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Atelier du 1er juillet 2019

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DEVOIR : écrire une histoire sur une photo de Vivian Maier

Photo de Vivian Maier

Photo de Vivian Maier

- Germaine, aujourd’hui est un grand jour ! Tu te rends compte, il a fallu attendre cinquante ans avant que ce soit possible !
Je me souviens comme si c’était hier du jour où nous sommes rencontrés. J’ai tout de suite craqué pour toi. Tu portais cette même petite robe noire à col blanc. Evidemment, il a fallu que je l’agrandisse à la taille, à la poitrine, aux hanches, enfin, un peu partout parce que tu as grossi.
- Ursule, arrête de dire que j’ai grossi !
Moi aussi, je me rappelle quand on s’est rencontré. A l’époque, tu étais fine et svelte, une silhouette de rêve… Maintenant, tu ressembles à une vieille pomme toute sèche et ridée. Par contre, ton chemisier à jabots est toujours aussi ridicule ! Quelle idée tu as eu de nous habiller aujourd’hui comme il y a cinquante ans !
- C’est pour le symbole, pour dire que cinquante ans ont passé et que notre amour est intact ! Et ma pauvre Germaine, arrête de critiquer mon chemisier, tu n’y connais rien ! Je l’ai cousu moi-même d’après un modèle du célèbre couturier Christian Nior !
- Oui, mais moi, j’ai toujours rêvé de me marier en robe blanche… Une belle robe de princesse… Et toi, tu m’obliges à porter cette vieille robe noire toute mitée. N’importe comment, tu n’écoutes jamais ce que je te dis, tu t’en fous de ce que je veux, de ce que j’aime…
- Tu divagues, ma vieille Germaine ! Non, mais tu te rends compte, te marier en blanc, à soixante-dix ans ! Tu vois, tu as toujours eu le sens du ridicule ! C’est pour ça que je décide pour toi, parce que tu n’as aucun goût, et en plus, tu es très bête !
- Bon, tu sais quoi, Ursule ? Oui, aujourd’hui va être un grand jour parce que je vais divorcer, avant même qu’on se marie !
- Arrête tes enfantillages ! Tu sais bien que tu es incapable de vivre seule !
- Mais qui t’a dit que j’allais être seule ? C’est toi qui es bête !!! Tu n’as même pas vu que j’ai une aventure avec Alphonsine, notre voisine, depuis plus de trois ans.
- Alphonsine ??? Ce n’est pas possible ! C’est moi qui couche avec elle depuis plus de trois ans ! Allez, viens ma chérie, on va lui dire deux mots à cette salope d’Alphonsine !
(C’est à ce moment-là que la photo a été prise)
Fabienne

 

- Dites, Marie-Suzanne…
- Oui, Marie-Suzon ?
- Je ne voudrais surtout pas vous juger, vous qui êtes une fille de bonne famille, mais…
- Je suis tout ouïe.
- Mais cette robe, là… me semble bien découverte.
- Comment ? Ah mais je ne vous permets pas !
- Ne prenez pas la mouche, enfin ! Ce n’est qu’un conseil que je vous donne, ma jeune amie… Ah, de mon temps, on se serait fait taper rien que pour avoir eu de la dentelle sur les chevilles !
-En même temps, vu la tête et la taille de ses chevilles…*
- Pardon ? Vous disiez ?
- Rien ! Du tout.
- Bref, comme je disais, les violeurs sont à l’affût, Marie-Suzanne ! Une femme comme vous, une brindille pareille, ça a vite fait de se faire attaquer ! Tenez, je vais vous… Mais, Monsieur, poussez-vous, qui nous puissions passer !
- Oh, et arrêtez de loucher sur ma dentelle ! Du balai ! Oh !
- Je vous le disais, Marie-Suzanne, les violeurs courent les rues à l’air libre, comme pendant la guerre ! Fuyez, pauvre folle ! À droite toute ! Et ne restez pas coi, il a déjà pu nous prendre en photo !
Loup

 

Exercice 1 : Commencer un texte par « D’après des études scientifiques, il est prouvé que… », suivi d’une assertion loufoque

