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Atelier d’écriture du 21 octobre 2019

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DEVOIR
 : le conte du pourquoi

Pourquoi les rêves existent-ils ?

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Il était une fois une petite fille malade. Seule. Et triste…
Les autres enfants ne jouaient pas avec elle. Ils ne lui parlaient même pas.
Comme une évidence, très tôt, les livres devinrent ses meilleurs amis.
Il arrivait cependant qu’elle fût déçue par le dénouement d’une histoire, la fin d’un récit, la chute d’un conte.
Alors, elle attendait le soir d’être dans son lit pour réécrire ce qui lui avait déplu ou déçu.
C’est ainsi qu’elle inventa les rêves qui permettent aux petites filles de supporter la réalité.
Fabienne

Dans un monde noir,
Sans un brin d’espoir,
Plus personne ne chantait,
Plus personne ne dansait,

 Chacun vivait de son côté,
Avait disparu l’unité,
Tout était si banal,
Dans leurs yeux, un froid glacial,

 Il manquait un peu d’illusion,
Une utopie pour chacun,
Dans leur esprit une révolution,
Une façon d’explorer l’inconscient avec les défunts,

 Apparut un phénomène magique,
Rien de systématique,
Un endroit où les soucis ne durèrent,
Et ainsi sont nés les rêves.
Chloé

 

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Programme de rêve

Depuis notre septième dimension nous avons de très nombreuses petites lucarnes pour voir ce qui se passe dans les autres mondes. Maintenant que j’ai dépassé le milliard de vos années, mon entité a beaucoup de temps libre. Ces petites fenêtres peuvent zoomer dans l’espace et dans le temps. Parmi mes amis, je suis le roi du zapping, bien aidé par l’organe de contrôle logé dans mon quatrième œil, celui qui analyse tout en permanence.
Sur l’écran, la planète Terre. Le chronomètre vient de s’afficher en temps local : 2.12.1804.  L’image est très nette. Au centre d’un très vieil agglomérat de personnes et d’habitations disparates, on peut voir une île au milieu d’un fleuve appelé Seine. Sur l’île de cette cité, un grand édifice, mi-pierre, mi-bois dont s’échappent des fumées qui puent, des sons qui clochent et des chants dissonants sensés s’élever au ciel. Ces pauvres bêtes sont d’un orgueil !
Enfin le spectacle commence. Un petit homme légèrement bedonnant, en pantashort trop serré, la mèche de travers, l’air belliqueux, s’avance entre les travées. Comme à l’habitude, il est suivi à quelques mètres réglementaires, par une petite femme, très jolie, de couleur incertaine. Au fond du bâtiment, perché sur une estrade, un autre petit homme les attend. Il porte un drôle de chapeau pointu et un nom encore plus rigolo : pissette. A son âge, l’énurésie touche beaucoup de mâles de son espèce. Quand les deux hommes s’embrassent après moult manigances, le plus vieux dit au plus petit :
- Ben vous v’la empereur !
Et la foule de hurler :
- Vive l’empereur, vive l’impératriste.

