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Atelier du 11 novembre 2019

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DEVOIR : un sandwich

Elle ouvrit le tiroir du haut… Elle avait appuyé sur le bouton de l’ascenseur sans s’en rendre compte. (N’éteints pas la lumière – Bernard Minier)

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Elle ouvrit le tiroir du haut, tâtant de la main à la recherche de l’objet qu’elle y avait caché… Elle ne le trouva pas. Prit alors une chaise et monta dessus. Elle dut se rendre à l’évidence, il n’était plus là…
Il avait osé ! Il avait osé le prendre… Ah ! Mais elle n’allait pas se laisser faire ! Oh non ! Pas par ce lâche, ce pantin qui lui servait de mari.
Et où était-il donc, à propos ? Elle lui avait pourtant interdit de sortir.
Elle se souvint de la première fois… C’était il y avait un peu plus de cinq ans. Il lui avait apporté le café au lit, soi-disant pour lui faire plaisir. Mais elle, elle n’aimait pas ça. Elle avait renversé la tasse de café fumant et lui avait retourné une gifle. Il était tellement surpris qu’il l’avait regardé de ses yeux de chien battu ; ça l’avait profondément énervée qu’il reste là, sans rien faire, sans même nettoyer.
A partir de là, elle ne s’était plus retenue. Tout était prétexte pour l’humilier, l’engueuler, le frapper.
Il avait bien essayé de riposter, une fois… Mais elle était tout de suite allée à la gendarmerie. Il ne lui avait pas fait mal. Elle avait juste un bleu au niveau des poignets quand il avait retenu ses coups poings. Et puis, qui le croirait ? C’était elle, la femme, donc la victime… Non, mais ! Pour qui il se prenait ce minus…
Dans un vide-grenier, elle avait acheté ce martinet qui lui était bien utile. Ça lui évitait de se faire mal. Et c’était pour son bien… Mais là, il fallait bien se rendre à l’évidence, il avait disparu… Et l’homme avec…
Tout d’un coup, elle se souvint… Elle l’avait presque surpris une ou deux fois à parler avec la voisine du deuxième, une pimbêche. Et s’il lui avait raconté ?… Non, pas possible, tout le monde aurait ri de lui… Mais si, malgré tout, ces deux-là… Alors, elle était sortie sur le palier et elle avait appuyé sur le bouton de l’ascenseur sans s’en rendre compte.
Fabienne

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Elle ouvrit le tiroir du haut du système informatique général du gratte-ciel. Ceci grâce à la clef qu’elle avait chouravé cette nuit. L’ingénieur Galli la portait en permanence sur son trousseau attaché à la ceinture en peau de kangourou. Petr Galli avait sans doute subi très tôt son état civil. Mais dès ses quinze ans, il s’était appliqué à le justifier. A la quarantaine, sa réputation le suivait partout. A mieux dire, le précédait puisque le bougre possédait le service trois pièces qu’il fallait, bien mis en évidence par des pantalons décalquant son anatomie avantageuse. Il menait une vie de bâton de chaise au sens configuré du terme.

Mon capitaine, mon capitaine, que me demandez-vous ?

La première chambre à droite du premier couloir du premier étage du premier hôtel venu et elle avait épuisé Petr. Sa nouvelle poitrine n’y était pas pour rien qui lui permettait de ne pas porter de « Bra ». Ce soir là, son justaucorps en élasthanne cramoisi faisait penser qu’elle sortait d’une séance de fétichisme, les tétons en folie. Les mâles en mal de domination imaginaient tout de suite qu’elle portait un zentaï jusque sous son pantalon Saint-Laurent. La petite clé à puce manquerait demain à l’amateur de galipettes. Mais que serait demain ?

Nous n’avons garde, nous n’avons garde, de nous laisser abattre.

Cette tour de 169 étages dominait le Château de Pragu, siège de la présidence. Les explosifs avaient été placés par ses acolytes de telle manière que le bâtiment chute brutalement sur le vieil édifice. Les Félonov occupaient dictatorialement le site depuis trois générations et détroussaient le pays. Les patriotes avaient dégommé le grand-père lors d’un accident d’hélicoptère.
Peine perdue.
Les Félonov se reproduisaient comme des rats. Il fallait donc éteindre cet ADN pourri. La nuit de Noël les avait tous rassemblés au Château.

La tour prends garde, la tour prends garde de te laisser abattre.

