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Atelier d’écriture du 3 juin 2019

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Les jeunes mariés sont de retour !!!! Ils ont apporté le Champagne !!!

jeunes mariés

 

DEVOIR : Étudiez la « fiche accusé » ci-dessous et préparez la défense de votre client si possible avec humour.

Fiche accusé

Landru

 Nom : LANDRU
Prénom : Henri Désiré
Date et lieu de naissance : 12/04/1869 à Paris (19ème)
Surnom : « Le Barbe-bleue de Gambais »
A passé une enfance heureuse rue du Cloitre-Notre-Dame à Paris entre son père, sa mère et sa sœur ainée de 15 ans
Bonnes études. Remarqué pour ses aptitudes en dessin et maths
Enfant de chœur à l’église Saint-Louis en-l’Ile
En 1888, devient sous-diacre. Ses parents envisagent de le faire entrer au séminaire
En 1889, ne pouvant être architecte, il devient commis dans un cabinet d’architecture.
Le 7 octobre 1893, épouse Marie-Catherine Rémy. Il aura avec elle 4 enfants :
- Marie Henriette
- Maurice Alexandre
- Suzanne
- Charles
Entre 1893 et 1900, pratique une dizaine de métiers et change 15 fois d’employeurs. La naissance de ses enfants le met dans de grandes difficultés financières.
Il prend plusieurs faux noms et commet de nombreuses escroqueries. Après une tentative de suicide dans sa geôle, il parvient à sortir de prison grâce aux expertises de médecins psychiatres.
Il enchaine ensuite de plus en plus d’escroqueries. En 1914, est condamné par contumace au bagne Cayenne.
Sachant que cette condamnation sera sa perte, il va tout faire désormais pour ne pas être reconnu. Il devient à partir de là, un assassin.
Il se fait passer pour un veuf aisé et passe des annonces pour séduire des femmes seules ayant des économies et vivant dans un endroit retiré.
Il leur fait miroiter le mariage et les invite à séjourner dans une villa qu’il loue, à différents endroits.
Sa méthode : à force d’éloquence, il les persuade de signer des procurations, puis les assassine et met les corps à brûler dans le fourneau des villas.
Il rentre régulièrement chez sa femme et ses enfants pour subvenir à leurs besoins.
Il utilise plus de 90 pseudonymes, mais n’est pas confondu car le contexte trouble de la Première Guerre mondiale ne permet pas les vérifications d’identité.
Après de nombreuses plaintes et plus de six mois d’enquête, il est arrêté le 12 avril 1919.
Il est accusé du meurtre de onze personnes entre février 1915 et janvier 1919 : 10 femmes et le fils (17 ans) de sa première victime.
Vous êtes l’avocat chargé de sa défense. Écrivez votre plaidoirie

 