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça aussi longuement ? D’abord, moi, j’ai le temps. Ensuite, quand mes 4 ème et 17 ème cerveaux se connectent, ils se remémorent l’instant où, nous, le peuple premier, nous avons voulu vous aider, petits hommes.
Depuis quelques dizaines de milliers d’années, votre espèce vivait en Afrique de l’Est. Votre existence était courte et simple. Vous cueilliez, vous chassiez. Vous étiez cueillis, vous étiez chassés. Vous mangiez et vous étiez mangés, en harmonie avec la nature. Vos journées solaires passaient à toute allure.
Par contre la nuit, vous ne faisiez rien, récupérant des forces. Vous dormiez à cerveaux fermés. Ce qui fait que vous n’aviez d’autre ambition que de réussir à survivre jusqu’à la nuit suivante.
A peu près un million d’années avant votre ère, l’assemblée générale de notre septième niveau a reçu une plainte par référendum populaire. Les programmes télé transmis depuis la Terre à nos canaux cognitifs étaient jugés lamentables. Il ne se passait rien dans vos vies qui ne puisse nous passionner. Pour vous dire, on appelait ces émissions : plus belle la vie.
L’idée germa d’améliorer votre potentiel créatif. A l’insu de votre plein gré, nous avons décidé de modifier votre ADN. Oui, vous êtes tous des OGM, comme M. Jourdain. Tous les rêves ont été rendus possibles dans vos cervelles d’oiseaux durant vos nuits, fussent-elles très courtes.
Vos songes tirèrent leurs origines de ce qui s’était passé pour vous, vos proches, vos ancêtres, et caetera. Surtout ils vous ont apporté en cadeau… l’imagination. Comment dormir autrement que dans les arbres, voyager plus loin que le prochain ruisseau, trouver un conjoint mieux roulé, ainsi de suite. Ce fut l’explosion. Vous avez envahi tout le monde réel mais aussi le virtuel, améliorant de manière considérable nos programmes télé visionnaires.
Cependant, nous nous sommes réjouis trop vite. Les inhumains que vous êtes, là où vous êtes les plus compétents, c’est pour les cauchemars.
Et l’on en revient à cette cérémonie dans la cathédrale art gothique. Tout a l’air de bien se passer. Le petit homme est fin content. Certes, il a un ulcère de l’estomac mais il est impérator. A tort, pense le boiteux. Où cela va-t-il donc nous mener ? Implacablement, au prochain génocide. Il en a rêvé ! Et je vous parie que ce sera une histoire belge !
Mais, qu’on se rassure, ce ne sera pas le dernier. Ni le dernier cauchemar, ni le dernier génocide. A trop gâter les hommes…
Bertrand

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Pourquoi les rêves existent


Je regardais mon chat dormir. Il dormait d’un sommeil injuste, infini, relâché comme jamais je ne pourrai l’être. A un moment, je le vis sortir ses griffes, crisper ses deux mains et les ramener à sa bouche. Je compris qu’il rêvait, et que dans son rêve il continuait de massacrer de pauvres souris et de les avaler.
Je décidai pour me détendre d’engloutir quelques-uns de mes quinze whiskies quotidiens. Au huitième verre, il se passa quelque chose de bizarre : mon chat reposa le traité de littérature latine qu’il lisait. Il releva ses lunettes cerclées d’or, posa sa pipe sur le coin de la table, me toisa, et, la mine hautaine, se mit à pérorer, à discourir sur les rapports entre les chiens, les chats et les humains.
-    De l’homme, le chien dit : Il me nourrit, il me caresse, m’aime, donc il est un Dieu ! De l’homme, le chat dit : il me nourrit, il me caresse, m’aime, donc JE suis un Dieu !
J’étais furieux !! D’abord, je déteste que mon chat fume dans le salon, cela laisse des odeurs insupportables dont il est difficile de se débarrasser. Et puis, je ne supporte pas que ce matou imbu de lui-même prenne des airs supérieurs.
-    Ce n’est pas parce que j’ai commis l’erreur de t’appeler Nietzsche que tu dois me marteler ta philosophie de cuisine, lui dis-je, cinglant.
Je passe les détails, une longue joute oratoire suivit, et mon compagnon indocile avait le dessus. Chacun de ses arguments portaient, alors que mes propres idées étaient de plus en plus tourbeuses, je veux dire, de moins en moins claires. De guerre lasse, je lui assénai un dernier coup que je croyais fatal :
-    Tais-toi donc, tout ça n’est pas réel, tu es bien incapable de parler, je suis en train de rêver !
Avez-vous déjà vu un chat éclater de rire ? C’est ce qu’il fit ! Puis, il me jeta un regard plein de pitié. Il remit lentement ses lunettes, tira une longue bouffée de sa pipe immonde, et me dit avec commisération :
-    Mon pauvre Georges, si tu peux rêver, c’est parce que nous, les chats, nous vous avons appris à le faire, le jour où, avec tous les autres félins, nous avons décidé … de vous domestiquer !
Georges


