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Atelier d’écriture du lundi 10 septembre 2018

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DEVOIR : faire un texte avec le plus d’expressions possibles qui contiennent le nom d’un animal

animaux

Voici un texte magnifique de Jean d’Ormesson que nous a présenté Huguette :

« Que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là,… pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère !
C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat.
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe.
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson.
Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon).
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventez une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce.
Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence.
Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout, vous avez d’autres chats à fouetter ».
Jean d’Ormesson

 

Sophie était en boucle. Toute la matinée, elle n’a pas cessé de me répéter comme un perroquet : n’y va pas ! N’y va pas ! Moi, je ne le sens pas ce mec-là ! C’est encore un coup foireux, tu ne sais pas ce qu’il fait dans la vie, tu ne connais rien de lui et toi, bêtement tu vas te jeter dans la gueule du loup, comme d’hab, pleine d’espoir. En plus, il fait un temps de chien et tu vas attraper la mort. Je t’aurais prévenue ! Après, ne vas pas te plaindre et verser des larmes de crocodile. Ce type-là, pour moi, c’est un drôle d’oiseau. Il va te faire tourner en bourrique. C’est bien le genre à courir deux lièvres à la fois ! En plus, je le trouve laid comme un pou ; mais qu’est-ce que tu lui trouves ? Il est myope comme une taupe et a l’air bête à manger du foin. Le couple de l’année : un âne  et une tête de linotte ! Ma pauvre Véro, tu as vraiment une cervelle d’oiseau ! Ça ne t’a pas servi de leçon la dernière fois, avec ce prétendu homme d’affaires ?
J’en ai eu marre de ses recommandations, je n’ai plus quinze ans tout de même ! Alors je l’ai planté là et je suis rentrée chez moi pour me faire une beauté en vue de la rencontre. L’heure du rendez-vous approche. Mon cœur bat la chamade. Je me sens comme un oiseau sur la branche: est-ce que ça va bien se passer ? Est-il aussi fébrile et impatient que  moi ? Je donne ma langue au chat. Si cette vieille chouette de Véro a encore raison je n’aurais que mes yeux pour pleurer mais je la connais, elle rouspétera pour la forme mais viendra consoler la brebis égarée. Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse soleil ou un froid de canard, elle sera là pour moi. C’est une enquiquineuse mais elle a un cœur d’or. Bon pour l’instant ne vendons pas la peau de l’ours ! Je sais bien qu’au bureau on m’a dit qu’il était connu comme le loup blanc mais je crois mon Casanova sincère cette fois.
Pour le retrouver, serrée comme une sardine, j’affronte le métro à l’heure pointe. Quand j’émerge de la station, entre chien et loup, les rues sont animées. Les passants, pressés de rentrer chez eux me bousculent un peu. Je presse le pas. Mes mains sont moites et j’ai comme un chat dans la gorge. Pourvu qu’il ne m’ait pas posé un lapin !
J’aperçois le petit café où nous devons nous retrouver. Encore quelques pas… Les battements chaotiques de mon cœur me soulent. Je pousse la porte et balaye des yeux la salle faiblement éclairée : il est là…
Patricia

