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Atelier d’écriture du 1er octobre 2018

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DEVOIR : vous êtes Dieu et ce monde que vous avez créé ne vous convient plus, alors vous décider de le laisser à son triste sort et d’en créer un nouveau.

Dieu

LA PORTE

 – Bon, j’ai tout essayé avec eux, rien n’y fait. Ils sont cons à manger du foin… Cette fois, y’aura pas d’arche !
Dieu convoqua les Hommes devant la Porte du Néant, vous savez, cette grande porte cachée quelque part dans l’univers et dont lui seul possède la clef. Il y fit venir l’assemblée des hommes tout entière, celle qui s’était baptisée elle-même « Humanité ».
Les autres espèces étaient épouvantées de voir, au même endroit, réunis tous ces gens de la pire espèce qui soit. Ils restaient à distance, observant tout ça avec une curiosité tremblante. Dieu aussi contemplait cette engeance  bruyante, agitée, compulsive, ce magma torturé et torturant, qu’il avait fait entrer un jour sur Terre par cette porte.
Même en ce moment ultime, à l’heure dernière, personne ne semblait capable de lever le nez vers le ciel.
Certains Hommes, dans leur costume de travail et le téléphone à l’oreille, continuaient à régler des problèmes très importants. D’autres étaient en uniforme, l’arme à l’épaule, ravis d’être eux-mêmes, d’appartenir à tel ou tel groupe et surtout pas au groupe d’en face. Ouf ! D’autres encore étaient venus l’écran sous le bras et les yeux dans l’écran. Ils ne savaient pas même pourquoi on les appelait, mais ils avaient suivi le vaste troupeau de ceux qui suivent. Et ceux-là étaient les plus nombreux. Mais il y en avait bien d’autres, des rageux, des batailleurs, des jaloux, des nombrilistes, des vaniteux, des avares, des peureux… Et parfois tout à la fois.
Dieu regarda les Hommes en soupirant. Ils étaient minables. Et tout ça, c’était son œuvre à lui !
Mais, dans la foule, il aperçut un couple qui faisait l’amour et qui semblait loin des autres, perdu là-bas, dans l’éternité furtive de son étreinte charnelle. Dieu eut de la compassion et cette vision soudaine retint sa main divine sur la grosse poignée.
Mais, très vite, il se ravisa.
-  Trois ans, comme d’habitude ! Je leur donne trois ans à ces deux-là et ils se détesteront de tout leur cœur ! Allez, ça suffit !

Alors, il ouvrit la grande Porte du Néant, et sous le regard soulagé des autres espèces, sous le regard des insectes au Baygon et des éléphants sans défense, des baobabs tronqués et des champignons piétinés, des albatros mazoutés et des petits poissons en friture, et même sous celui des pauvres moutons, toute l’humanité s’engouffra en bêlant dans le GRAND RIEN, sans lever le nez, sans se questionner, le téléphone à l’oreille, le fusil sur l’épaule, les yeux dans l’écran… et le truc dans le machin.
-  Bon débarras ! fit Dieu quand le dernier fut passé.
Il tira de sa poche la grande clef pour refermer la porte mais se rendit compte que les autres espèces le regardaient encore.
-  C’est fini, dit-il. Ils sont partis !
Mais  c’est lui qu’elles regardaient épouvantées. Lui, le modèle, celui à l’image duquel on avait fait tous les autres… Pour la deuxième fois, Dieu soupira.
Il jeta la clef aux animaux.
-  A moi, leur dit-il faute de pouvoir leur dire Adieu.
Alors, dans sa grande bonté, il s’engouffra à son tour dans le Néant et claqua la porte derrière lui.
Sosthène

