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Atelier d’écriture du 25 juin 2018

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DEVOIR : drôle de métier = il était berceur d’illusions

images

Ferdinand n’avait jamais pu affronter les réalités de la vie. Il était écorché vif et tout le bouleversait : une fleur qui fane, les yeux tristes d’un chien, un enfant qui tombe et s’écorche le genou, une fille qui pleure… Alors évidemment, pour lui, un chagrin d’amour c’était la fin du monde, sans parler de la mort qu’il occultait complètement.
Toute sa vie, à cause de cette sensibilité à fleur de peau, il s’était bercé d’illusions, sur tout et sur tous. A tel point qu’il vivait dans un monde ouaté et aseptisé qui n’avait rien à voir avec le monde réel. A la dure réalité, il préférait la douceur de sa vision du monde. Un monde où la bêtise et la méchanceté n’existait pas. Un monde où il faisait bon de croire en la bonté des hommes. Un monde de « Bisounours » disait-on en se moquant de lui.
Mais comme Ferdinand était un être absolument délicieux, aimé de tous, on faisait en sorte de ne pas le décevoir. Et ainsi, peu à peu, le monde autour de lui changeait. Tout doucement, mais sans aucun doute, ce monde s’améliorait. Ce fils indigne et délinquant devenait éducateur pour enfants difficiles ; ce voisin acariâtre et méchant se mit à aider les vieilles dames du quartier ; cet enfant, cruel avec les animaux devint bénévole à la SPA.
Peu à peu, la renommée de Ferdinand se propagea. On disait qu’il avait un don. De toutes la région, affluèrent des désespérés, des déçus, des maltraités par la vie. Si quelqu’un avait un souci, on lui disait : « va voir Ferdinand, il est berceur d’illusions ». Lui, il avait d’autres noms pour ce « don » : amour, bienveillance, générosité. Et au « berceur d’illusions », il préférait « donneur d’espoirs ».
Fabienne

rocking-chair-
S’il y a une chose dont je suis bien sûr, ou disons presque assuré, enfin que je soupçonne, c’est de cela : je peux bercer des illusions.
Non pas ce que vous appelez des mystifications, des tromperies ou des erreurs. Non ! Les illusions dont je vous parle sont des choses. Des choses bien réelles.
Je les berce comme de jeunes enfants. Régulièrement, avec un rythme soutenu, surtout sans à-coups. Bien qu’elles ne soient pas vivantes, ces choses semblent respirer. Et quand je les berce, leur respiration devient douce et fluette. Flûtée, peut-être. Alors je les berce plus lentement, espérant qu’elles ne vont pas se plaindre, ne pas gémir, ne pas pleurer.
Oui, je les berce bien longtemps, ces choses-là.
Bien sûr, si elles s’arrêtaient de respirer, il faudrait les réveiller, empêcher qu’elles ne s’éteignent. Conséquemment je les berce sans relâche, infiniment. Je ne me souviens même plus m’être interrompu.
Ces choses n’ont pas d’ordre et je ne peux les trier. Elles ne se commandent pas. On ne peut pas leur opposer un règlement, encore moins un dérèglement. Elles se suivent les unes les autres pour constituer une structure. Tiens, comme des chenilles processionnaires, sans poils urticants.
Quand je les berce, ces choses sont roses ou bien bleues, mais très claires presque transparentes. Ainsi que des lavis à l’encre très diluée. Une encre qui n’écrit pas mais qui remplit des formes.
Des lavis incertains, pâles, un peu maladifs, dont on ne sait s’ils sont proches ou lointains, un peu flous, un peu fous.
Ces choses, quand je les berce, ne font pas de bruit. Mais je sais qu’une nuit, elles atteindront le silence… et le froid.
Et puis je continue, dans mon rocking-chair.
Je suis berceur d’illusions.
Bertrand

bestiaire

Léonor était souvent qualifiée de fantôme par ses voisins. Personne ne la voyait aller au travail ou faire ses courses, car elle s’adonnait à ces activités uniquement le soir. La plupart se disaient : c’est une infirmière de garde la nuit. Mais la vérité était autrement plus… magique. En vérité, elle allait dans un étrange petit appartement situé au bout d’une impasse sombre, où personne ne venait jamais. Là, elle rencontrait chaque jour ses « amis ». Tous étaient des chimères, spectres ou âmes-en-peine, entre autres entités incorporelles et intangibles. Léonor berçait à longueur de journée ses créatures illusoires. Elle faisait attention à ses bêtes désincarnées comme s’il s’agissait de ses enfants. En échange, ils matérialisaient, grâce à leurs aptitudes magiques, assez d’argent pour permettre à leur gardienne de vivre correctement. Cela faisait maintenant plus de cinq ans que cette symbiose leur permettait de survivre. Cinq ans que cette affaire restait inconnue de tous. Mais un soir, en rentrant chez elle, Léonor avait laissé le gaz ouvert après avoir cuit son steak. Elle s’endormit doucement et ne se réveilla jamais. Les monstres illusoires crurent à une trahison, et par la faute de ce malencontreux accidents, toute l’humanité subit leur fureur.
Loup

Agrabah

Au milieu d’Agrabah, les habitants commencent à s’inquiéter. De plus en plus de mirages apparaissent dans les rues et personne ne peut s’en débarrasser ! Personne ! Tous les jours, des embrouilles éclatent dans les plus petites des ruelles parce qu’un tas d’or vient remplacer un tas de terre.
Le sultan et sa fille, Jasmine, s’inquiètent pour leur peuple, ce qui est tout à fait normal, voyons ! Mais enfin, qui est ce berceur d’illusions ? Regardez autour de vous, cherchez, dénoncez, le coupable.
Et là, un tout petit singe, Abu, le copain de Jasmine se dénonça lui-même. Abu, berceur d’illusions.
Chloé

