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Atelier d’écriture du 9 septembre 2019

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DEVOIR : Une uchronie

Et si… les peuples d’Amérique latine avaient envahi et colonisé l’Europe

A

Depuis des siècles, nous, les Incas formions une puissance en constance expansion. Nous vivions heureux dans le « nombril », autrement dit Cuzco, notre capitale.
Après avoir conquis toute l’Amérique, du sud au nord, mes ancêtres rêvaient d’un royaume toujours plus grand.
Alors, mon arrière-arrière-arrière grand-père, Tupac Yupanqui décida qu’il fallait aller par-delà la grande mer, à la découverte de territoires nouveaux. Il fit construire de magnifiques caravelles et nomma Huayna, son fils, chef de cette immense flotte. En 1492, Huayna mis le premier le pied sur un nouveau continent qu’il décida d’appeler « Europe », conformément à la volonté de nos dieux qui s’étaient manifesté dans ses rêves.
Ce premier voyage servit de repérage pour voir toutes les richesses et territoires à prendre.
Mes aïeuls revinrent, toujours plus nombreux. Ils pillèrent et massacrèrent tout sur leur passage pendant quarante ans, mais c’est la dure loi de la colonisation.
En 1533, il ne restait plus qu’une poignée de vaillants autochtones, commandés par Francisco Pizzaro qui ne firent pas le poids en face de ces féroces guerriers. Atahualpa fut le dernier des conquérants et n’eut aucune pitié pour eux. Quand il se retrouva en face de Pizzaro, le chef inca vit dans ses yeux qu’à sa place, il aurait fait pareil. Il lui transperça la poitrine d’une lance et expliqua ensuite à ses enfants : « c’était lui ou moi ! ».
Alors, nous construisîmes partout des temples à la gloire de nos puissants dieux. Nous apportâmes de bonnes choses aussi, comme la pomme de terre, le maïs et le chocolat, la boisson divine, que ces sauvages ne connaissaient même pas !
Fabienne

A colonialiste, colonialiste et demi !