D’après des études scientifiques, il est prouvé que le sport scolaire est un des pires fléaux des temps modernes. D’après mes études en fait, c’est ce sur quoi j’ai fait ma thèse.
Comme le dit l’argument principal, les gros sont toujours gros et les maigres sont toujours maigres. C’est irréfutable, c’est une vérité fondamentale et élémentaire : ne comptez pas sur l’éducation nationale pour fondre votre graisse et forger vous muscles. Ce sport est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, les ministres continuent de tomber dans le panneau un par un. Il y a deux solutions qu’on pourrait adopter concernant ce délicat sujet.
1 : Ne pas faire de sport à l’école et laisser les élèves avoir leurs complexes sur leurs strates de cellulite ou leur côtes qu’on peut compter à l’air libre. Histoire que tout le monde puisse se dire « c’est de sa faute uniquement, pas celle de Macron ».
2 : Faire du sport intensif à l’école pour transformer les boudins et squelettes en Arnold Schwarzenegger. Devenir un régime totalitaire qui impose un emploi du temps strict pour faire des élèves des athlètes, redorer le blason du pays et « make France great again ».
Dans ce cas, plus personne ne pourra se plaindre puisque les élèves seront pourvus d’un patrimoine physique extrêmement agréable.
Cependant, si les deux solutions sont bonnes, celle choisie de les mélanger pour prétendument « tirer le meilleur des deux côtés » est catastrophique. En faisant ainsi, tous les bénéfices des deux côtés disparaissent, et de meilleur c’est en fait le pire que l’on garde uniquement.
Alors, vous l’aurez compris, chers dirigeants faisant thrombose dans vos costumes, vos fauteuils, vos bureaux excessivement chers et excessivement payés par nos impôts, faites de vos jeunes des champions ou laissez-les partir à la dérive l’esprit tranquille, mais cessez cette situation insupportable.
Supprimez le sport scolaire ou rendez-le omniprésent ! C’est la grande conclusion de ma thèse, et j’espère qu’elle sera entendue par les bonnes oreilles.
Loup

 

1 Exercice : histoires à plusieurs mains
Chacun écrit le début d’une histoire sur une feuille puis fait passer la feuille à son voisin de gauche qui écrit à son tour une phrase. On refait passer jusqu’à retrouver le début de son histoire et on la termine.

Histoire 1
Le cadavre de Madame Ginette fut retrouvé le 12 août, flottant à la surface du lac d’Annecy.
Elle était vêtue d’une robe de mariée dont la blancheur, les voiles, accordés à la pâleur de son teint, lui donnaient l’allure d’une Ophélia sur le retour.
Elle faisait la planche à l’envers, tranquille, et petit Jo crut voir une grande fleur blanche. Petit Jo avait toujours adoré les fleurs. Alors, ce matin-là, il ne put résister Il se pencha sur l’eau et retourna Madame Ginette. C’est à ce moment-là que le fantôme de la Dame blanche apparut sur les routes de la région d’Annecy.
En réalité, Madame Ginette qui flottait le 12 août à la surface du lac d’Annecy observait les fonds vaseux pour y découvrir… le trésor de Rackam le Rouge. Tintin ! Elle n’a rien trouvé, elle n’avait pas le masque « ad hoc », celui couleur Tournesol.
De plus, comme les migrants commençaient à affluer chez les défunts aussi, Madame Ginette fut mutée sur le tournage du Seigneur des Anneaux. Elle jouerait un membre de l’armée cadavérique et son corps serait figurant pour une scène dans le marais des Morts.
C’est ainsi que fut lancée la carrière internationale de celle qu’on appelle désormais Ginette Lamorte.