30 novembre 1921
Messieurs les jurés,

Oui ! J’ai bien dit : messieurs. Fasse le législateur que jamais les femmes ne siègent sur vos bancs. De la raison nous irions vers l’émotion et, si facilement, de l’émotion à l’injustice.
Les femmes, aux fourneaux !
Messieurs les jurés, pendant ce long procès, vous avez eu devant vous un homme d’une grande dignité, d’une belle intelligence et  doté d’un humour bienvenu. Il a affronté le feu roulant de vos questions sans perdre son sang froid. Par vous il a été mis sur le grill. Chacun son tour !
Néanmoins, sous la carapace, derrière la barbe fournie, qui est  vraiment Landru ? Vous n’en mettriez pas votre main au feu. Eh bien, moi, son défenseur, chaleureusement, je puis vous le dire : Landru est une victime !
En tout premier lieu, il est victime de sa destinée. Pour lui les astres se sont alignés en désastre. Il est né le 12 avril 1869. Sous le signe du bélier, signe de feu, au troisième décan sous la gouverne de Vénus en cette année érotique, 1869. Les feux de l’amour !
Et son géniteur fut chauffeur aux Forges Vulcain. Encore le brasier !
Victime également du malheur familial. Certes, son enfance d’enfant de chœur fut heureuse près du cloître Notre-Dame où il fut sous-diacre. Certes, son service national le mena au grade de sergent. Mais il se maria tôt, eut quatre enfants et cette famille sera rapidement dans le besoin. De surcroit, la mort frappe dès avant la grande guerre. Sa mère meurt en 1910 et son père se suicide en 1912. Alors cet homme courageux va utiliser tous les moyens pour gagner sa vie. Pour les siens, il a le feu sacré !
Pratiquant tous les métiers sauf peut-être boucher-charcutier, Il ira d’échec en échec. Sa déréliction, cette affreuse sensation d’abandon l’amènera à une quête permanente de la reconnaissance d’autrui. Il fera feu de tout bois.
Victime encore, victime de son devoir. A sa femme, il dira qu’il est brocanteur. Celui qui fait le tri, nous débarrasse de vieilles choses inutiles. Mais, qu’est-ce donc qu’une veuve ? Il demandera à son fils sans emploi de l’aider à vendre des objets récoltés de ci, de là, principalement des vêtements et sous-vêtements féminins portés récemment. Avec ce conseil avisé : pour bien vendre, il faut pousser les enchères jusqu’au dernier feu.
Oui ! Landru est un escroc. Oui ! il ment. Oui ! il dissimule. Mais c’est pour nourrir sa famille, sa femme Marie-Catherine, ses quatre enfants. Il a aussi quelques frais professionnels : couteaux, scies, marteaux, haches, pétrole, allumettes… Landru est conscient de ses fautes et regrette, regrette. Il déplore qu’un enquêteur zélé ait déclaré à son épouse qu’il la trompait. Certes c’était vrai, mais dans le feu de l’action. Il n’aime pas porter le malheur.
Victime aussi bien, Landru l’est de son époque mortifère. Dix millions de pertes civiles et militaires pendant la « der des der » ! Cinquante millions de décès par la grippe espagnole ! En face de cela, que représentent une douzaine de cas évoqués pendant ce procès, sans que la peccabilité soit établie ?
Victime toujours et ô combien, Landru est victime des femmes. Désiré est… désiré ! Il séduit par son allure, son intelligence, son assurance, son regard de braise. Les femmes sont attirées par lui. Elles lui font très vite confiance, trop vite. Et elles sont nombreuses. On en comptera dans son carnet noir près de trois cents dont quatre-vingt-dix établiront un contact, au moins épistolaire. D’autres iront facilement plus loin, mais où ont-elles le feu, je vous le demande ? Pour certaines ce sera en effet un contact charnel. Et alors, Messieurs les jurés. Reproche-t-on à un bélier son troupeau de brebis ?
Pendant sa longue incarcération en attendant ce procès, Landru reçoit plus de quatre mille lettres d’admiratrices enflammées, dont huit cents demandes en mariage !!! Hybristophilie, quand tu nous tiens dans ta poigne brûlante !
Après tout, toutes ces femmes, il les a gâtées. Sorties en ville, promenades au bois, restaurants. Pour elles il a loué plusieurs villas isolées et charmantes. Toujours en forêt, comme à Chantilly. Sans doute pour ne pas manquer de bois de chauffe. Mais, ne soufflons pas sur les braises.
Toutes ces veuves en quête d’un mari, elles ont signé, faisant volontairement don de leurs économies, de leurs portefeuilles, pour quelques unes, de leur corps embrasé. N’ont-elles pas joué avec le feu, ces âmes perverses ? Ah, voilà bien les femmes ! Non, Messieurs les jurés, nos élus ne permettront pas que ces dames aient jamais le droit de vote ni le permis de conduire. En notre époque hypermobile et hippomobile, seules les portes sont cochères !
Victime enfin et aussi, de la justice. Que ses escroqueries fussent condamnées, nous les sûmes, nous le conçûmes. Mais voilà, après des fiançailles officielles et une donation sans partage, il quitte Jeanne et disparaît. Alors, la maréchaussée le retrouve et la justice le condamne à trois ans de détention.
Il ne refera plus cette erreur. Dorénavant ses histoires d’amour (qui finissent mal, en général), ses histoires d’amour auront une issue différente, quitte à ce qu’il se retrouve seul, triste, le soir, au coin du feu.
Messieurs les jurés, vous allez juger Landru. Son histoire est lamentable. Au théâtre elle aurait fait un four…
Pouvons-nous vraiment définir la personnalité de Landru avec ses quatre vingt dix pseudonymes ? Quels sont les faits qui lui sont réellement reprochés ? Où sont les cadavres allégués ? Pensez-vous réellement que le barbu ici présent doive subir la fatalité du « rasoir national », la louisette ?
Pendant vos délibérations, Messieurs les jurés, le doute, le doute qui toujours doit profiter à l’accusé, ce doute doit rester entier.
Monsieur Landru aussi !
Bertrand