Exercice 1
 :  Histoires mêlées
Une fiche personnage + un objet à tirer au sort

Personnage :
Fabien SEAU
47 ans, marié 2 fois – 4 enfants (2 garçons avec la première femme – 2 filles avec la deuxième)
Nationalité française
Demeurant à Bougy-Lez-Neuville Eure & Loir – maire de ce petit bourg de 900 habitants
Cultivateur et fils de cultivateur – grande exploitation beauceronne
yeux bleus – cheveux rares autrefois blonds – 1,85 m
sujet au sciatiques dues à l’utilisation de tracteurs avec de mauvaises suspensions dans sa jeunesse
collectionneur de papillons – sujet plutôt lymphatique
Chasseur – très attaché à son chien, un épagneul breton qu’il semble même préféré à sa femme parfois.

Chose :
poireau avec feuilles vertes et cheveux blancs – gros calibre
fibreux – a horreur des patates
cherche crème épaisse pour souper léger

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Il allait pleuvoir ! C’est ce que se dit Fabien ce matin-là en sortant de sa ferme en compagnie de Mozart, son épagneul breton. Sa sciatique le faisait encore souffrir. Il allait falloir qu’il se décide à consulter. Il serra les dents, plia son mètre quatre-vingt-cinq dans sa vieille voiture et se dirigea vers la mairie. C’était un tout petit local situé entre ce qui était autrefois, l’école des filles et celle des garçons. Élu maire de ce petit bourg de neuf cents habitants depuis l’année dernière, il tenait une permanence tous les lundis matin.
Il s’installa dans son bureau, recouvert de papillons épinglés aux murs : sa deuxième femme, Alice ne pouvait pas supporter sa collection et lui avait carrément demander de choisir entre elle et ses fameux coléoptères. Après trois ans de mariage, il s’avouait qu’il regrettait quelquefois son choix… ses deux filles et sa femme lui rendant certains dimanches particulièrement insupportables, surtout quand il avait la garde de ses deux fils d’une première union. Il rêvait de famille recomposée « modèle », comme on en voit à la télé et pensait que tout ça n’était peut-être que du domaine de l’utopie.
Mozart s’installa à ses pieds et commença une sieste bien méritée.
Il appela Christine, la secrétaire afin qu’elle lui présentât les affaires courantes. Mais celle-ci était bizarre. Elle lui chuchota à l’oreille « qu’une dame voulait le voir ». Il n’y avait pas beaucoup de gens qui lui étaient inconnus dans ce petit village et encore moins de « dames ». Toutes étaient paysannes ou agricultrices, hormis Élise, la chargée de clientèle du Crédit Agricole… Et ce n’était pas Élise.
Non, celle que Christine fit entrer devait avoir dans les trente ans.
Petite, brune, elle avait une bouche qui n’arrêtait pas de sourire. « Tiens, ça change, se dit-il ». Elle était vêtue d’un gros pull mohair violet comme ses yeux, sur un jean serré. Mozart ouvrit un œil, qu’il referma bien vite, la jugeant certainement sans danger. Elle portait un gros panier. Intrigué, il se leva pour l’accueillir et jeta un œil dans le panier : des poireaux… Il y avait d’énormes poireaux dans ce panier.
-       Bonjour Monsieur le Maire, je m’appelle Léa et je viens vous présenter un échantillon de ma récolte.
-       Mais… ce sont des poireaux !!! fit-il d’un air déçu…
Elle éclata de rire :
-       Et oui, mais pas n’importe quels poireaux ! Comme vous voyez, ils ont des feuilles bien vertes et des cheveux blancs. Ils sont 100% bio et hyper résistants. Voilà l’avenir de Bougy-lez-Neuville !!! Vous savez, ma sœur habite en Nouvelle-Calédonie, elle m’a affirmé que de tels poireaux, là-bas, se vendent facilement dans les dix euros le kilo. Imaginez le débouché !!!
Elle tendait le poireau devant ses yeux
Fabien était déjà conquis ! Et pas que par les poireaux…
Léa eut encore le temps de lui susurrer :
-       Vous savez, ce sont des heu… gros calibres… avec une crème épaisse, je peux vous en faire un diner léger…
Avant qu’il prenne sa bouche gourmande…
Fabienne