Ben dis donc, je suis pas fier de moi… Faut voir ce qu’ils en ont fait de la magnifique création que je leur avais donnée. Une planète, la Terre, avec des plantes, des animaux, une nature riche et belle… Et eux, ils ont tout salopé, tout pollué, tout sali, tout cassé… Alors, pour le coup, c’est moi qui ai décidé d’arrêter tout ça. Je leur ai envoyé une énorme météorite et voilà : a pu, la Terre !!!
Maintenant, je peux recommencer tout sur une planète vierge, neuve, un monde nouveau… D’abord, je crée la planète : de l’eau, de la terre, de l’air et du feu, c’est la base, c’est ce que m’a appris mon papa… Dieu ait son âme… Ah ! mais non, que je suis bête : Dieu, c’est moi…
Donc, je disais :
-       1 :  je crée une planète accueillante, douce à vivre, belle à regarder… Fiat lux : que la lumière soit… allumez les spots : je fais le jour et la nuit, le bien et le mal, la vérité et le mensonge, la lumière et l’ombre
-       2 : je crée le ciel et la terre : le matériel et le spirituel, l’éphémère et l’éternel, le superficiel et l’essentiel. Oh ! Je suis trop fort ! ça va vous prendre la tête pendant des siècles, alors, je crée un immense océan pour diluer tout ça.
-       3 : je crée la terre et les plantes, premières formes de vie.
-       4 : je crée les astres : le soleil, la lune, les saisons, les jours, les semaines, les années, le cycle de la vie.
-       5 : je crée les animaux : toutes sortes, des grands, des petits, des beaux, des laids, tous auront le droit de vivre et de prospérer… J’adore les animaux… Je ne vais pas faire de dinosaures, pas viables, et puis, on a vu ce que ça a donné… Je prends un peu de recul et je regarde. Je suis extrêmement fier de ma création !
-       6 : ben après avoir autant travaillé, je me repose… Comment ça tu te reposes vous me direz ? Eh bien, oui, j’ai décidé que, dans mon nouveau monde, il n’y aura pas d’humains et du coup, les semaines ne feront plus que six jours, on aura des week-ends plus souvent.
Fabienne

Au début, j’étais assez content de moi ; malgré la complexité  du système, les choses tournaient rond et évoluaient favorablement : meilleure santé, plus de confort, des moyens de communications performants … Oui, à part quelques grains de sable ( des épidémies et quelques guerres par-ci par-là), on peut dire, sans exagérer, que j’étais assez fier de mon œuvre.
Seulement voilà, ces idiots d’humains ont pris la grosse tête et ont voulu être les  seuls à régenter  la planète. Évidemment, tout a fini par foirer. Je me doutais bien qu’en leur lâchant la bride  on risquait la cata mais c’était « mes » créatures et, à l’époque, je croyais encore à la vertu de l’exemple. J’en suis bien revenu depuis ! Et va que je te consomme et que je te consomme… Ces cons, ils ont fini par bouffer à crédit ! je n’avais pas prévu cette fièvre insensée : ils mangent plus que ce que la terre produit . Non mais tu le crois, toi ? Là, on va droit dans le mur ; il faut que je trouve « LA SOLUTION » !
J’ai bien eu l’idée de créer une colonie sur Alpha du Centaure… mais comment y aller ? Il va falloir que je me creuse le ciboulot et c’est pas gagné ! En plus, ils sont tellement cons que dans quelques siècles on risque de se retrouver encore avec les mêmes difficultés. Non !  ce qu’il faudrait c’est interagir sur leur cerveau, trafiquer leur mental pour les rendre enfin responsables… mais quel boulot ! il faudrait presque entièrement reprogrammer leur psychisme… trop compliqué et il faut faire vite ! Si je veux des résultats rapides  sans trop me casser la tête, le plus simple c’est une bonne pandémie  bien efficace !  Ça va me faire gagner du temps et avec la trouille que je leur aurait flanquée, les survivants  vont se mettre à réfléchir à leur avenir et repenser les conditions nécessaires à la survie de l’espèce.  Pour plus d’efficacité, je vais leur envoyer quelques grands sages un peu manipulateurs qui sauront propager la bonne parole, la seule, la mienne. Ces quelques mecs-là, je n’vais pas les lâcher. Je les tiendrais par les couilles s’il le faut mais je veux des résultats. Fini la vie facile et le gaspillage ! Allez hop ! tout le monde participe et chacun se gère, mais toujours en conformité avec mes préceptes.
Si après un tel chantier tout foire encore, je démissionne pour de bon. Fini le petit Jésus et le Bon Dieu et ils verront ce que ça donne une vraie autonomie !
Patricia