Monsieur le Juge,
Que reproche-t-on à mon client ? Pas moins que le meurtre de dix femmes et d’un jeune-homme ; un exploit en quelque sorte puisque Monsieur Landru n’a été jusqu’à ce jour incriminé pour aucun de ces décès. Comment peut-on sans alerter personne accomplir de tels actes et faire disparaitre comme par magie les corps d’onze personnes ?
Oui, je sais que le casier judiciaire de mon client ne plaide pas en sa faveur puisqu’il a son effectif plusieurs condamnations pour escroqueries.
Mais ces délits pour lesquels il a, je vous le rappelle, purgé sa peine, sont sans aucune mesure avec les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés.
Vous avez devant vous un homme que la vie et la société ont malmené. Après de bonnes études il a dû, par faute de moyens, renoncer à son rêve, devenir architecte, et exercer une foule de petits métiers ne correspondant pas à ses aspirations. Marié à vingt-quatre ans mais déjà père à vingt-deux, il a très tôt dû assumer une famille. Trois autres enfants sont successivement nés de cette union rendant la situation financière du couple catastrophique. C’est pour cette seule raison que mon client déçu et impuissant face à tant d’inégalités sociales, a dû, à son corps défendant, sortir des sentiers légaux et sombrer dans la délinquance.
Quatre enfants, Monsieur le juge ! Pouvait-il les laisser mourir de faim ?
J’ajoute à cela que, pendant ses incarcérations, sa mère est décédée et son père s’est suicidé. C’est donc pour un orphelin que j’implore aujourd’hui votre clémence.
Mon client, coupable malgré lui de ses accros dommageables à la société, en est-il pour autant un criminel ? Sa condamnation au bagne en a fait un fugitif, contraint de vivoter sous diverses identités pour échapper au joug de la justice mais jamais il n’a abandonné ses responsabilités de père, rendant visite à sa femme et ses enfants et leur fournissant au gré des activités qui lui sont reprochées, le gite et le couvert.
Cet homme, dont le physique n’est pas engageant, constatez l’état piteux de sa barbe et la calvitie qui le font paraître plus âgé, a utilisé ses seules armes (au sens figuré, bien entendu) c’est-à-dire  intelligence, charme et humour, pour attirer à lui la fortune salvatrice de quelques femmes esseulées, un peu trop naïves et pas trop regardantes sur la marchandise.
C’est bien là son seul crime (au figuré, bien entendu)… mais revenons aux faits. Dans le cadre de « ses activités » Landru aurait bien contacté les personnes disparues. Encore que certains témoignages soient soumis à caution, eu égard aux liens familiaux avec les victimes. Mais, les a-t-il toutes effectivement escroquées ?  A noter également que les fortunes mises à sa disposition l’ont été volontairement et sans contrainte physique ; seule la naïveté, voire l’amour, sont à l’origine de ses transferts qui semblent aujourd’hui l’accuser.
Autre point important dont il nous faut débattre : toutes les liaisons de mon client ont-elles disparues ?
Non Monsieur le juge ! Sa femme est décédée dans des conditions naturelles et Fernande SEGRET, dernière maîtresse en date de mon client lors de son arrestation, est bien vivante ; alors comment justifier pourquoi l’une et pas l’autre ?
Quant aux disparues, sur quoi fonder la responsabilité de mon client ?
Monsieur Landru n’a pas reconnu la véracité des accusations dont il est victime et n’a jamais avoué avoir commis les meurtres dont on l’accuse.
Et d’abord, comment être certain de la mort des présumées victimes puisqu’à ce jour aucun corps n’a pu être retrouvé.
Je rappelle au personnes présentes à l’audience qu’en droit français la présomption d’innocence s’impose et que par conséquent mon client est innocent puisque aucune preuve formelle n’a pu être apportée.
Je réclame donc sa relaxe pure et simple ; jusqu’à preuve du contraire, promettre à des femmes esseulées qu’elles bénéficieront bientôt d’un foyer n’est pas un crime !
Patricia