Histoire 2
Prudence avait enfin décidé d’assumer pleinement son prénom.
A partir de maintenant, elle ne traversa plus la rue en dehors des passages pour piétons. Elle ne sortit plus jamais sans son parapluie ni sans ses culottes anti-fuite.
Cependant, sa pire crainte fut Alzheimer. Elle perdrait sa sécurité et deviendrait dépendante. Mais Prudence est une femme intelligente, elle va se confier à sa meilleure amie, toujours d’excellent conseil. Falbalas, c’est le nom de cette meilleur amie, ose tout, mais sans prudence.
Prudence décida de coller des post-it chez elle pour se souvenir de tout.
Pourtant, bientôt, elle oublia de lire les post-it, ce qui eut un effet surprenant : Prudence en oublia son prénom
A l’image de cette histoire sans queue ni tête, elle finit par perdre aussi la raison. Elle collait partout des petits papiers pour se souvenir des choses et les répandait sur son passage. Le temps passant, comme plus personne ne connaissait son vrai prénom, ses voisins, moqueurs, la surnommèrent « Post-it », surnom qui lui resta jusqu’à la fin de ses jours et fut gravé sur sa tombe :
« En souvenir de notre bien-aimée Post-it ».

Histoire 3
Jean-Eudes était d’une humeur qui oscillait entre Depardieu devant un verre d’eau et Poutine sur un char de la Gay Pride. Autant vous dire qu’il était prêt à donner un coup de tête comme Zidanne au premier qui insulterait sa sœur… ou sa mère d’ailleurs !
Il faut dire que Jean-Eudes venait d’être éconduit pour la première fois de sa vie !
Repoussé par Jeanne-Ode, la jeune vierge – parait-il – de la rue d’en face.
Tous ses copains lui avaient conseillé de l’oublier, parce qu’avec une vierge, on n’arrive jamais à grand-chose.
Mais Jean-Eudes insistait : « toutes les femmes ont été vierges. Il a bien fallu un homme pour les déflorer, se disait-il ».
Alors, ses copains lui répondaient en chœur : « quoique… ».
Jean-Eudes ne savait plus quoi penser, il était désespéré, ne savait plus à quel « sein » se vouer.
Le curé du village sera de bon conseil, pensa-t-il. Jean-Eudes s’en fut à confesse – comme il n’était plus mineur, cela semblait sans danger…
Il raconta son histoire. Le père, sévère, lui asséna : « mais, mon fils… ».
Le père était en fait un prêtre raëlien. Il révéla qu’il avait le pouvoir de voyager entre les pages. Disant cela, il poignarda Jean-Eudes et laissa le corps dans le confessionnal. Puis, il troua le blanc de la page pour saboter cette histoire.

Histoire 4
La fondation Bernheim a trouvé un sponsor ! La nouvelle fit grand bruit. Brice repetita !
Le sponsor en question était en fait un prêtre raëlien qui s’était fait passer pour une grande association caritative.
Brice eut quelques soupçons et mena l’enquête. Il découvrit rapidement le pot-aux-roses, mais décida d’étouffer l’affaire, l’enjeu était trop important.
C’est alors que les compromissions commencèrent. Il créa un rayon entier voué au spiritisme. On dut ensuite changer l’ancienne lampe au profit d’un gigantesque globe à la gloire du Soleil. Enfin, on acheta des paquet et des paquets d’encens, des herbes aromatiques, des huiles parfumées.
C’est par l’une d’elles, l’huile des glandes principelles de l’agathe rose du Kamchaka, que Brice releva la piste et trouva la parade : il allait lui-même se faire passer pour quelqu’un d’autre, un grand gourou azerbadjhien ; communicant avec les forces de l’au-delà et d’ailleurs. Il voyait bien comment ça finirait… Un énorme autodafé qui, heureusement, embaumerait l’atmosphère avec toutes ces herbes aromatiques, ces herbes parfumées.
Sur les ruines fumantes, la grande prêtresse Fafa ne pouvait s’arrêter de se lamenter : « Feu mon atelier !!! ».

