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Atelier d’écriture du 28 octobre 2019

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DEVOIR : Entretien avec un vampire

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Il était 23h45, ce 31 octobre… La rédaction de la radio était en effervescence : Phil Drunk, n’était toujours pas rentré… Le journaliste fétiche, réputé pour ses blagues scabreuses et ses interviews qui sentaient le souffre leur avait promis « du lourd » pour minuit… Une autre émission avait toutefois été prévue, juste au cas où, mais ça ne serait jamais aussi bien qu’avec Phil. L’animateur tentait de remplir, comme il le pouvait le temps qu’il lui restait à l’antenne… Quant au directeur, il n’arrêtait pas de regarder la grosse pendule du studio… 23h50 et toujours rien…
De grosses gouttes de sueur tombaient de son front plissé. Il fallait se rendre à l’évidence : c’était la première fois que Phil Drunk les plantait… Tout le monde était déçu… On commença à mettre la bande de remplacement quand soudain quelqu’un cria :
-       Poussez-vous ! Un drôle de type vient de me donner ce paquet. Je l’ai ouvert, c’est une bande… je suis sûr que c’est l’interview de Phil.
Il y avait un peu de sang sur la bande… bizarre ! Mais bon, c’était du faux, bien sûr, on connaissait bien les mises en scène du journaliste… Là, il avait fait fort ! Le technicien eut du mal à insérer cette fameuse bande, tant il tremblait. Un silence assourdissant se fit, alors que la voix enjouée de Phil commençait à parler :
-       Bonsoir mes chers auditeurs !!! En cette soirée d’Halloween, un personnage hors du commun a accepté de me raconter sa longue vie. Et voici donc, en direct de l’hôtel Transylvania, chambre 666 – ça ne s’invente pas – notre héros de ce soir : Vlad, Comte de Dracul !!!! J’avoue que je suis très excité par cette rencontre… Je suis devant la porte, je tape… Une voix caverneuse dit clairement : entrez !!
La chambre est à peine éclairée par quelques bougies… Enfin, quand je dis « chambre », je ne vois pas de lit… En regardant bien, dans un fauteuil, je vois un personnage blafard, en costume d’époque ; il me fait signe de m’asseoir dans un siège qui lui fait face. Je lui dit que toute notre conversation va être enregistrée sur cette bande. Il acquiesce d’un signe de tête.
-       Bonjour, cher Comte, vous êtes sans doute un descendant du fameux Vlad, Comte de Dracul des Carpates…
-       Je SUIS le seul et l’unique Vlad, Comte de Dracul, j’ai 894 ans…
-       Ah ! Ah ! Ah ! Évidemment,  comment n’y ai-je pas pensé. Mais dites-moi, ce n’est pas un peu long, 894 ans ?
-       Pour le commun des mortels, peut-être, mais vous savez, moi, j’ai l’éternité devant moi, alors…
-       Comment êtes-vous devenu un… enfin, ce que vous êtes devenu ?
-       Une nuit, alors que j’avais tout perdu et que j’étais prêt à en finir, un maître m’a initié et m’a offert une vie éternelle de luxe… J’y ai pris goût, j’ai aussi pris goût à ce flux écarlate enivrant…
-       Comment choisissez-vous vos heu… repas ?
-       A l’odeur. Chaque mortel a une odeur bien particulière et la vôtre est particulièrement ensorcelante.
-       Ah ! Ah ! Tiens, c’est la première fois qu’on me dit ça ! Mais que faites-vous ??? Poussez-vous !!! Non !!! Ne me touchez pas !!! Noooooonnnn !!! Harrrggg !!
-       Sluuuurrrrrp….. Je savais que vous étiez délicieux ! Et ça vous apprendra à vous moquer du comte de Dracul !!! Je vais déposer cette bande pour mettre en garde tous vos auditeurs !! Faites attention, à vous tous qui m’écoutez, je suis peut-être juste derrière vous !
Dans le studio, tout le monde applaudit ! Le cri d’horreur de Phil faisait plus vrai que nature… Le fait qu’il ne soit pas là, la voix du comte, tout semblait terrifiant…
Toujours est-il que Phil ne réapparut pas dans les jours, les semaines et les mois qui suivirent cette interview. A l’heure actuelle, il y en même qui croit dur comme fer qu’il a été « bu » (Drunk).
Fabienne

