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Atelier d’écriture du 15 avril 2019

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Ce lundi, nous avons eu la joie de recevoir Alain MENANT, peintre qui nous a amené quelques-unes de ses toiles afin que nous puissions nous en inspirer pour écrire des textes. Ils nous a également proposé de peindre, en direct, devant nous, une toile. Chacun d’entre nous a écrit un mot sur un papier. Alain a tiré 4 papiers au sort qui lui serviront d’inspiration pour la création de son œuvre.

NB : photos de Bertrand POUGET

Alain se présente

Alain se présente

 

Exercice : choisir une toile d’Alain Menant et écrire ce qu’elle vous inspire

photo2

16 juillet 1969. Cap Canaveral – Floride, 9 heures Trois hommes avancent lentement sur la rampe de lancement de la fusée. Ils sont applaudis par plus d’un million de personnes. Ils entrent dans l’habitacle. Ils sont à la fois fiers, impatients et anxieux. Fiers d’avoir été choisis pour cette mission. Impatients d’être « là-haut » et de voir. Enfin anxieux car évidemment, ils ne savent pas s’ils en reviendront. Théoriquement, oui car ils ont beaucoup répété, anticipant chaque problème… Mais on ne sait jamais, la part de probabilités est immense… Ils prennent place à bord du vaisseau. Ils transpirent légèrement dans leur combinaison spatiale. Buzz tremble. Quand il s’en aperçoit, il cache ses mains. Michael est tout pâle. On le serait à moins… Neil quant à lui est parfaitement à l’aise… Tous trois sont conscients de vivre un moment historique. C’est un évènement qui sera retransmis en mondiovision. Des milliards de téléspectateurs suivent l’évènement en direct. Moundir, 14 ans au Pakistan… Aichiro, 21 ans au Japon… Jules, 72 ans dans le Berry… Le monde entier a les yeux grand ouverts. Les trois astronautes vérifient que tout fonctionne. Ça y est ! Ils sont fin prêts. Enfin, de tour de contrôle retentit le compte à rebours. Neill a un bref moment de « déconnexion ». Il voit sa femme et ses enfants comme s’ils étaient à côté de lui…

5… 4… 3… 2… 1… 0 !!!!

Tous les moteurs s’embrasent. Dans l’habitacle, une lumière rouge orangé, aveuglante et ils sont enfin partis. Direction LA LUNE !!!! Un petit pas pour l’homme… un grand pas pour l’humanité…
Fabienne

Le monde est plat. Les « platistes », qui ont cru en leur théorie de monde en deux dimensions, dur comme fer, depuis la nuit des temps, ont gagné. Ils avaient raison ! Le monde n’est pas une vaste sphère recouverte de verdure, d’eau et de petits humains. C’est un disque, une immense plateforme, dont on peut effectivement tomber si on s’aventure trop loin. Mais au final, la nouvelle a fait sensation un temps, a juste bouleversé toutes nos règles de physique élémentaire, puis le monde, bien que désormais plus plat que Keira Knightley, reprit son cours à peu près normal. Les humains, confirmant pour de bon les thèses de Malthus, se mirent à faire encore tellement d’enfants que bientôt il fallut pour les caser tous construire encore et encore… Au bout d’un moment, les villes finirent par se toucher, même malgré tous les océans. Le monde-anneau fut donc transformé en un monde-anneau-ville. Chaque quartier composait un pays, et il y avait naturellement des différences de tailles énormes. La Russie et les États-Unis se partageaient presque la moitié de la planète a eux deux ; le Liechtenstein avait pour tout royaume deux rues malsaines des bas-quartiers. Les gouvernements s’étaient rassemblés en un seul organe d’État : l’Autorité Suprême. Celui-ci siégeait au centre de la ville, dans un immeuble immense, rectiligne et d’un noir de jais. Son architecture avait été étudiée pour faire de la construction un monument éternel témoignant de l’omniprésence de la loi, puisque en absolument tous les lieux de la ville cet édifice était visible. Les toits en avaient même été construits en Plexiglas. Malgré ce beau et unificateur projet, un problème se posa : puisque la terre, sol des humains, remplissait maintenant presque toute la place, que faire de l’eau ? On trouva une excellente solution : tout autour de la ville circulaire, l’eau serait disposée de manière à créer des douves. Lesdites douves, en plus de stocker tout le liquide, hurlaient leur fonction supplémentaire à quiconque les voyait : « Après moi il n’y a que le vide, rebrousse chemin ! ». Les plus pertinents firent remarquer que les eaux de pluie, venant du ciel plat, feraient un jour déborder les rivières artificielles. Les ingénieurs s’affairaient, et en un rien de temps la ville avait une connotation plus poétique ; l’eau en surplus était rejetée derrière les douves, dans le vide du monde-anneau-ville, et personne ne la revoyait jamais. Les plus pragmatiques, eux, firent remarquer que si cela marchait avec l’eau, alors pourquoi ne pas essayer avec les déchets ? Bien moins poétique, ce projet fut tout de même adopté. Bientôt on vit apparaître, conjointement avec les chutes d’eau, des chutes de matière noire, qui permettaient à la cité une propreté beaucoup plus convenable. Quand le Soleil, plat comme toujours, laissait darder ses rayons à travers les gouttelettes d’eau propre et usée, les plus courageux, ceux qui venaient s’aventurer jusqu’à la limite, pouvaient profiter du meilleur spectacle que cet univers plus plat qu’une tapisserie pouvait leur offrir. Alors, peut-être avez-vous choisi le même tableau que moi. Peut-être pas. Peut-être que, même en ayant fait le même choix que moi, vous ne voyez pas du tout comment j’ai pu voir une ville là-dedans. Vous voulez un coup de pouce ? Il suffit de regarder depuis le bon angle…
Loup

