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Atelier d’écriture du 14 octobre 2019

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Exercice 1 :  Les petits papiers

Serviette – drap – torchon – rideau – mouchoir – couverture
Gai – triste – acariâtre – compatissant – nostalgique – insouciant
Piocher 2 petits papiers « noms » et 2 petits papiers « adjectif » et faire un texte les mettant en scène.

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Un drap insouciant Une couverture triste

Tous les matins, avant de partir au travail, Lucie ouvrait en grand son lit, pour « le laisser respirer » disait-elle. Mais quand elle était partie, un drôle de dialogue s’installait entre la couverture et le drap. La couverture était triste, triste… et voyait tout en noir. Elle ne supportait pas d’être ainsi déployée en grand dans cette chambre. Pour que la vie est un peu de sens pour elle, elle se devait d’être bien rangée, épinglée aux quatre coins du lit, sans aucun pli qui dépasse. Une vie lisse et sans histoire. Le drap essayait tant bien que mal de lui remonter le moral. Il tentait de lui dire :
-       Regarde, belle couverture, ce matin, le soleil vient caresser tes couleurs et les fait paraitre tellement plus belles !
-       Tu dis ça parce qu’autrement, mes couleurs sont délavées et tristes !
-       Mais non, jolie couverture, la vie est tellement passionnante quand on la prend comme elle vient, et qu’on laisse faire le hasard !
-       Ah ! Le drap, tu es trop insouciant, pour toi, rien n’a d’importance et ce n’est pas parce que tu es rose qu’il faut croire que, justement, la vie est toujours rose !
-       Mais si, triste couverture, imagine qu’un jour, deux amants viennent s’aimer entre toi et moi…
-       Oh, mais le drap, arrête de dire des choses comme ça !
Les jours passaient… et il ne se passait rien, donnant raison à cette pauvre couverture, jusqu’au jour où… Lucie n’arriva pas toute seule. Elle était avec un joli garçon de son âge. Ils commencèrent à s’embrasser dans le couloir et furent bien vite dans la chambre où le lit, déjà ouvert, déjà offert, servit d’écrin à leur amour naissant. La couverture soupira d’aise et le drap rosit de plaisir.
Fabienne

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Une couverture nostalgique
Une serviette compatissante

Triste, infiniment triste. Se remémorant son passé pas si lointain elle désespérait. La gloire. Elle avait connu des prix. On la vantait. Elle plaisait. Souvent, très souvent on la mettait en vitrine. Certains la caressaient comme caressent les aveugles. Mais maintenant…maintenant. D’une elle était passée quatrième, le dernier degré. Les personnes âgées, ceux du quatrième âge, comme elle, les vieux la consultaient encore. Mais elle n’était plus qu’une vieille aguicheuse, prête à faire vendre. La couverture était nostalgique. Elle avait toujours le dessous. Dans une pile de livres, au mieux elle se frottait aux premières, ces arrogantes, au pire elle supportait tout le poids. Mais cette fois là, elle eut de la chance. Il ne restait plus qu’un exemplaire. Sans la consulter, la quatrième, un vieux docteur à la retraite l’enleva prestement. Ayant payé le prix, le médicastre la glissa dans son baise en ville. Le confort de la sacoche la consola. La bonne odeur du cuir bien entretenu, si tendre, si câlin. Quel bonheur de se blottir dans une serviette compatissante.
Bertrand

couvertures gai/ys, draps insouciants

Vend literie de luxe, style rococo très pompeux ayant appartenu à la drag queen RuPaul, à Freddy Mercury, ou encore à de multiples personnalités du Vatican, y compris le pape François, mais encore en parfait état.
Inclus draps légers de tissu fin + lourdes couvertures en satin brodées de fils rouge et or. Donnent un sommeil réparateur bien que peu paisible.
Il est dit que les couvertures sont assez maniérées et que les draps se négligent parfois un peu, cependant ils sont tous deux d’excellente compagnie.
Prix exorbitant mais non discutable, offre à prendre ou à laisser.
Récupérez le tout auprès de nos boutiques dans le 3eme et le 13eme arrondissements, payables en quatre fois avec frais.