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Entretien avec un vampire

 

 - Bonsoir Dr. Drach.
En tout premier lieu je tiens à vous remercier d’avoir accepté cet horaire sans doute inhabituel, pour vous. Ce n’est pas toutes les nuits que vous consultez un vampire à 4 H du matin. Je ne vous promets pas d’être court. Ma vie est un long fleuve tumultueux. Grand merci aussi pour votre vêture.  De mon point de vue c’est formidable. Cette blouse noir corbeau sur votre chemise écarlate ! Et ce col largement ouvert jusqu’à la racine de vos seins. J’ai bien fait de m’accrocher au plafond. Et, vous le savez, pour l’habillement, je suis jugulaire-jugulaire. Dr, puis-je vous appeler Ulla, plus simplement.
Je me présente : Bela Desmodon. Mon âge est ultra-canonique. A vue de nez, 3000 ans. Comme vous le devinez dans cette aimable pénombre, ma vie est suspendue dans le vide. Ainsi mon cerveau est irrigué en permanence de sang et de rêves. Par contre, il y a un inconvénient auquel je me suis habitué par force. Mais pour les autres… je me pisse dessus. A ce sujet, en ce moment je suis pendu à une poutre juste au-dessus de votre chaise. Un shampoing serait malvenu. Et aussi, vous pouvez laisser tomber votre carnet d’entretiens. D’ici, je vois bien que vous ne faites que dessiner des clitoris et ça ne m’est d’aucune utilité. Je suis un sanguin mais pas de coté là. Dans ce jeu du pendu, il faut vous faire à l’idée que je vous domine, virtuellement. J’attends vos questions.
Ulla : parlez-moi de votre enfance.
Bela : que c’est loin, si loin. Vous mettez ma mémoire à rude épreuve. On voit bien que vous n’êtes pas éternelle, ma chère, ma chair.
Pour nous les cavernicoles, l’enfance est odeur. Cependant très différente de celle des bébés humains que j’adore, dans leur tendre fraîcheur suave. Le sein de ma mère était très difficile à dénicher dans une fourrure où une chatte n’aurait pas retrouvé ses petits. Le goût du mamelon variait en fonction de sa diurèse. Un flot dans les minutes qui suivaient son repas. Le reste du temps un lent écoulement concentré, nauséabond et collant. Avant le goût du sang nous avons celui de l’urine. C’est pourquoi nombre de mes sœurs sont devenues dames pipi durant la journée réincarnée. Non seulement elles tolèrent mais elles raffolent de cette fragrance aigre et jaune. De plus la clientèle vient à elles avec des envies pressantes.
Vous savez, une enfance de vampire c’est être livré à soi-même toutes les nuits et cela dès le début. Attendre, attendre ! Le retour de la mère chasseresse avec le jour qui pointe au fond de la caverne. Attendre, attendre, le jour où enfin, on changera de fluide nutritionnel. Passer du lait au sang. Avoir la certitude initiale de ne jamais avoir rien de solide. Et ce désir à satisfaire en permanence : sucer, sucer, encore sucer et à jamais. Dès tout petits nous aspirons à un avenir fluctuant.
Vous qui connaissez les phobies du sang pourriez-vous comprendre l’euphorie plasmatique ?
Ulla : bien, bien. Autre chapitre fondamental, le sexe.
Bela : d’en bas, même dans le clair-obscur, vous percevez que je suis à poil. Et je suis un mâle et fier de l’être. Haut les couilles !
Là encore, être éternel pose un problème. Notre reproduction serait catastrophique si nous avions le rythme des autres espèces. Tous les plafonds seraient atteints. Notre bétail serait vite exsangue. Ce serait vite la faim, puis la fin. Nous nous autorisons donc une seule naissance par siècle et par femelle.
Certes, j’ai personnellement un harem d’une douzaine de concubines. Mais elles sont toutes vierges. J’ai su réprimer mon désir de paternité.
Et le plaisir me direz-vous. Eh bien comme beaucoup de chauves-souris nous pratiquons la fellation et le cunnilinctus.  Celles des espèces qui doivent se reproduire l’utilisent pour la lubrification des organes : une seconde de léchouille pour six secondes de pan-pan. Nous laissons le pan-pan aux lapins. Ainsi mes compagnes ont appris à se nourrir d’un troisième fluide vital. Suspendus dans le vide, l’extase met longtemps à arriver. Plus c’est long… mes femelles ont une jolie langue râpeuse, néanmoins entourée de belles canines fines et pointues. Quand vient l’orgasme, comme disent si bien les commentateurs sportifs : il ne faut rien lâcher ! Sinon, plus dure sera la chute, surtout si la co-pine s’accroche à la branche… avec les dents. C’est quand même bandant, si, si !
Ulla : je vois, je vois…
Bela : pourtant dans le noir.
Ulla : mais si, messie. Justement, et Dieu dans tout ça ?
Bela : votre question me fait chanceler. L’idée d’un créateur qui n’aurait accordé la vie éternelle sur terre qu’à une seule espèce est dérangeante. C’est le grain de sable dans le grand mécano.
Nous ne sommes pas des anges.
Avouez que vous n’y aviez pas réfléchi ! Hein, Dr Drach…Ulla.
Bertrand