C’est en chantonnant cette comptine qu’elle déconnectait une à une toutes les sûretés de l’immeuble afin de pouvoir sortir incognito et rapidement. Puis elle raccorda les bombes au système électrique général. Heureusement, le central se trouvait au premier sous-sol. Il serait facile de s’échapper par l’escalier de service dans quelques minutes, le piège bien en place. Dans un quart d’heure, pour sa première ronde, l’agent de sécurité actionnerait n’importe quel commutateur électrique… et BOUM !

Allez mon garde, allez mon garde, pour abattre la tour.

Une fois le travail terminé, cette chanson enfantine mit un goût de miel dans toute son aire tegmentale ventrale. Pourquoi diable, chez un agent aussi confirmé, une telle inondation de dopamine. Pour remonter et sortir, elle avait appuyé sur le bouton de l’ascenseur sans s’en rendre compte.
Bertrand

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Elle ouvrit le tiroir du haut… Son passeport avait disparu !
Coincée ! Elle était coincée !
À quoi bon ce billet d’avion pour tenter de rejoindre ses cousins à Barcelone si elle ne pouvait pas effectuer les formalités d’embarquement ?
Malgré ses précautions, Maxime avait dû percevoir un changement en elle ; c’était la seule explication plausible. À présent, comment fuir cet homme qui l’avait trahie, l’avait rabaissée, frappée ?  Comment échapper à ce tyran domestique qui avait su l’isoler et la rendre vulnérable jusqu’à en faire « sa » chose ? Cette brute qui ne ressemblait plus au jeune homme avenant et charismatique qu’elle avait épousé et qui, maintenant, lui montrait quotidiennement son vrai visage, ce monstre qui la terrorisait et la retenait prisonnière dans cet appartement sans âme où elle avait naïvement cru fonder un foyer ?
Les rares personnes qui les côtoyaient encore le trouvaient si charmant ! L’archétype du gendre parfait, poli et prévenant ! S’ils connaissaient ses côtés pervers, manipulateurs, sa soif de domination, ils tomberaient de haut tout comme elle l’avait fait mais trop tardivement pour se dépêtrer de cette situation infernale.
Mais trop, s’en était trop !
Il y a tout juste une semaine il était allé trop loin, menaçant de s’en prendre aux enfants s’ils intervenaient encore pour la défendre. C’était le seuil à ne pas franchir, le coup de pied au cul qui l’avait fait réagir et sortir de son enlisement. Enfin déterminée à s’en sortir, elle avait tout manigancé : les billets d’avion financés par le prêt d’une vieille voisine à qui , désespérée, elle avait confié son désarroi, leur fuite à la sortie de l’école quand Maxime serait encore au bureau pour deux ou trois heures et les affaires essentielles cachées sous une couverture dans le coffre de l’auto.
Les maigres économies qu’elle avait pu faire en douce étaient là, dans son vieux portefeuille. Elle avait choisi son jour et caché au fond de son sac à main le chéquier du compte commun qu’il ne lui confiait que le lundi, pour faire les grosses courses au supermarché. La Banque fermait tôt, il lui faudrait faire vite. Avec ou sans passeport, il était trop tard pour faire marche arrière. Si elle ne partait pas immédiatement, il se rendrait forcément compte de sa tentative de fuite et alors… Elle préférait ne pas y penser !
Quand vint l’heure fatidique, elle quitta rapidement son domicile pour passer prendre les gosses à la sortie de l’école mais en fouillant son sac, elle s’aperçut, catastrophée, qu’elle avait oublié sa carte d’identité et les extraits de naissance des enfants. Ils étaient restés cachés dans sa table de nuit sous un tas de vieilles ordonnances. Quelle erreur stupide ! Elle avait absolument besoin de ces documents. Le cœur battant, elle retourna à l’appartement. Elle avait encore largement le temps, Maxime rentrerait beaucoup plus tard. Elle demanda aux enfants d’être sages et de l’attendre ; elle n’en aurait que pour quelques minutes.
En arrivant devant sa porte, par précaution, elle écouta attentivement… aucun bruit ! Elle entra. Vite ! Elle courut jusqu’à leur chambre, s’empara des documents et referma silencieusement la porte. Personne ! Elle avait été rapide. Les enfants n’auraient pas eu le temps de s’inquiéter. Qu’allait-elle leur raconter ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. On verrait plus tard…  Pas le temps d’y penser pour l’instant.
Juste au moment précis où elle s’engouffrait dans la cage de l’ascenseur, elle entendit le son métallique du portail et la voix policée de Maxime qui saluait un voisin. Affolée, elle tenta de sortir. Le destin en avait décidé autrement, chaque palier la rapprochant inexorablement de son bourreau. Elle avait appuyé sur le bouton de l’ascenseur sans s’en rendre compte…
Patricia