Nota Bene : Nous vous conseillons de déplacer momentanément les biens cités ci-dessus lors du prochain passage de votre contrôleur fiscal.
Loup

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drap gai
Serviette insouciante

Il faisait grand vent ce matin-là ; un mistral qui vous glaçait les os. Jeanne, une corbeille sous le bras se hâta frileusement au fond du jardin pour y étendre son linge. La lessive, de grands draps blancs gais comme des fantômes un soir d’Halloween, valsait sur les fils distendus. Culottes et chaussettes pour unijambiste suivaient, appliquées, ce mouvement de balancier. Soudain, une bourrasque plus violente, s’empara d’une petite serviette à carreaux rouges et blancs. La serviette insouciante, brinquebalée à chaque nouveau souffle, s’envola bien loin, caressant légèrement les touffes les plus élevées du grand mimosa sans jamais s’arrêter. Jeanne, poursuivant l’indisciplinée, s’éloigna peu à peu de la maison et s’enfonça dans la forêt. Chaque fois qu’il lui semblait s’approcher de la serviette, la volage reprenait le large.
Épuisée, Jeanne s’arrêta non loin d’un ruisseau pour s’y désaltérer. L’eau était fraîche et pure. En s’y penchant elle aperçut une jeune-femme tout échevelée. Surprise, elle se redressa vivement. Cependant, comme attirée par un charme inconnu, elle se pencha à nouveau. La jeune-femme de la rivière semblait plus calme à présent et Jeanne se demanda ce qu’elle faisait ici, seule, dans cette grande forêt. Comme elle tendait sa main pour frôler l’eau claire, la jeune femme, dans l’onde, eut, en miroir, un mouvement similaire. Elle semblait sourire à Jeanne qui, troublée, pensa que l’ondine lui faisait signe, l’appelait même. Intriguée, Jeanne se pencha encore et encore et finit par glisser dans la rivière. Immédiatement l’eau glacée lui mordit bras et visage. Cette eau était si froide qu’elle eut la sensation de s’y endormir ; l’ondine, elle, avait disparu.
On ne retrouva Jeanne que le lendemain, flottant mollement sur la rivière. Tout là-bas, au fond du jardin, les grands draps blancs l’attendaient et seraient son linceul. Quant à la coupable, cette peste de serviette à carreaux, elle avait dû réussir à s’échapper car on ne la retrouva jamais.
Patricia

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drap compatissant et mouchoir nostalgique

D’aucuns peuvent me juger un peu lisse au premier abord, mais ce n’est pas ce qui me qualifie véritablement. Ma trame est usée par le temps, et c’est l’expérience de la vie qui m’a rendu si doux. Très tôt j’ai joué à « Il est où le bébé ? ». Puis, tendu sur un poteau central, j’ai abrité des enfants qui m’avaient déguisé en tipi. Je leur ai ensuite servi de nappe quand ils sont devenus des étudiants fauchés. J’ai caché bien des ébats, étouffé des cris de plaisir et des pleurs… J’ai toujours été là pour eux. C’est dans ma nature, je ne supporte pas qu’on m’éloigne, j’ai besoin de chaleur humaine et je me blottis toutes les nuits contre ceux qui en ont besoin : Je suis un drap compatissant.

Mais, je sens bien que j’ai fait mon temps. On m’a peu à peu relégué au placard et on ne me sort plus que rarement. Et un beau jour, Marine, qui partage ma vie depuis tant d’années et qui a pour ainsi dire vieilli dans mes draps, a pris conscience qu’on ne pouvait pas toujours tout raccommoder. Elle a pris des ciseaux ─ Ciel ! ─ a sorti sa machine à coudre ─ J’avais si peur de finir en chiffon ! et ─  Vous m’en voyez tout ému ─ nous avons fait des petits, plein de petits mouchoirs blancs !

Mais le morceau où étaient brodées ses initiales spécialement pour son trousseau de mariage, elle l’a cousu avec amour et en a poursuivi la broderie sur tout le contour. Et ainsi elle me garde au chaud contre sa poitrine et nous nous endormons le soir en ressassant nos souvenirs du bonheur passé. Je suis devenu un mouchoir nostalgique.
Muriel

Une couverture nostalgique et un torchon gai

Elle sanglote dans son placard depuis que sa maitresse est venue vivre en Nouvelle-Calédonie. Elle n’a plus besoin d’elle avec cette chaleur, surtout que c’est une couverture lourde et très chaude. Elle est nostalgique de son ancienne vie en Islande. A force de geindre, elle énerve tous les autres linges de maison : draps, serviettes, taies, etc. Tous, sauf un : le torchon fétiche de leur propriétaire. Il est souvent de sortie, même sale, voire très sale, elle le garde près d’elle.
Le peu de fois où elle le lave, dès qu’il est sec, elle le range dans le placard pour ne pas trop l’abimer. Mais, au bout de quelques jours, elle le ressort. Pourtant, elle s’efforce à ne pas le reprendre car il commence à effilocher. Lui, il s’en fiche, au contraire, il est gai !
La couverture se rappelle qu’elle était gaie, avant, comme le torchon. A eux deux, ils formaient un beau couple dont les autres linges de maison étaient jaloux. Maintenant, elle envie la vie du torchon. De sa voix la plus mielleuse, pour paraitre gentille, elle le prévient « amicalement » de faire attention car il va bientôt se trouer et être jeté à la poubelle. Il ne l’écoute que d’une oreille et ne lui parle plus. Il se venge de leur existence avec la grand-mère de leur propriétaire. Car avant, c’était l’inverse : la couverture gaie et le torchon nostalgique. Car il est très vieux, il vient de l’arrière arrière grand-mère.
Arnaud


Exercice
2
: Écrire une suite à la chanson de Léo Ferré (Les vieux chagrins)

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Y’a des chagrins
qui font le pied de grue
Devant ma porte

 Des souvenirs lointains
D’une époque révolue
Que le vent les emporte !

