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Atelier d’écriture du 26 août 2019

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DEVOIR : 5 mots extraordinaires = spic – abstème – régolithe – entrisme – topiaire

Jardin

Dans sa vie, Ferdinand avait deux passions : le jardin et ses trois filles, Rose, Violette et Marguerite. Il disait souvent que, pour l’un comme pour les autres, les mêmes qualités étaient requises : attention, soins, patience et surtout, beaucoup, beaucoup d’amour.
Ferdinand était le jardinier du château.
Pendant les vacances scolaires, ses filles venaient l’aider. La semaine dernière, ils avaient planté de la régolithe, une plante très très fragile, mais qui, quand elle fleurissait était un émerveillement, une explosion de couleurs et de parfums. C’était, de loin, la reine des plantes. Bien sûr, il avait fallu surveiller de très près les spics et les blaps, insectes baveux et dégoûtants qui se nourrissaient des jeunes pousses de la régolithe et tuaient tout espoir de floraison. Pour les chasser, chacun avait sa méthode : Rose amenait toutes les coccinelles qu’elle trouvait car elles étaient très friandes de ces insectes ; Marguerite les attrapait et les écrasait sans relâche, mais il semblait qu’au plus elle en tuait, au plus il y en avait ; Violette, quant à elle, récitait sans relâche un entrisme, une sorte de mantra :
Vilains insectes, quittez ce lieu
Vilaines bêtes, je vous dis adieu

Apparemment, la conjugaison de toutes ces méthodes s’avérait finalement assez efficace. Ne restait plus qu’à éliminer les taupes. C’est Ferdinand qui était le spécialiste : il disposait régulièrement des taupières qu’il fabriquait lui-même. Sauf qu’il était le seul à y croire : les taupes se cachaient la journée et dansait l’abstème toute la nuit ! Mais jamais, elles ne s’approchaient de la régolithe ni d’ailleurs des autres plantes du jardin du château.
Fabienne

Un spic dans la main, Pierre avance vers la chapelle. La messe n’a pas encore commencé mais il entend l’abstème. Il s’empresse de s’asseoir, faisant attention de ne pas casser son spic.  Un régolithe l’enguirlande.
- Vous faites trop de bruit !
- Excusez-moi, je n’ai pas fait exprès.
- Quel entrisme cette expression… « Excusez-moi ». En français, on dit « Je vous prie de bien vouloir m’excuser. » On ne force pas la personne.
Soudain, un son strident résonne dans la chapelle. Le prêtre demande à tout le monde de se calmer, ce n’est rien de grave. Il a seulement fait tomber son microphone sur une topière.
Finalement, le régolithe continue son discours sur le manque de respect des jeunes et la façon dont ils adressent à leur prochain.
- C’est une honte de se dire Français et de parler un français si pitoyable.
- Monsieur, je veux bien que ce soit une honte ; mais s’il vous plaît, je vous prie de bien vouloir vous taire. La messe commence.
Chloé

 

Le sens de ces mots :
Spic : sorte de lavande qui entre notamment dans la composition du baume du tigre
Abstème : désigne une personne qui ne boit pas d’alcool
Régolithe : recouvre le sol de la lune (roche poussière)
Entrisme : introduction d’une personne dans un groupe pour en modifier la ligne d’action
Topiaire : art de tailler les arbres ou arbustes d’un jardin pour leur donner différentes formes


Exercice 1
 :   logo rallye
-       Tu es beaucoup plus mignon en vrai
-       Mémé ne le sait pas, elle ne monte jamais
-       Je suis garé comme d’habitude, en face du salon
-       Elle a traversé la rue et je me suis penché pour lui ouvrir la portière
-       Elle sait exactement ce qui me plait.

 

- Tu es beaucoup plus mignon en vrai, s’exclame hypocritement Done Julia en voyant Don Gallorne.
Elle n’a jamais eu envie de se marier à ce vieux moustachu, même s’il est réputé pour être un vaillant et vertueux officier de l’armée. Elle aurait préféré un jeune noble, son professeur par exemple, qui lui a l’air si doux, si pédagogue, si instruit aussi… elle est tirée de sa rêverie par la voix de son nouveau mari, qui lui dit sévèrement :
- Une bonne femme se doit de vouvoyer son mari.
Done Julia aurait même préféré épouser un fossile humain. Un ancêtre si usé qu’il ne pourrait pas la surveiller. Par exemple, chez elle, tout ce qu’elle fait dans sa chambre reste secret. Et mémé ne le sait pas, elle ne monte jamais. Done Julia est de nouveau perdue dans ses pensées, ce qui agace Don Gallorne, lui beaucoup plus ancré dans la réalité. Il prend congé et dit à sa jeune conjointe :
- Je vous attendrai dans le carrosse, Madame. Vous connaissez ma voiture et mon habitation : je suis garé comme d’habitude en face du salon.
Elle n’a même pas entendu, tellement absorbée par son propre monde. Ainsi, quand elle réalise le départ de l’homme, elle s’empresse de lui courir après. Elle a traversé la rue et il s’est penché pour lui ouvrir la portière. Malheureusement, une autre voiture arrive à ce même moment, chevaux affolés et filant à toute allure. Une grande amie de Don Gallorne, Done Ursula, fonce sur la jeune femme, qui à moitié hébétée n’a rien vu venir. Elle finit donc sur la chaussée, le corps brisé et se noyant dans son sang. Face à un tel spectacle, un rictus couvre le visage de Don Gallorne, qui n’a pas plus voulu cette union. Il lance d’un air joueur et ravi à Done Ursula :
- Savez-vous ma chère, que je suis l’heureux ami d’une charmante et délicieuse dame ? Je peux m’estimer chanceux, car elle vient de m’offrir un grand cadeau, et elle sait exactement ce qui me plaît.
Loup