Exercice : La chèvre de Monsieur Seguin vient d’ouvrir une page sur Facebook. Elle s’imagine qu’il s’agit d’un site de rencontre. Rédigez son message

chèvre

Bajour à tous,

Déjà, je voulais vous dire que Fesse-Bouc, comme nom, c’est un peu olé olé, mais j’adore !!!
Alors voilà, depuis que Loup m’a laissée tomber pour une pétasse de brebis du Larzac, je me retrouve toute seule…

Je m’appelle Blanchette, mais je préfère qu’on me dise Sandy, ça fait plus « djeuns ». J’ai longtemps été attachée à un piquet car Monsieur Seguin, mon maître, m’adorait et ne voulait pas qu’il m’arrive de mauvaises choses, que je fasse de mauvaises rencontres… Sûr que c’était parti d’une bonne intention, mais comme je suis une chèvre téméraire, il fallait bien que je découvre la vie toute seule et que je vois si, ailleurs, l’herbe était plus verte. Alors, un soir qu’il m’avait mal attachée, je me suis échappée. J’ai goûté à l’ivresse de la liberté, toute la nuit, je me suis saoulée d’herbes folles, de bruyère et de thym. Et puis, j’ai rencontré Loup.
Les débuts furent difficiles, mais nous apprîmes à nous connaître. J’ai tout fait pour que Monsieur Seguin me croit morte et passe à autre chose car son chagrin était immense, mais je sais qu’il me pleure toujours… Je fais tout le temps cet effet-là aux mecs, désolée.
Pour me plaire, Loup, est devenu végétarien. Sûr qu’au départ, ça n’a pas été facile pour lui.  Ensemble, nous avons décidé d’ouvrir une fabrique de fromage. Mais maintenant qu’il m’a laissée, j’ai du mal à gérer tout ça et je cherche un compagnon pour m’aider, mais aussi pour le reste… Enfin, vous savez… J’aimerais qu’il soit gentil, mais pas trop. Ah ! Au fait, j’adore les barbes, et, oserai-je le dire, les boucs.

A bientôt, donc. Ah ! Une dernière chose : boucs pas sérieux s’abstenir.
Fabienne

Profil Fesse de Bouc, premier site de rencontres pour brebis et affiliés !
Chèvre De Seguin
Petite taille, mais grand talent et grande bravoure… N’hésite pas à s’attaquer aux gros morceaux…
Activité professionnelle : célébrité, grande tragédienne, cadavre décomposé à temps partiel
Belle brebis, blanche mais pas bourge, venant de la campagne. Beaux sabots lustrés, poil soyeux et lisse, cornes très utiles pour les activités de couple plus physiques, mais ni grosse tête ni gros sabots. Végétarienne. Ne se laisse pas facilement chevaucher, car je suis pas un poney, merde ! Arrêtez de confondre, ça me rend chèvre !
Épilations relativement régulières.
Aime : tenter de nouvelles expériences… en tout genre.
N’aime pas : les loups.
Type de rencontres recherchées : beaux caprins et éventuellement zoophiles. Un bouc et/ou un signe astrologique Bélier seraient un plus.
Enfin, si vous lui plaisez, vous invitera et pour vous se démènera jusqu’à l’aube…
Loup

 

