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Atelier d’écriture du 6 mai 2019

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DEVOIR : J’ai une petite envie

tache

Une petite envie

J’ai une petite envie, rien qu’une.
Plus d’une serait superfétation. Elle est vraiment très petite.
Les premiers temps je la voyais, je pouvais la décrire.
Une petite île lointaine sur l’océan rose. Ses contours étaient irréguliers.  Imparfaitement, son littoral dessinait un gros haricot. Dès avant qu’elle ne diminue de taille je savais qu’elle prendrait l’allure d’un cœur. Une petite envie en forme de cœur, quoi de plus onirique pour une jeune fille.
Tous les matins devant la glace j’y pensais. Je la mirais. Au début, je ne voulais pas frotter trop fort avec le gant de toilette, de peur de l’effacer, cette fragile envie. Heureusement, je suis fille unique. Pas de sœur ou de frère pour clabauder : hou la tache, hou la tache… Seule ma mère savait, qui en avait eu l’envie !
Au fur et à mesure de ma croissance cette petite envie est devenue secrète. Elle se situe maintenant quatre centimètres au dessous du mamelon gauche. J’ai mesuré. Peu à peu la courbure de mon sein l’a dissimulée.
A présent, je ne la vois plus sous la parabole que fait ma jolie poitrine. J’ai seize ans. Je rêve quelques nuits que quelqu’un découvre ce petit cœur, cette petite envie cachée.
Bertrand

Je me promène dans les rues animées d’une ville inconnue… Je visite un musée, admire de vieux bâtiments, m’extasie sur des perspectives intéressantes.
Après une ou deux heures de marche sous un soleil radieux, une petite placette arborée m’invite à une halte rafraîchissante. La gorge asséchée, je me délecte de deux grands verres d’eau glacée puis, cédant à la tentation, déguste religieusement une imposante coupe de glace. Encore un grand verre d’eau bien fraîche et hop ! me voilà repartie pour une trépidante séance de lèche vitrine suivie d’une balade plus calme dans de charmantes ruelles ombragées où je m’arrête parfois pour me désaltérer.
Peu à peu, je constate embarrassée que les effets inévitables de tant de liquide ingurgité se rappellent à moi ; j’ai comme qui dirait « une petite envie »…
Assez soudainement, le paysage change et je pénètre dans une zone industrielle beaucoup moins accueillante : de grands murs gris ponctués de quelques tags, des containers, des poubelles non vidées… A présent, plus aucun bar ou terrasse de café ni même de commerce mais des hordes d’ouvriers qui s’affairent.
Pas moyen de m’isoler un seul instant et en plus je n’aperçois ni arrêt de bus ni station de taxis pour me rapprocher du centre-ville. Évidemment, plus le temps passe et plus l’envie devient impérieuse.Mon bas-ventre est douloureux, ma vessie pèse des tonnes et je ne trouve pas de solution pour mettre fin à cette situation absurde. Chaque pas est une souffrance, une torture, dont je ne sais comment m’abstraire. Bientôt, je le sens, ce sera la catastrophe.
Le péril est imminent et la situation sans issue mais… alors que, n’en pouvant plus, j’allais abandonner tout contrôle et me laisser aller à mes instincts primaires, le miaulement étranglé de mon chat que je venais d’assommer en me retournant brusquement me tira d’un sommeil quasi-comateux. Soudain libérée des bras de Morphée, je pus me précipiter aux toilettes où un flot libérateur me rendit à la vie.
A quelques secondes près, j’avais failli être la victime d’une honteuse régression : au moins 62 ans que je n’avais pas fait pipi au lit !
Patricia