Histoire 5
Il était une fois un coureur automobile qui, au moment du départ des 24 heures du Mans a fait un malaise.
Comme le SAMU avait été appelé à Roubaix pour la course cycliste, on a fait appel à un médecin local. Malheureusement, c’était un pédiatre. En présence du patient, le praticien s’est écrié : « Mon petit, fait rillettes !!! ».
On appela donc le rebouteux du coin qui fabriqua une potion de vieillissement pour la victime.
Pour seul paiement, il réclama l’épouse du pédiatre pour en faire sa femme. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais la femme du pédiatre s’offusqua d’être ainsi considérée comme un objet d’échange, d’autant que son mari avait accepté l’offre. Elle alla donc porter plainte au commissariat le plus proche.
Le policier hilare déclara que lui-même était prêt à surenchérir et qu’il offrait au mari des passe-droits non négligeables en échange de sa donzelle. Il suffisait de venir le rencontrer pour négocier l’affaire. Il lui donna donc rendez-vous près de la piste des 24 heures où le pilote faisait toujours son malaise.
Quand la femme arriva sur la piste, elle vit tous ces hommes qui l’attendaient. C’était bizarre quand même parce qu’elle ne cassait pas trois pattes à un canard… Soudain, elle eut peur et se dirigea directement vers le coureur, toujours inconscient. Au moment où elle s’apprêtait à lui faire du bouche-à-bouche, le coureur se réveilla. Il sortit de sa poche un paquet de chewing-gums et demanda à être relayé.
Il croyait avoir fait ses tours réglementaires. Il ne comprenait pas du tout pourquoi une femme totalement inconnue attirait tout ce monde.
Il sortit de la Rebelion, identique à celle de Michel Vaillant et partit se reposer. Le reste, finalement, ne lui importait plus du tout.

Histoire 6
Dans la jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir.
Ô wim bowé ! Ô wim bowé ! A… iiiiiii
Les singes et les hyènes font la fête toute la nuit.
Demain, ils vont pouvoir se la couler douce car un inconnu a versé un somnifère, ainsi, dans la jungle, terrible jungle, il n’y aura plus un bruit.
Au réveil, les sociétés matriarcales vont-elles enfin prédominer ?
Apparemment pas : le lion était anglais et donc, selon la version anglaise de la chanson, il reposait temporairement et pas en paix.
Le lion reprit donc ses droits, et certainement pas sans un bruit. Mais les lionnes n’avaient pas dit leur dernier mot…
Un lion, cinq lionnes : devinez qui gagne au change ?
Le lion, imbécile, aurait dû mourir ce soir-là !

Histoire 7
John n’est pas mort dans les rizières, mais dans un bar, raconte Rhodes, son copain de chambrée. Il a glissé sur une peau de banane et s’est fracturé le crâne. Heureusement, il avait deux têtes, dont une complètement con !
La connerie de ladite tête était d’ailleurs si ancrée et innée que celle-ci fut protégée. Elle finit par contaminer sa jumelle. John se retrouva donc avec deux têtes plus connes l’une que l’autre.
Cette histoire n’a d’ailleurs ni queue ni tête ! Et c’était l’histoire d’une tête de lard. Mais, dites-moi, y-a-t-il des bananiers dans les rizières ? D’après une étude scientifique sérieuse, il apparait que oui. En revanche, les bananes de rizières n’ont de peau… Ce n’est donc pas comme ça que John est mort. S’agissait-il d’un crime ?
Nous ne le saurons jamais puisque la tête restante, devenue très conne n’avait plus de discours sensé, son cerveau s’était retourné dans son crâne !

Histoire 8
Grand-mère sait faire un bon café… Et pas que ça !
Pendant la guerre, elle en a vu passer des Boches et des Résistants. On l’appelait Mère Courage… Car en fait, elle assassinait les Allemands à l’arsenic. Et ça prenait du temps… C’est pour ça qu’il a fallu attendre cinq ans.
Un jour, le rebouteux d’un village s’associa à un prêtre raëlien et ramena à la vie une des victimes de Mère Courage. Celle-ci, pour éviter une nouvelle guerre, dut à nouveau se dévouer, ce qui ne manqua pas de faire jaser le village.
On savait donc maintenant que Mère Courage était la tueuse professionnelle du village. Tout le monde savait, mais personne n’en parlait, surtout pas aux gens de passage.
On se contentait de leur proposer un bon café façon Mère Courage. Il y en avait pas mal qui acceptaient, qui trouvaient même ça très gentil… Le problème, c’est qu’on ne les revoyait plus. Et tous les week-ends, ça sentait une drôle d’odeur, le barbecue de Mère Courage… Mais évidemment, personne n’en parlait… On se contentait de dire : Grand-Mère sait faire un bon café…

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