Elle ouvrit le tiroir du haut, et ramena le sel à table. Ces pâtes carbonara préchauffées étaient bonnes, mais il fallait toujours plus de sel. Barbara regardait la télé chez elle. Un soir de Saint-Valentin ordinaire et ennuyeux, un 14 juillet de célibataire. Au moins, Netflix remplaçait n’importe quel gentleman. Et la série qu’elle venait de commencer n’était pas totalement insipide, il faudrait donc qu’elle regarde les dix autres épisodes d’une heure chacun. L’écran clignota un peu. Dommage, il était en super état. Le phénomène recommença, et des fourmis s’installèrent sur la télé. Merde alors, foutue électronique ! Ces appareils n’allaient pas commencer une révolution maintenant, si ? Barbara se leva à contrecœur et s’approcha de son poste. Il était bien branché, aucun insecte venu se suicider dans les câbles ou quelque chose dans le genre. Alors qu’est-ce que…
- Fshhhhhh TRIIIIIIIIIII. TRIIIIIIIIIII. TRIIIIIIIIIIIIIIIII.
Trois bruits distincts d’alerte. Elle recula et vit que son écran marchait très bien. Trop bien. Il affichait un message sur un fond noir : ALERTE CATÉGORIE 9-0, CECI N’EST PAS UN EXERCICE. Une voix ferme parla.
- Citoyens de la République française, ceci n’est pas un exercice !!! Cette alerte correspond à un danger de catégorie 9-0. Danger immédiat d’origine non humaine et non naturelle. Si vous entendez ce message, vous êtes en situation de danger immédiat. Réfugiez-vous vers l’abri le plus proche, ou vers le sous-sol de l’édifice où vous vous trouvez. La nation est en danger. CECI N’EST PAS UN EXERCICE !!!
Après un court silence, le message recommença. Barbara, du haut de son appartement du seizième étage, était hébétée. Etait-ce un canular ? Une caméra cachée ? Elle avait tendance à être crédule, mais là, ça paraissait sérieux.
Elle se dirigea vers sa fenêtre, sa portion de carbonara encore en bouche. Elle vit que dans les troquets en bas, tout le monde regardait son téléphone ou les écrans des restaurants. Elle n’était donc pas la seule… Elle vit que dans la rue, il commençait à y avoir de l’agitation. Un homme courait, un bébé hurlant dans les bras, et fuyait quelque chose à gauche. L’angle de sa vitre ne permettait pas à Barbara de voir quoi que ce soit, mais d’autres personnes avaient un visage effrayé et commençaient à courir. C’était extrêmement frustrant et dix fois plus terrifiant de ne pas savoir. Elle retourna vers sa télé. Un danger d’origine ni humaine ni naturelle. Des extraterrestres, alors ? Ou des zombies ? Une niaiserie de cet acabit ?
Le truc perturbant, c’était que des gens se mettaient bien à courir dans la rue. Et pourtant, personne dans l’immeuble ne faisait pareil. Elle réalisa alors une chose : elle devait être une des seules personnes dans l’immeuble, si c’était la Saint-Valentin, tout le monde était en bas avec sa moitié ! Peut-être que cette chose effrayant les passants était déjà dans l’immeuble ? Il fallait se remuer. Barbara souleva sa carcasse célibataire, et entendit un claquement sourd. La poignée de la porte de la salle de bain se démenait comme une diablesse. Mais le fait était qu’elle vivait seule. Personne n’était censé être ici à part elle. Elle prit la poudre d’escampette, en pyjama-chaussons, prenant à peine le temps d’enfiler son manteau et de prendre clés et téléphone. Quand elle passa dans le couloir, les poignées des portes des voisins se mirent à claquer frénétiquement. Un hurlement déchira la nuit. Aussi rapidement qu’elle le pouvait, Barbara se dirigea vers l’ascenseur, pour descendre et se réfugier au sous-sol.
Alors qu’elle se mettait dans la cage, elle vit que de l’autre bout du corridor, une femme rampait pour l’atteindre. Elle n’avait pas l’air d’être particulièrement zombie ou alien, mais elle était très mal en point, et laissait une traînée de sang derrière elle. Elle leva le bras vers Barbara, et balbutia :
- Ne… Ne partez… pas… Atten… Attention…
D’un coup, la Barbara en question se sentit flotter. L’ascenseur venait de s’enclencher, mais il était manifestement cassé. Elle faisait une chute libre jusqu’au -5. Au moins, elle arriverait plus vite, par contre, en quel état… Dire que des extraterrestres et/ou des revenants venaient enfin d’attaquer, depuis le temps qu’on spéculait. Et pourtant, Barbara ne serait pas une survivante. Elle ne mourrait même pas dévorée par des morts-vivants ou désintégrée par un laser de l’espace. Elle finirait aplatie, après une chute de vingt et un étages. C’était bête après tout, cette fin peu glorieuse juste parce qu’elle avait appuyé sur le bouton de l’ascenseur sans s’en rendre compte...
Loup