vin

Elle avait rencontré Vincent alors qu’elle promenait avec sa chienne. La soixantaine alerte, il avait l’œil vif et intelligent et des traits assez réguliers. Bref, il était agréable à regarder. Il portait un tee-shirt de sport rose fluo et elle trouvait ça rigolo car il était assorti à la houppette de la petite chienne.
Ils avaient tout de suite sympathisé. Il s’étaient retrouvés plusieurs fois, comme « par hasard » à la promenade. Il était drôle et cultivé.
Bref, au bout de quelques jours, elle décida de l’inviter chez elle.
Ils passèrent une soirée délicieuse et très animée.
Tout chez lui l’enchantait et elle se mit à rêver de ce « compagnon » idéal.
Sûr que c’était un peu louche, un mec de cet âge encore célibataire. Peut-être avait-il un vice caché ? Mais, pour le moment, elle n’en voyait aucun…
La semaine suivante, il l’invita au restaurant et la soirée fut tout aussi charmante.
Ils en étaient arrivés à un degré d’intimité tel qu’ils se racontaient leurs pensées les plus secrètes, croyait-elle.
Quand il la ramena chez elle, elle pensa qu’il allait enfin l’embrasser. Mais il n’en fit rien. Elle mit ça sur le compte de sa très bonne éducation.
Elle le réinvita, il la réinvita… et toujours rien. Elle commença à s’inquiéter…
Un samedi soir, alors qu’elle avait préparé des pavés de saumon à la fondue de poireaux, il arriva, tout guilleret. Il avait amené un vin blanc, comme elle les aimait. Sauf que celui-ci s’appelait « une petite envie ».
Prenant cette appellation pour une invitation et eut égard à sa très grande timidité présumée, elle pensa qu’il avait besoin d’un petit coup de pouce pour que cette « petite envie » soit enfin satisfaite.
Elle s’approcha de lui et l’embrassa sur la bouche.
Horrifié, il la repoussa vivement et recula.
Elle se sentit toute bête. Et lui demanda ce qu’il avait.
- Mais enfin qu’est-ce qui te prends, je suis homo. Tu ne l’avais pas deviné ?
Fabienne

Envie d’avoir envie

Envie de rien…
Les jours s’étirent dans un ennui sans fin
Même les livres me tombent des mains

Nuits sans sommeil
Les jours s’ensuivent et s’ensommeillent

Pas faim
Pas faim de marches, de sorties, de bains
Les bars hurlants je fuis
Le soleil aussi
J’ai oublié tous mes refrains…
Soudain je n’aime que le ciel d’étain, éteint.
Je délaisse les amis, les amours aussi

Je n’ai pas d’envie
Pas en vie
Ma vie au lit

Je rêve d’un matin où je m’éveillerai avec au creux des reins
Une petite envie…
Une toute petite envie de n’importe quoi :
D’une brioche au chocolat
Du sel de la mer sur ma peau
D’un homme que je trouverais beau…

Ça commencera doucement, sans savoir comment
Ni pourquoi…
Par un rien qui allumera enfin mon regard
Et puis…
Petite envie deviendra grande

Et je mordrai  la vie comme un fruit
Avec l’appétit d’une affamée après une longue disette
Huguette

 

PETITE ENVIE

Belle amie,

Je vous l’écris. J’ai une petite envie. J’ai une petite envie sucrée, nacrée, secrète. J’ai une petite envie… de vous.
C’est une petite envie discrète. Non par sa taille, elle ne se montre pas. Discrète, elle regarde derrière le moucharabieh, dans le courant d’air frais qui porte votre fragrance subtile. Notez que je fais une différence certaine avec la jalousie. Cette sale bête traîtresse laisse souvent entrevoir son œil torve entre les lames de bois. Elle aurait tôt fait de glisser vers le dépit.
Il faut en convenir, mon envie est une idée folle, une folle envie, une envie folle. Cette idée de vous est folle comme une herbe peut être folle. Une herbe omniprésente, libre et vivace, très verte et si souple. Une herbe que l’on entend pousser, l’oreille enfouie dans le tendre gazon. Avez-vous déjà pris entre vos lèvres un brin de ces pelouses jamais tondues. Légèrement humecté, ce brin follet peut vibrer de votre souffle pointu. Devenir musicien. Telle une guimbarde déroutante. Cette petite envie vibre en moi, qui voudrait vous dire et ne vous dit pas, musique inachevée.
Elle a le goût des chewing-gums de mon enfance. Que l’on mâche mille fois et remâche encore pour se souvenir du goût, qui n’existe plus et qui colle sous la semelle.
Cette envie est si mince, si ténue, si proche de rien. Elle est celle de vos atouts, de vos atours, de votre silhouette dansante, de votre ombre fumée. Elle ne veut pas la vérité. Les sept voiles lui siéraient.
Ne redoutez ni convoitise ni concupiscence. Ce désir est léger, évanescent dans son vertige, comme un caprice au chocolat perdu, souvenir carthaginois.
Cette petite envie est verte, de la verdeur qui me reste.
Belle amie, vous ne lirez pas ces mots, puisque je vous aime et vous vois heureuse, virevoltante et fière.
Cette lettre est maintenant muette. J’ai éteint la lumière.
Car c’est dans le noir silence de ma chambre que je la ressens le mieux, cette petite envie.
Bertrand