Il faisait un temps de chien, un froid de canard. J’en avais la chair de poule. Ça faisait plus d’une heure que j’attendais et je commençais à me demander s’il ne m’avait pas posé un lapin. Au premier coup d’œil, j’ai vu qu’il était moche comme un pou, poilu comme un ours, gros comme une loutre, frisé comme un mouton et, qu’en outre, il puait comme un putois ; mais bien sûr je n’ai pas voulu m’arrêter à son apparence physique, je voulais en fait ménager la chèvre et le chou ; je ne suis pas une langue de vipère. J’ai essayé de lui tirer un peu les vers du nez pour savoir s’il avait un quelconque talent, une qualité rare. Mais, au lieu de s’excuser parce qu’il s’était trompé de lieu de rendez-vous, cet âne est tout de suite monté sur ses grands chevaux et mis s’est à gueuler comme un veau. Je me demandais quelle mouche l’avait piqué, mais voyant que ça tournait au vinaigre je me suis dit que j’avais d’autres chats à fouetter, alors me suis mise à courir comme un lapin en pensant qu’il valait mieux être seule que mal accompagnée. Sur le chemin du retour, je décidai d’en finir avec les sites de rencontres. J’en était là de mes réflexions quand un abruti me fit une queue de poisson et je ne pus m’empêcher de lui rentrer dedans. Il s’arrêta, je fis de même.
-       Nom d’un chien ! lui dis-je, vous m’avez fait peur
-       C’est votre faute, vous rouliez comme un escargot.
Je reconnus qu’il avait raison, que j’étais un peu tête de linotte et nous remplîmes un constat. Il se mit à siffler comme un merle. Je lui demandai si c’était d’avoir un accident qui le rendait si joyeux. Il m’avoua qu’il avait une faim de loup et qu’il m’invitait à diner
-       Mais en tout bien, tout honneur, il n’y a pas de lézard.
Je me dit qu’il devait être myope comme une taupe pour me faire une telle proposition et décidai néanmoins d’accepter, il est devenu gai comme un pinson. Voilà le début d’une merveilleuse histoire, car avec Loup (hé oui, c’est son nom !), je suis vraiment comme un coq en pâte.
Fabienne

Exercice : Je m’aimais tellement que je me suis marié avec moi-même (Stromae)

marié

Après des années de cohabitation, voire même quelquefois d’aversion, un soir ce fut le coup de foudre. Était-ce l’éclairage, la jolie robe que je venais de m’acheter, le petit vin blanc que j’avais bu ou je ne sais quoi d’autre, je suis tombée amoureuse de moi-même. Au début, je crus à une amourette sans lendemain, rien de sérieux. Mais les jours, les semaines passèrent et l’amour devint de plus en plus fort. Je ne pouvais plus vivre sans moi. A tel point, que le soir, avant de m’endormir, je pensais que j’allais trop me manquer et me retrouvais avec tant de plaisir et de joie le matin suivant que j’en avais des papillons dans le ventre. J’étais toujours d’accord avec moi-même, j’avais les mêmes centre d’intérêts, je supportais mes défauts, c’était magique ! Bref, il fallut le reconnaître, j’étais vraiment amoureuse ! ça ne m’étais jamais arrivé ! Alors, un jour, j’ai décidé de sauter le pas : je me suis demandée ma main… Et j’ai dit OUI ! Je me suis offert un solitaire… J’avais prévu une cérémonie en toute intimité… Il y avait moi… et moi ! Je m’étais achetée une magnifique robe blanche, que j’ai eu beaucoup de mal à me cacher (ça porte malheur !). Ensuite il y a eu un petit repas au restaurant, avant de partir en voyage de noces à l’île des Pins. Je trouvais cette île si romantique et si propice à l’amour… Bon, je vous passe les détails de la nuit de noces… C’était merveilleux ! Tiens, je n’avais jamais remarqué ce petit grain de beauté en bas de mon dos… Bref, ce fut un séjour enchanteur… Comme je me trouvais belle et spirituelle !!! Et j’avoue que je me le rendais bien. Après une semaine de rêve, je suis rentrée à la maison… Et c’est là que ça a commencé à se gâter… Je n’avais plus aucune patience et me faisais des remarques de plus en plus acerbes… Bref, je me suis aperçue que j’avais du mal à vivre la vie quotidienne avec moi… je ne pouvais même plus compter sur moi-même. Je m’invitais et ne venais même pas, sans me prévenir. Peu à peu, je devins carrément insupportable  Et c’est là que je me suis mise à penser au divorce…
Fabienne