Ici France Inter.
Ce soir nous allons frémir car nous recevons un invité très spécial : Monsieur le Comte Archibald du Castel, un des derniers représentants du monde de l’ombre :
-       Comme vous y allez ! Nous sommes moins nombreux, certes, mais notre race n’est pas totalement en voie d’extinction ! Je vous remercie cependant pour cet entretien tardif.
-       Monsieur le Conme, vous me faisiez part de votre nostalgie. Être vampire, de nos jours, qu’est-ce que cela signifie au quotidien ?
-       Hélas ! plus grand-chose ! Notre instinct de chasseur n’est plus satisfait. Cette absence d’adrénaline rend la vie bien fade et la frustration engendre parfois de graves dépressions chez mes congénères.
-       L’évolution de notre société ne vous a -t-elle pas apporté quelques avantages ?
-       Si, bien sûr, mais ils ne compensent pas l’exaltation des siècles passés.
-       Pourriez-vous indiquer à nos auditeurs la nature de ces avantages ?
-       Eh bien, la principale avancée, je pense, est l’amplitude de nos heures de sortie. La protection contre les UV, grâce aux Lycras et aux masques en téflon, nous permet des incursions sinon au grand jour, du moins à l’aube et au crépuscule ; nous sommes moins confinés ! En contre-partie, notre temps de récupération s’en trouve considérablement raccourci. Certaines études récentes démontreraient que cette carence a des conséquences sur nos facultés cognitives. Pour ma part, comme vous pouvez le constater, tout va bien !
Un autre avantage, vous allez rire mais pour nous, c’est important : « l’ail chinois » ! On ne trouve plus que ça de nos jours.  Il parait qu’ils le trempent dans la javel… pour nous c’est magique… plus aucun effet !
-       Je comprends… d’autres améliorations peut-être ?
-       Oui ! Une précieuse avancée : la montée irréversible de l’islamisme a quasiment éradiqué toute forme de croix ; quel soulagement !
-       Bon, en résumé, on peut dire que l’évolution de notre société vous a été plutôt bénéfique, non ? Alors comment expliquez-vous le déclin de la profession ?
-       Bien, comme vous le savez, les normes européennes s’appliquent désormais aux vampires. Les directives relatives à l’hygiène, la protection des animaux et l’intégrité physique du genre humain nous cantonnent désormais à des pratiques totalement aseptisées d’où un flux migratoire relativement conséquent vers d’autres continents, principalement en Afrique.
-       Des pratiques aseptisées ? Pourriez-vous préciser, s’il vous plaît ?
-       Et bien, notre nourriture…  Elle est quasiment constituée de produits de synthèse ou de prélèvements contre rétribution. Les contrôles sanitaires sont si stricts que le goût de ce que, par habitude, nous appelons toujours du sang est complètement dénaturé. Il y a bien quelques victimes consentantes mais la secte des maso est largement encadrée et les dons se font, hélas, très rares.
-       Et n’êtes-vous pas tentés parfois par les pratiques ancestrales ?
-      Si, bien sûr, mais nous avons appris depuis longtemps à contrôler nos pulsions.
-       Pourtant, récemment, un évènement fâcheux a défrayé la chronique : deux jeunes femmes, saignées à blanc, ont été retrouvées sur les berges de la Dordogne.
-       Oh ! Un simple fait divers ! Il n’y a pas plus de dérapages chez nous que pour le commun des mortels, non ? Tout ça reste très marginal.
-       Une dernière petite question.  Votre teint… je ne constate aucune pâleur sépulcrale sur votre visage ?
-       C’est la faute de tous ces additifs. De nos jours, personne n’y échappe l
-        Monsieur le Comte, on me fait signe en régie, nous allons être contraints de rendre l’antenne. Nous vous remercions infiniment pour le temps consacré à nos auditeurs.
-       Mais de rien, cher Monsieur. Comme vous le savez, pour nous autres vampires, le temps est la seule denrée tout à fait impérissable.
Patricia