Je porte le nom de la langue de mes ancêtres : Nahuatl. J’ai quarante ans. Je suis né dans cette belle région que les indigènes ont glorieusement appelée le pas de Roland. De façon curieuse cette appellation vient d’une humiliante défaite. Il paraît que ledit Roland souffrit d’un cor et qu’il cassa son épée.
Notre peuple ne fête que les victoires. Nous pourrions en célébrer une tous les jours. Particulièrement depuis que mon aïeul Moctézuma a rossé un Ibère sot nommé Cortès. Quand ce grand dadais s’est présenté devant notre belle capitale avec ses soldats métallisés et quelques esclaves mercenaires, bêtement il a ôté son casque. Devant nos murailles il a paradé comme un coq sans plumes. Mon trisaïeul s’est mépris son identité. Cette année là était sacrée, le type venait de l’est et surtout sa tignasse était rousse. Tout semblait confirmer la prophétie du retour de Quezalcoatl, notre dieu serpent à plumes.
Néanmoins, le plumage ne correspondait pas au ramage. On se méfia. Cortès et ses trois capitaines furent accueillis seuls, mais à l’annexe du palais, pour discuter affaires. Mocté lui envoya sa meilleure courtisane du soir, nommée Nuit Câline. Celle-ci lui fit rapidement son rapport, façon de dire.
Ce ne pouvait être un dieu ! D’abord, il se teignait. Ses autres pilosités étaient noires de jais. Ensuite, son serpent était vraiment minuscule, un bébé ver de terre tout au plus. Enfin, il faisait l’amour à la diable ce qui, pour un dieu, est nettement insuffisant.
Pour la courtisane aussi et elle s’en plaignit amèrement.
Quant aux trois capitaines, on comprit très vite ce qu’ils recherchaient : tirer un coup de leur mousquet fumeux. Leur sort était scellé. Mon ancêtre fut sans pitié. Les quatre migrants infidèles furent cardiectomisés en place publique. Ce fût réjouissant de voir leur cœur continuer de battre à la vue de tous, presque aussi longtemps que ceux de nos bons esclaves. On prépara de la grillade espagnole. Ici, pour commémorer cet événement, je me fais préparer un « cerdo asado ». Voilà le régal de l’aztèque saignant.
Voyant les navires ancrés près de nos côtes nous comprîmes que ces étrangers ayant perdu la tête venaient de loin. Ce fut un jeu d’enfant que de construire une centaine de copies de ces vaisseaux. Elles s’appelèrent les velcara puisqu’elles feraient le chemin inverse.
Lors du premier voyage, et il y en eut des centaines après, plus de deux mille Aztèques furent embarqués. Tous furent malades. On connaît l’Aztèque doré à point. Mais là, tous étaient bleus, voire hachés. L’invasion de l’Europe fut rapide et quasiment sans combats. Nos trucs en plumes plurent énormément. Pour nourrir les pauvres conquis nous leur jetions des tomates, haricots rouges, du maïs surtout. Toutes choses inconnues d’eux qu’ils pensèrent être des cadeaux divins. Ils en devinrent quasiment tous végan.
En moins d’un siècle, nous, les aztèques amarinés, conquîmes l’Europe du sud jusqu’à Poitiers. Nous y imposâmes toutes nos cultures en plus du sarrasin.
Ma famille s’installa à l’angle du golfe de Gascogne. Ce ne fut pas un choix naturel. Les tempêtes nous y drossèrent. Mon grand-père construisît des cargos à voile pour faire le commerce avec un autre continent, l’Afrique.
C’est ainsi que ma ville, Bayonna, devint la capitale du chocolat. Cette cité magnifique est située au bord d’un fleuve dont nous adorons le dieu. Il fut donc nommé Adour. De part et d’autre de ce cours vivaient deux peuplades autochtones : les Landouilles et les Bascouilles.
Les habitants des Landes vivaient heureux mais à leur rythme. Ils ne connaissent pas de jour sans pin. Ces bonnes pâtes sont nos esclaves préférés, même s’ils glandouillent assez souvent. Par contre du côté des Bascouilles, on ne peut pas dire que ça traine. Le cochon est leur animal fétiche. Comme ils disent dans le lard tout est paillard. Nous respectons toutes leurs coutumes incompréhensibles. Courageux, ils sont ! Il n’y a que leur vin qui soit imbuvable.
J’aurais encore beaucoup à vous raconter, le temps passe si vite en votre belle compagnie. J’ai peur d’être lourd. Surtout on m’appelle pour le dîner. Ce soir est spécial. Au menu, nous aurons du confit de landouille. Le cuisinier m’avait conservé la cervelle. Mais je crois que je vais la laisser à mon fils ainé. Vous savez, moi, le cerveau de landouille…
Bertrand

Exercice 1 :  Fenêtre avec vue sur jardin secret

Jardin

Demain, demain, je sors enfin de l’hôpital de la Pitié. A ce moment c’est le seul endroit où l’on pratique une opération qui a pu me sauver. Au moins me maintenir en vie, par pitié.
C’était au printemps qu’avait eu lieu ce que j’appelle l’accident. C’était aussi mon printemps. J’avais vingt-deux ans et encore un peu d’acné. Surtout, je fleurissais d’illusions. Par dizaines de milliers on nous avait mis en terre. L’hiver dans cette belle campagne avait été sévère. Il s’attardait comme un vieillard immobile empêchant la jeunesse de se défouler. Les beaux jours nous surprirent. Les ordres de nos supérieurs aussi. Les canons avaient tonné tous les jours, ponctuant nos parties de belote. La der, je te dis, dix de der.
A six heures du matin, à coups de pieds au luc, on nous expulsa des tranchées. Les Allemands avec lesquels nous avions fêté Noël n’attendaient que cela. Mon sac de grenades à la main, la baïonnette au fusil, j’ai couru. Quand je suis tombé, je n’ai pas vraiment compris. Je n’avais pas mal. Enfin pas trop.
Juste une migraine.
Relève-toi ai-je ordonné. Sinon ton lieutenant va te descendre. Il me l’avait promis si je me couchais.
Dans mon cou, j’ai senti un liquide gluant ? D’abord chaud, tiède puis froid et qui a fait des grumeaux. Comme le lait qui a tourné, mal tourné. La migraine s’est intensifiée, du côté gauche. Difficilement, j’ai mis ma main à la tête. Je n’avais plus mon casque. Un éclat d’obus venait d’emporter tout mon os pariétal plus des petits morceaux des autres os du crâne.
J’ai attendu jusqu’au soir dans ce trou. On m’avait bien dit qu’il était rare qu’un obus tombe deux fois exactement au même endroit. Les brancardiers qui m’ont récupéré étaient de joyeux lurons démystifiant le carnage. L’un d’eux m’a dit, gentiment :
- Auparavant on n’en était pas vraiment persuadés. Maintenant si. Tu as un cerveau, on le voit
Moi qui avais peur de faire de la moto sans casque !
Mon chirurgien est bien aimable. Il m’a réparé du mieux qu’il a pu. Les fonctions vitales et locomotrices ont été retrouvées. Y compris celle de la reproduction. L’infirmière m’a dit qu’il me faudrait de la rééducation. Tout l’hôpital est venu me voir. Les docteurs, les infirmières, les femmes de ménage et surtout les autres malades. Je suis une véritable attraction. Tout le côté gauche de mon crâne n’est protégé que par une fine membrane quasi translucide. Trait d’humour du médecin chef :
- Vous ne pourrez pas nous quitter sur un coup de tête !
Mais le pire, c’est pour Aude. Elle a vu toute ma décrépitude. Et ce n’est pas que le crépi qui est parti. Hier, anxieusement, je lui ai demandé :
- Si fragile, tu ne vas pas vouloir de moi. Tu ne sauras pas comment te comporter avec un tel infirme, une attraction de foire.
- Au contraire, m’a-t-elle répondu d’une voix douce. Je saurais tout de toi. J’aurais le plus souvent une fenêtre avec vue directe sur ton jardin secret.
Bertrand