Je me suis marié avec moi-même. Ne croyez pas que je sois narcissique ou quoi que ce soit. Mais regardez le monde deux secondes, et vous me comprendrez. Les gens ! Les gens ! Les gens ! Ils me dégoûtent. Comment font-ils pour se supporter ? Leurs petites manies, leurs façons de marcher et de vivre… Ne dites pas que je suis mauvaise langue, mes manies à moi sont bien meilleures que celles des autres. C’est normal, ils sont les autres, et je suis moi. Ne comparez pas l’incomparable, je vous prie, je me connais plutôt bien, je me vois tous les jours. D’ailleurs c’est ça qui, je pense, m’a engagé sur le chemin de l’amour avec cette magnifique personne que je suis. Cette manière de faire n’importe quoi à la perfection, cette maîtrise de tout mon environnement, c’est ce qui m’a séduit en premier chez moi. Je ne m’en étais même pas rendu compte au début (il me faut tout de même un léger défaut), mais être au quotidien aux côtés d’une telle splendeur, ça me fait jubiler. Et un jour, j’ai réalisé une chose : Moi et ma succulente personne étions liés pour toujours. Et pas comme ces gens gnangnan, qui là encore font si mal les choses. Ils chantent le lundi « Que je t’aime » et le mardi « Back to black ». Non, nous, nous étions déjà destinés à passer le reste de notre existence l’un avec l’autre. Un des nombreux avantages à se marier à soi-même, c’est la stabilité du couple. Quoi qu’il arrive, vous resterez toujours fidèle à vous, et vous pouvez être sûr que votre moitié (ou plutôt, dans le cas précis, tout vous) vous sera à jamais fidèle. Hélas, évidemment, ce système conjugal a quelques failles. Par exemple si vous êtes schizophrène. Dans ce cas, il est dur de savoir si c’est toujours l’amour fou avec, pour le coup, votre moitié. Aussi, ce qui heureusement prive beaucoup d’autres gens de se marier avec eux-mêmes, c’est le manque de confiance en soi. Beuah, que je ne les aime pas, ces sinistres individus ! « Je ne pense pas que je vais y arriver », « Je suis nul », « c’est trop dur pour moi »… Stop ! N’ont-ils donc rien compris ? Ah, là vous vous attendez à ce que je leur donne une petite moralité, du genre : « le meilleur, c’est forcément vous ! ». Navré, mais je ne suis ni menteur ni prof, et je m’aime bien trop… Alors tout tout ce que je vais vous dire, c’est que le meilleur, c’est forcément moi !
Loup

Tout a été si vite ! Le succès m’est tombé dessus de façon phénoménale. Je n’y étais pas préparé et j’ai dû gérer comme je le pouvais. Les tournées s’enchainaient, les interviews et les répétitions se succédaient et je n’avais aucun recul me permettant de digérer ces situations, pour moi insolites, du moins au début. J’étais emporté dans un tourbillon sans fin et je m’y suis égaré ou plutôt disloqué. Tant d’admiration béate, d’amour frénétique… on m’aimait tellement, tellement ! Dans ce miroir aux alouettes, miroir déformant s’il en fut, j’ai oublié qui j’étais,  j’ai  perdu toute notion de mes contours, de ma forme première.  J’étais ce qu’on attendait, ce qu’on espérait  de moi. J’étais chacun de vous et je n’étais personne. Dans ma tête enfiévrée tout a disjoncté. Vous m’aimiez si fort que  j’ai fini par croire à mes pseudo-super pouvoirs. Je m’agitais comme un pantin dans la caverne qu’éclairaient les sunlights des projecteurs. Pour vous, je me dédoublais, je me démultipliais. J’étais moi et j’étais tous les autres. J’étais moi et j’étais toi. Je m’aimais tellement  à travers vos regards que j’ai fini par me marier avec moi-même un soir de délire et de défonce. Le courant qui me transperçait et les étoiles filantes qui traversaient mon crâne ont failli le faire définitivement implosé. Alors, comme on tape du pied au fond d’un fleuve profond pour tenter de remonter à la surface, j’ai dit stop ! et j’ai disparu pendant de longs mois.
Maintenant, j’émerge peu à peu du gouffre. Je sais que mes fans  se désespèrent et qu’ils implorent mon retour mais je ne pense pas revenir. Je ne supporterais pas de retrouver cette frénésie, cette vie intense et déjantée.  Ils ont le sentiment de m’avoir perdu mais moi, peu à peu, je crois que je me retrouve.  Il n’est pas certain qu’aujourd’hui ils me reconnaitraient mais m’ont-ils jamais connu ?
Patricia

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