Accueil Non classé Atelier d’écriture du 20 janvier 2020

Atelier d’écriture du 20 janvier 2020

0
0
47

DEVOIR : 5 mots extraordinaires

 Drupe – saie – cacolet – drève – lied

image

Je ne suis pas né de la dernière pluie. Je n’étais pas DRUPE !
Quand elle m’a dit, charmeuse : « Tu SAIE, mon CACOLET est froid ! Je préfère le café au lait très show… », j’ai compris tout de suite qu’elle mentait. J’étais sûr qu’elle pouvait parler français mieux que ça…
« You LIED, you lied ! » j’ai crié.
Et je l’ai laissée là, toute seule, sur la DREVE
Georges

Mon cacolet

Mon cacolet


Quand il arriva ce soir-là, il portait un gros paquet joliment enveloppé.
-       Bonne fête ! me dit-il
Tiens, c’est vrai, j’avais oublié. Le 20 janvier, c’est ma fête, mais jamais auparavant, on ne me l’avait vraiment souhaitée.
J’étais touchée qu’il y ait pensé. Tout heureuse, j’ouvris le cadeau et m’exclamai :
-       Un cacolet !!! Mais comment as-tu su ? J’en drève depuis si longtemps !
Oui, je rêvais d’avoir un cacolet depuis que j’étais petite. Je n’en avais parler à personne. J’avais peur qu’on me trouve puérile.
-       Et tu sais, c’est un cacolet sauvage qui vient des vallées de la Saie… Les plus beaux, les plus rares !
Il était tellement mignon. Je le pris délicatement dans mes bras et le regardait attentivement. Ses drupes, de couleurs vives, me faisaient penser à un tissu chatoyant.
Je le mis lentement sur mon épaule. J’étais ravie. Avec ce cacolet, plus jamais je ne serai lied !
Fabienne

image

Chère Madame,

Nous sommes à quelques semaines d’une échéance fondamentale Vous êtes notre  bel espoir. Une fois de plus notre bonne ville aura besoin d’un lied. Des lieder en Calédonie, il y en a eu de célèbres. On les a écoutés avec plaisir, comme vous. Et pour vous, j’ai confiance. Pas de drève, vous reprendrez le collier. Toutes vos drupes vont se jeter dans la bataille. Ils sont prêts à enfoncer le fer jusqu’à la garde.
Demain je serai à votre première réunion électorale en soirée. Tout le monde le saie, je suis toujours au premier rang avec mon accordéon. A la fin du meeting je jouerai la danse des canards. Sonia est bien un canard de dessin animé, non ? Si je m’écoutais, je vous offrirais celui de Sonia Rykiel, de canard. Un hommage vibrant…
Et après, si vous êtes en forme, je vous invite à un petit souper des familles. Depuis plusieurs jours, en cuisson lente, j’ai préparé un gigot cacolets. Il sera arrosé d’un Cahors. Un château Haut Monplaisir, 100 % malbec. Léger tout ça !
On les aura. Jusqu’à la garde, j’vous dis.
PS : toutes mes excuses pour les fôtes d’ortograf.
Bertrand

image

Il était à peine cinq heures du matin quand Mathias sortit discrètement de la petite bergerie dont il avait fait le logement familial. Une longue saie pendait à sa ceinture et sa drupe était enfouie tout au fond de son grand sac à dos. La rosée faisait luire les buissons alentour et l’air frais lui piquait le visage. Le soleil, timide en ce début de printemps, tardait à se montrer. Mathias, se dirigeant vers La Drève avançait d’un bon pas. Il perçut bientôt le chant régulier de la large rivière ; c’est là qu’il poserait sans crainte ses cacolets  car la chasse, en cet endroit, était toujours fructueuse. En attendant la prise, il pourrait en profiter pour pêcher quelques lieds dont sa fille Jeanne était friande.
Depuis qu’avec sa femme Pauline, ils avaient pris la décision de quitter la ville pour s’installer au village, leur existence avait changé du tout au tout. Finis les embouteillages chaque matin, les gueules fermées des gens coincés dans le métro, les heures trop lentes passées au bureau pour un travail sans humanité. Ici, sa petite famille avait réappris à respirer et en quelque sorte à vivre pour la première fois. Un sourire aux lèvres, Mathias contempla le paysage paisible qui l’entourait. Soudain inspiré, il prit place sur une roche plate et sortit sa drupe du sac à dos pour en tirer quelques notes guillerettes.
Patricia

Pour ceux que ça intéresse, la vraie signification de ces mots :

Cacolet : sorte de bât, constitué de deux sièges à dossier, en osier, fixés sur une armature adaptée au dos d’un animal
Drupe : fruit charnu à noyau (comme la pêche)
Saie :        – manteau s’arrêtant aux genoux porté par les soldats romains
- Pinceau dont les poils sont faits en soie de porc, destiné à l’usage des orfèvres
Drève : allée bordée d’arbres
Lied : poème chanté à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement (vient de l’allemand)