Monsieur le Président, Messieurs les juges, Mesdames et Messieurs les jurés

Cet homme qui est devant vous aujourd’hui, on l’a déjà accusé de tous les maux, on l’a fait passer pour un criminel qui ne mériterait même pas la corde pour le pendre !
Or, pour moi, c’est un honnête homme. Oui, Mesdames et Messieurs, vous avez bien entendu, un honnête homme dont le souci constant a été sa famille : sa chère femme et ses enfants.
Il a d’ailleurs eu une enfance exemplaire entre ses études, pour lesquelles, il était très doué – il aurait d’ailleurs aimé être architecte, mais ses parents ne purent lui payer de longues études – et sa charge d’enfant de chœur à l’église Saint-Louis en-l’Ile.
A l’âge de dix-neuf ans, il a même été sous-diacre et a envisagé un moment d’entrer au séminaire.
Finalement, il a rencontré l’amour avec Marie-Catherine qui lui donna quatre beaux enfants, deux garçons et deux filles. A partir de ce moment, le bonheur de sa femme et de ses enfants furent sa priorité. Malheureusement, il ne pouvait les élever correctement avec un salaire de misère !
Il a alors décidé de se débrouiller comme il pouvait. Ces broutilles l’ont quand même conduit en prison, car voyez-vous, la prétendue justice est implacable avec les pauvres gens. Alors, ne voyant pas d’autre issue à sa situation, il a préféré en finir et a tenté de se suicider dans sa geôle. Il en a réchappé de justesse. V
oyant que notre homme n’était finalement pas dangereux, les experts ont eu la bonne idée de le relâcher !
Mais les enfants grandissaient et ses difficultés financières également.
C’est pourquoi, il fut obligé, sous de faux noms, de trouver de quoi subvenir à leurs besoins et leur éducation. Car bien sûr, comme tout père aimant, il voulait pour eux ce qu’il y avait de mieux. Il s’essaya à une kyrielle de petits métiers.
Mais bien vite, il eut une idée. Il trouva quelques dames solitaires, retirées du monde, désœuvrées et quelque peu argentées, il est vrai. Mais qu’a-t-il fait de mal, après tout, si ce n’est leur apporter la chaleur d’un foyer ?
Il rentrait régulièrement chez lui, voir sa chère femme et ses enfants adorés, pour leur amener le fruit de son dur labeur. Et ces jours-là, c’était jour de fête !
Certes, il y en a parmi vous qui ne verront en lui qu’un criminel. Moi, je ne vois qu’un père et un époux aimant, et la seule chose que l’on peut lui reprocher, c’est d’être un peu macho, car il n’aimait pas voir les femmes travailler. Non, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés, ce que notre homme préférait par-dessus-tout, c’était les femmes au foyer.
C’est pourquoi je vous demande aujourd’hui de relaxer cet honnête homme !
Fabienne

 

Exercice : dans la peau d’un moustique

 Moustique

 