Exercice : Faire la fiche d’un personnage et d’un objet, puis les donner à votre voisin qui devra écrire un texte pour dire comment le personnage est entré en contact avec l’objet.

 blouson

Il y avait vingt ans que Luis était arrivé à Menton. Il avait quitté la vie misérable qui l’attendait au Portugal pour cette jolie ville de la côte méditerranéenne. Ce n’est pas pour autant qu’il avait trouvé la fortune, ni l’amour. Il avait déjà passé la moitié de sa vie, là.
Les débuts avaient été durs. Il ne parlait pas français. On se moquait beaucoup de lui. Il avait fait beaucoup de métiers pénibles, principalement dans le bâtiment, à construire toutes ces magnifiques villas pour les riches. Il y avait gagné une carrure d’athlète. Et puis, il y avait une dizaines d’années, il avait rencontré Monsieur Johnny qui l’avait embauché comme jardinier pour « son manoir » comme il disait.
Luis aimait bien s’occuper du jardin. Les fleurs, les plantes, les arbres ne se moquaient pas de lui. Car même s’il comprenait parfaitement le français maintenant, il avait gardé un accent qui croyait-il, dénonçait ses origines de misère. Il vivait avec sa vieille mère qui ne parlait que portugais. Il n’avait pas d’amis. Aussi parlait-il peu, le strict nécessaire et passait pour un garçon taciturne, triste et solitaire.
Le samedi soir, il allait se promener sur le bord de mer et voyait tous ces jeunes, entourés de jolies filles. Ces jeunes sur des motos avec des blousons noirs, en cuir. Ah ! Un blouson en cuir ! C’était son rêve d’en avoir un car, pensait-il, les filles l’auraient regardé, lui aurait parlé, l’aurait entouré. Il pensait même que grâce à ce blouson, il aurait pu se marier, avoir des enfants… Une vie heureuse, quoi ! Mais il n’aurait jamais les moyens de s’en offrir un.
C’est donc résigné à une vie de solitude qu’il reprit son travail ce lundi-là. Monsieur Johnny était arrivé pendant le week-end et toutes les fenêtres du manoir étaient ouvertes. Il faisait un temps magnifique. Les massifs de roses étaient en fleurs et embaumaient. Luis en était très fier. Monsieur Johnny apparut à la fenêtre du salon, au rez-de-chaussée, et le salua chaleureusement. Ils discutèrent un petit moment puis le maître des lieux disparut, prétextant un rendez-vous. Et là, le regard de Luis fut inexorablement attiré sur le canapé où s’étalait un splendide blouson de cuir noir, avec des poches partout et une fermeture éclair qu’on aurait cru en or, tant elle brillait. Alors, sans réfléchir, il enjamba le rebord de la fenêtre et s’empara de l’objet de tous ses désirs. Il le serra tout contre lui, comme si sa vie en dépendait et prit ses jambes à son cou.
Fabienne

Drago Malfoy, beau gosse baraqué stupide mais plein d’humour, vendeur   -   Un escarpin à lanière doré.

Enfin ! Drago avait été accepté en CDD de six mois à la boutique Apple du centre-ville. Il devait juste sourire aux clients et demander à un collègue de l’aide si un client informaticien lui posait une question pointilleuse. Sa grande beauté n’avait d’égale que sa grande stupidité, mais son humour, ses yeux verts magnifiques, ses cheveux bruns en bataille, ses muscles saillants sous son tee-shirt de vendeur, les gens ne voyaient que ça en lui et l’enviaient ou le convoitaient. Malheureusement pour lui, sa famille de Serpentards l’avait obligé à quitter Poudlard à seizeans, et maintenant il essayait de gagner sa vie en mettant en avant ses atouts et en cachant ses défauts. D’ailleurs, une vieille dame s’avançait vers lui. D’abord, il craignit qu’elle ne lui demande une chose trop compliquée et qu’il fasse une grosse bêtise, mais elle lui demanda juste comment appeler le fameux Siri, une des seules choses qu’il savait faire. En le remerciant beaucoup, elle quitta la boutique d’un air réjoui. Drago se dit :
- Elle à l’air friquée c’te bourge !
Effectivement, rien en elle ne laissait de doute là-dessus : son boa long traînant presque sur le sol, sa robe rouge pétant très élégante, La Rolex à rubis et diamants ornant son poignet parche… paqueminet… froissé, sa Mercedes qui devait bien valoir dans les sept millions, l’escarpin à lanière dorée qui tombait de son pied au moment où elle refermait la portière… Quoi ??? L’escarpin à lanière dorée qui tombait de son pied au moment où elle refermait la portière ? Elle ne l’avait même pas remarqué ! Ayant l’occasion d’accomplir une action héroïque, Drago s’élança dehors, laissant à peine à la porte automatique le temps de s’ouvrir sur son mètre 98. Oh non, la voiture venait de démarrer ! Et alors ? se dit notre sauveur. Il mit à profit toutes les années de foot qui avaient rempli les mercredi après-midi de son enfance, et suivit la cliente jusqu’à sa magnifique demeure. Là il lui remit l’objet de l’oubli. Soulagée, elle l’invita chez elle pour prendre le thé (tous deux prirent « Passion ardente »), puis l’invita cette fois dans son lit à baldaquin pour des remerciements plus, disons… physiques. Mais vous connaissez le meilleur ? Ces remerciements furent si… chaleureux que l’escarpin à peine replacé sur le pied vola à travers la chambre ! Comme dirait Drago, écervelé mais certainement pas émasculé, la baguette magique bien dressée : « Ça c’est du sport ! ».
Loup

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