Exercice 1 : Écrire une histoire à partir de la photo

Beatles

L’autre con, il avait dit : si vous voulez du boulot, vous n’avez qu’à traverser la route…
Alors, on a traversé. Devant, il y avait deux cadres, sapés comme des milords. Ils me faisaient marrer. S’ils pensaient trouver du travail avec leur tronche…
Il y avait aussi un autre type, juste devant moi… lui, on voyait bien qu’il avait mis le costume de son mariage et qu’il était boudiné dedans. En fait, c’était un ouvrier, mais il voulait se faire passer pour quelqu’un d’autre, en espérant qu’on le trouverait à la hauteur. Et puis tout derrière, c’est moi… Quand ce journaliste du 20 heures a pris la photo, j’ai regardé du coin de l’œil. Je voulais faire une grimace mais je me suis retenu. Il fallait faire sérieux : on allait chercher du travail quand même…
Enfin, moi, je cherchai pas trop, vu que j’avais encore droit au chômage pendant environ six mois…
Quand le premier, avec son costume blanc est arrivé de l’autre côté de la route, il n’a pas trouvé de travail… Alors, il a retraversé… Et on l’a suivi…
Fabienne

On est bien ridicules, quand même…
Quatre mongols qui traversent la route.
Au moins, ce stupide photographe n’a pas pris tous ceux qui klaxonnent et insultent pour qu’on accélère le mouvement. Quelle idée, mais quelle idée on a eu ! Ici, c’est Bourg-la-Vieille. Patelin très paumé, et pourtant on a décidé d’ouvrir nos grandes gueules.
Oui, la communauté LGBTQ(plus) de bourg-la-vieille tient dans un passage piétons !
Qu’est-ce que vous voulez, quand on a aussi peu d’habitants, on s’investit où et comme on peut. On est deux gays, un aromantique bisexuel et un transgenre à la fois non-binaire et genderfluid, qui s’habille en blanc. Pour le dernier membre de notre groupe, en gros, c’est une ancienne femme qui a fait sa transition, mais a ensuite réalisé que parfois il se sentait homme, parfois femme, parfois aucun des deux. Dans le doute, on l’appelle souvent « ça ». Donc, on a voulu faire entendre notre voix. On a vu sur Twitter et partout dans le monde connecté que de plus en plus de fiertés LGBTQ(plus) se révélaient. C’est peut-être une époque horrible pour la guerre, pour la planète et autres, mais pour nous autres adeptes du drapeau arc-en-ciel, la tolérance en ligne n’a jamais été aussi commune. Alors vous sentez bien que dans la vraie vie, à Bourg-la-Vieille, c’est un peu différent. Comme une sorte de guerre de gangs éternelle ; alors on a voulu se faire un peu de pub. On a engagé avec nos économies un photographe professionnel et on est partis faire un shooting en ville.
Manque de pot, on a perdu en côte, à force de ralentir les automobilistes, plutôt que de se faire accepter. On a néanmoins accepté que les clichés soient mis dans des banques d’images : la perspective que nous soyons peut-être sur de futurs PowerPoints et vidéos importantes nous plaisait bien. Au final, on a dissous la communauté, et on est parti en ville en rejoindre d’autres plus grandes.
Et là, presque dix ans plus tard, les Beatles mettent notre cliché en couverture, et ils empochent des millions ! Avec notre photo ! Alors je vais vous dire ce que comptent faire les créatures qui composent la communauté LGBTQ(plus) reformée de Bourg-la-Vieille. On va descendre le long de la route de l’abbaye, comme eux, et on va aller réclamer nos droits d’auteurs sur cette photo. À nous notre heure de gloire et de richesse ! On arrête ni le progrès, ni l’acceptation, ni deux gays, un aromantique bisexuel et un transgenre à la fois non-binaire et genderfluid qui s’habille en blanc !
Loup