Je vous préviens dès à présent, auditeurs, je suis parti très, voire trop loin, dans la provocation lors de cet exercice. On m’a donné pour thème : « dans la peau d’un moustique »… on a autorisé que je change quelques menus éléments, une lettre par-ci, une syllabe par-là… aussi mon thème ne sera pas « dans la peau d’un moustique » mais « dans le pot d’un moustique ».
Car oui, on a beau dénoncer tous les problèmes sur cette planète qui ne tourne pas rond, on ne parle jamais de ça. On préfère d’autres causes plus nobles, voire plus attrayantes pour les donateurs. On profère des absurdités à tout bout de champ, comme quoi mettre le chauffage au lieu de grelotter dans sa chambre fait fondre la calotte glacière. À celui qui dit ça, je lui réponds que c’est un idiot. Jamais les Américaines de Malibu n’ont été aussi contentes d’avoir la mer juste en bas de chez elles, au sens propre ! Vous pourriez parler du réchauffement climatique, et je vous rétorquerais que ces mêmes Américaines n’ont jamais été aussi bronzées, et de ça je doute que personne ne se plaigne. Vous pourriez me faire prendre conscience de beaucoup de choses, comme par exemple que donner 5 euros pour un ours polaire est un acte bien meilleur que de donner une fortune pour une cathédrale. Cependant je vais être clair et net avec vous : si ce dernier argument vous me l’osez sortir, je vous claquerai avec une satisfaction non dissimulée. Mais la poursuite de grands combats sociaux et géopolitiques ne sont pas l’apanage de cet atelier, seulement de mes salles de classe, aussi me vois-je forcé de conclure : si vous pérorez que toute cause sur Terre se doit d’être défendue, fut-ce la condition atroce des moustiques dans leurs pots mouillés et leurs misérables gîtes larvaires, dans ce cas je ne vois pas ce que vous faites encore ici, et pourquoi vous n’argumentez pas devant des députés plutôt que devant moi. Aussi, chère créature dont le jugement diffère du mien, nous continuerons notre conversations en d’autres lieux moins conflictuels, et en d’autres temps moins compétitifs.
Loup

Ça y est ! J’ai un moustique dans la peau. Tout le monde le sait, ce sont les femelles qui piquent. Moi, je le sais seulement depuis hier, depuis qu’elle s’est posée sur moi. Les mâles volent, violent et meurent sans appétence aucune pour la peau de bête. Je l’ai regardée à la loupe : ma moustique est très belle.
Elle m’a dardé hier et je l’ai toujours sur moi. Elle est prisonnière de mes poils frisotés. Elle a bzzzité pendant une heure en essayant de s’échapper, l’estomac translucide plein de ma substance. Heureusement je venais de prendre mon pousse-café : trois rasades de calvados. Sa tête s’est affaissée et elle s’est endormie, comme une blonde s’endormirait sur une peau d’ours. L’endroit lui a plu. Elle s’est réveillée pour son quatre heures, Number One. Elle a sommeillé un peu puis a diné, bouteille carrée. Les copains sont venus regarder le match. Je ne leur ai pas parlé de ma nouvelle copine. Ils ne soupçonnent rien.
Au milieu de la nuit ma moustique a soupé. Nous avions fini les trois bouteilles de poire. Elle n’a plus bzzzité. Je me suis endormi ivre de bonheur. Enfin une qui m’aime avec mes défauts.
Après quelques jours de cet amour tendre : c’est dingue, ce matin j’ai de la fièvre…
Bertrand

Je suis vraiment une star. Dès que j’entre dans une pièce, tout le monde m’applaudit !
Je sais me faire discrète et me confondre avec la couleur du canapé pour mieux piquer ceux qui y sont installés. Pendant qu’ils discutent, je me pose délicatement, je leur injecte un anesthésiant et hop ! A moi le bon sang frais !
Mes hôtes sont vraiment… délicieux.
Il y en a une, par contre, que je ne peux pas sentir. Je ne sais pas ce qu’elle a, mais son sang a l’air… vraiment BEURK !
Je sais aussi me faire assourdissante, la nuit, pour les empêcher de dormir ! Je passe et repasse près de leurs oreilles à toute vitesse… Ils s’agitent et se foutent des claques… Et moi, ça me fait trop rigoler…
Alors je refais un coup… Et là !!!! Malheur !!! Je vois la maudite bombe verte… Mais trop tard !!! Ahhhh !!!
Fabienne