Exercice 1
 :   J’aurais dû réfléchir avant d’accepter ce rendez-vous, à minuit, dans un cimetière…

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Rendez-vous dans un cimetière

Pour une fois, j’étais à l’heure ! A 23h59, je poussai la porte du cimetière. Pierre m’avait donné rendez-vous à minuit devant la tombe de la mère Michèle. Enfin, ce n’était pas tout à fait un rendez-vous. Pierre m’avait mise au défi plutôt, moi qu’il traitait tout le temps de trouillarde.
A minuit, j’étais donc à l’endroit convenu, mais Pierre n’était pas là.
Ce n’était pas son genre.
A minuit cinq, je conclus que c’était un lâcheur. Je sortis mon téléphone pour prendre un selfie devant le caveau. J’allais lui prouver que ce n’était pas moi la trouillarde !
La photo prise, je l’envoyais sans même la regarder. Me prenant au jeu, je pris quelques photos des tombes alentours. Après cinq ou six photos, je regardai le résultat.
Sur la première, tout était trop sombre.
Sur la deuxième, je vis un chapeau au sommet de la tombe. C’était étrange car ce chapeau ne me disait rien. Je retournai sur mes pas et constatai qu’aucun chapeau ne trainait.
La troisième photo laissait entrevoir une forme floue et blanche que l’on aurait pu, avec un peu d’imagination, assimiler à un fantôme.
Sur la photo suivante, je vis un chat noir mais j’étais certaine qu’il n’était pas là quand j’avais pris le cliché.
Enfin, j’arrivai à mon selfie et découvrit derrière moi un horrible clown.
Mon sang ne fit qu’un tour. J’étais à deux doigts de partir en courant quand soudain, je compris. Pierre me jouait un tour ! Je criai :
- Pierre, je sais que tu es là, sors de ta cachette !
Je prenais en même temps des photos et des selfies en pagaille. J’aperçus ainsi un squelette avec un haut-de-forme, un vampire, une sorcière, un écorché vif et même un zombie. Pierre était très fort !
Pour le piéger et l’obliger à se dévoiler, je décidai de l’appeler. Le téléphone sonna longtemps et enfin Pierre répondit :
-        Lucie, je me suis endormi ! Je suis désolé.
-        N’importe quoi ! J’ai vu toutes tes blagues. Sors de ta cachette !
-        Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis dans ma chambre, chez moi.
-        Ah oui ? Et qui fait apparaitre des clowns, des zombies et des sorcières quand je prends une photo ?
-        Tu veux dire que tu es toujours dans le cimetière ?
-        Evidemment !
-        Lucie, vraiment, je n’y suis pas.
J’allai m’agacer lorsque que je me rendis compte que Pierre ne mentait pas. Le cimetière était petit, donc je l’aurais forcément entendu parler. Je raccrochai, silencieusement, quasi tétanisée.
Soudain, j’entendis un ricanement dans mon dos. Oui, j’aurais vraiment dû réfléchir avant d’accepter un rendez-vous à minuit dans un cimetière.
Claire