Exercice : petites papiers = écrire chacun des mots sur un morceau de papier. Les participants pioche au hasard un nom et un adjectif et doivent écrire un texte

Verre                        –                coupable
Assiette                    –                 autiste
Couteau                   –                 schizophrène
Fourchette              –                 dépressif
Cuillère                   –                  orphelin
Carafe                     –                  pervers
Saladier                  –                  sadique
Plat                          –                 hypocondriaque

fourchette

Une fourchette perverse

Il était un peu cleptomane, se disait-il comme excuse.
Chaque fois qu’il était invité chez des amis, il ne pouvait s’empêcher de voler une petite cuillère, de préférence en argent…
Mais ce soir, point de petite cuillère car il n’y avait pas de dessert. La maitresse de maison les avait prévenus. Son gâteau n’était qu’une brique noire encore fumante.
Les couverts étaient magnifiques, fait dans une seule feuille d’acier, sans vis ni clou… garantis à vie, avait dit l’hôtesse. Alors, exceptionnellement, il décida de piquer une fourchette.
Il la mit subrepticement dans sa poche, alors qu’Henri était en train de raconter une de ses blagues débiles, juste avant le fromage.
Arrivé chez lui, il la sortit et se mit à la contempler. Elle était vraiment très belle, avec des formes simples et pures. Il se dit qu’il allait peut-être se reconvertir désormais dans les fourchettes… Au moment où il s’y attendait le moins, elle lui griffa la joue. Il fut surpris et effrayé. Il n’avait pas très mal, seulement quatre petits points rouges lui rappelaient qu’il n’avait pas rêvé…
Tout excité, il se dit que cette fourchette avait un sacré caractère et qu’il ne faudrait pas la quitter de l’œil. Il la prit brutalement et l’enferma à clé dans une petite boite.
Le lendemain, il ne put s’empêcher de la regarder à nouveau. Avec beaucoup d’attention, il ouvrit la boite, la saisit entre le pouce et l’index. Elle ne bougeait pas… Normal, se dit-il, comment une fourchette pourrait-elle se déplacer. Il relâcha sa garde ; la fourchette lui griffa le front. Quelle sauvage se dit-il, en ricanant, mais nous allons voir qui sera le plus fort.
Ce fut désormais comme un jeu entre eux. Chaque fois qu’il la sortait, elle ne bougeait pas tant qu’il faisait attention, mais dès qu’il baissait la garde, elle arrivait à planter ses dents un peu plus fort à chaque fois…
On aurait dit qu’elle savait où et quand était la faille. C’était vraiment une fourchette perverse
Pourtant, il pensait toujours qu’il gagnerait, jusqu’au jour où en un quart de seconde d’inattention, elle se planta dans son œil gauche.
Fabienne

Au secours !

 Commissariat de police de la cuisine. 23h43.
- Répétez une dernière fois ce que vous venez de me dire. Juste pour m’assurer que j’ai bien compris.
- J’ai réussi à convaincre un couteau orphelin de m’aider à tuer une tomate cerise. Il était posé sur le plan de travail, seul comme d’habitude. La tomate se trouvait sur la planche à découper et n’attendait que ça, se faire tuer.
- Et ça, vous le savez comment ?
- C’était évident. Elle aurait limite pu me le dire.
- Je vois. Et le couteau l’a tout simplement tranchée ?
- Bien évidemment. Et ensuite, je l’ai hébergée pendant quelques heures au frigo.
- Ensuite ?
- Ensuite l’heure de midi est venue et elle a été mangée.
- Et si vous ne l’aviez pas tuée ?
- Elle aurait était mangée de toute façon.
- En êtes-vous sûr ?
- Certain.
- Vous êtes relâché. C’est bon. Vous n’êtes pas coupable, le saladier, le couteau non plus.
Chloé