FH
Je l’avais vu dans des magazines, dans des films et des séries et même sur des panneaux. Mais il est beaucoup plus mignon en vrai. Ses yeux marrons pétillent davantage dans la vraie vie que sur les photos et ses cheveux paraissent plus doux. Bref, la vraie vie rend mieux justice à ses traits que Photoshop.
Dans ma chambre, j’ai accroché ses posters. Ça ajoute de la couleur à ma chambre mais ça ne va pas avec la déco du reste de la maison. Mémé ne le sait pas, elle n’y monte jamais.
- Je suis garée comme d’habitude, en face du salon, expliquai-je à Marie qui, elle aussi, rêvait de le voir en vrai. Il n’y avait personne autour de nous ce qui augmentait nos chances de passer inaperçues. J’espère que ça va marcher. Marie se précipita dans le salon, prit une photo de lui, lui demanda un autographe et sortit rapidement. Ensuite, elle a traversé la rue, et je me suis penchée pour lui ouvrir la portière. Il fallait faire vite, sinon on allait se faire choper . Quelques minutes plus tard, elle me montra les photos et l’autographe. Il avait signé « François Hollande » son livre d’un coup de stylo si précis. Tout était parfait. Je vous assure, elle sait exactement ce qui me plait.
Chloé

Exercice 2 : Sur une photo

Parcours_InaGrm_0003

Actualités du 1er août 1952 :

Grande révolution dans le monde de la recherche ! Les plus grands chercheurs de France ont enfin résolu cet immense problème : comment faire entrer des limaces dans des coquilles d’escargots ?
Cette machine, assez complexe, a été conçu par le Professeur Elie Mas, que l’on voit ici sur la photo. A l’aide d’une poignée fixée aux deux roues, la limace est mise sur rail pour entrer à reculons dans la coquille blanche que l’on voit au fond, à droite de la photo. Certes, pour l’instant, l’appareil est de grande dimension, mais dès que tout sera au point, il sera miniaturisé.
La seule question qui reste encore en suspens est : à quoi servira un tel appareil ? Pour l’instant, personne, même le fameux professeur n’a pu y répondre.
Fabienne

Il y a un secret. Un grand secret même, si je puis me permettre, mais n’allez surtout pas ébruiter cette affaire ! Les théoriciens de la conspiration sont déjà assez productifs comme ça. Je vais vous révéler une chose : sous le palais de l’Élysée, il y a un sous-sol que personne, à part quelques personnages haut placés, ne connaît. La loi française est parfois très embêtante. Tant de liberté du peuple ne facilite pas le travail des politiciens. Tenez, en Russie, il n’y a pas ce genre de problème !
Mais retournons à nos moutons : ce sous-sol est le lieu utilisé par le gouvernement pour toutes les activités « anticonstitutionnelles », qu’il serait trop peu avisé de faire en pleine lumière. Ici réside un homme grand, appelé « Gérard le terrible ». Il s’agit du meilleur bourreau de France. Il a dans son sous-sol son atelier de torture. Ici, il peut cuisiner en toute liberté les gens qu’on lui offre. Il a tout un arsenal de matériels et techniques innommables pour tout faire avouer à tout le monde.
Nommons-en quelques-unes tout de même : les coupures par cerceaux concentriques, les rats fouailleurs de chair, la goutte d’eau régulière, ou encore les bambous de partout. Autant de manières plus ou moins raffinées pour mener à la révélation. Si vous ne me croyez pas, regardez donc cette photo, la seule qui ait été prise de ces lieux. On y voit Gérard le terrible, exceptionnellement en costume mal taillé et non pas en tablier sanglant, nettoyant ses cerceaux concentriques des restes d’un baron de la drogue. Mais surtout ne la faites pas circuler ! Cela porterait atteinte à son horrible réputation dans les bas-fonds, et je vous laisse imaginer la punition qu’il vous réserverait…
Loup

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