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J’aurais pas dû…

Si j’avais su !
Cette nuit là, j’étais saoul. Rien d’original ni de difficile. Le chemin qui mène de la distillerie O’Hara à la ferme O’Timmins, je le connais, jusqu’à 3 gr. par demi-litre. En Écosse nous comptons par demi-litre. Néanmoins les gendarmes évaluent par quart de litre, bien obligés pour les statistiques européennes. De toute façons, j’ai réglé le problème du déplacement : je marche.
Ma voiture a lâchement refusé de suivre les sinuosités du parcours. Il faut dire que ça gire, en Calédonie.
Cette nuit là, c’était dégustation whisky tourbé. Et j’en étais sorti particulièrement… tourbé.
Ce chemin vicinal inamical, qui tourne à l’aigre joyeusement, ce chemin longe le cimetière où sont enterrés tous les membres de ma famille. Pour les hommes, c’est plus pratique. Quand ils reviennent de chez O’Hara, ivres morts, on les enterre au petit matin. Parfois le père Mc Pope tombe dans le trou avec le mort. Et ce n’est pas de sommeil. La première fois on s’en était aperçu au dernier moment : seul le goupillon dépassait.
On avait fini par faire une fosse commune pour ma parenté, vu la cadence des dégustations. Quand on aime !
Celui-là, cet Ardbeg, il est mortel a hurlé mon cousin avant-hier à la distillerie. En effet, hier c’était son tour de fosse. J’étais tellement triste de son départ prématuré que j’ai décidé d’arrêter.
Une semaine que je suis à jeun.
Vous n’imaginez pas. Je n’en dors plus. Alors la nuit j’erre.
Si j’avais su…
Cette nuit, comme un automate, j’ai pris le chemin en esse. Juste pour regarder mes cousins rentrer à la ferme. Si, si, il en reste. Je me suis vu en rêve au milieu d’eux comme un talonneur au centre de la mêlée, pendant la troisième mi-temps. C’est trop dur. Je me suis mis à pleurer. Des larmes distillées, trente ans d’âge. La porte du cimetière était grande ouverte.
Même par demi-lune, j’ai facilement retrouvé la tombe familiale. Là, la famille, ils m’attendaient. Eux aussi, ils sortaient de la tourbe, de la fosse, un verre à la main. Mais la liqueur était rouge, rouge sang.
J’aurais pas dû venir là cette nuit. On croirait qu’ils m’avaient donné rendez-vous… pour une dégustation.
Bertrand

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Il m’avait dit :
-       Rendez-vous à minuit au cimetière du 5ème !!!! Tu vas voir…
Je sais pas ce qui m’a pris, j’ai dit oui ; pourtant, habituellement, je ne suis pas chaud pour ce genre d’expéditions…
Arrivé au 5ème, ce soir-là, la porte du cimetière était fermée !!! Il m’a dit :
-       Fais comme moi, enjambe…
-       Pour un petit jeune comme toi de 894 ans, c’est facile… mais pour moi… avec mon arthrose et tout… c’est trop dur !
-       Allez, fais pas ton vieux ronchon, viens, on va s’éclater…
Sauf que là… Personne !!!
Personne dans les allées, personne pour changer les fleurs… Rien de vivant, même pas un mort-vivant !!! Ah, Messieurs, Dames, c’est plus ce que c’était la Toussaint…
-       Et alors, on fait quoi maintenant, lui demandai-je, passablement énervé ?
-       Ben, fais comme moi… Sers-toi, ce soir, c’est buffet-froid à volonté…
Là, je le vis gratter, déplacer une stèle et ouvrir un cercueil… J’entendis ensuite un bruit mou, dégoûtant…
-       Ah non alors !!! Si tu m’avais dit que ce soir on mangerait de la boite, je ne serais pas venu !!!
Fabienne

 

J’aurais dû réfléchir avant d’accepter ce rendez-vous à minuit dans un cimetière ; seulement…  moi, j’ai toujours adoré jouer les fanfarons. C’était stupide mais je m’étais engagé…
À présent me voilà, seul, en train de franchir le seuil. Le portail grince lugubrement. Quelques pas à peine et déjà je m’immerge dans ce monde à part.
Un monde de calme et de repos éternel ? Pas si sûr ! j’aperçois à ma droite un spectacle insolite qui me glace le sang : des feux follets illuminent chaotiquement une tombe de marbre blanc, un peu comme s’ils me la désignaient. Tout autour il fait sombre car seul un maigre quartier de lune éclaire faiblement le reste de la scène. Je ne sais pourquoi (pour implorer la clémence divine, qui sait ?) j’ai levé la tête vers le ciel.
Tout là-haut, d’obscurs et mouvants nuages s’écartelaient, laissant apparaître des visages grimaçants ; une mise en garde peut-être ? La mécanique de mon cœur s’était depuis longtemps emballée et mon souffle, trop court, se matérialisait devant ma bouche entrouverte ; il faisait si froid en ce mois de décembre ! Mes pas, que je tentais vainement d’assourdir, résonnaient sur les dalles disjointes durcies par le gel. Tout le chemin semblait en frémir. Impossible de faire moins de bruit. J’aurais tellement souhaité me faire plus discret ! Soudain, le hululement d’une chouette me fit violemment sursauter. Je sais tout ça fait cliché mais dans le contexte j’ai vraiment été terrifié. J’avais la gorge nouée et les nerfs à vifs quand un chien, un énorme dogue, surgit de derrière une sorte de mausolée. Là c’en était trop ! j’ai pris mes jambes à mon cou et suis sorti en hurlant.
À l’entrée du cimetière, les organisateurs étaient tous morts de rire ! ce n’est pas cette fois que je finirai en vainqueur d’un « Grandeur nature » ! la prochaine fois, même si c’est moins glorieux, je me cantonnerai à des jeux de plateaux.
Patricia