 Y’a des chagrins que je veux oublier
Pour rendre ma vie plus gaie
Et croire aux lendemains

 Pourtant certains soirs,
Dans ma vie, il fait très noir
Et l’espoir est vain.

 Alors, d’un revers, je balaie tout
Fantômes du passé, poussez-vous
Laissez entrer un peu de soleil !
Fabienne

Il y a des chagrins qui font le pied de grue devant ma porte,
J’hiberne dans mon appartement,
Ils attendent que j’en sorte,
Sauf que je ne céderai pas si facilement,

 Depuis la Saint Valentin je me les traine,
Ils ne me laissent pas même une seconde de joie,
Ils attendent là alors que je pleure comme une madeleine,
En l’espoir j’ai perdu toute foi,

 Il y a des chagrins qui font le pied de grue devant ma porte,
Plus rien ne m’importe,
Je suis seule dans mon monde,
Avec mes larmes le sol j’inonde,

 Je ne connais plus la couleur du ciel,
Seulement l’odeur du thé au miel,
Que quelqu’un vienne me sauver par pitié !
Je ne veux pas d’amour, juste un brin d’amitié.
Chloé


Léo !

 Y a des chagrins qui font le pied de grue devant ma porte.
Y a des tristesses gouttes de pluie sur mes fenêtres.
Y a des détresses qui font l’orage sur la pâleur de l’oreiller.
Y a des femmes brunes qui m’ferment les yeux dans mes rêves bleus.
Bertrand

Y’a des chagrins qui font le pied de grue devant ma porte.
Enfin, je dis des chagrins, je vulgarise pour le public, hein !
Ce qui m’attend en bas est plus que diversifié. Y’a les agents de impôts, déjà, qui me sont assez antipathiques.
Puis le chef de la salle de sport, plus baraqué qu’Obama, à qui je dois trois mois d’abonnement ; lui non plus, pas très accueillant.
Il y a en outre la propriétaire de mon misérable logis, qui elle aussi attend sa paie depuis une paie.
Bon, je vous épargne les détails, en gros ajoutez à ce qui fut dit précédemment : une chatte qui attend sa pitance en miaulant tout son soûl, un gang de recenseurs qui veulent mes coordonnées plus que mes presque amours passées, des amis trop sociables qui n’en peuvent plus de mon absence, quelques professeurs en manque d’éléments moteurs, un duo de témoins de Jéhovah qui comptent bien me rappeler qu’ils existent, et une pléthore de camarades dont l’inquiétude intéressée dégouline sur le trottoir.
Je crois que les seuls qui viennent sans vouloir quelque chose, ce sont les membres de ma famille (sans inclure la sœur évidemment, qui ne vient que pour dormir dans ma chambre).
Il y a aussi les membres de l’atelier, mais bon, ils avaient trop bu et ne pouvaient pas prendre le volant. Jean-Brice les héberge pour la nuit à la bibliothèque. Eux, au moins, ils ont raison : la sécurité avant la solidarité, que diable ! Mais c’est déjà peine perdue. On ne fait pas sortir de chez soi un vrai misanthrope aussi facilement, haha !
Loup

Ya des chagrins
Qui font les pieds de grue
Devant ma porte.

Ya des matins
Qui vous laissent fourbue
Et comme morte.

Ya des demains
Qui jouent les inconnus
Puis, vous emportent.
Patricia

Y a des chagrins
Qui font le pied de grue
Devant ma porte

Y a des matins
On n’en peut plus
Des amours mortes

Mais y a aussi
Des sourires à la fenêtre
De mon voisin

Des mots jolis
Pleins de peut-être
Et de demain

Ces égarés
Loin des emmerdes
Nous tendent une perche

Et leurs baisers
Toujours se perdent
Pour qu’on les cherche
Muriel

Ya des chagrins qui font les pieds de grue
Devant ma porte.
Ya des assassins qui tôt le matin piétinent dans ma rue.
Ya des marins au port qui m’attendent pour aller loin.
Ya des lendemains heureux pour des pauvres devenus riches,
Et moi, bon samaritain, enfermé chez moi pour détournement de fonds
Arnaud

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