Élise avait, bien sûr, son jardin secret, comme tout le monde… Enfin, je pense que tout le monde en a un, mais ce n’est pas vérifié. Elle parlait peu, ne se confiait pas. Julien la rencontra au bal des pompiers, un 14 juillet. Ils se plurent tout de suite… Enfin, elle plut à Julien, le contraire n’était pas vérifié, vu qu’elle ne disait rien. Julien voulait tout savoir sur cette « belle ténébreuse », mais elle l’écoutait parler et ne répondait jamais.
Le temps passa, Julien était de plus en plus amoureux et la belle toujours plus énigmatique ; il décida qu’il était temps d’habiter ensemble. Il lui proposa, mais comme elle ne répondit pas, il considéra que c’était un acquiescement.
Ils louèrent un charmant petit deux pièces qui avait une drôle de particularité : un couloir séparait le salon de la chambre et dans ce couloir, il y avait une fenêtre qui donnait directement sur le lit. Julien fut conquis, ils aménagèrent tout de suite.
La première nuit, après un torride câlin, Élise s’endormit, mais Julien, lui, ne put fermer l’œil. Il alla se chercher un verre d’eau. Quand il revint, il entendit Elise qui parlait. Alors, il se mit dans le couloir, juste devant la fenêtre pour essayer de savoir. Dans un murmure, Élise ne cessait de répéter :
- je n’entends pas… je n’entends pas, je n’entends pas…
Julien eut enfin une vue sur le jardin secret de son amoureuse sut enfin pourquoi elle ne lui répondait jamais : elle était sourde et n’osait le lui dire.
Fabienne


Exercice 2
 : Chacun écrit un titre de film sur un morceau de papier et le donne à son voisin de gauche. Ce titre servira de thème à un texte.

j'accuse

J’accuse les fleurs de sentir trop bon
J’accuse les oiseaux de chanter si bien
J’accuse le soleil de briller trop fort
J’accuse la nuit d’être aussi profonde
J’accuse l’air d’être si léger
Et le ciel si bleu
J’accuse tout ce qu’il y a de beau ici-bas…
Tout ce qu’on regrettera…
Fabienne

l'autre

L’autre

 Je suis omophobe. Franchement je vous le déclare. Ouvertement je l’affirme.
Je le sais : elles sont toutes pareilles.
Les unes comme les autres.
Non, mais, celle-là je ne peux pas l’encaisser. Elle se croit la meilleure, la plus forte. Avec la mondialisation, les méthodes modernes, on peut se dire, qu’importe l’origine ! Qu’importe notre façon de faire, notre mode de vie. Ça n’est pas une allergie. D’ailleurs, moi aussi je suis un homo mais du genre sapiens sapiens, enfin j’espère. Néanmoins je ne ferai pas avec. Plus blanc que blanc, très peu pour moi.
Je refuse omo. Au supermarché je prends… l’AUTRE !
Bertrand

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