Exercice 2
 : Par une nuit sombre et brumeuse, quelqu’un frappa à ma porte, mais quand j’ouvris…

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Par une nuit sombre et brumeuse, quelqu’un frappa à ma porte, mais quand j’ouvris, personne !!!
Et zut, je m’étais encore fait avoir : c’était quelqu’un qui frappait chez la voisine !!! Je commençais à en avoir marre…
C’était quand même le dixième… Avec ces murs fins comme du papier à cigarettes, je savais déjà que, cette nuit, je ne dormirai pas parce que ce serait la bamboula !!!
Fabienne

Nuit sombre

 

On m’a dit de faire court, très court, alors…
Par une nuit sombre et brumeuse quelqu’un frappa à ma porte. Et quand je l’ouvris
Ferme-la !!! Me hurla l’apparition céleste. Enfin pas celle du 7 ème. Celle du troisième sous-sol. C’était une géante, dans les 1 m 80 au garrot. J’ai tout de suite vu qu’elle était borgne car elle fixait le truc impair de mon anatomie. Non, justement l’autre, celui qui n’a plus l’habitude des impairs.
Déloque-toi, pouilleux, qu’elle a hurlé ! Je dois dire que je n’ai pas l’habitude de ce langage un peu cru, mais expressif. En fait je n’ai ni poux ni morpions… je crois.
Vu l’insistance de la dame, – « dame » c’est pour désigner l’outil pour damer -, vu aussi la différence de catégorie sportive entre nous, j’ai obtempéré. Je n’ai gardé que mon caleçon à pois roses.
Ça l’a mise en rage. Déloque-toi, j’ai dit !
Demandé si gentiment. Je n’en menais pas large, ni long.
Si peu qu’elle est partie d’un éclat de rire tonitruant, en claquant la porte.
Bertrand

Par une nuit sombre et brumeuse quelqu’un frappa à ma porte mais, quand j’ouvris, je fus surprise de n’apercevoir qu’un petit coffret en marqueterie, posé là, sur le seuil de ma maison.  J’appelais :
- Et oh !  Il y a quelqu’un ?
Pas de réponse. Seul le silence finit par étouffer mes paroles maladroites. Dépitée et un peu inquiète, je me saisis néanmoins de la précieuse boite et refermant avec trois tours de clefs, me précipitait à la lumière de l’âtre pour tenter de découvrir ce que contenait le coffret. Mes doigts agiles, souvenir d’une jeunesse peu honnête, firent merveille et la serrure céda rapidement.
A l’intérieur point de bijoux ni de pièces d’or mais un très vieux parchemin…
Fébrile, je déroulais le précieux document. Devant mes yeux ébahis apparut un étrange rébus dont je vins néanmoins à bout en moins d’une heure…
Hélas ! J’avais oublié la date du jour et mon stupide voisin avait réussi son coup car le mystérieux message délivré par le rébus signifiait : « poisson d’avril ! ».
Patricia

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Par une nuit sombre et brumeuse, quelqu’un frappa à ma porte, mais quand j’ouvris le ciel était vide.
Il n’y avait plus de brume, plus de lune, plus d’étoiles.
A la place, il y avait un homme gigantesque, entouré de noir. Je ne l’attendais pas, mais lui venais pour moi. Alors, d’un pas léger, je sautai dans le vide.
Claire

 

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