Exercice 1
 : Le jeune homme à la tête de mort (Paul Sézanne)

mort

Je n’ai aucune idée de ce que je vais raconter ! Pendant dix ans, je n’ai fait que la fête.
Mes parents sont assez riches pour payer mes études et tous les éminents professeurs qui tentent, en vain, de me faire entrer un peu de science dans la caboche.
J’ai reculé l’échéance autant que je pouvais, Oui, mais voilà maintenant, il faut que je l’écrive cette satanée thèse .Et tiens ! Je vais la faire sur le crâne, parce qu’hier, j’en ai gagné un au poker.
Mais que dire, à part qu’il est désespérément vide, comme le mien. Le  regard aussi d’ailleurs, sans yeux, juste deux orbites qui me fixent.
J’aurais bien aimé que mes parents payent le prix fort pour qu’un pauvre étudiant l’écrive à ma place, cette thèse, ça lui aurait rendu service et à moi aussi ; mais ils n’ont pas voulu. Parce qu’il fallait que soi-disant, je devienne adulte, que je m’investisse enfin dans mon avenir.
Mais je m’en fous !
Je n’ai aucune envie de travailler et surtout pas de devenir médecin. Rien que d’y penser, tous ces corps vieux et malades, ça me donne la nausée. Je déteste la maladie, ça m’angoisse…
Et puis quand mon père passera l’arme à gauche, je vais hériter de tout. Alors, vous pensez que je vais m’emmerder à étudier ?
D’ailleurs, ça me fait penser qu’une des rares fois où j’étais présent à un cours, un professeur nous avait parlé des poisons ; ça m’avait vraiment intéressé car il y a des poisons indétectables. Je vais y réfléchir…
En attendant “ to be or not to be médecin, that is the question” !
Fabienne

 

Être ou ne pas être… inspiré ! le vertige de la page blanche, l’angoisse des mots qui, rebelles, se dérobent… je dois rendre mon mémoire avant la fin du mois et je suis si loin du quota de pages requis ! Tout cela c’est la faute de ma très chère mère, cette grenouille de bénitier sans cœur qui, sous prétexte des examens à venir, a gâché mes maigres jours de vacances après une année épuisante.
J’avais rendez-vous avec Pauline dans ce grand parc ombragé, juste derrière sa demeure ; je m’en faisais une joie ,anticipant le début d’une possible aventure, mais la vieille m’a cloitré, sûre de son bon droit. Pauline a dû m’attendre en vain une bonne partie de l’après-midi. Je l’ai croisée dimanche à la messe ; elle a ostensiblement tourné la tête et m’a purement et simplement ignoré. Ah ! Ma chère mère ! Je lui en veux… mais je lui en veux ! Cette vieille sorcière me le paiera, tôt ou tard ! elle a oublié ce que c’est que d’être jeune et plein de fougue. Hum ! En fait, je pense qu’elle ne l’a jamais su car avec son air pincé elle a dû faire l’amour avec une pince à linge sur le nez et les mains jointes. Le seul homme à qui elle sourit c’est le vieil abbé du village. Comme je plains feu Monsieur mon père ! Ah ! il a dû en baver avec une épouse aussi austère ! Hum ! c’est vrai que certaines rumeurs laissent à penser qu’il savait parfois se consoler et qu’il y a, non loin de la fermette de nos métayers une jeune-fille qui me ressemble étrangement…
Enfin ! j’ai d’autres chats à fouetter et ce ne sont pas ces considérations hasardeuses qui feront avancer mon affaire. Allez ! Je me lance ! Plus que deux semaines et quel que soit le résultat, mère relâchera un peu la pression. Courage mon cher ! courage !
Patricia

 

Parrain

Quand mon parrain m’a fait jurer de m’occuper de lui, maintenant et toujours, j’ai dû m’exécuter. Quand un parrain sicilien vous demande gentiment, imaginez refuser !
Le maintenant, c’était facile. Il m’a simplement engagé pour être le chef des gardes du corps.
J’ai tout de suite délégué la fonction, pas le salaire. A moi la belle vie !
A l’époque j’avais une copine spécialiste de la lutte mongole. Les nervi nerveux, elle les a fait tourner en bourriques. Néanmoins, elle savait les récompenser. Jamais l’expression « garde du corps » ne fut mieux employée.
Il se trouve que mon parrain était très âgé. Il a fini par casser sa pipe et ne plus nous casser les pieds. Immensément riche, prévoyant, clairvoyant, il avait élaboré un testament détaillé. Tous ses parents même les plus éloignés avaient hérité. Les employés aussi. Les nervi avaient eu chacun une des nombreuses voitures du maître, toutes blindées. Mon ancienne copine avait eu la Rolls avec le levier de vitesse en platine et j’en passe. Blindée elle aussi. Pas la copine, la Rolls.
Et moi : RIEN !
Enfin si. Au dernier moment, il avait fait rajouter un codicille. Avec l’autorisation spéciale du cardinal camerlingue, il m’avait légué son crâne. Il y avait un petit mot d’accompagnement : « tu as toujours cru que tu pourrais te payer ma tête ».
Alors depuis j’écris. Mon ex-copine, la lutteuse mongole a ouvert un atelier d’écriture. Sur ma table d’écriture, parrain est bien là. En tête à tête, je sens bien sa présence grimaçante. Si vous en doutez, regardez attentivement les tentures dans le fond.
Bertrand

