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Atelier d’écriture du 25 novembre 2019

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DEVOIR : imaginez une origine à l’expression
« Tenir la chandelle »

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Altière chandelle

La chandelle ! Tenir la chandelle…

Quand j’ai acquis mon Nieuport 17, après l’hiver, je suivais ma destinée.  Je venais d’avoir seize ans, mais plus qu’un désir de jeunesse, c’était une folie de vie qui m’empoignait.
Cet avion, déjà ancien, paraissait presque neuf. Seulement cinq sorties au combat fin 1918. Mais pour l’escadrille La Fayette. Celle qui avait vaincu les Fokker, poinçonné les ballons d’observation allemands sur Paris et descendu les Zeppelin par les premiers tirs de roquettes air-air au monde. Oui, j’aime un vainqueur, mon 17, mon super Bébé. Avant chaque vol, j’embrasse la tête de Sioux emplumé peinte sur le fuselage. Sur la bouche si vous voulez savoir.
A partir de 15 ans on peut obtenir le titre de pilote. En cette année 1932 on peut conduire un véhicule automobile grâce à un permis. Néanmoins, il y a 32 ans que nous pouvons piloter des aéroplanes.
Si vous vous y connaissez, le Nieuport est un biplan sesquiplan. On vous expliquera ! (plan inférieur plus petit que l’autre). Son moteur Le Rhône est puissant qui porte le même prénom que moi. Ce qui me plait, c’est qu’il me permet de quasiment tout faire en voltige, l’expression ultime de la liberté, en solo.  De toute façons, personne ne voudrait m’accompagner, s’il y avait de la place.
Pour moi, cet avion est vierge. Le ciel est vierge. Je ne sais jamais à l’avance où je vais. Mais j’y vais vite et furieusement. Mon gentil mécano sait maintenant qu’il ne faut me faire aucune réflexion, en mal ou en bien. Il ne regarde même plus mes boucles, mes tonneaux, encore moins mes vrilles. Oui, presque tous les jours je pars en vrille. Une ou deux heures de vol au dessus du boccage normand. Parfois au-dessus de la Manche, salut Blériot ! J’atterris souvent face au soleil couchant, dans le feu de l’horizon, dans le rouge. Quelquefois moteur coupé, comme et contre le vent.
Ma figure préférée, c’est la chandelle. Plein gaz, je monte à 70 ° voire 80 °. Il est bien connu que plus c’est vertical, plus c’est beau, une fière chandelle. Pendant ces quatre, cinq, six secondes de montée tout vibre. Moi, l’avion, l’air. Puis le ralenti, avant le renversement. Surtout pas le décrochage, peut-être un soir ? En haut, la rotation doit être la plus lente possible, sans perdre d’altitude, tout en contrôle. Comme le ferait un ange.
Maintenant vous comprenez pourquoi j’aime tant tenir la chandelle, le soir, au 7ème ciel.

Jade Guynemer

PS : il ne l’a jamais su mais je suis sa fille. Celle de celui qui, adolescent, regardait les avions se poser à la Chambre d’Amour, à Anglet. Ce héros qui a brûlé la chandelle par les deux bouts, aimé tant de femmes émerveillées. Celui qui, à 22 ans, a volé si haut qu’il n’a pu redescendre.
Bertrand

Exercice 1 : Vous êtes un personnage du « Radeau de la Méduse » de Géricault – Racontez votre histoire

Consigne : interdit de parler du naufrage !!!

Méduse

Plus jamais !!! Plus jamais je ne réserverai mes vacances sur internet !!!
Quelle arnaque !!!
Vacances de première classe… Tout confort… qu’ils disaient…
On devait avoir des cabines de luxe. Finalement, nous devons nous contenter de dortoirs avec tout le confort sur le palier, où hommes et femmes sont mélangés.
Je ne vous raconte pas le bazar, surtout qu’il y en a qui se pavanent dans les coursives ou qui se font bronzer sur des transats à poil toute la sainte journée ! Je suis choqued !!!!
Le soir venu, la moitié des gens baisent et l’autre moitié ronfle comme des sonneurs.
Il faut aussi que je vous parle de la  bouffe. On devait avoir un buffet le matin et le midi et un repas à la carte pour le diner. Tu parles, il n’y a presque rien à manger. J’ai déjà perdu trois kilos… La pub disait également que si on avait la chance d’être tiré au sort, on pouvait même manger à la table du capitaine. Seulement voilà, le capitaine, je ne l’ai jamais vu et ça fait pourtant trois jours qu’on est parti.
Non, mais quelle galère !!! Tiens, ça m’apprendra à acheter des croisières low-cost !!!
Fabienne