Personnage :
Sergio – 17 ans – beau – gracile
métier : castrat – chanteur d’opéra (début de notoriété)
famille nombreuse mais qui vit au loin car il mène une vie d’artiste et fait de nombreuses tournées
défauts : égocentrique – tendances maniaco-dépressives

Chose :
Gomme prophétique
Grands pouvoirs : télépathie – manipulation de souvenirs
Mais surtout, elle peut prédire l’avenir… On la lance en l’air en posant une question à laquelle elle répond toujours juste, simplement par oui ou par non
son côté gauche bleu efface le stylo – le droit est rose et efface le crayon de papier

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A l’aube de ses dis-huit ans et d’une belle carrière d’opéra de contreténor, Sergio, bel éphèbe, avait sa voix qui commençait à muer.
Il redoublait d’efforts vocaux pour rester dans le ton. Sa plus grande peur était de perdre cette voix si particulière. Il avait encore beaucoup de concerts, de dates, à respecter avant des vacances bien méritées.
Il consulta beaucoup de spécialistes pour tenter de résoudre son problème. Tous lui répondirent qu’il n’y avait rien à faire du côté de la gorge, mais il faudrait peut-être penser à une intervention au niveau de ses testicules qu’il faudrait couper.
Sergio, quoiqu’à la limite de la grâce féminine tenait à « ses bijoux de famille ». Pour ne pas tomber dans une dépression, il fit du shopping.
Par pur hasard, il entra dans une librairie-papeterie de son quartier et tomba sous le charme d’une gomme bicolore. Aussitôt, Sergio sentit au plus profond de son ego que cet ustensile scolaire avait quelque chose de spécial.
Une fois son achat effectué, il rentra vite chez lui avec une forte envie d’essayer cet objet correcteur. Juste pour voir, il lança la gomme en l’air en posant cette question : « dois-je écrire une chanson ? ». Il entendit nettement un « koui » lorsque la gomme tourna en l’air sur elle-même.
Surpris, il recommença plusieurs fois l’opération en posant à chaque fois une question. Bien vite, il comprit que la gomme ne pouvait répondre que par oui ou par non. Au début de « leur relation », il posa des questions sur tous les sujets. Selon la réponse de la gomme, il se sentait triste ou heureux. Un moment, il la soupçonna même de manipuler ses souvenirs et son mental.
Sergio apprit bien vite à contrôler cet objet prophétique.
Il conditionna sa vie, selon les réponses de sa gomme, aux questions précises qu’il posait.
Il put ainsi continuer sa vie de chanteur, en changeant de voix. Il gagna beaucoup d’argent et eut plus de temps libre qu’il mit à profit pour voir plus souvent sa grande famille qui habitait au loin et ils les fit bénéficier de sa richesse.
Cependant, Sergio n’avait pas remarqué que, petit à petit, sa gomme s’usait et rapetissait très lentement. Lors d’un repas de famille, une de ses petites nièces qui était en train de dessiner, trouva la petite gomme et s’en servit pour effacer un coup de crayon. Sergio se rendit compte trop tard qu’il s’agissait de sa gomme qui était tombée de sa poche avant droite.
La petite fille venait d’user complètement son porte-bonheur ! Après une moue de dépit, Sergio eut un sourire : il était à l’orée de ses cinquante ans. Il avait une grande carrière de chanteur, de nombreux concerts et des comptes en banque bien fournis. Finalement, il n’avait plus besoin de porte-bonheur…
Arnaud

Personnage = Mary Poppins
Objet = une fourchette

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Ma nounou est magique,
Elle a un sac très pratique,
Quand il fait froid elle en sort des gants,
En été elle y trouve même un toboggan !

 Il ne nous manque jamais quoi que ce soit,
Elle trimballe même des rideaux de soie,
Si vous la croisez dans la rue,
Demandez-lui une grue !

 Mais à notre pique-nique,
Mon frère commença son plat,
Et sa fourchette il cassa,
Mary Poppins si sympathique,

 Lui en proposa une autre,
Termina son toast,
Et dans son sac elle chercha,
Mais elle n’en avait pas…

 Pas si magique que ça son sac finalement…
Chloé

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