- Jean, c’est la troisième fois que je t’explique ce qui s’est passé.
- Oui mais c’est pas pour autant que j’ai compris. Tu es en train de me dire qu’hier soir, tu as volé un crâne du laboratoire de l’université, c’est ça ?
- En gros.
- Tu veux bien me réexpliquer comment tu as fait ça ? Histoire que je comprenne.
- Tout a commencé à la soirée de Steven, l’Anglais qui étudie le droit. Il avait invité plusieurs de ses camarades et tu les connais tous ces futurs avocats, ils sont pas marrants.
- Continue…
- Après quelques verres, ils sont devenus drôles, et curieux surtout.
- C’est-à-dire ?
- Ils m’ont demandé de les emmener au labo C, celui où on effectue les dissections et les autopsies.
- D’accord. Ça ne m’aide toujours pas à comprendre pourquoi tu as raté ton examen final ce matin et surtout pourquoi tu as un crâne sur ton bureau !
- On est arrivé au laboratoire, j’ai ouvert la porte, et ils sont entrés. On était tous un peu… pompette.
- Oui, encore heureux que vous n’avez pas fait ça sobres !
- J’ai pas eu le temps de les arrêter ! Ils ont à peine pris une minute pour comprendre comment les tiroirs s’ouvraient. On a joué pendant un quart d’heure, jusqu’à ce qu’un garde arrive. Alors on a couru pour sortir de là.
- Avec un crâne dans les mains ?
- C’est ça…
Chloé


Exercice 2
 : Chaque nuit, tandis qu’elle dormait profondément, quelqu’un empruntait son identité.

image

 ELENA

Eléna était française depuis un an, à peu près. Du moins, elle habitait Paris. Ses faux papiers étaient vrais puisque fabriqués en Europe, à Malte.
Sa vie était très simple. Le matin elle se réveillait tard, vers 9 heures. Après sa douche, elle se sentait fraîche et dispose. Rue St Denis, elle sortait faire ses couses. Son grand plaisir était de s’acheter des fruits et des légumes. Dans son sac il y avait toujours quelques billets de cent euros. Ils semblaient se renouveler spontanément. La France et un pays magnifique…
C’est vrai qu’elle se fatiguait vite. Elle avait parfois un peu de fièvre. Quelques légers hématomes sur les bras, les jambes, le ventre. A midi ou plutôt 14 heures, elle déjeunait seule. Petite sieste, l’après-midi.
En fin d’après-midi, Iouri l’amenait dans un bar de Pigalle. Toujours le même et la même boisson apéritive amère et sucrée, qui vous soulait vite. Il la raccompagnait tôt, vers 20 heures.
En rêve, chaque nuit, tandis qu’elle dormait profondément, quelqu’un empruntait son identité. Un cauchemar.
Bertrand

 

Chaque nuit, tandis que je dors profondément, quelqu’un emprunte mon identité. C’est une femme.
Au matin, je me souviens de tout.
De son visage rieur, de son corps svelte, de sa joie de vivre. J’ai encore son rire provocant qui résonne dans mes oreilles. Toutes les nuits, elle vient me narguer impunément.
Elle se moque de mon corps vieux et malade, usé, fripé, de mon visage parcheminé de rides, de mes cheveux blancs.
Elle me ressemble tellement… en beaucoup plus jeune.
Celle que je fus.
Fabienne

Chaque nuit, tandis que je dormais profondément, quelqu’un empruntait mon identité. D’abord ulcéré par le procédé, je fus vite happé dans le tourbillon des aventures palpitantes que mon double se permettait de vivre, faisant de ma modeste personne une sorte de héros des temps modernes.
Assez vite, ma réputation fut solidement établie et on me prêta bientôt une énergie et une inventivité que j’étais hélas ! loin de posséder. Néanmoins, cette aura inattendue me permit de décrocher un super job, un travail vraiment intéressant et bien rémunéré. Pour faire face à ces nouvelles responsabilités et être à la hauteur je fus contraint de me bousculer un peu et contre toute attente, j’y pris goût.
Les obstacles ne m’effrayaient plus mais au contraire, me stimulaient. Chaque marche gravie me donnait plus de force et de confiance en ma personne ; désormais, je ne demeurais plus frileusement cloîtré chez moi mais, croquais la vie à pleines dents. Rien ne pouvait plus m’arrêter ! mon double dut y prendre ombrage car se sentant comme dépossédé, il quitta la région pour ne plus y revenir, cherchant en d’autres lieux de moins actives victimes.
Je ne remercierais jamais assez cet imposteur : doubler son double est chose rare, non ?
Patricia

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par joie55
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Atelier d’écriture du 23 avril 2018

DEVOIR : Un nombre pair se moque d’un nombre premier Ils ne savaient plus trop comment ils…