Exercice
 : Le bruit court

bruit

Le bruit court… Au début, c’était un petit bruit de rien du tout, qui ne faisait presque pas de bruit ; puis il à commencer à enfler, à enfler… Tellement qu’il a tout envahi, comme un raz-de-marée, une vague déferlante.
Le bruit court, mais pas assez vite pour rattraper la rumeur. Pourtant ça fait des jours, qu’il court… Il court tant et tant qu’il finit par tomber. Ça fait un bruit d’enfer… puis plus rien.
Du coup, plus aucun bruit… Tout le monde vient voir ce bruit qui courait et qui est tombé. Et là, tous se mettent à jaser. Ça fait beaucoup de bruit.
Et le bruit se remet à courir, à courir…
Fabienne

Pourquoi aussi facilement opposer droite et gauche ? C’est, ce me semble, aussi incertain que d’opposer les membres et l’estomac, la tête et le séant. Certains gauchers seraient gauches voire maladroits. Certains droitiers seraient droitistes voire facho. Loin de moi l’idée d’opposer un bruit cour à un bruit jardin, non plus qu’un bruit de cour à un bruit de préau. Je dois cependant reconnaître qu’un bruit court c’est vite dit.
Bertrand

Le bruit court…
Remarquez, il n’y a pas que lui qui coure, vous savez.
Beaucoup de gens savent courir en fait, mais ne nous égarons pas.
Bref, le bruit court. Et là se trouve le problème : le bruit ne court plus, il saute, il vole, il sprinte, il vous déboule dans la face comme autant de baffes. D’aucuns médisaient du bruit lorsqu’il se mouvait : ce fut le cas de Diego, qui nous quitta pour ces mêmes causes, et ce sera sans nul doute le cas d’autres. On jugea cette démarche excessive, mais il est vrai que des fois, le bruit est assez agaçant. Il vient vous bourdonner autour des oreilles comme une guêpe prête à vous piquer, vous avez cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, et tout va mal.
La meilleure des situations peut devenir la pire avec du bruit.
Tenez, par exemple, on m’avait une fois vanté les mérites d’une certaine Marina, grande dame réputée pour beaucoup de vertus physiques plus que morales. À mon goût, pour trop de choses : je décidai de vérifier en personne la véracité des rumeurs qui couraient sur elle. Car oui, je vous l’ai dit, il n’y a pas que le bruit qui coure.
Revenons : cette femme était pour moi dotée d’un bagage de qualités trop immaculé pour ne pas être louche. Aussi me fis-je inviter d’elle par le biais de quelques relations. Petite note : il est possible que des relations courent aussi, car nous savons tous avec quelle célérité elle se font et se défont. Lorsque je la découvris, je remarquai qu’on avait quelque peu atténué sa description. Les légendes l’avaient doté d’une beauté subjuguante. Les légendes, elles, ne se déplacent pas, ou alors très peu, car elles portent le poids de nombreuses années de bouche-à-oreille sur leur dos, et sont donc très peu susceptibles de changer.
En effet, Mme Marina était d’une rotondité presque parfaite, à tel point que je me demandai si elle dormait dans un lit normal ou dans un cocon comme une araignée. Chez elle, tout était d’une forme sphérique à la géométrie admirable : ses yeux, le bout de ses doigts, même ses fauteuils, le mobilier non plus n’échappant pas à cette loi. J’en déduisis une grande leçon de pensée et notamment de physique. J’appris que si les légendes ne bougeaient pas, elles pouvaient ainsi être d’autant plus dans l’erreur. Cependant, j’appris aussi que si les bruits et les rumeurs peuvent courir, il est possible que certaines relations soient plus ancrées dans l’histoire que les plus fausses des légendes.
Loup

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