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Ahhh ! Je n’en peux plus. Ah ! Je me meurs ! Je suis mort !
Au moins, je ne suis pas encore enterré. Mais qu’est-ce que c’était bon, de mourir comme ça !
J’avais eu une bonne idée, pour le Nouvel An. Mes potes et ma famille étaient déjà occupés, et j’avais l’air fin, seul chez moi. Alors j’avais créé un évènement Facebook, au titre plutôt explicite : « grande orgie sur radeau à la BD ».
Quitte à sortir de 2019, autant le faire en beauté…
Pas mal de gens s’étaient inscrits, avec des profils anonymes.
Le jour J, ou plutôt le soir J, nous avons tous nagé jusqu’à l’embarcation qui servait habituellement de plongeoir, tous très peu vêtus mais munis de lampes waterproof. En arrivant à bon port, nous avons allumé nos torches. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis qu’il n’y avait que des hommes ! J’aurais dû me douter que seuls des gentlemen répondraient à l’appel.
Nous étions néanmoins une petite dizaine, je n’en attendais pas autant. Mes compagnons étaient aussi déconcertés que moi.
Et puis, je me suis dit, quitte à sortir de 2019, autant le faire en beauté…
J’ai fait le premier pas vers un de ces messieurs, ce qui je crois les détendit tous un peu. Au final, la « grande orgie sur radeau à la BD » se révéla être différente de ce qui était prévu, mais aussi délicieuse que ce que nous espérions.
Alors vous me comprendrez quand je vous dis qu’à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, j’étais épuisé. La nuit d’intense fornication m’avait vraiment vidé.
Ahhh !!! Plus moyen de bouger mes muscles, ou même ma chandelle. Au moins, tous mes camarades étaient à peu près dans le même état, sauf les plus acharnés, encore agglutinés à l’autre bout des planches. Je sentis que je sombrais. Un petit somme, ça ne ferait pas de mal.
Et je me suis dit alors, quitte à sortir de 2019, où carrément à sortir de tout, autant le faire en beauté…
Et croyez-moi, j’ai sombré comme je n’ai jamais somblblblblblb…
Loup

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Ah ! Quelle idée cette soirée à l’Ilot Canard !
Fin bourrés les mecs !
Je me rappelle plus qui a voulu couper les chaines du radeau pour rentrer à Nouméa manger des croissants chauds mais tu connais ça craint un max ! Avec le coup d’ouest y’avait la moitié de la bande qui dégobillait, trois ou quatre qui faisaient l’étoile de mer et appelaient leur mère au secours et debout, en plein milieu du radeau, ce con de Nounous qui faisait des grands tatas aux planches à voile et criait aux mecs de nous rejoindre. Même crevé à bloc, pour lui, jamais finis les coups de fête !
C’était fin valab les croissants chauds avec un bon kawa mais tu connais, heureusement qu’on avait changé nos plans sinon c’est du phare Amédée qu’on démarrait…
Patricia

Exercice 2 : Allo la Lune ? Ici la Terre…

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- Allo la Lune ? Ici la Terre…
Je sursaute… Qu’est-ce qu’il m’a fait peur ! C’est mon prof de maths qui vient de crier dans mes oreilles.
C’est vrai que j’étais partie loin, très loin !!! Quasiment dans la Lune et même plus loin…
Il faut dire aussi que ces cours ne sont pas franchement palpitants.
Les ensembles, la trigonométrie, les inconnues, les tangentes, à part celle que j’ai envie de prendre, je ne maitrise pas bien.
Alors, comme je n’ai pas trop dormi la nuit dernière parce que je suis sortie avec mes copines, j’ai sombré… Et les yeux ouverts… Je maitrise bien maintenant. Ça déstabilise complètement les profs qui croient que je suis super attentive. Mais M. Lelong, lui, ne s’est pas laissé abusé…
Et j’ai écopé de deux heures de colle…
Fabienne

