de cinq à sept, entre chienne et louve. Nous aurons une approche théorique et passerons rapidement aux travaux pratiques. Pour celles qui ne le savent pas, je sais vraiment y faire. Je suis né le jour de la St PARFAIT… dans un lit.
Bertrand

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Tout le monde panique, au Médipôle. Les infirmiers quittent les patients, les docteurs font de même, une grande partie du matériel médical a été réquisitionné. On a même fait venir un lecteur de tarot, pour que ses prédictions aident le bâtiment entier à résister à un éventuel naufrage.
Tout ça pourquoi ?
Parce qu’il est 23h55, et qu’on est le 17 avril. Dans cinq minutes, ce sera la Saint Parfait. Et la femme de M. Ateur est sur le point d’accoucher. M.Ateur, lui-même un des grands fondateurs de l’hôpital. Un homme qui, tout comme sa femme, est obnubilé par la perfection. Il a donc juré ses grands dieux que pour peu que son fils ou sa fille ne naquît pas le 18, il retirerait ses subventions. Étant donné que cela représenterait un licenciement de 65% des effectifs, mêmes les plus jeunes au sein du personnel se font des cheveux blancs !
La future mère est dans la meilleure salle de l’hôpital depuis déjà quatre heures de travail. Tout le personnel attend derrière la porte, forcé d’ignorer les cris des moribonds alentours. Dans la salle d’accouchement, le meilleur docteur est forcément sur le coup, avec les meilleurs infirmiers. Le lecteur de tarot est là, lui aussi. Quelques minutes avant la catharsis, il réclame de nouveaux sujets : on lui amène trois beaux tarots sur une table, qu’il coupe avec précision et selon certains axes et avec une certaine intensité. Madame Ateur hurle, et demande avec désespoir :
- Qu’est-ce que je dois faire ? Je dois faire quoooooiiiii haaaaaargh !
- Ben… Poussez, répond mollement le docteur.
Suite aux gémissements intensifs et à la dilatation vaginale de la femme, il s’empresse d’ajouter :
- Enfin, pas trop non plus…
- Pourquoi ? C’est dangereux ? C’est risqué pour le petit ?
- Ben… C’est juste que… Pensez aux employés, Madames…
Elle vagit de plus belle, et le docteur s’affole en apercevant le crâne échevelé qui commence à émerger. Le lecteur rend enfin son verdict : selon les dieux, c’est une fâcheuse affaire. Certains disent que l’enfant jaillira avant, d’autres après. Il est 59. On voit presque les sourcils (il faut dire que ce n’est pas le velu des êtres qui sort-là). Les paupières sont sorties ; pour calmer d’avance le père, le médecin affirme que la naissance compte à la bouche. Mais le bébé sort. En entier. Il est toujours 59. Le père et le médecin se couvrent les yeux, mais le lecteur se lève et appuie sur le ventre. Elle hurle, ils hurlent, le bébé hurle toujours, mais un deuxième cri arrive. En montrant l’horloge, qui clame un 00 tout rond, le lecteur prend dans ses mains le second nourrisson. Des jumeaux ! Les dieux, dans leur indécision, avaient eu raison !
Loup

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Je suis né le jour de la saint Parfait,
Pourtant je suis né contrefait.
Mes jambes inégales me font claudiquer.
Les oignons sur mes pieds font fuir les souliers.
Contrairement à moi, qui suis célibataire,
Mes lunettes cerclées ont un double foyer.
Si j’ai le cheveu rare, mon crâne est de Carrare ;
Le soleil sur ma tête a effet de tempête.
Le nez que j’ai fort long fait de l’ombre au menton.
Ma bouche de guingois, caverne de chicots,
Emprisonne une langue chargée de neige rousse.
Je passe pour un rustre.
Que le sort est injuste !
Et qu’il est mal aisé
Lorsqu’on est ainsi fait
Pour soi, d’être apprécié.
Patricia

 

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