L’assiette n’en pouvait plus. Elle pensait qu’elle ne tarderait pas à craquer…
Depuis un mois, la maitresse de maison avait acheté de nouveaux couverts, alors que les autres étaient encore en très bonne forme. Assiette s’entendait bien avec eux. Ils avaient eu de vrais moments de partage, lors des diners de famille, des moments de joie aussi, pour le baptême du petit dernier et quelques moments tristes, il faut bien le dire, quand le grand-père avait cassé sa pipe. Mais ils formaient une vraie équipe et aimaient bien se retrouver. Chacun savait ce qu’il avait à faire et tous participaient à la réussite des repas.
Malheureusement, les amis d’assiette avaient été jetés dans un vieux tiroir et des couverts prétentieux avaient pris leur place. Et si assiette était dépressive, ce n’était pas qu’à cause de ça, bien qu’elle regrettât vivement ses anciens coéquipiers. Non, si elle était dépressive, c’est parce qu’il se passait quelque chose de grave : chaque fois que les cuillères sortaient, elles lui rendaient la vie impossible. Par exemple, elles griffaient sa surface, lentement en ricanant. Assiette en avait la chair de poule et se recroquevillait sur elle-même. Et les cuillères, qui étaient vraiment sadiques, en rajoutaient.
Assiette était au bord du suicide quand la maitresse de maison décida de la remplacer. Ouf ! Il était temps, elle n’en pouvait plus !!!
Elle retrouva avec une immense joie ses amis d’autrefois et tous furent vendus pour trois fois rien à une sympathique famille, lors d’un vide-grenier.
Fabienne


Exercice
 : Depuis qu’un ascenseur s’est installé dans la même cage que la sienne, un escalier déprime.

escalier

 Escalier VS ascenseur

Voilà deux mois que ce maudit ascenseur avait été installé. Pour l’escalier, c’était catastrophique ! Désormais, presque plus personne ne l’empruntait. Tous les locataires de l’immeuble se faisaient une joie de prendre l’ascenseur, surtout quand ils étaient chargés.
Ce qui était auparavant un lieu joyeux où tous se croisaient devint désert, hormis les premiers jours de janvier où quelques vagues bonnes résolutions furent vite oubliées.
L’escalier commença à déprimer. Certes, il comprenait que ceux du sixième et des combles montent dans cette machine infernale. Il se dit qu’il devait certainement être très fatigant, car s’il commençait au premier et deuxième, avec des marches larges et basses, au fur et à mesure qu’il prenait de la hauteur, il prenait également de la difficulté. Tout en haut, c’était presque un escalier en colimaçon. Et la vieille dame du cinquième rendait quasiment l’âme à chaque fois qu’elle montait chez elle. Pourtant, ce fut la seule à lui être fidèle. Elle semblait heureuse de tant se fatiguer et l’escalier ne comprenait pas trop.
Bref, il s’ennuyait et cet état de fait dura, dura… pas mal de temps…
L’escalier constata qu’une autre personne le montait gaillardement, quatre à quatre : le médecin, qui venait de plus en plus souvent. Il fallait bien le constater, les locataires étaient de plus en plus malades.
Contre toute attente, un matin, le jeune couple du quatrième, avec ses deux enfants descendirent les marches. Puis, ce fut au tour des colocataires du sixième, puis aux retraités du deuxième… qui le remontèrent également. Bref, les gens revenaient à lui.
Au début, il fut à la fois joyeux et très surpris, mais il comprit vite pourquoi les gens revenaient à lui : quand ils se croisaient sur ses marches, ils s’arrêtaient et discutaient, échangeaient des nouvelles ou des recettes, riaient… Et ils étaient en meilleure santé… D’ailleurs, on ne revit plus le médecin.
Fabienne

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