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L’homme est jeune, son œuvre jaune, d’or.
La lumière irradie aussi bien qu’elle attire.
L’île pyramide est habitée.
J’en connais le maître charpentier.
Quand je me lève il me compte l’équilibre, quand je m’endors il me conte un rêve lointain. Quand je suis à l’entour, il centre mon regard. Quand une larme coule, son soleil l’assèche.
Bertrand

C’est l’heure calme où le soleil se noie,
C’est l’heure douce où la vague s’étire.
Lentement les bateaux rentrent au port
Ridant l’eau qui déjà s’endort.
Ocrant le ciel, l’horizon flamboie ;
Peu à peu la nuit se dessine.
Les ombres en silence s’allongent
Émoussant les formes brutales.
C’est l’heure où le cœur s’apaise,
L’instant immobile que, sereine, une joie inonde.
C’est l’heure douce où la vague s’étire.
C’est l’heure calme où tout se nimbe d’or.
Patricia

On peut entrer en moi par une fissure étroite, une faille obscure qui fend deux remparts de lumière. Au-dehors tout est doré, brillant, paisible, trompeur…
Je reste à l’abri, planquée au fond de mon désespoir. Vous qui passez vite, vous ne voyez que l’éclat menteur d’un rayon de soleil, vous n’entendez que les rires, vous n’imaginez que la gaieté.
Mais abandonnez le paysage riant, faufilez-vous par l’étroite cicatrice… vous vous aventurerez alors dans mon vrai moi et vous serez épouvanté.
Huguette


Exercice
 :
Alain nous communique ses 4 mots : lumière bleue, étoile, éveil, violent. Il commence à peindre un tableau à partir de ces mots

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A  nous maintenant d’écrire un texte avec ces 4 mots.

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Petit matin, les quatre mots du peintre

 L’éveil tarde.
Les liens de la nuit sont encore violents.
Ma gorge se serre. J’ai encore soif de toi.
A mon côté, toi, gisante. La petite mort t’a capturée, petite effrontée. Ton sourire persiste en étoile subtile. Je ferme les yeux. La lumière bleue me reprend.
Bertrand

Longtemps, il avait dormi. Sur sa tempe jusqu’alors immobile, un frisson attira mon attention. Sur le drap blanc sa main, pâle et décharnée se souleva légèrement. Lentement, il souleva ses paupières mais, ébloui par la lumière bleue qui baignait la salle, il les referma aussitôt ; le jour trop violent le blessait.
Épuisée, souvent découragée, j’avais peu à peu perdu toute notion du temps. J’étais là, assise impuissante à côté de son lit à quêter, à mendier son éveil. Cependant, en moi l’espoir toujours survivait. Au fond, jamais je n’avais réellement cessé de croire à ma bonne étoile.
Et voilà que soudain, merveilleux et imprévisible, c’était l’instant T, le moment si précieux dont j’avais tant rêvé : enfin ! mon fils me revenait…
Patricia

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             Muriel                                                                       Marie-Hélène                                                  Loup