Les quatre acteurs retenus avaient répété la scène et on peut considérer qu’ils étaient fin prêts pour le tournage de ce clip rétro.
On leur avait bien dit et redit que tous leurs pas devaient avoir exactement la même amplitude et qu’il fallait qu’ils soient tous impérativement synchro. L’équipe déco avait bien travaillé. Super l’idée de la vieille Beatle garée sur la gauche ! Avec cette bagnole, en un clin d’œil on remontait le temps ; une trouvaille cette vieille touque !
Grâce à la collaboration de la police, pendant tout le tournage, le public resterait hors champs. Il ne faisait pas vraiment beau mais la luminosité était suffisante ; un vrai temps londonien, ce serait super pour le clip. Les conditions étaient top, on pouvait donc démarrer.
Quand le clap de départ résonna le producteur était optimiste et le caméraman esquissait un sourire. Les quatre acteurs, concentrés, avancèrent à l’unisson. Tout était ok quand le deuxième acteur se prit malencontreusement le pied dans le pantalon « pattes d’éph » du premier. Subitement la machine de guerre se grippa et se fut la « cata ». Le troisième déséquilibré vacilla et s’écroula sur les deux premiers, vite rejoint par le dernier qui ne put éviter la mêlée. Les protagonistes s’étant blessés en tombant, il fut impossible ce jour-là de continuer à filmer. On verrait plus tard…
Au final, le producteur, superstitieux, préféra abandonner l’idée de ce tournage. Le clip ne figura donc jamais dans les hits mais eut néanmoins une fin glorieuse dans une émission TV dédiée aux chutes grotesques et autres gags.
Patricia


Exercice 2
 : un p’tit coin de paradis

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Comme chaque fois qu’elle allait à Sydney, elle déjeuna dans un Food Center du grand mall où elle avait ses habitudes. Gourmande, elle se régala de nans au fromage et d’un curry vert très épicé ; un régal !
Sitôt son repas terminé, elle replongea dans l’univers factice et attractif des nombreuses boutiques dans lesquelles elle espérait trouver quelques vêtements sympas pour renouveler sa garde-robe. Enthousiaste, elle commença à déambuler dans les allées vivement éclairées quand elle ressentit les prémisses du drame…
Au début, ce ne fut qu’une légère gêne. Quelques petits gargouillements qui peu à peu s’accentuèrent. Soudain, des coups d’épingle vite transformés en coups de ciseaux lui vrillèrent les intestins.
La douleur devenait intolérable et l’envie pressante. Il lui fallait d’urgence trouver les toilettes ou ce serait la catastrophe !
Elle eut du mal à localiser le panneau qui, de plus, ne lui indiqua que vaguement la direction à prendre. Le chemin fut un calvaire ! Jamais elle ne pourrait arriver à temps…  Les mains moites, le cœur battant, le front en sueur, elle remonta comme elle le put la galerie nord. Au bout de ce qui lui parut un siècle, elle aperçut enfin les lieux d’aisance. Par chance, en attente, il n’y avait qu’une personne qui, compatissante, lui céda la place. À l’agonie, elle s’effondra presque sur la cuvette. Ouf ! C’était « moins juste » comme disait sa mère !  Elle avait eu si peur de ne pas arriver jusqu’ au « petit coin », comme elle disait quand elle était enfant. Elle pensa, immensément soulagée : le voilà, mon petit coin de paradis !
Patricia

 

- Un pt’it hips coin de parad’hips… Contre un coin d’parap’hips… Elle avait quelque chose d’un aaaaaaaange… Un pt’it hips coin de parad’hips… Contre un coin d’parap’hips… Je n’perd’hips pas au change, PAAAAAARD’HIPS !!!
Et le Français roula sous la table.
- Raid raid waïïïïne… Staï cloze tou mIIIiiiiIIIIiiiiIIIII… Don’t let mi biiiii euloooone… Staye cloze ènde waaaaAAAAAaaaaarme…
Et l’Anglais roula sous la table.
- ous sommeuh, les nains sous la montagneuh ! (bruits intraduisibles de coupes naines qui s’entrechoquent sur la table) On creuuuz’ le joouuur, on boât la nuiiiiiit… ET ON N’AIME PAS CEUX D’LA SURFACEEUUUUUH !
Et tous les nains roulèrent sous la table.
Loup

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