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- Allô la Lune, ici la Terre. Nous avons un code Nimoy, je répète : code Nimoy. Tous à vos stations.
Merde alors. Un code Nimoy ? C’est pas rien. Ça veut dire qu’un astéroïde a une trajectoire qui le fait atterrir sur notre base lunaire.
J’étais en train de ranger les déchets dans le compartiment Mercury, mais une alerte de cette ampleur nécessite que nous allions tous dans la salle de contrôle.
Je suis la professeure Aisling O’Deorain, la scientifique et physicienne de bord.
Je me dirige vers la salle de contrôle (facile, quand la gravité est six fois plus faible que celle de la Terre). Quand j’y arrive, tous les autres sont déjà là : Marshall, Falliochini, Maboumbda et Ryukage. Je peux voir à travers la verrière que l’astéroïde se dirige droit sur nous.
Le commandant Marshall, une anglo-saxonne autoritaire, m’interpelle :
- Prof, diagnostic préliminaire de la situation.Sans atmosphère, il ne va pas se désagréger, répons-je. Si nous ne faisons rien, au vu des conditions, je dirais… 7 minutes avant destruction totale. Et si on ne se dépêche pas, les débris pourraient bien nous atteindre quand même.
- Bien. Allô la Terre, ici la Lune, Marshall. Je tente les missiles sol-air. Terminé.
Elle fait un signe à Ryukage. Le Japonais taciturne hoche la tête, et appuie sur un bouton rouge. Deux projectiles partent de la base vers le gros caillou spatial. Il explosent sans beaucoup de flammes, car elles sont étouffées par manque d’oxygène. Le roc continue sa course, imperturbable. La tension devient palpable dans la pièce. C’est d’une voix grave que Marshall demande :
- O’Deorain, une tête nucléaire pourrait marcher ?
- Eh bien, balbutiè-je, c’est un peu dur à estimer, très inconventionnel et hautement dangereux, mais je pense que ça se tente. Un objet de cette taille doit être oblitéré sans laisser de débris.
- Impact prévu dans cinq minutes, informe Falliochini à sa console.
- Allô la Terre, ici la Lune. Je tente un feu nucléaire. J’en assumerai toutes les conséquences. Terminé.
C’est d’un doigt légèrement tremblant et d’un regard brillant de peur que le Nippon appuie sur un bouton sous verre.
Une énorme roquette atteint la cible : la lumière nous aveugle, le champignon est gigantesque. Colossal. Trop colossal.
Nous étions trop proches, et il semble que mon feu vert mal avisé sera bientôt la cause de cinq décès.
Loup

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Allo la Lune… ici la terre !
Nous sommes le dernier bastion à quitter la planète. On n’en peut plus de rester confinés depuis tant de jours dans ce sas stérile. Quand on regarde par les hublots, c’est la désolation : ici, tout meurt. Les animaux qui n’ont pu être emmenés crèvent sur le sol craquelé. Les derniers spécimens, totalement décharnés, errent la langue pendante, le regard vide.  L’herbe partout a jauni. Les arbres n’ont plus de feuilles et leurs troncs secs forment de macabres sculptures. Sur les bâtiments abandonnés on peut voir des fenêtres béantes où s’agitent, incongrus, des lambeaux de rideaux.
On pense aux futures colonies. Penser, il n’y a plus que ça à faire. Nous aurons sans doute des nouvelles émanant des plus proches planètes d’accueil ; quant aux autres… Pour nous, le voyage Terre-Lune sera bref et nous devons vous rejoindre dans une semaine.
De chez vous, nous pourrons assister ensemble à l’agonie de ce monde que nous avons égoïstement détruit car tant que les batteries seront opérationnelles, les caméras continueront à filmer.
Patricia

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