Elena regarda ses mains une nouvelle fois. Elle serra les poings, et une lumière bleue forte y apparut. Une lumière puissante, enivrante, une lumière folle qui rugissait à ceux qui la regardaient « Je suis là ! ». Desserrant ses doigts, elle vit s’y former des petites lianes de lumière bleue, qui s’entortillaient et glissaient pour s’allonger. Leur lumière, cette fois, était diffuse, claire, douce. Elle ne rugissait rien, mais en la regardant on comprenait mille et un mots de soi-même. Elena secoua vite ses mains, et reprit ses esprits.
Dans la voiture avec sa mère pour aller au lycée, elle avait presque oublié qu’il lui fallait cacher ce don. Cette capacité, à faire de la lumière bleue avec ses mains, la suivait depuis son enfance. Elle ne faisait rien de mal, elle s’éclairait juste la nuit pour lire un peu, et surtout elle cachait ce pouvoir à tous. Elle ne voulait pas qu’une kyrielle de scientifiques et toute une ménagerie de reporters et journalistes viennent la voir.
Elle ne voulait pas passer de « Elena » à « La fille qui illumine ses mains ». Elle se fichait de la gloire ou de la célébrité, tout ce qu’elle voulait c’était qu’on lui fiche la paix, qu’on la laisse avoir des notes convenables mais pas exceptionnelles, qu’on la laisse fumer et mourir jeune si ça lui chantait.
Au lycée, elle se faisait petite, malgré sa taille assez grande. Elle ne participait pas souvent, elle avait quelques amies avec qui elle parlait peu mais bien, et elle ne cherchait surtout pas les embrouilles. Toutes les récréations elle s’enfermait dans les toilettes, examinant de nouveau ses paumes fantastiques et ce qu’elles pouvaient faire.
Or, un jour, elle eut l’imprudence de tester ses capacités hors de la cabine. Les toilettes, qui étaient mixtes, étaient en apparence désertes. Mais les apparences, comme toujours, étaient trompeuses
Un garçon qu’elle connaissait de réputation comme étant une brute étroite d’esprit se montra. Effrayé par le don, il se mit à dévisager la fille avec horreur et dégoût. Il lui cria « Sorcière ! » et fonça sur elle. Effrayée, Elena recula et se prit un lavabo entre les reins. Le garçon profita de cet étourdissement pour lui asséner une grande gifle.
Elena, en basculant au sol, vit les étoiles du plafond carrelé voiler sa vision. Elle se dit qu’elle allait mourir ici, que ce serait peut-être mieux, que ça lui éviterait beaucoup d’ennuis futurs. Mais un réflexe viscéral, involontaire, la leva avant qu’un autre coup l’atteigne. Elle se sentait animé d’une force et d’une volonté qu’elle ne se connaissait pas, d’une force incroyable qui la mit en éveil.
Regardant son opposant, elle tendit la main droite. La lumière bleue ne fut pas douce comme d’habitude mais effroyablement violente. D’ailleurs, elle vira à l’indigo et au violet, puis elle partit toute seule de la paume. Elena se rendit compte que finalement, elle ne pouvait pas qu’éclairer une pièce avec ses doigts. Elle vit le rayon frapper le bras musclé, griller la peau, carboniser la chair, fondre les os.
Elle vit un morceau de membre tomber au sol, et elle réalisa que si elle avait peur des problèmes maintenant, elle n’avait pas fini d’y faire face.
Loup


L’éveil fut brutal. Au-dessus de moi une intense lumière bleue m’aveugla, m’obligeant à refermer aussitôt les yeux.
Sous mes paupières closes des étoiles dansaient…
Une violente nausée me secoua, mon ventre se révulsa. Où étais-je ? Je n’avais aucune idée du lieu, de l’heure, de la raison pour laquelle j’étais attachée à cette table.
Une douleur fulgurante, atroce… Je sombrai dans des ténèbres sans fond…
Bien plus tard on m’apprit que je m’étais réveillée pendant mon opération, au moment où le scalpel entamait mes chairs profondes.
L’anesthésie avait été insuffisante…
Huguette

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Le tableau prend forme !

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L’œuvre terminée !!

DEVOIR : 5 mots extraordinaires

Mancelle – épreindre – vidure – chardonnet – godiveaux

mancelle

Elle n’avait jamais su qui l’avait déposée dans la mancelle de l’abbaye de Saint-Pierre de Chardonnet. Dans cette boite à bébés, des mères abandonnaient les enfants nés hors mariage, ou bien ceux qu’elles ne pouvaient nourrir, tant grande était leur misère.
Elle savait cela et c’est pourquoi elle ne jugeait pas sa génitrice. Elle l’imaginait juste, la serrant dans ses bras, jusqu’à l’épreindre, avant de la mettre dans la tour d’abandon.
Les orphelinats étaient tenus par des religieuses qui menait la vidure à tous ces petits malheureux qui étaient, le plus souvent, affamés et habillés de godiveaux sales et en lambeaux, comme si on avait voulu leur faire payer la faute de leurs mères. Beaucoup d’entre eux mourraient chaque hiver.
Sûr que son enfance avait été le contraire d’heureuse et insouciante, c’est pourquoi elle en avait gardé une rage qui n’égalait que son opiniâtreté à vouloir s’en sortir. Toute sa vie était un combat permanent.
Ce n’est que le jour où elle rencontra Pierre et qu’elle fut mère à son tour qu’elle s’apaisa enfin.
Fabienne

oiseaux

Appétit d’oiseaux

Après la vidure d’un chardonnet, il ne vous reste pas grand-chose à béqueter.
A ce sujet, mon père répétait souvent : pour faire un bon pâté d’alouettes, il faut équilibrer les ingrédients : une alouette – un cheval, une alouette – un cheval…
En fait, il m’en faudrait toute une mancelle pour préparer mes nombreuses tourtes aux chardonnets.  On les accompagnera avec un chardonnay bien frais. Il ne faut pas leur en promettre aux godiveaux de la ferme, après le travail aux champs !
J’ai donc commandé à l’oiseleur de m’attraper toutes sortes de petits passereaux. Des fauvettes, des mésanges, des pinsons, des rouges-queues et même des pouillots. Les moineaux on verra. Mais surtout pas des rossignols et encore moins des rouges-gorges.
Je pense qu’il aura du mal à faire le tri s’il les capture au filet. A la pipée, on n’a plus le droit. S’il me tue un rouge-gorge, ça va l’épreindre longtemps.
Bertrand

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