Blanchette ne supportait plus cet  enfermement imposé par son seigneur et maître, M. Seguin. Comme l’herbe au-delà de l’enclos paraissait verte et tendre ! Maître Seguin, elle en était certaine, devait exagérer le danger. C’est comme cette histoire de La Noiraude qui aurait bataillé toute la nuit avec le grand méchant loup pour succomber au lever du jour : info ou intox ? Encore une des inventions de Seguin pour la garder captive et en faire sa chose ! Blanchette ne supportait plus cette autorité excessive. Bien sûr, c’est vrai qu’elle était bien nourrie, que sa couche était toujours propre, que son maître était toujours là pour lui prodiguer caresses et encouragements mais après tout ce n’était pas sans intérêt car qui c’est qui lui fournissait un grand bol de bon lait frais tous les matins pour son petit déjeuner, hein ? C’était bien elle, la Blanchette !
La petite chèvre ne rêvait plus que de gambader et de batifoler de l’aube au couchant sur des tapis fleuris et odorants en se délectant de jeunes pousses tendres. Un désir si intense ne pouvait infiniment se contenir. Alors, un beau matin, profitant de l’absence exceptionnelle de Maître Seguin, elle tira bien fort sur sa corde jusqu’à parvenir à ouvrir la porte du salon, se faufila jusqu’à l’ordinateur qui, par chance, était resté allumé. Un galant trouverait certainement le moyen de la libérer, délivrer…
Tirant la langue pour s’appliquer, de son sabot droit elle frappa  le clavier et libella ce message : «  jeune chevrette au poil doux et luisant, regard coquin, cherche à jouer au loup avec jeune bouc gourmand ». Vite ! vite ! Elle referma la page, claqua d’un grand coup de cornes la porte du salon et revint paisiblement se réinstaller dans l’enclos : elle attendait ses futurs prétendants…
Le soir venu, quand Maître Seguin rentra au logis, il trouva une Blanchette presque trop sage mais avec au fond des yeux une lueur inhabituelle. Un peu naïf, néanmoins, il pensa que Blanchette avait renoncé à ses folies  et redevenait raisonnable.  Comme il se trompait…
Patricia

Exercice : écrire une histoire à partir de la photo de Robert Doisneau (la dent). Consigne : ne pas parler de dent

 

écolePhoto de Robert Doisneau – La dent

OH ! mon pauvre ! ils t’ont arraché la langue ! Je me demande bien quel secret tu as découvert pour qu’ils souhaitent te faire taire aussi cruellement. Ça va faire maintenant quatre ans que tu vis dans cet orphelinat avec interdiction formelle d’apprendre à lire ou à écrire ; ils devaient avoir drôlement peur que tu parles !
Mais…  grâce au ciel ! ils n’ont pas su tout prévoir. Qui aurait pu croire que tu aurais un tel talent pour la peinture et le dessin ? Adieu donc, le temps des secrets…
Patricia

- Bon, alors les jeunes, aujourd’hui on va étudier le fonctionnement et l’usage primaire d’une diode électroluminescente. LOL.
Monsieur Vannier était très, très lourd. Les élèves de 302 subissaient son humour à deux balles tous les lundis, et celui-ci ne faisait pas exception. De plus, le prof faisait 1m90, excluant toute forme de rébellion et faisant passer les étudiants pour des nains.
- Alors, vous voyez, ça c’est une diode électroluminescente. Une LED, quoi. LOL.
Bouche bée devant cette révélation de simplicité, Hugo ouvrit grand la bouche, stupéfait. Le prof en profita pour lui lancer la LED dans le bec. Hugo commença à s’étouffer.
Unique réflexion du prof :
- Fallait pas bayer aux corneilles. LOL.
Une semaine plus tard, le prêtre récite :
- Aujourd’hui, nous enterrons Hugo, mort d’une tumeur à l’estomac. Il avait déjà des problèmes de constipation, mais la diode électroluminescente de son professeur de technologie l’aura achevé. C’est vraiment la journée des cons, non ?
Loup

 

-       Fais voir ! Fais voir ! Wouah !
-       Comment ça ? Dis-moi ce que tu vois
-       Mais comment tu peux vivre avec ça ?
-       C’est grave ?
-       Ah oui, alors !
-       Mais c’est quoi, c’est quoi ?
-       Oh là là, je peux même pas te dire…
Fabienne

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